Par guy.fitoussi le 07/12/18

Au XVIIe siècle, l’honnête homme a une culture générale étendue et les qualités sociales propres à le rendre agréable en faisant preuve d'une aisance sociale conforme à l'idéal du moment. Homme de cour et homme du monde, il se doit de se montrer humble, courtois et cultivé mais aussi de pouvoir s'adapter à son entourage. Au nom de la nature, il refuse tout excès et sait dominer ses émotions. L’honnête homme est un être de contrastes et d’équilibre. Il incarne une tension qui résulte de cette recherche d’équilibre entre le corps et l'âme, entre les exigences de la vie et celles de la pensée, entre les vertus antiques et les vertus chrétiennes. Il lui faut fuir les excès, même dans le bien. En un mot, il est un idéal de modération et d'équilibre dans l'usage de toutes les facultés. Par un alliage judicieux de la culture générale avec le bon goût et la politesse des manières, il entendait que l'homme réalise pleinement la définition antique qui faisait de lui un « animal raisonnable ». Selon la formule de Boileau, il lui fallait « savoir et converser et vivre ».En 1947, l'historien français Philippe Ariès pouvait encore écrire : « l'honnête homme représente non pas un intellectuel professionnel, mais un esprit curieux, cultivé, de goût sûr ».

  Sous l'apparât de l'honnête homme, Macron n'est hélas rien de tout cela. C'est un parvenu, qui n'a pas l'élégance, d'un Pagnol qui raconte comment dans son enfance, il avait reçu, un courrier d'un ami de classe, truffé de fautes d'orthographes, sur un papier sale,rempli de tâches de graisses.Il raconte comment, il avait pris sa meilleure plume et son meilleur papier pour lui répondre, sans aucune faute d'orthographe bien sûr. Il pouvait bien se le permettre, lui, le fils d'un instituteur.Mais au moment d'envoyer cette lettre, il se ravisa, la déchira, pour en écrire une nouvelle. Cette fois, il prenait un papier des plus banal, qu'il s'appliqua à y faire apparaître les mêmes tâches de graisse et les mêmes fautes d'orthographe que son ami. Il expliqua plus tard que sa démarche visait à ne pas humilier son compagnon de classe mais à se mettre à son niveau.Voilà, un honnête homme me suis-je toujours dit, et en plus un enfant. A côté, Macron n'arrive pas aux chausettes de ce petit pagnol.  Il n'a rien de tout cela. Il est égocentrique, il est bête, il est encore dans l'âge ingrat, à l'école de sa maîtresse Brigitte, qui lui donne des bonnes notes, alors qu'il ne le mérite pas.

Voilà pourquoi, la justice divine qui est toujours sage, lui a infligé une punition exemplaire, ni trop dure, ni trop molle. Une punition à sa mesure de petit con aristocrate high tech. Là où il a commis son ignomie, là, il a été frappé. Je m'explique:Tout le monde l'a vu, Trump, l'homme de la plus grande puissance sur la terre a traité Macron avec beaucoup d'honneur, de respect et même de charme, comme si Macron était pour ainsi dire son petit fils. Macron aussi avec non moins de grâce a accepté d'endosser ce rôle de petit garçon, et c'était selon moi, tout à son honneur. Que lui a t-il donc pris, sous l'arc de triomphe de déstabiliser ainsi son hôte, en jouant le démagogue anti-nationaliste et écologiste exemplaire!? Là où c'est L'Amérique qui a, qui plus est sauvé la France, par deux fois déjà, là où le soldat inconnu est peut-être américain. L'honnête homme,lui, vraiment, ne fait pas ça. Il n'humilie pas ainsi son hôte et ne lui plante pas un couteau dans le dos,à la face du monde entier, et surtout lorsque celui-ci ne peut même pas lui répondre, ni répliquer, au même moment et a fait preuve plutôt d'un calme olympien, digne de l'onnête homme, cette fois-ci.

C'est ainsi que finalement la pâle flamme qui éclairait Macron ce jour là, celle du pauvre soldat inconnu, a failli s'éteindre complètement quelques mois plus tard, par les gilets jaunes, au même endroit de cette goujaterie, et Trump, celui qu'on traite de grossier personnage,qui se flatte "to grab women by the pussy",  le moment d'un tweet meurtrier bien placé où il a dénoncé cette goujaterie, est devenu cet honnête homme, à sa place. Non Macron n'est pas un honnête homme et il va le payer, juste pour ça. D...qui fait les peuples et les révolutions, qui libère les hébreux d'Egypte, qui inspire le vieux négro spiritual, qui fait chanter satchmo let my people go et le fait  souffler dans sa trompette, ou donne de la force à Mandela dans son cachot et fait dire à Martin luther king, I have a dream,qui accorde à Soljenitsyne un supplément d'âme dans son goulag,pour y écrire l'archipel du goulag, n'aime apparemment pas les petits cons!Comme il est dit dans, Ésaïe 40:4, Toute vallée sera comblée, et toute montagne et tout coteau seront abaissés, et les lieux tordus seront redressés, et les lieux raboteux seront aplanis. Ainsi fut-il, ces jours là, sous l'arc de triomphe! Amen...

