Par guy.fitoussi le 03/10/17
Depuis quelques années, de nombreuses régions européennes, comme l’Ecosse, la Catalogne, la Flandre, le nord de l’Italie, réclament leur indépendance. Des pays comme le Royaume-Unis, ou moult partis anti-européens, fustigent l’Europe. Les mouvements indépendantistes fleurissent.
 
Comment expliquer ces mouvements d’indépendance, d’autonomie… ? Même si les réponses sont nombreuses, j’en retiendrai trois :
 
  • Réagir à la mondialisation, et à ses effets nivelant les particularismes locaux, gommant les différences culturelles. Nous assistons depuis une vingtaine d’années à un retour des aspirations identitaires, à des tentatives de se réfugier sur son pré carré
 
  • Alors que la généralisation du libre-échange conduit à l’émergence de grandes puissances économiques comme la Chine ou l’Inde, les effets négatifs, et principalement le dumping social et la concurrence débridée, conduisent à contester les avantages d’appartenir à un grand ensemble, et à se replier sur son marché
 
  • Le renouveau des particularismes, le retour des identités, le réveil des nationalismes s’accompagnent d’une forme d’égoïsme, de refus de régions riches de participer à la solidarité nationale, ou de pays développés de s’inscrire dans un partage des richesses
 
Et pourtant, tant l’exemple de la Grèce refusant de sortir de la zone euro malgré les difficultés et la dureté des mesures, que celui du BREXIT devrait refroidir les ardeurs.
 
Le BREXIT. Le 23 juin 2016, il y a maintenant 15 mois, les Britanniques ont voté à près de 52 % la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Une première ! Le 30 mars 2017 a été effectivement mise en jeu la procédure de l'article 50 du traité de Lisbonne.
 
Après des élections législatives perdues et des atermoiements, la Première ministre, Mme. Theresa May a pris l'option d'un "Brexit dur", avec la sortie du Marché unique européen et la fin de la libre circulation des travailleurs européens, ce qui entraine une remise en cause automatique du marché unique bancaire et financier
 
Alors même que Bruxelles et Londres ont deux ans pour finaliser un accord, que la situation macro-économique en termes de croissance et d’emploi, avec un taux de chômage de 4,3 %, est encore positive, les conséquences commencent à se faire sentir :
 
  • L’inflation est en train de s’envoler avec 2,9 % en août, et 3 % attendus en octobre
 
  • Les établissements bancaires et financiers comment à quitter la City. Une étude récente laisse entendre que Frankfort, ville du siège de la Banque centrale européenne, semble « gagner la course », ce qui entrainerait la création d’ici 2021, de 10 000 emplois supplémentaires dans le secteur financier, et s’accompagnerait de la création de 20 à 90 000 emplois non financiers dans toute la région Rhin-Main.
 
  • A été déclenchée la procédure des dépouilles, à savoir la réaffectation des agences européennes installées sur le sol britannique dans les 27 pays de l’Union. La Commission européenne vient de publier une évaluation des candidatures. Pas moins de 23 métropoles ont postulé pour être le nouveau siège de l'Agence européenne du médicament (AEM) et de l'Autorité bancaire européenne (ABE)…
 
  • Le coût de la sortie pour solde de tout compte des engagements vis-à-vis de l’Union est estimé par Bruxelles entre 60 et 100 Md€. A ce stade, Londres n’envisage pas payer plus de 40 Md€
 
  •  Au-delà du coût financier, le BREXIT va avoir un coût impossible à estimer avec la fin de l’application du droit européen voté par la chambre des communes.
 
Le BREXIT peut être une véritable catastrophe, et la Catalogne devrait y réfléchir avant de franchir le Rubicon.
 
La Catalogne est une région historique d’Espagne qui a de tous temps, eu une relation très compliquée avec la capitale.
 
La Catalogne s’est constituée entre le IXème et le XIIème siècle par le regroupement de plusieurs comtés de l'ancienne Marche d'Espagne carolingienne sous l'autorité de la Maison de Barcelone, et devient progressivement un Etat. Bénéficiant toujours d’une forme d’autonomie, ce statut a été reconnu par la loi du 19juin 2006, qui l’a même définie comme « réalité nationale » ; le préambule de cette loi définit même la Catalogne comme nation[][].
 
Située dans le nord-est de la péninsule Ibérique, avec Barcelone pour capitale, la deuxième ville espagnole après Madrid, la Catalogne a une superficie de 31 950 km2, soit 6 % de la superficie espagnole. Même si ce n’est qu’une des langues officielles avec l'occitan et l'espagnol, le catalan est la langue la plus couramment pratiquée.
 
Avec près de 8 millions d’habitants et moins de 20 % de la population espagnole, la Catalogne est la région la plus riche d’Espagne avec une économie diversifiée dans le textile, la construction navale, la mécanique, l'automobile, la chimie, la pharmacie, l'agroalimentaire, l'informatique…sans oublier le tourisme. Elle ne veut plus payer pour le reste du pays, et veut, comme le pays basque et la Navarre, avoir l’autonomie fiscale.
 
La Catalogne a engagé un référendum d’autodétermination, non prévue par la Constitution espagnole, ce qui a conduit le gouvernement central à faire usage de la force pour faire respecter la loi fondamentale. L’engrenage de la violence semble irréversible. Même si les Espagnols connaissent le prix d’une guerre civile, tout semble en place pour la confrontation. Ce serait tragique à un moment où l’Espagne a recouvré une véritable santé économique en démontrant une formidable résilience face à la crise et ses effets négatifs.
 
Le Kurdistan
 
Le référendum catalan fait suite à celui effectué au Kurdistan. Les aspirations identitaires et nationalistes des Kurdes sont anciennes. Aujourd’hui, ils aspirent accéder à l’indépendance compte tenu de la situation de l’Etat irakien, et de l’effort fourni depuis plusieurs années contre l’Etat islamique.
 
Les Kurdes sont des oubliés de l’histoire, oubliés par les accords Sykes-Picot (accords secrets signés le 16mai 1916[][] entre la France et le Royaume-Uni[] prévoyant le partage de l’Empire turc, et plus particulièrement du Proche-Orient à la fin de la guerre), oubliés par la Société des Nations à la conférence de San Remo, oubliés par le Traité de Lausanne en 1923 qui entérine la fin de l’autonomie kurde à la demande des Turcs, en contrepartie de l’acceptation de toutes leurs pertes territoriales…
 
Bagdad ne peut accepter l’éclatement du pays, ne peut accepter de perdre les champs pétrolifères situés au Kurdistan. L’Iran, et surtout la Turquie y sont fondamentalement opposées par crainte de la contagion à leurs propres populations kurdes. Par crainte d’une profonde déstabilisation de la région, toutes les autres grandes nations, y compris les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, sont opposés à l’émergence d’un nouvel Etat.
 
