jansolin.marseille

Par jack le 31/05/13
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Les voilà.....

Ils étaient pleins de poussière, de celle qui se dépose au fil des décennies : les voilà dépoussiérés.

Ils ont atterri dans notre cour !

Par jack le 31/05/13
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Par jack le 31/05/13
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Par jack le 31/05/13
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Par jack le 26/05/13
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La raison du plus fort est toujours la meilleure :

Nous l'allons montrer tout à l'heure.

Un agneau se désaltérait

Dans le courant d'une onde pure.

Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure,

Et que la faim en ces lieux attirait.

-- Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?

Dit cet animal plein de rage :

Tu seras châtié de ta témérité.

-- Sire, répond l'agneau, que Votre Majesté

Ne se mette pas en colère ;

Mais plutôt qu'elle considère

Que je me vas désaltérant

Dans le courant,

Plus de vingt pas au-dessous d'Elle ;

Et que par conséquent, en aucune façon,

Je ne puis troubler sa boisson.

-- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,

Et je sais que de moi tu médis l'an passé.

-- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?

Reprit l'agneau ; je tette encor ma mère

-- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.

-- Je n'en ai point. -- C'est donc quelqu'un des tiens :

Car vous ne m'épargnez guère,

Vous, vos bergers et vos chiens.

On me l'a dit : il faut que je me venge.

Là-dessus, au fond des forêts

Le loup l'emporte et puis le mange,

Sans autre forme de procès.

Cette fable m'a rempli d'effroi, enfant.

Si j'ai passé tant de temps sans la relire, c'est bien à cause du déplaisir particulier qu'elle me cause encore. Je n'y suis revenu que poussé par les évènements : tantôt se rapportant au loup, tantôt à l'agneau. Une telle insistance dans la célébrité ne peut être fortuite.

La première ligne, d'une brutalité extrême, condense tout le trouble et le paradoxe de la fable, et elle représente un chef d'oeuvre de concision et de menace, souvent utilisé en citation.

Les questions posées? Celle de la force de la raison. Et qu'est ce qu'une raison suffisante ? Et comment avoir raison de la force ? Faut il se faire une raison, s'il y a une raison à tout ?

Le loup a raison de l'agneau. Et la raison, là dedans ? A défaut d'avoir la raison, il a la suffisance, le loup ! Et même satisfaction, au moins pour un temps...

Mais sa raison, si c'en est une, ce n'est pas la raison. Elle n'est pas rationnelle ni raisonnable, peut être juste une cause obscure, parmi d'autres. Elle peut même être franchement malsaine, carrément folle, c'est une déraison. Une des raisons... C'est caché dans l'inconscient qu'on peut en trouver des déterminants...Mais à quel prix on passe de l'article indéfini à l'article défini ! Et l'adjectif possessif désigne ici la propriété, mais pas la valeur...Que vaut sa raison ? Demander l'avis d'un spécialiste ?

Hum...dit le psychiatre à qui je raconte mon embarras sur le cas.. Une feuille ? C'est tout le dossier ? Mmmm... Il "cherchait aventure", donc il est errant, (et seul, rien n'indique qu'il est à ce moment poursuivi, mais il se sent poursuivi ?, sans relation avec son groupe, pas tranquille, fâché ? ) , il est "plein de rage", nous dirons : en proie à un état d'exaltation passionnelle adversive intense. Et que dit-il et comment ? "Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? ... Tu seras châtié de ta témérité", Ah ! il profère des invectives agressives, et des menaces...

Avec "tu la troubles", l'erreur de son jugement va jusqu'au déni de la réalité, dans une sorte de jouissance, peut être ?, "et je sais que de moi tu médis l'an passé" , là, si ce n'est pas matériellement établi, il exprime des convictions persécutives déjà anciennes, ensuite quoi ? "si ce n'est toi, c'est donc ton frère...c'est donc quelqu'un des tiens, car vous ne m'épargnez guère..." oui, il n'entend rien ou si peu de ce qui lui est dit, il est méfiant, rancunier, et le délire de persécution se confirme rapidement sous la forme d'un complot général organisé et ourdi contre lui, et le voilà vindicatif "on me l'a dit: il faut que je me venge"... mais que sait-on sur qui est cet "on"? Pas grand chose, un indéfini, mais avec des sous-entendus que le loup est peut-être le seul à entendre, une voix hallucinée... avec comme indice, qu'on ne voit personne de sensé qui puisse dire quelque mot que le loup entende, de près ou de loin... (Et souffrez un bref appui sur les deux points qui séparent, cette assertion du point suivant, y imprimant plus qu'une apparence de conséquence inéluctable, la présente pressante nécessité impérative immédiate ... cela n'a pas échappé à l'oreille du bonhomme qui l'a transcrite...) et il va se 'défendre' par un projet criminel sadique poussé par ses hallucinations... le mal pour le mal...et "là dessus, ..." , il passe à l'acte sans tarder... Le temps presse... C'est un persécuté persécuteur...

Là où le cas est intéressant, et qu'il peut prêter à discussion, c'est... [la suite ici]

Marc Ohana (droits réservés)in Plongées dans La Fontaine.

Par jack le 22/05/13
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C'est nouveau, la blogosphère semble avoir trouvé depuis quelques semaines un sujet en or : disserter sur la connerie....

A moins que ce ne soient certains avocats seulement.

C'est manifestement un sujet vain, qui ne fait que remplir la vacuité de ceux qui l'abordent. Un peu, ça va...

Ils feraient mieux de se pencher sérieusement sur la liberté d'expression et l'une de ses multiples facettes, la censure.

La liberté d'expression doit indiscutablement être revendiquée, dans la limite de l'injure et la diffamation, voire de la délicatesse.

Tiens, pour revenir à notre sujet, il faudrait être particulièrement "con" pour ne pas s'apercevoir que la censure n'est que le corrollaire obligé de cette liberté d'expression.

La liberté d'expression et la censure ne sont que les deux faces d'une même pièce juridique.

Pour être bien clair pour ceux qui auraient l'esprit aussi embrumé que momentanément dérangé : pourrait-on à la fois revendiquer la liberté d'expression pour soi-même et censurer les autres afin de les empêcher de s'exprimer ?

Bien sûr que non !

Plus clair encore.....

Comment serait-il possible, sans avoir perdu le raisonnement voire la raison, de revendiquer le droit de traiter les autres de tous les noms d'oiseaux et, parallèlement, de censurer une plaisanterie de potache ?

Comment imaginer que l'on puisse imposer aux autres de supporter les excès de langage quand on est soi-même si châtouilleux sur une modeste plaisanterie, quel que soit le sujet abordé.

Un humoriste bien connu a dit : "On peut plaisanter de tout....sauf avec les cons".

Sauf que ce n'était pas de l'humour mais une pensée bien plus profonde qu'il n'y parait...

Et ce billet, qui se veut humoristique, ne l'est pas du tout.

Nous voilà revenus à notre sujet de départ.

A méditer pour...... soigner les mots.