Jan
03
BLOGOSPHERE : le détournement d'objet direct et la fuite des cerveaux

Nous avons tous connu une blogosphère qui était un magnifique espace de convivialité, de détente, d'information et même de formation.

Tout y était plaisant, le sourire était souvent au rendez vous, parfois les rires.....

Nous y avons fait d'intéressantes rencontres, d'abord en ligne puis parfois dans le monde réel.

Notre horizon professionnel  s'est élargi et nous avons appris à mieux nous connaitre, nous les Avocats de différentes spécialités et de différentes régions qui ne nous rencontrions, auparavant,  que dans le cadre des salles d'audience et encore entre les aboiements du nom des affaires par l'appariteur de service ou interrompus dans nos échanges par un Magistrat agacé par nos voix fortes.

Sur la blogosphère, il nous est même arrivé de voyager parce qu'on pouvait facilement insérer des photographies non seulement dans les billets mais aussi dans les commentaires. Au surplus, nous n'étions pas limités aux vidéos de YouTube...

Bref, après avoir ficelé un dossier ou deux, assuré l'audience, il nous arrivait de faire une coupure en allant flâner sur "notre" espace de convivialité....

Cette époque est révolue.... Pourquoi ?

Il est d'abord facile de constater qu'un certain nombre de blogueurs ont quitté la blogosphère à l'occasion des évènements (fermeture, réouverture, dysfonctionnements, nouvelle blogosphère...) ayant entouré la  rupture avec AFFINITIZ. 

Ces blogueurs allèguent qu'ils préfèrent s'installer ailleurs pour n'avoir pas à subir une éventuellement) novelle perte de leurs données.

Certes, nous avons perdu certaines données mais à force d'insistance et de procédure judiciaire, nous avons conservé l'essentiel de nos anciens blogs.

La raison alléguée de leur départ  ne parvient pas à me convaincre.... Elle doit être cherchée ailleurs !

Ensuite, nous constatons que l'échange contradictoire entre confrères n'est plus autorisé sur certains blogs. C'est très regrettable car l'échange et la contradiction sont l'essence même de la Profession.  

Nous assistons à une censure qui ne veut pas dire son nom et toute  opinion opposée à celle de certains blogueurs devient "injure",  "insulte",  "racisme" anti ceci ou anti celà  (parfois les deux) , autant de mots complètement détournés de leur sens premier ne servant qu'à justifier la suppression du commentaire indésirable.

Lorsqu'on a perdu un quart d'heure ou une demie heure à argumenter un commentaire et que l'on assiste à sa disparition pure et simple parce qu'il est non grata, on hésite à en faire un autre puis on est bien obligé d'admettre que la blogosphère n'étant pas un espace de liberté, il n'est pas très utile d'y retourner. Et les blogueurs s'en vont et le chaland n'y vient plus car c'était la discussion qui attirait le public, à la fois parce qu'elles permettent le référencement des blogs sur les moteurs de recherche mais aussi par l'information qu'elles diffusent.

Encore, voyons les choses en face : à quelle occasion le justiciable de base pouvait assister à une discussion juridique entre deux avocats, voire trois ou quatre , sur un point précis qui l'intéresse ?  Nulle part ...sauf sur notre blogosphère d'avocats.

Ces discussions participaient au rayonnement de la Profession : aujourd'hui, elles ont disparu !

A tout le moins, elles sont très limitées et ne concernent que quelques avocats que l'on peut qualifier de "bonne compagnie"... La censure a tué ces anciennes discussions qui faisaient notre bonheur et celle des justiciables....!

Et puis, soyons bien clairs : lorsqu'un justiciable tente une approche, sous couvert d'anonymat ou pas, il est violemment renvoyé dans ses cordes quand il n'est pas censuré  ou insulté de manière injuste. Je suis d'autant plus à l'aise pour en parler et prendre leur défense que j'ai moi-même, intervenant de manière la plus officielle qui soit et sous mon nom, été vertement censuré, injurié, insulté simplement parce que je ne partageais pas le point de vue  développé.

D'ailleurs, qui peut soutenir qu'il n'a pas été insulté, injurié, censuré, humilié, rabaissé, directement ou indirectement,  par certains propos publiés sur notre blogosphère et qui s'y trouvent encore.

Je veux bien qu'en privé un avocat ou un ancien avocat puisse traiter ses confrères de "nuls", de "traitres", de "racistes", d "imbéciles", de "chèvres",  d'  "esclaves" mais, outre que de tels propos sont indignes d'une robe d'avocat, ils ne sauraient sortir de la sphère privée que la blogosphère n'est surtout pas !