Le problème n’est pas prêt d’être réglé. Alors que l’Etat islamique est en train d’être militairement défait,une nouvelle source de tensions et de conflits apparait. 
En ce qui concerne l'objet de notre blog tout particulièrement, le renouveau indépendantiste est plutôt une bonne nouvelle dont la nation séfarade devrait s'inspirer pour se détacher d'un Etat israélien de plus en plus occidentalisé et reniant avec dédain ses racones orientales.Les quelques 60 années de domination et de discrimination ashkénaze dans ce pays démontrent que les rêves d'unité nationale sous prétexte d'une religion commune débouchent le plus souvent par la domination d'une frange par rapport à un autre. pRENEZ LA yOUGOSLAVIE PAR EXEMPLE  avec la toute puissance serbe. Hélas Les séfarades éduqués en France n'ont pas eu le courage ni la volonté de réveiller les consciences à ce sujet là.
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Par guy.fitoussi le 30/05/17
J'avais 12 ans quand la guerre de kippour éclata, à la suite de laquelle l'OPEP, sous l'égide de l'Arable saoudite déclara l'embargo sur le pétrole et la flambée des prix qui s'en suit. Seuls les pays-bas, comme toujours, refusèrent de céder à la pression des pays arabes et d'adopter une politique contraire aux intérêts d'Israël, pourtant clairement attaqué en ce jour solennel. Je me rappelle alors de mon père, ce prophète, brave parmi les braves,  qui me glissa à l'oreille, "Guy, mon fils les pays arabes, ils le boiront un jour leur pétrole" Je ne compris pas de suite d'où venaient la certitude de cette analyse économique, mais je savais qu'en général les prévisions économiques de mon père à court terme au moins se réalisaient. Celle-ci mit toutefois plus de temps à se réaliser. Ce fut donc naturellement à mon papa que je pensais lorsque je lus cette nouvelle,il y a une semaine, quelque 34 ans après ce chantage au pétrole, pour  que l'Europe lâche enfin Israël, considéré alors, comme le "cancer" du proche Orient: Réunis à Vienne jeudi dernier, les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont décidé de prolonger jusqu’en mars 2018 les quotas de production arrêtés en novembre dernier. Cartel de 13 pays producteurs, l’OPEP représente 30 % de la production mondiale contre 50 % dans les années soixante-dix. Il a été élargi à 11 pays supplémentaires dont la Russie.
 
Faisons un petit rappel historique.
 
Après avoir cassé la barre des 100 $ le 2 janvier 2008 et frôlé les 160 $ en août 2008, le prix du baril a connu un trou d’air en 2015-2016.
 
A partir de 2014, Le pétrole est orienté à la baisse, entrainant le prix du baril de 110 $ jusqu’à moins de 30 $ début 2016. Cette évolution a résulté d’un phénomène de ciseaux :
 
  • Une baisse de la demande consécutive au ralentissement de la croissance mondiale, et plus particulièrement dans les pays émergents
 
  • Une offre excessive alimentée par le retour de l’Irak et de l’Iran sur les marchés, et surtout par la stratégie de l’Arabie saoudite. Même si l’OPEP ne regroupe pas tous les pays producteurs, elle imprime la tendance des marchés. Au sein de l’OPEP, la position du Royaume wahhabite a toujours été déterminante. Jusqu’à novembre 2016, ce pays a refusé de réduire sa production avec un triple objectif :
 
  • Fragiliser la production américaine des gaz de schiste dont l’exploitation n’est rentable qu’avec un prix supérieur à 55-60 $ le baril
    • Empêcher l’Iran de profiter pleinement de son retour sur les marchés après la levée des sanctions, et l’affaiblir financièrement pour compliquer ses engagements en Syrie, au Yémen, et dans toute la péninsule arabique. La confrontation entre Sunnites et Chiites est passée par les marchés pétroliers
     
    • Il en était de même pour le grand exportateur de gaz qu’est la Russie que l’Arabie saoudite affronte par Syriens interposés.
     
    La baisse à moins de 30 $ et la perspective de voir le baril à 20 $ a fini par pénaliser tous les acteurs au premier rang desquels l’Arabie saoudite. Pour faire face à la baisse de ses recettes et financer un budget en déficit, elle a été obligée d’emprunter. « L’arroseur arrosé » a fini par amorcer un revirement avec un rapprochement avec la Russie, avant de souscrire un accord au sein de l’OPEP.
     
    Cela s’est traduit par l’accord de novembre dernier avec la mise en place de quotas pour diminuer la production à concurrence de 1,8 million de barils dont 1,2 pour la seule OPEP. Cela a eu de nombreuses conséquences :
     
    • Bien évidemment, la remontée des cours autour de 50 $
     
    • Par appels d’offres internationaux, l’Iran a sélectionné une trentaine de compagnies européennes et asiatiques pour l’aider à développer sa production. Cela va encore prendre du temps car il manque les financements. Les banques européennes refusent de s’engager de peur des représailles des Etats-Unis qui n’ont pas encore levé les sanctions. En attendant, l’Iran vend son pétrole en n’hésitant pas à pratiquer des rabais importants par rapport aux prix de marché.
     
    • La production américaine est repartie. Non membre de l’OPEP, les Etats-Unis font ainsi pression sur la remontée des prix et contrarient le processus engagé il y a plus de six mois. Grace aux innovations technologiques, la production serait aujourd’hui rentable avec un prix de 45 $ le baril.
     
    Cette situation est préjudiciable à tous les pays exportateurs de pétrole. En effet, ils n’arrivent pas à préserver leurs recettes car la remontée des cours ne compense pas la baisse de la production.
     
    L’Arabie saoudite est dans une situation particulière. Le ministre saoudien du pétrole n’a pas hésité à déclarer ne pas se soucier d’un baril à 40 $. En fait, le plan Vision 2030 du vice prince héritier Mohamed ben Salmana pour objectif de réduire la dépendance du Royaume au pétrole par le développement des énergies renouvelables et la diversification de l’économie.
     
    Mais, les Saoudiens ont besoin d’un cours soutenu pour réaliser leur exceptionnelle opération, l’ouverture du capital de la société nationale ARAMCO, numéro un mondial du pétrole. Valorisée à 2 000 Mds$, soit trois fois la plus importante valorisation boursière, celle d’Apple. Introduire seulement 5 % du capital de ce géant reviendrait à faire la plus importante opération de tous les temps. Cela explique l’impérative nécessité d’avoir un prix du pétrole satisfaisant…Mais les pressions à la baisse font que le secteur pétrolier est en ébullition !
    Jusqu'à ce qu'ils le boivent leur pétrole,on en est pas loin et la prophétie de mon père, se réalisera peut-être! Sacré papa...
     
Par guy.fitoussi le 01/12/14
 
הנתונים שהנהלת בתיהמ"ש הצניעה
 
שכר השופטים בישראל - 80% יותר מבאירופה
 
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125,304 אירו לשנה [צילום: פלאש 90]

ישראל לעומת אירופה: מעט שופטים, הרבה עו"ד
איתמר לוין
נתונים של מועצת אירופה מלמדים: בישראל יש פי ארבעה עורכי דין לכל 100,000 תושבים, אבל פחות ממחצית מספר השופטים * תקציב בתי המשפט כשיעור מהתמ"ג נמוך בשליש מאשר באירופה
לרשימה המלאה

שכרם של שופטי בית המשפט העליון גבוה ב-39% משל עמיתיהם באירופה midBull.jpgהפרקליטים הזוטרים בישראל משתכרים פחות מעמיתיהם ביבשת; הבכירים - 17% יותר midBull.jpg אפס הליכים נגד שופטים בישראל, לעומת ממוצע של 62 באירופה

 
RedArrow.gif  Report on "European judicial systems - Edition 2014 (2012 data): efficiencyand quality of justice" / דוח pdf.gif 
 
 
 
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שכרם של השופטים בישראל גבוה ב-80% מן הממוצע במדינות אירופה, ואילו שכרם של שופטי בית המשפט העליון ב-39% מן הממוצע. כך מגלה דוח ועידת יעילות הצדק, גוף המסונף למועצת אירופה, ואשר השווה בין 48 מערכות משפט לפי נתוני 2012. עיקרי הדוח פורסמו בשבוע שעבר בידי הנהלת בית המשפט, אך לא כללו את הנתונים על שכר השופטים. 

