Jan
20
Manuel Valls " 250 Français combattent en Syrie "

Deux lycéens français sont partis combattre en Syrie. A-t-on affaire à un nouveau djihadisme ?

Cela fait plusieurs mois, depuis l'été 2012, que nous sommes particulièrement inquiets, et donc que nous agissons face à un phénomène d'une ampleur inégalée.

Sur les autres conflits, je pense à l'Afghanistan, à la Somalie, au Mali, les Français ou les résidents en France qui se rendaient sur ces pays pour combattre au sein des rangs djihadistes étaient quelques dizaines. Là, il s'agit de près de 700 Français ou individus résidant en France qui sont recensés et plus ou moins impliqués par rapport au conflit en Syrie.

A quoi tient cette augmentation ?

Sans doute à la proximité de la Syrie, c'est-à-dire qu'on peut s'y rendre relativement facilement. Ensuite, parce que le combat paraissait juste, puisque toutes les grandes puissances condamnaient les agissements du régime de Bachar Al-Assad. Et puis, parce qu'il y a sans doute une forme de malaise dans une partie de la jeunesse.

Mais soyons précis, il y a à peu près 250 Français ou résidents en France qui aujourd'hui combattent en Syrie, 99, c'est-à-dire une centaine sont en transit pour s'y rendre, 150 ont manifesté leur velléité de s'y rendre, 76 sont revenus, 21 Français ou résidents en France sont morts là-bas. Donc cela fait un nombre tout à fait considérable. (...) Le danger pour nos propres intérêts c'est le retour, parce que ces individus, quand ils se rendent en Syrie, marquent leur volonté de combattre au sein d'organisations djihadistes.

Mais sur la surveillance, est-ce que vous n'êtes pas un peu dépassés ?

Pendant longtemps, il y avait une surveillance sur les mosquées, sur les prêches. Là, on voit que ces deux jeunes ont été endoctrinés par Internet.

Quels sont vos moyens pour surveiller, pour prévenir ?

Vous employez le bon mot : il faut être toujours d'une très grande transparence et dire la vérité à nos compatriotes. Nous pouvons être dépassés par ce phénomène vu l'ampleur, nous, Français et Européens. Il y a aujourd'hui 30 dossiers suivis par la justice, relatifs aux filières, qui impliquent 168 individus, dossiers qui sont judiciarisés. Il y a déjà eu une vingtaine de personnes qui ont fait l'objet d'écrou, donc qui sont en prison, qui sont sous contrôle judiciaire. Mais effectivement, ce n'est pas dans les mosquées que ce recrutement s'organise. C'est le plus souvent sur Internet. Il semblerait que ces deux garçons de Toulouse aient été radicalisés dans un temps particulièrement court.

Ils n'avaient pas été repérés...

Eux n'ont pas été repérés, ni par nos services, bien sûr, mais surtout par leurs parents, par leur famille. Dans la plupart des dossiers, les services de renseignements (DGSE et Direction centrale du renseignement intérieur) sont avertis en général par les familles. Donc c'est vers les familles qu'il faut évidemment se mobiliser.

A propos des révélations sur la vie privée de François Hollande : est-ce que sa sécurité a pu être remise en question ?

Non. Je suis extrêmement clair là-dessus : le président de la République est protégé tout le temps, aussi bien dans ses déplacements publics que dans ses déplacements privés. Le Groupement de sécurité du président de la République qui est composé de 63 fonctionnaires de police et militaires de la gendarmerie, est composé d'hommes et de femmes de très grande qualité.

A quoi tient cette augmentation ?

Sans doute à la proximité de la Syrie, c'est-à-dire qu'on peut s'y rendre relativement facilement. Ensuite, parce que le combat paraissait juste, puisque toutes les grandes puissances condamnaient les agissements du régime de Bachar Al-Assad. Et puis, parce qu'il y a sans doute une forme de malaise dans une partie de la jeunesse.

Mais soyons précis, il y a à peu près 250 Français ou résidents en France qui aujourd'hui combattent en Syrie, 99, c'est-à-dire une centaine sont en transit pour s'y rendre, 150 ont manifesté leur velléité de s'y rendre, 76 sont revenus, 21 Français ou résidents en France sont morts là-bas. Donc cela fait un nombre tout à fait considérable. (...) Le danger pour nos propres intérêts c'est le retour, parce que ces individus, quand ils se rendent en Syrie, marquent leur volonté de combattre au sein d'organisations djihadistes.

Mais sur la surveillance, est-ce que vous n'êtes pas un peu dépassés ?

Pendant longtemps, il y avait une surveillance sur les mosquées, sur les prêches. Là, on voit que ces deux jeunes ont été endoctrinés par Internet.

Quels sont vos moyens pour surveiller, pour prévenir ?

Vous employez le bon mot : il faut être toujours d'une très grande transparence et dire la vérité à nos compatriotes. Nous pouvons être dépassés par ce phénomène vu l'ampleur, nous, Français et Européens. Il y a aujourd'hui 30 dossiers suivis par la justice, relatifs aux filières, qui impliquent 168 individus, dossiers qui sont judiciarisés. Il y a déjà eu une vingtaine de personnes qui ont fait l'objet d'écrou, donc qui sont en prison, qui sont sous contrôle judiciaire. Mais effectivement, ce n'est pas dans les mosquées que ce recrutement s'organise. C'est le plus souvent sur Internet. Il semblerait que ces deux garçons de Toulouse aient été radicalisés dans un temps particulièrement court.

Ils n'avaient pas été repérés...

Eux n'ont pas été repérés, ni par nos services, bien sûr, mais surtout par leurs parents, par leur famille. Dans la plupart des dossiers, les services de renseignements (DGSE et Direction centrale du renseignement intérieur) sont avertis en général par les familles. Donc c'est vers les familles qu'il faut évidemment se mobiliser.

A propos des révélations sur la vie privée de François Hollande : est-ce que sa sécurité a pu être remise en question ?

Non. Je suis extrêmement clair là-dessus : le président de la République est protégé tout le temps, aussi bien dans ses déplacements publics que dans ses déplacements privés. Le Groupement de sécurité du président de la République qui est composé de 63 fonctionnaires de police et militaires de la gendarmerie, est composé d'hommes et de femmes de très grande qualité.

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