Remarquons au passage que les qualificatifs changent au fil des jours et que l'imbécile du lundi devient excellent le mardi, flagorneur le mercredi et raciste le jeudi... ON a un peu de mal à s'y retrouver dans cette réflexion à géométrie variable....

Et puis il n'est pas anormal que certains fuient la blogosphère ne serait-ce que pour ne pas se faire traiter de tous les noms d'oiseaux....

Enfin, il me parait limpide que même si l'Avocat  n'est pas en dehors de la société et que tous les sujets peuvent être abordés, il faut et il suffit que ce soit avec modération, tact et diplomatie.

Or, nous assistons à une forme de monomanie sur certains sujets qui confine au bourrage de cranes, au gavage d'oies....

D'ailleurs, la blogosphère ne peut pas se transformer en une plateforme destinée à assurer la campagne électorale de tel ou tel homme (ou femme) politique. Ce n'est pas sa vocation surtout si les propos tendent à promouvoir des idées extrêmistes, racistes, populistes et finalement nauséabondes.

Et comme ces idées sont assénées, répétées, à longueur de journée, et que les opinions contraires sont inexistantes (puisque censurées!) le chaland en déduit que c'est l'ensemble de la Profession qui pense ainsi... Allez lui expliquer que toute opinions contraire est censurée, ce qui explique le silence apparent !

Enfin, la blogosphère n'est pas et ne peut pas être un espace où il est opportun d'étaler les poursuites disciplinaires engagées contre vous, en les déformant au maximum tout en  sachant que la contradiction ne sera pas assurée, car c'est contraire à l'honnêteté intellectuelle, à la délicatesse.

Même si les actes de poursuite étaient publiés par l'intéressé pour la parfaite et complète information du lecteur et par souci de transparence, il ne me parait néanmoins pas convenable que notre espace de détente devienne  un espace de réflexion publique sur un ou plusieurs dossiers déontologiques.

Tout celà explique la désaffection grandissante de notre blogosphère et même si le Conseil National des Barreaux  mettait en place un nouvel outil plus performant, plus complet, plus moderne, nous ne pourrons espérer reconquérir des lecteurs que lorsque nous aurons résolu définitivement  tous les problèmes évoqués ici.

En 2015, faisons le ménage chez nous avant d'aller chercher des noises aux Notaires, aux Huissiers, aux Greffiers, aux Avocats aux Conseils....

 

Rendez moi ma Blogosphère d'antan....
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Commentaires

 ..Sympa pour les cerveaux qui sont restés... ):

..tous les neurones étaient partis !

Il en reste mais...pas là où on croit.

L'autopromotion de sa propre intelligence serait, selon les spécialistes, une preuve inverse.... Va savoir !

;+)

Nom: 
Gilles Huvelin

La blogosphère est à l'image de notre société et c'est, certes, dommage. Je ne désespère pas de revoir plus de tolérance et d'ouverture d'esprit. Nous verrons aussi de nouvelles plumes nous rejoindre. Tenir un blog est une discipline et une façon de se tenir à jour de notre actualité tout en participant à un forum. Il faut reconnaître que le ton polémique et cassant répond au stress que les évolutions brutales font subir aux auteurs de commentaires qui ne supportent peu un point de vue différent. Le toujours projet de loi Macron a fait apparaître des fractures et des conceptions très divergentes à propos de l'avenir de notre métier. Et nous nous apercevons que les grandes réformes de fond annoncées bien qu'inappropriées,  ne seront que des retouches à la marge peu intéressantes, qui ne feront que destabiliser une profession fragilisée. C'est aussi à l'image du mode de fonctionnement de notre société sclérosée qui renonce à se réformer et qui lorsqu'elle l'envisage se trompe de méthode, d'objet et de cible. Tout le monde pene que nous sommes dans un climat qui rappelle ce que les livres d'histoire nous ont appris sur 1788. Il va bien falloir parce que la situation dans laquelle nous sommes se termine car tout cela ne peut durer, les blocages sauteront Pour l'heure nous avons plus à  craindre  de refondations  renforcées enous enlisant plutôt que des réformes profondes révolutionnant  les modes de pensée; tant les fausses modernités alibis des prébendes des politiicens et des coteries sont nombreuses. La sclérosante dématérialisation généralisée qui déshumanise les activités économiques, juridiques et judiciaires finissent de favoriser la marginalisation de beaucoup d'acteurs, ou intervenants, entretenan tnombre de  tensions inévitables. tout ce qui est dit ou se fait actuellement détournent l'attention des bouleversements inéluctables qui sont retardés jusqu'à un point de rupture qui se rapproche.

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