שכרו השנתי של שופט ישראלי עמד בשנת 2012 על 86,297 אירו, לעומת ממוצע של 47,789 אירו במדינות אירופה. שכר השופטים בארץ גבוה פי 3.8 מהשכר הממוצע, בעוד עמיתיהם באירופה משתכרים רק פי 2.3 מהשכר הממוצע. השכר בישראל גבוה יותר מאשר באוסטריה, בלגיה, צרפת, גרמניה, יוון, איטליה, ספרד ושבדיה. 

שופט עליון ישראלי השתכר באותה שנה 125,304 אירו, לעומת ממוצע של 90,188 אירו במדינות אירופה. שכר זה היה גבוה פי 5.5 מן השכר הממוצע, בעוד ביתר מדינות אירופה משתכרים השופטים העליונים פי 4.2 מהשכר הממוצע. השכר בבית המשפט העליון הישראלי גבוה יותר מאשר באוסטריה, בלגיה, צרפת, גרמניה וספרד. 

מצבם של הפרקליטים הזוטרים גרוע משל עמיתיהם באירופה, בעוד הבכירים שבהם משתכרים יותר מאשר באירופה. השכר השנתי של התובעים בישראל עמד על 22,924 אירו והיה זהה לשכר הממוצע, בעוד באירופה עמד הממוצע על 34,700 אירו והיה גבוה ב-80% מן השכר הממוצע. לעומת זאת, מי שהוגדרו כפרקליטים בכירים (הכוונה מן ההקשר היא לאנשי פרקליטות המדינה), השתכרו 78,771 אירו - 17% יותר מעמיתיהם; שכרם היה פי 3.5 מהשכר הממוצע, כמעט זהה למצב באירופה (פי 3.4). 

פרק אחר בדוח מגלה, עד כמה השופטים בישראל חסינים מפני הליכים משמעתיים. בשנת 2012 לא היה אף הליך כזה בישראל, לעומת ממוצע של 62 הליכים במדינות אירופה. נתון זה אומנם מוטה כלפי מעלה בשל התנהלותן של כמה מדינות בעייתיות (כמו טורקיה ואוקראינה), אך גם במדינות מערביות דמוקרטיות יש לא מעט הליכים נגד שופטים: 66 באוסטריה, 14 בבלגיה, 17 בגרמניה, 99 באיטליה, 67 בנורבגיה, 47 בפורטוגל ו-46 בספרד. בעוד שברוב המדינות יש יותר מאשר גורם אחד היכול לנקוט הליכים נגד שופטים, בישראל קיים אחד בלבד - הוועדה למינוי שופטים. 

גיל הפרישה של השופטים בישראל - 70 - גבוה מן הממוצע באירופה, העומד על 68. גיל פרישה זהה לישראל כמה בכמה מדינות ובהן בלגיה, דנמרק, ישראל, לטביה, נורבגיה, פורטוגל, רוסיה, סלובניה, ספרד וצפון אירלנד. במדינות אחרות פורשים השופטים בגיל צעיר יותר, וביניהן: אוסטריה, בולגריה, קפריסין, ליטא, לוקסמבורג, גרמניה, רומניה וסרביה. 

הדוח גם מפריך את טענת ראשי הפרקליטות נגד הקמת גוף הביקורת, ולפיה הם נתונים ממילא לביקורתם של גופים רבים. ועידת הצדק מראה, כי בישראל יכול גוף אחד בלבד לנקוט הליכים נגד פרקליטים - בית הדין המשמעתי. זאת, לעומת חמישה גופים בגרמניה, ארבעה בשווייץ, שלושה בצרפת, ושניים עד ארבעה בחלקיה השונים של בריטניה.
Par guy.fitoussi le 14/10/14
Le denier livre d’Éric Zemmour « le suicide français » a pour objectif de démontrer que les causes de la situation actuelle du pays sont : Mai 68, le féminisme et sa remise en cause du rôle du père et de la famille, l’homosexualité, le divorce, l’hédonisme, la technocratie, Bruxelles, l’abandon de la souveraineté, l’acceptation de la mondialisation, la finance internationale…tous les thèmes traditionnellement évoqués par les extrêmes. Même le rock and roll aurait sa part de responsabilité dans notre faillite !
 
Ce qui interpelle, ce sont ses longs et nombreux développements sur la responsabilité des juifs dans ce suicide :
 
-       En ayant favorisé les lois contre le racisme et l’antisémitisme depuis la loi Pleven de 1973, nous entraverions la liberté d’expression et la liberté de la presse, et aurions mis une chape de plomb sur tout sujet relatif à la Shoah, Israël...
 
-       En défendant Israël, et en manifestant pour défendre certaines préoccupations, nous sommes accusés de double allégeance, aurions ouvert la boite de Pandore du communautarisme, et, pire, créé un modèle que la communauté arabe va chercher à imiter. « Le CRIF tua Napoléon » avec son diner annuel !
 
-       Pourquoi les juifs de par le monde ne s’intéresseraient-ils pas à ce qui se passe en Israël ? Sans remonter jusqu’à la question romaine du XIXème pour laquelle la France s’est battue, il est normal que les catholiques suivent de près ce qui se passe au Vatican et dans le monde chrétien. Leur reprocherait-on de se préoccuper du sort des chrétiens d’orient ? Qui pourrait critiquer les musulmans de se sentir concernés par les événements touchant le monde islamique ?
 
-       Le comble est dans sa défense du régime de Vichy et de Pétain qui auraient sauvé les Juifs français en donnant les Juifs étrangers. Zemmour devrait nous expliquer pourquoi Mussolini attend 20 ans et 1943 pour prendre des lois antisémites, alors que Pétain fait voter le statut des Juifs dès juin 40.
 
-       Nous aurions tort d’insister sur le mot Shoah, nous ferions trop pour la mémoire…Il consacre plusieurs pages pour essayer de démontrer que les Juifs instrumentaliseraient la Shoah. Il n’hésite pas à contester « l’irréductible singularité de la Shoah », au motif que l’histoire a connu d’autres génocides, et notamment celui stalinien. Il ose écrire que « Face à ce torrent de mauvaise foi, Courtois eut le seul tort de prétendre que la sacralisation théologique de la « Shoah » avait été orchestrée pour masquer l’ampleur des crimes communistes.»
 
-       Après avoir repris tous les thèmes les plus éculés de toutes les formes d’antisémitisme, Zemmour pousse sa posture révisionniste jusqu’à prendre la défense de Jean-Marie le Pen. Nous aurions mal compris son expression de « détail » ! D’invectives en amalgames, Zemmour stigmatise les juifs français, et s’impose en avocat et porte-parole de Le Pen !
 
Je pourrais vous en dire plus sur ce sujet, mais je voudrais insister sur les vraies fausses idées de Zemmour en matière économique. A partir de quelques faits ou décisions, il va chercher à démontrer comment nous aurions mis le doigt dans un engrenage qui, au bout de 40 ans, nous conduit au suicide. La faute aux Américains, aux ultra-libéraux, à la mondialisation, à Bruxelles, à la finance internationale, aux grandes surfaces,…et à tous ses technocrates qui ont vendu la France sur l’hôtel de la pensée unique !
 
De condamnations en approximations, voire erreurs, la démarche de Zemmour repose sur de nombreux sophismes.
 
Un exemple permet de comprendre la portée d’un sophisme.
 
Socrate a dit «  tous les Athéniens sont menteurs ». Socrate était Athénien. Donc, il mentait, et donc « tous les Athéniens ne sont pas menteurs ». L’erreur du sophiste est que le contraire de « tous les Athéniens sont menteurs » n’est pas « tous les Athéniens ne sont pas menteurs », mais « il existe un Athénien qui ne soit pas menteur ». Pour Zemmour, tout ce qui a trait à la pensée unique est mauvais, il n’y a rien de bon dans la pensée unique. Il en prend le contrepied, et essaie de bâtir les éléments d’une contre révolution fondamentalement réactionnaire.
 