Par guy.fitoussi le 19/01/17
L’installation vendredi de Donald TRUMP à la Maison blanche suscite des interrogations, voire des craintes. Elles sont justifiées par ses dernières déclarations fracassantes. En critiquant Angela MERKEL et sa politique sur l’accueil des migrants, en saluant le BREXIT, en affirmant que le vieux continent est dominé par l’Allemagne, en répétant que l’Europe doit participer au financement de sa défense, le Président élu interpelle, bouscule l’Europe, tout comme Vladimir POUTINE lorsqu’il a annexé la Crimée, soutenu les séparatistes de l’Est ukrainien ou sauvé Bachar El Assad au prix de massacres de populations.
Face à un monde de plus en plus compétitif, de plus en plus dangereux, nous avons besoin d’une Europe forte. Face aux blocs nord-américain, chinois et russe, nous avons besoin d’une Europe qui s’affirme. Plus aucun pays ne peut s’appuyer sur le bouclier américain.
Unis, nous avons plus de chances de faire face aux défis, aux menaces.
La tentation de l’isolationnisme est totalement illusoire.
Nous l’avons vu avec la Grèce. Malgré des déclarations, des promesses, un référendum, Alexis TZIPRAS n’a pas pris le risque de faire sortir son pays ni de l’Europe, ni de la zone euro.
Nous le voyons avec le Gouvernement britannique post-BREXIT. Il cherche des alliés. Alors qu’il était partenaire d’un ensemble européen qu’il pouvait influencer, il cherche, pour continuer à être écouté, à renforcer une alliance privilégiée des Etats-Unis.
Si nous voulons encore peser sur le cours des événements, ne cédons pas au mirage indépendantiste.
Si nous voulons encore essayer d’écrire l’histoire, il est urgent de définir une plateforme européenne. Si nous souhaitons éviter la marginalisation avec la relation américano-soviétique qui s’annonce, cette feuille de route devrait au minimum comprendre :
  • Le règlement, dans des délais aussi courts que possible, du BREXIT. Depuis le vote du peuple britannique, voilà plus de huit mois, nous avons eu de nombreuses déclarations mais le sujet ne s’est toujours pas décanté. Au-delà des discussions sur la place des Britanniques dans le marché unique, il ne faut pas oublier que le Royaume-Uni a un rôle à jouer dans l’Europe de la défense.
 
  • Le développement de l’Europe de la défense. Comme Barak OBAMA, Donald TRUMP a encore ré
  • pété avant-hier qu’il ne veut plus payer pour la défense de l’Europe. Dans ces conditions, a-t-on encore besoin de l’OTAN ? Même si la question mérite d’être posée, avant d’y répondre, l’Europe doit développer une politique globale de défense, avec toutes les composantes armées, des industries de l’armement et une dépense militaire représentant au moins 2 % du PIB.
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  • Le réexamen de la position vis-à-vis de la Russie. L’Europe doit revoir sa position avec la Russie, et trouver un équilibre entre la fermeté et l’évitement d’une nouvelle guerre froide.
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  • Le renforcement de la sécurité intérieure de l’espace européen. L’Europe doit renforcer la protection de son territoire, non pour le fermer, mais pour permettre la meilleure intégration des migrants. Quand on voit les risques que les candidats à l’immigration sont prêts à prendre, les difficultés auxquels certains pays, comme la Grèce et l’Italie, sont confrontés, l’Europe doit simultanément se protéger, intégrer et aider le Sud.
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  • La mise en place de partenariats stratégiques tant avec le monde arabe qu’avec l’Afrique sub-saharienne.Aider les pays d’Afrique et du Proche Orient à se développer devrait permettre de ralentir l’immigration, au moins celle économique. Alors qu’au début des années soixante, certains opposaient la Corrèze au Zambèze, aujourd’hui aider nos voisins du Sud est le seul moyen durable de ralentir les flux migratoires, sans sous-estimer la stimulation de notre croissance économique.
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  • Elle passe aussi par une nouvelle impulsion à l’Europe de la connaissance, lancée il y a une quinzaine d’années à Lisbonne, ainsi qu’à la réindustrialisation. Donald TRUMP est en train de donner l’exemple en utilisant même le chantage pour éviter toute délocalisation. Nous devrions nous en inspirer.
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  • Le renforcement de la gouvernance européenne, notamment par une véritable politique fiscale commune, un réexamen du pacte de stabilité et de croissance
  • Le renforcement de la gouvernance européenne, notamment par une véritable politique fiscale commune, un réexamen du pacte de stabilité et de croissance
  • Enfin, et ce n’est pas forcément le dernier point de cette feuille de route, la clarification de l’attitude vis-à-vis de la Turquie. Au-delà de tout autre considération, l’Europe n’est pas en mesure de procéder à tout nouvel élargissement tant qu’elle n’a pas réglé les précédentes urgences et qu’elle n’a pas clarifié le projet européen.