Un des arguments les plus extraordinaires : il exhume un article de loi adopté en 1973 qui interdit à l’Etat de se refinancer gratuitement auprès de la Banque de France pour y voir les prémisses de la fin du colbertisme, de la fin de l’Etat. Rien que cela ! Il y voit la conspiration des banquiers. Il ne fait pas dans la dentelle ! Alors qu’il s’agit d’une mesure de bonne gestion financière et publique : il est normal de payer un intérêt lorsqu’on emprunte, même si c’est l’Etat qui emprunte auprès de sa banque centrale.
 
Zemmour réécrit l’histoire de la fin de la convertibilité illimitée du dollar en or officieusement abandonné le 15 août 1971, et présente cette décision comme un élément clé du complot américain visant à imposer leurs déficits jumeaux et les changes flottants. Les Américains n’ont pas nos contraintes en matière de déficits, non pas parce que les changes sont fixes ou flottants, mais parce que le dollar est la monnaie véhiculaire du commerce internationale. L’abandon du système mis en place en 1944 ne s’est pas en une seule fois, mais en cinq ans. Ce fut une déchirante révision pour les Américains. Cette remise en cause a pris cinq ans : cette décision du 15 août, mais également deux dévaluations en décembre 1971 et février 1973, avant de recourir aux changes flottants en 1976. Même si le marché commun européen et la politique agricole commune fonctionnaient à l’époque avec les changes fixes, Zemmour n’apporte nullement la preuve que les changes flottants favorisaient plus les Etats-Unis que l’Europe !
 
Avec les Etats-Unis, l’Angleterre est l’autre ennemi héréditaire de la France, et Zemmour nous refait la guerre de cent ans ! L’Angleterre aurait été le cheval de Troie des Etats-Unis pour désarmer l’Europe et dynamiter le « blocus continental ». Zemmour a du mal à accepter que les protectionnismes et dévaluations compétitives de l’entre-deux-guerres ont conduit à l’isolement et à la guerre. C’est pourquoi que dès 1944, les Etats vont chercher à favoriser le commerce entre les nations, ce qui a donné à l’humanité une exceptionnelle période de paix et prospérité depuis soixante-dix ans, ce que Zemmour occulte.
 
Zemmour a peur de la compétition, de la concurrence. Il ne cesse d’évoquer la France rurale, celle des petits commerçants, des paysans, celle de Napoléon 1er qui la protège, à la différence de Napoléon III qui a osé signer un accord de libre-échange avec la « perfide Albion », la France de Méline et du protectionnisme, la France vichyssoise avec ses ordres professionnels et son retour à la terre…Il vante d’ailleurs François Quesnay, mort en 1774, et les physiocrates, pour qui la terre était le seul facteur de production, de richesses, et n’hésite pas à écrire que « …les Français n’ont jamais cessé de détester le libéralisme… ». Même s’il les cite, il aurait pu montrer comment les français Frédéric Bastiat et Jean-Baptiste Say ont été des apôtres du libéralisme au XIXème siècle.
 
Bien entendu, Zemmour est contre Maastricht, l’euro, l’Europe, pour la préférence nationale. Comment peut-il imaginer vivre isolé du reste du monde, grâce à un protectionnisme intelligent ? Comment peut-il croire que nous pourrions vendre aux autres pays, tout en érigeant des barrières contre leurs produits ?
 
En fait, Zemmour a l’intime conviction que la France, les français ne sont pas capables d’affronter les autres, et surtout les Allemands, et que nous serons toujours perdants. Pour Zemmour, la défaite contre les Allemands en football en 1982, à Séville, s’inscrit dans la lignée de Verdun, et de 1940, et le joueur Rummenigge est comparé à Blücher qui emporte la victoire à Waterloo.
Par guy.fitoussi le 13/10/14
הפשרה ששברה את ליבו של עורך הדין
שופטי בית הדין הארצי לעבודה הפעילו לחץ כבד על עו"ד להתפשר, למרות שהיה לו ברור כשמש שהצדק עימו. בעקבות זאת מצבו הנפשי התדרדר והוא אף אושפז ועבר צנתור. למרות התנגדות הביטוח הלאומי - הוא הוכר כנפגע עבודה

 

באחד הימים פנה אל עו"ד נסים משעלי לקוח שהועסק בשש חברות שהתחמקו מתשלום זכויותיו כעובד. בששת החברות שלט איש עסקים אחד.

 

משעלי הגיש תביעה בשם הלקוח לבית הדין האזורי לעבודה בנצרת. הוא הצליח לשכנע את השופטת אורית יעקבס כי ששת החברות לא הוקמו אלא כדי לאפשר לבעל השליטה להתחמק מתשלום חובותיו.

 

השופטת ביצעה "הרמת מסך" ופסקה כי בעל השליטה חייב לשלם באופן אישי את החובות של החברות ללקוחו של משעלי. משעלי היה גאה בהישג שהביא ללקוחו. בצדק. הרמת מסך בשיטת המשפט הישראלית אינה עניין של מה בכך.

 

בעל השליטה לא כיבד את פסק הדין. משעלי פתח בהליכי הוצאה לפועל והצליח לשים את ידיו על 300,000 שקל שהיו שייכים אישית לבעל השליטה.

 

אין סיכוי לערעור? הפתעה

זה האחרון הגיש ערעור לבית הדין הארצי לעבודה. משעלי היה בטוח כי אין לערעור סיכוי. דברים ברוח זו אף אמר ללקוח. ביום שנקבע לדיון בערעור משעלי הופיע בפעם הראשונה בחייו בבית הדין הארצי בירושלים. תחושתו הייתה שהדיון יהיה קל ופשוט. אלא שמהר מאוד הסתבר לו כי לא זיהה את כיוון הרוח הנושבת בבית הדין הארצי. הדיון החל בכך שאחד מנציגי הציבור שישב בהרכב פסל את עצמו בשל "היכרות מוקדמת" עם בעל השליטה.

 

עם צאתו של חבר ההרכב שפסל עצמו, פנה אחד משופטי בית הדין הארצי אל משעלי ושאל באיזו זכות תפס 300,000 שקל מכספיו האישיים של בעל השליטה. משעלי אשר ראה את עצמו עד כה כרודף צדק החל להרגיש נרדף ומותקף.

 

בהמשך חש כי השופטים לוחצים עליו שיגיע לפשרה עם בעל השליטה. הם הציעו כי הלקוח יסתפק בסך של 60,000 שקל מתוך הסכום שנתפס בהוצאה לפועל. השופטים הזהירו כי "ייתכן" שפסק הדין של בית הדין האזורי יבוטל. משעלי לא הסכים.

 

שופטי בית הדין הארצי לא הרפו. הם הודיעו כי הם יוצאים להפסקה והציעו למשעלי ש"יחשוב היטב" על הצעתם. בעת ההפסקה ניסה משעלי להשיג בטלפון את הלקוח. ללא הצלחה.

 

גם לאחר ההפסקה הודיע משעלי כי הוא עומד בסירובו להסתפק ב-60,000 שקל. השופטים חזרו והזהירו כי "יש אפשרות" שפסק הדין של בית הדין האזורי יבוטל.

 

בשלב זה החל משעלי לחוש כאבים ולחצים בחזהו. למרות זאת התמיד בסירובו לפשרה. שופטי בית הדין העלו את ההצעה ל- 100,000 שקל. גם להצעה זו התנגד.

 

הושבת מעבודה ל-3 חודשים

השופטים לא ויתרו. הם ערכו שוב הפסקה בדיון כדי שמשעלי ישקול את ההצעה החדשה. משעלי חש מאוכזב, מבולבל ומותש. הכאבים והלחצים בחזה המשיכו. הוא חשש כי הם מסכנים את חייו. כשהשופטים חזרו משעלי נשבר. הוא הודיע להם, בניגוד לעמדתו האמתית, כי הוא מקבל את הצעתם לסך של 100,000 שקל.

 

הדרך חזרה מבית הדין הארצי לביתו עברה על משעלי תוך דכדוך נפשי קשה. הוא חש כי לא פעל נכון כשהסכים להתפשר בתיק. בימים שלאחר מכן המשיך לסבול מכאבים, לחצים ומועקה בחזה. בהמשך אושפז בבית החולים ועבר צנתור. בשל המצב בלבו, משעלי לא היה מסוגל לעסוק בעריכת דין ולא עבד למעשה במשך 3 חודשים.

 

משעלי פנה אל המוסד לביטוח הלאומי וביקש להכיר בו כנפגע עבודה. אין קשר סיבתי רפואי בין הפגמים בלבך לבין הלחצים שהפעילו עליך שופטי בית הדין הארצי לעבודה, קבע פקיד התביעות מוסד ודחה את תביעתו.

 

השופט חיים ארמון מינה את ד"ר דוד רוט לשמש מומחה-יועץ רפואי מטעם בית הדין.

 

המבוטח לא סבל מביטוי כלשהו של מחלת לב עד היום בו הופעלו עליו הלחצים בבית הדין הארצי, קבע המומחה. התופעה שהופיעה לראשונה במהלך הדיון בבית הדין הארצי נקראת "תעוקה בלתי יציבה". היא נובעת מקריש שחסם בשיעור של 90 אחוז את מעבר הדם בעורק.

 

נכון, הסביר המומחה, תעוקה בלתי יציבה לא מתפרצת אלא על רקע טרשת עורקים אשר מתפתחת לאטה במשך שנים. אולם ההתפרצות מתרחשת כאשר "טריגר" מסוים, כגון עקה נפשית, מביא לכך שקריש יחסום את העורק. אצל משעלי, הוסיף המומחה, נכון לראות את לחץ השופטים להתפשר כאירוע שהביא להתפרצות התעוקה הבלתי יציבה. בלא אירוע זה לא היה המבוטח לוקה באותו עיתוי בתעוקה בלתי יציבה.

 

השופט חיים ארמון ניתח את חוות דעתו של המומחה וקבע כי היא ברורה ומנומקת. היא מבוססת על העדויות שנשמעו במשפט, על החומר הרפואי שהיה בפני המומחה ועל הידע המקצועי שלו. בנסיבות אלה, פסק השופט, אני מאמץ את עמדתו של המומחה, מקבל את התביעה ומצהיר כי לחץ השופטים בבית הדין הארצי גרם למשעלי תעוקת חזה בלתי יציבה ולכן הוא נחשב לנפגע עבודה וזכאי לכל הזכויות הנובעות מהכרה זו.

 

 
Par guy.fitoussi le 29/09/14

מה צריך בית המשפט כדי להרשיע? חשבתם שאתם יודעים את התשובה, שצריך עדויות, חקירת עדים, הוכחות וכד' ? יש לכם הפתעה והיא התשובה של בית המשפט העליון:

"בהתאם להוראת סעיף 54א לפקודת הראיות [נוסח חדש], התשל"א- 1971, מוסמך בית-המשפט להרשיע נאשם בעבירת מין בהסתמך על עדותו היחידה של נפגע העבירה, ובלבד שיפרט מה הניעו להסתפק בעדות זו. כבר נפסק בעבר, כי די באמון המוחלט והמפורש שנותן בית-המשפט בעדות המתלונן, כדי למלא אחר חובת הנמקה זו (ע"פ 9902/04 פלוני נ' מדינת ישראל (לא פורסם, [פורסם בנבו], 16.7.2007))."

הרשעת הנאשם על סמך אמון בית המשפט בעדותו של עד יחיד, ללא הוכחות וללא ממצאים עובדתיים ממקם את מערכת המשפט הישראלית במקום בו היו משפטי שדה של ברה"מ הידועים לשמצה ומשפטי אינקוויזיציה באחת התקופות הנוראיות ביותר בהיסטוריה האנושית כולה.‬

Par guy.fitoussi le 18/01/14

Cette crispation intervient alors que les négociations israélo-palestiniennes entrent dans le vif du sujet

Un haut diplomate israélien, qui préfère conserver l'anonymat, résume avec philosophie cette passe d'armes diplomatique : " Jeudi, ils ont convoqué nos ambassadeurs ; vendredi, pour répliquer, nous avons convoqué les leurs, c'est de bonne guerre. " " Ils ", ce sont les gouvernements de quatre pays - France, Grande-Bretagne, Italie et Espagne -, dont les ambassadeurs en Israël ont été reçus, vendredi 17 janvier, par le directeur général du ministère israélien des affaires étrangères, Nissim Benchetrit.

" La position partiale qu'ils adoptent de manière constante contre Israël et en faveur des Palestiniens est inacceptable et donne le sentiment qu'ils cherchent à faire peser la faute sur Israël ", a affirmé Avigdor Lieberman, le chef de la diplomatie israélienne.

La veille, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, avait réagi à la décision de ces quatre pays de convoquer l'ambassadeur d'Israël, en dénonçant l'" hypocrisie " des Européens, qui n'hésitent pas à provoquer une tension diplomatique " à cause de la construction de quelques maisons "...

En réalité, c'est la récente relance de la colonisation - condamnée par les Européens -, sous la forme d'appels d'offres portant sur 1 400 à 1 800 logements (le nombre reste incertain) à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, qui est en cause. " Quand l'Union européenne a-t-elle convoqué des ambassadeurs palestiniens à propos d'appels à la destruction d'Israël ? ", a insisté M. Nétanyahou en stigmatisant un " deux poids deux mesures qui ne fait pas avancer la paix ". Lorsque Palestiniens et Israéliens ont décidé (fin juillet 2013) de reprendre des négociations, a-t-il affirmé, il était prévu, selon un " accord informel ", qu'il n'y aurait pas de " retenue dans la construction " de logements de la part d'Israël, ce que contestent les Palestiniens.

Cette brusque tension diplomatique est-elle le signe que, paradoxalement, le processus de paix est moins dans l'impasse qu'on pourrait l'imaginer ? Certains diplomates et observateurs israéliens, à Jérusalem, veulent le croire : selon ce raisonnement, c'est parce qu'Israéliens et Palestiniens sont entrés dans le vif du sujet que l'on assiste à cette crispation. Cela expliquerait le récent incident entre le ministre israélien de la défense, Moshé Yaalon, et le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, le premier évoquant l'" obsession et le sentiment messianique " du second.

Les Américains n'ont pas apprécié et, comme le reconnaît un diplomate israélien, il est probable que M. Yaalon va être " mis sur la banquise " pendant quelque temps à Washington. Mais l'issue ne fait aucun doute : John Kerry soutient à bout de bras le processus de paix et les Etats-Unis sont l'allié indispensable d'Israël, comme des Palestiniens.

Avec les Européens, c'est autre chose. Les Israéliens ont été obligés de passer sous les fourches caudines de l'Union européenne (UE), s'agissant du programme scientifique européen Horizon 2020 (qui ne pourra pas être appliqué dans les colonies), et ce différend a laissé des traces.

L'ambassadeur de France en Israël, Patrick Maisonnave, a publié, le 3 janvier, dans le quotidien Haaretz, une tribune au ton très ferme pour s'étonner que l'offre européenne d'accorder un " statut spécial de partenariat privilégié " à Israël en cas d'accord final avec les Palestiniens ait été accueillie par un mutisme total des autorités israéliennes. " Quelle doit être la conclusion européenne ? Qu'Israël n'a pas besoin de l'Europe, qu'il ne se sent apparemmentpas si isolé (...) ? Que les Israéliens ne souhaitent pas approfondir leurs relations avec l'Union européenne ? Qu'Israël n'écoute les Européens que lorsqu'ils exercent une amicale pression, mais se bouche les oreilles quand ils essaient de tracer un avenir commun ? Que l'Europe n'est pas un acteur du jeu ? "

C'est bien ce qui est en cause. Les Israéliens ne veulent pas laisser l'UE jouer le moindre rôle dans le processus de négociations en cours, alors que les Palestiniens aimeraient voir celle-ci exercer un contrepoids face à l'influence américaine, jugée trop favorable à l'Etat juif. Ils ont le sentiment - fondé - que les Européens ont plus d'empathie naturelle pour la cause palestinienne, du moins s'agissant du refus de la poursuite de la colonisation.

En même temps, Israël ne peut nier que le rôle important de bailleur de fonds de l'Autorité palestinienne que joue l'Europe lui donne voix au chapitre.

Par guy.fitoussi le 16/03/08

Tout était noir autour de lui.

Mais de temps en temps, des lueurs rouges et jaunes éclairées l'horizon.

Et un grand bruit accompagné ces lueurs rouges et jaunes.

"Plus vite", semi implorait, semi criait la voix.

Il fallait riposter, le plus vite possible, sinon, c'était la fin.

Déjà, à quelques centaines de mètres de là, on sentait, on voyait venir la déflagration.

Elle se rapprochait dangereusement.

Il fallait trouver l'ennemi, le neutraliser.

Dans la pénombre de la nuit, il fallait trouver ses repères.

Il venait juste de s'endormir pourtant.

Il avait été de garde entre 1 heure et trois heure du matin, il venait juste de s'endormir quant une demi-heure plus tard seulement parvenait ces déflagrations.

Pourquoi n'avaient-elles pas eu lieu plus tôt, durant sa garde.

Pourquoi n'était-ce jamais lui qui devait réveiller ses compagnons de combat mais toujours lui que l'on devait réveiller.

C'est à ses choses futiles, terriblement concrètes et tout à fait égoïstes, qu'il pensait à ces moments là.

Non pas à la mort, non pas au combat mais plutôt à savoir pourquoi moi et pas eux.

Pourquoi cette horrible souffrance d'être tiré du sommeil juste après avoir fermé l'oeil, oeil qu'il n'avait pratiquement pas fermé depuis 48 heures maintenant.

Eux au moins avaient réussi à fermer les yeux trois heures au moins.

L'attaque était donc pour eux un moindre mal.

Mais pour lui, c'était une nouvelle journée longue et terrible qui s'annonçait, sans avoir pu fermer l'oeil auparavant; il n'en pouvait plus!

Depuis combien de temps était-il au Liban: 30 jours, 35 jours au moins.

Il aurait du déjà rentrer au bercail.

Mais les attaques incessantes des Hisballahs ne le permettaient pas.

Il fallait attendre une accalmie pour rafraîchir les troupes, pour remplacer les réserves par d'autres réserves plus fraîches.

Il avait dû pourtant fermer son bureau durant trente jours d'affilé.

Comment les clients le prendraient-il!?

Lui n'avait pas d'associés, il ne disposait pas d'une grande structure.

Il était arrivé en Israël accomplir son devoir, petitement, humblement, sans aucune ressource financière ni parlant la langue du pays.

Il ne connaissait personne, n'avait aucun appui mais on lui avait dit que c'était là son devoir.

Il se rappellait alors de cette blague sur ce qu'est un sioniste: un Juif qui réfléchit avec un deuxième Juif comment faire partir un troisième Juif en Israël.

Il se rappellait de ces conversations passionnées de son père et des amis de son père sur Israël, tout imbus qu'ils étaient chacuns de se présenter qui plus "sioniste" que l'autre.

Il y avait là le chirurgien, qui n'avait pu résister à la tentation de s'acheter une nouvelle jaguar, ou une nouvelle ferrari, il ne s'en souvenait plus très bien, mais qui demeurait néanmoins fervent supporter et un inconditionnel ami d'Israël, comme il aimait le déclarer.

Il n'y a, après tout, aucune contradiction à aimer une jaguar, une ferrari, une belle blonde ou Israël en même temps, pensa t-il!?

Israël aimait particulièrement ces hommes là: Plus même, Elle les courtisait ! N'avait-elle pas décernée un diplôme de doctorat honoris causa a Bernard-Henri-Lévy pour son oeuvre pro-sioniste et s'identifiant avec tous les régimes en place en Israël!?

Pour ces gens là, le sionisme pouvait s'avérer lucratif: d'une part, il créait une bande d'amis partageant strictement les mêmes idées sur la nécessité de soutenir inconditionnellement l'Etat et la politique d'Israël, d'autre part, le faire sans risque aucun de perdre les privilèges attachés à leurs présences sur le territoire français, comme par exemple le travail, la carrière, la famille, la sécurité, la retraite et de manière générale tout ce qu'un Etat moderne en paix peut proposer à ses citoyens.

Plus même, si l'on pouvait obtenir un doctorat honoris causa sans véritablement avoir jamais mis les pieds en Israël, si ce n'est en touriste, alors cela valait véritablement la peine de ce déclarer "sioniste"; celà donner un sentiment de joie et de dignité intense et surtout, cela faisait vivre.

Israël appréciait également ces gens là: Ils venaient tous les ans en Israël dépenser leur argent là-bas, ils achetés de temps en temps des appartements de luxe, faisant grimper les prix en créant une bulle financière, alors que les jeunes couples israéliens devaient dangereusement s'endetter pour l'acquisition d'un logement, et surtout, ils ne critiquaient jamais l'Etat d'Israël, formant une armée secrète de doux et loyaux "combattants" de la propagande israélienne, embrigadés qu'ils étaient inconditionnellement à sa cause, comme de véritables robots ou plutôt esclaves d'une idéologie qu'ils ne vivaient pas et à laquelle ils n'avaient, en fait, jamais pris véritablement part, si ce n'est dans l'imaginaire "l'an prochain, à Jérusalem".

Mais lui au milieu de ces bombes, qui n'en pouvait déjà plus de fatigue et de sommeil, qui avait contribué, modestement, à garder le pays dans ses frontières et à l'extérieur de ses frontières, que ce soit à Hebron, Schem, Gaza, la plaine du Jourdain, le Liban ou le Golan, voire même la prison Ktsiot dans le Néguev créée durant la première Intifada, qui devait fermer son bureau pour ces milouim (réserves) de trente à quarante cinq jours tous les ans pendant vingt ans au moins, et qui devait s'entendre dire en surplus par un petit juge "Ca suffit d'introduire des appels contre moi", à savoir "tu n'as pas le droit de penser ni de me critiquer et dis merci que l'on t'accueille dans cet Etat", ne ressentait pas exactement la même chose que son père et ses compagnons de fortune.

Et ces derniers venaient dire à celui-ci que son fils ne parlait pas exactement comme le fils d'un sioniste "pur et dur" devrait parler, qu'il fallait donc le "corriger", le "régénerer", le "réformater", lui dire que tout est "pour le mieux dans le meilleur des mondes" et que tout va bien.

Mais sont-ils aveugles, ces gens là!? Ne voient-ils pas qu'on ne les aime pas, ni en Israël, ni ailleurs. Ailleurs, ils sont des Juifs, en Israël ils sont des Juifs-arabes, à savoir des séfarades.

Or, les séfarades forment en Israël 95% de la population carcérale.

S'ils avaient fait, comme moi, leur Alya, leur chance, ou celle de leurs fils ou fille de terminer en prison, aurait été augmentée par mille au moins.

D'un autre côté, la chance d'accéder à une profession respectable ou une profession tout court, pour eux et leurs enfants, auraient été proportionnellement elle aussi multipliée par mille en France, pays pour lequel ils n'ont pourtant que de l'aversion et du mépris.

Sur onze juges formant la Cour suprême d'Israël, seul un est d'origine séfarade et encore, à cause du fait qu'il existe un quota, une place gardée pour un juge séfarade sur douze devant la Cour suprême, comme s'il s'agissait d'une ethnie en voie de disparition, de véritables Indiens dont il faut assurer la préservation, puisqu'il s'agit d'une "race" en voie d'extinction.

D'un autre côté, les ashkénazes, eux, occupent la majeure partie des fonctions administratives et gouvernementales du pays et forment à eux-seuls plus de 95% des élites judiciaires et universitaires dans ce pays; 9% seulement des maîtres de conférence dans les universités israéliennes sont d'origine séfarade, alors que la population séfarade forme la majorité du pays.

On aurait pu penser après soixante ans d'existence qu'un pays comme Israël, fondé sur les ruines de l'antisémitisme moderne et qui se dit représentatif du peuple Juif dans son ensemble, dans toutes ses variantes et composantes, réussisse à combler cet handicap et parvienne, notamment grâce à l'amour et à l'esprit d'entraide qui devrait normalement régir les relations des israéliens entre eux, quelques soient leurs origines ethniques, suivant la doctrine sioniste officielle de l'Etat hébreu, à l'égalité la plus complète, au bout de deux, voire trois générations, tout au plus; Pierre Drey en France n'est-il pas devenu le Président de la Cour de cassation française!?

Loin s'en faut: au lieu de cela, le fossé s'écarte de plus en plus.

Y aurait-il du racisme en Israël aussi? Y a-t-il de la part de la diaspora juive un phénomène de non assistance à personnes en danger, imbue qu'elle est de l'apparente sécurité qu'Israël leur offre en tant "qu'assurance vie", en cas de "pépin" ou de "coup dur", à tel point qu'elle se masque volontairement la face et collabore avec un régime fondamentalement raciste envers les Juifs séfarades particulièrement, au lieu de le combattre et de le condamner, de là, il n'y a qu'un pas à franchir, que nous franchirons ensemble, pour peu que vous ayiez l'esprit ouvert et non obtu de ceux qui prétendent tout connaître, tout savoir et tout imposer...!

Par guy.fitoussi le 16/03/08

Tout était noir autour de lui.

Mais de temps en temps, des lueurs rouges et jaunes éclairées l'horizon.

Et un grand bruit accompagné ces lueurs rouges et jaunes.

"Plus vite", semi implorait, semi criait la voix.

Il fallait riposter, le plus vite possible, sinon, c'était la fin.

Déjà, à quelques centaines de mètres de là, on sentait, on voyait venir la déflagration.

Elle se rapprochait dangereusement.

Il fallait trouver l'ennemi, le neutraliser.

Dans la pénombre de la nuit, il fallait trouver ses repères.

Il venait juste de s'endormir pourtant.

Il avait été de garde entre 1 heure et trois heure du matin, il venait juste de s'endormir quant une demi-heure plus tard seulement parvenait ces déflagrations.

Pourquoi n'avaient-elles pas eu lieu plus tôt, durant sa garde.

Pourquoi n'était-ce jamais lui qui devait réveiller ses compagnons de combat mais toujours lui que l'on devait réveiller.

C'est à ses choses futiles, terriblement concrètes et tout à fait égoïstes, qu'il pensait à ces moments là.

Non pas à la mort, non pas au combat mais plutôt à savoir pourquoi moi et pas eux.

Pourquoi cette horrible souffrance d'être tiré du sommeil juste après avoir fermé l'oeil, oeil qu'il n'avait pratiquement pas fermé depuis 48 heures maintenant.

Eux au moins avaient réussi à fermer les yeux trois heures au moins.

L'attaque était donc pour eux un moindre mal.

Mais pour lui, c'était une nouvelle journée longue et terrible qui s'annonçait, sans avoir pu fermer l'oeil auparavant; il n'en pouvait plus!

Depuis combien de temps était-il au Liban: 30 jours, 35 jours au moins.

Il aurait du déjà rentrer au bercail.

Mais les attaques incessantes des Hisballahs ne le permettaient pas.

Il fallait attendre une accalmie pour rafraîchir les troupes, pour remplacer les réserves par d'autres réserves plus fraîches.

Il avait dû pourtant fermer son bureau durant trente jours d'affilé.

Comment les clients le prendraient-il!?

Lui n'avait pas d'associés, il ne disposait pas d'une grande structure.

Il était arrivé en Israël accomplir son devoir, petitement, humblement, sans aucune ressource financière ni parlant la langue du pays.

Il ne connaissait personne, n'avait aucun appui mais on lui avait dit que c'était là son devoir.

Il se rappellait alors de cette blague sur ce qu'est un sioniste: un Juif qui réfléchit avec un deuxième Juif comment faire partir un troisième Juif en Israël.

Il se rappellait de ces conversations passionnées de son père et des amis de son père sur Israël, tout imbus qu'ils étaient chacuns de se présenter qui plus "sioniste" que l'autre.

Il y avait là le chirurgien, qui n'avait pu résister à la tentation de s'acheter une nouvelle jaguar, ou une nouvelle ferrari, il ne s'en souvenait plus très bien, mais qui demeurait néanmoins fervent supporter et un inconditionnel ami d'Israël, comme il aimait le déclarer.

Il n'y a, après tout, aucune contradiction à aimer une jaguar, une ferrari, une belle blonde ou Israël en même temps, pensa t-il!?

Israël aimait particulièrement ces hommes là: Plus même, Elle les courtisait ! N'avait-elle pas décernée un diplôme de doctorat honoris causa a Bernard-Henri-Lévy pour son oeuvre pro-sioniste et s'identifiant avec tous les régimes en place en Israël!?

Pour ces gens là, le sionisme pouvait s'avérer lucratif: d'une part, il créait une bande d'amis partageant strictement les mêmes idées sur la nécessité de soutenir inconditionnellement l'Etat et la politique d'Israël, d'autre part, le faire sans risque aucun de perdre les privilèges attachés à leurs présences sur le territoire français, comme par exemple le travail, la carrière, la famille, la sécurité, la retraite et de manière générale tout ce qu'un Etat moderne en paix peut proposer à ses citoyens.

Plus même, si l'on pouvait obtenir un doctorat honoris causa sans véritablement avoir jamais mis les pieds en Israël, si ce n'est en touriste, alors cela valait véritablement la peine de ce déclarer "sioniste"; celà donner un sentiment de joie et de dignité intense et surtout, cela faisait vivre.

Israël appréciait également ces gens là: Ils venaient tous les ans en Israël dépenser leur argent là-bas, ils achetés de temps en temps des appartements de luxe, faisant grimper les prix en créant une bulle financière, alors que les jeunes couples israéliens devaient dangereusement s'endetter pour l'acquisition d'un logement, et surtout, ils ne critiquaient jamais l'Etat d'Israël, formant une armée secrète de doux et loyaux "combattants" de la propagande israélienne, embrigadés qu'ils étaient inconditionnellement à sa cause, comme de véritables robots ou plutôt esclaves d'une idéologie qu'ils ne vivaient pas et à laquelle ils n'avaient, en fait, jamais pris véritablement part, si ce n'est dans l'imaginaire "l'an prochain, à Jérusalem".

Mais lui au milieu de ces bombes, qui n'en pouvait déjà plus de fatigue et de sommeil, qui avait contribué, modestement, à garder le pays dans ses frontières et à l'extérieur de ses frontières, que ce soit à Hebron, Schem, Gaza, la plaine du Jourdain, le Liban ou le Golan, voire même la prison Ktsiot dans le Néguev créée durant la première Intifada, qui devait fermer son bureau pour ces milouim (réserves) de trente à quarante cinq jours tous les ans pendant vingt ans au moins, et qui devait s'entendre dire en surplus par un petit juge "Ca suffit d'introduire des appels contre moi", à savoir "tu n'as pas le droit de penser ni de me critiquer et dis merci que l'on t'accueille dans cet Etat", ne ressentait pas exactement la même chose que son père et ses compagnons de fortune.

Et ces derniers venaient dire à celui-ci que son fils ne parlait pas exactement comme le fils d'un sioniste "pur et dur" devrait parler, qu'il fallait donc le "corriger", le "régénerer", le "réformater", lui dire que tout est "pour le mieux dans le meilleur des mondes" et que tout va bien.

Mais sont-ils aveugles, ces gens là!? Ne voient-ils pas qu'on ne les aime pas, ni en Israël, ni ailleurs. Ailleurs, ils sont des Juifs, en Israël ils sont des Juifs-arabes, à savoir des séfarades.

Or, les séfarades forment en Israël 95% de la population carcérale.

S'ils avaient fait, comme moi, leur Alya, leur chance, ou celle de leurs fils ou fille de terminer en prison, aurait été augmentée par mille au moins.

D'un autre côté, la chance d'accéder à une profession respectable ou une profession tout court, pour eux et leurs enfants, auraient été proportionnellement elle aussi multipliée par mille en France, pays pour lequel ils n'ont pourtant que de l'aversion et du mépris.

Sur onze juges formant la Cour suprême d'Israël, seul un est d'origine séfarade et encore, à cause du fait qu'il existe un quota, une place gardée pour un juge séfarade sur douze devant la Cour suprême, comme s'il s'agissait d'une ethnie en voie de disparition, de véritables Indiens dont il faut assurer la préservation, puisqu'il s'agit d'une "race" en voie d'extinction.

D'un autre côté, les ashkénazes, eux, occupent la majeure partie des fonctions administratives et gouvernementales du pays et forment à eux-seuls plus de 95% des élites judiciaires et universitaires dans ce pays; 9% seulement des maîtres de conférence dans les universités israéliennes sont d'origine séfarade, alors que la population séfarade forme la majorité du pays.

On aurait pu penser après soixante ans d'existence qu'un pays comme Israël, fondé sur les ruines de l'antisémitisme moderne et qui se dit représentatif du peuple Juif dans son ensemble, dans toutes ses variantes et composantes, réussisse à combler cet handicap et parvienne, notamment grâce à l'amour et à l'esprit d'entraide qui devrait normalement régir les relations des israéliens entre eux, quelques soient leurs origines ethniques, suivant la doctrine sioniste officielle de l'Etat hébreu, à l'égalité la plus complète, au bout de deux, voire trois générations, tout au plus; Pierre Drey en France n'est-il pas devenu le Président de la Cour de cassation française!?

Loin s'en faut: au lieu de cela, le fossé s'écarte de plus en plus.

Y aurait-il du racisme en Israël aussi? Y a-t-il de la part de la diaspora juive un phénomène de non assistance à personnes en danger, imbue qu'elle est de l'apparente sécurité qu'Israël leur offre en tant "qu'assurance vie", en cas de "pépin" ou de "coup dur", à tel point qu'elle se masque volontairement la face et collabore avec un régime fondamentalement raciste envers les Juifs séfarades particulièrement, au lieu de le combattre et de le condamner, de là, il n'y a qu'un pas à franchir, que nous franchirons ensemble, pour peu que vous ayiez l'esprit ouvert et non obtu de ceux qui prétendent tout connaître, tout savoir et tout imposer...!

Par guy.fitoussi le 28/02/08

Cette ceinture noire, personne ne là lui prendrait.

Elle était acquise pour la vie, quels que soient les actes de son détenteur, qu'il en soit digne ou non.

On ne retire pas le prix du sang, le prix du courage et de l'abnégation.

Il est acquis à vie.

Mais quid de la robe noire, celle qu'il avait acquise aujourd'hui après sept longues années d'études?

Celà faisait maintenant 20 ans qu'il exerçait cette fabuleuse profession, avocat, et voilà maintenant qu'on le menaçait dans son intégrité même, on voulait lui reprendre cette robe noire qu'il avait acquise elle aussi au prix de tant d'efforts; on s'était apparemment trompé: il ne la méritait pas, disait-on!

Son crime? Il avait décidé de remettre le système en question, de mettre en cause des juges.

Tout, sauf celà: il s'agisssait bien là d'un crime de lèse majesté.

On ne poursuit pas des juges impunément en Israël.

Il fallait payer.

Comme l'écrivait le juge Gourfinkel du tribunal de paix de Tel-Aviv, un juge peut être corrompu, recevoir des pots de vin, avoir une animosité particulière envers l'une des parties, fausser le jugement, la règle juridique est qu'il bénéficie d'une immunité complète et totale.

La partie victime de telles actions ou omissions ne peut s'en prévaloir pour obtenir dédommagements; article 8 de la loi sur la réparation des dommages, faisait-il valoir...!

Mais lui était tenace: il avait fait appel et son appel reçu, non pas sur le fond de l'affaire elle-même mais sur un problème de procédure, puisqu'il n'avait pas été mise en demeure de répondre à la demande du parquet de rayer son action pour immunité des juges en Israël.

Le dossier était donc revenu à la table du respectable juge Gourfinkel, qui allait donner exactement la même décision, ajoutant, après avoir lu les conclusions de cet avocat décidément bien trop tenace, que l'Etat bénéficiait de la même immunité que le juge, à savoir qu'on ne pouvait poursuivre ni le juge ni l'Etat coupables d'un déni de justice ou d'une infraction pénale quelconque liée au monopole et à la prérogative de rendre la justice. Autorité de droit divin, en quelque sorte. Et pour mieux lui faire comprendre les choses, on allait le condamner à une amende au profit de l'Etat de 20 000 shekels, soit près de 4000 euros, comme lors du premier jugement intervenu en la matière, histoire de l'éduquer, en quelque sorte!

Mais l'avocat demeurait opiniâtre et têtu à la fois: il faisait de nouveau appel mais cette fois, c'est le parquet qui cédait: que veux-tu? lui demandait-on pour la première fois. Tiens donc, on s'intéressait vraiment à lui, pour la première fois, depuis qu'il avait mis les pieds en Israël, il y a vingt ans déjà?!

Mais la vérité, répondit-il, du tac au tac. La vérité, tout simplement!

Le juge du tribunal de paix, chargé des affaires familiales, n'avait pas compétence pour connaître de cette affaire. Il doit le reconnaître "Mais nous le reconnaissons, en son nom, et nous nous excusons", s'était-il entendre dire.

Voilà comment s'est terminée cette affaire: reconnaissance pour la première fois en Israël du tort qu'un juge a causé à un citoyen avec excuse à l'appui. C"était peu, mais beaucoup à la fois. Il avait gagné contre le système, contre les juges...

On ne le lui pardonnerait pas!