Feb
26
DROIT PENAL - MISE AU POINT -

DROIT PENAL - SCENES DE JUSTICE -

- MISE AU POINT -

Il m'arrive de redécouvrir le droit pénal du quotidien, au gré de mes humeurs, sachant que, ces derniers temps la multiplication des textes et l'usage immodéré des alternatives pénales me laissait sur ma faim, au point de laisser ma collaboratrice apaiser la sienne, naissante. Me voici de retour de l' audience correctionnelle du jour, où, mon éternelle jeunesse aidant, j'ai pu profiter du temps d'attente pour m'amuser à écouter les affaires des autres. Litanie des délits quotidiens, Juge unique, petite analyse de la situation, plaidoirie de la partie civile, réquisitions et plaidoirie de la défense ; rien de nouveau qui mérite davantage qu'un quart d'heure maxi par tête de pipe.


DROIT PENAL - SCENES DE JUSTICE -

- MISE AU POINT -

Il m’arrive de redécouvrir le droit pénal du quotidien, au gré de mes humeurs, sachant que, ces derniers temps la multiplication des textes et l’usage immodéré des alternatives pénales me laissait sur ma faim, au point de laisser ma collaboratrice apaiser la sienne, naissante. Me voici de retour de l’ audience correctionnelle du jour, où, mon éternelle jeunesse aidant, j’ai pu profiter du temps d’attente pour m’amuser à écouter les affaires des autres. Litanie des délits quotidiens, Juge unique, petite analyse de la situation, plaidoirie de la partie civile, réquisitions et plaidoirie de la défense ; rien de nouveau qui mérite davantage qu’un quart d’heure maxi par tête de pipe.

Par contre, j’ai été très intéressé par un dossier de rixe entre concubins, ou plutôt entre deux mâles découvrant leur infortune de se partager les faveurs d’une gente dame. Les deux, qui s’étaient rencontrés pour une aimable discussion, étaient finalement poursuivis conjointement en qualité d’auteurs de violences, et les deux se constituaient parties civiles en raison des bobos résultant de cette empoignade d’hommes. L’un des deux avait été quelque peu amoché par le poing de l’autre et réclamait justice, c'est-à-dire quelque menue monnaie. L’autre avait également subi un dommage, plus conséquent, puisqu’il présentait, au terme du combat de coqs, une fracture du doigt.

Or, ce doigt faisait partie du poing qui avait malencontreusement été balancé dans le minois de l’autre : c’est en administrant ce coup, avec toute la délicatesse voulue, que la fragile ossature du doigt de ce poing avait cédée.

Tout l’art du confrère défendant le propriétaire du doigt fut de soutenir l’entière responsabilité de l’autre lors de son intervention en partie civile, pour ensuite, en plaidant pour le même, en défense, tenter de minimiser la portée du coup asséné à sa victime..

Exercice des plus délicats que d’expliquer la faible intensité du choc porté, alors la phalange garnissant l’instrument du coup n’y a point résisté.

C’est dans le même esprit que notre illustre rugbyman Walter Spanghero, concluait, à l’issue d’une partie houleuse contre la perfide Albion qui lui avait laissé son appendice nasal en sang, qu’heureusement qu’il y avait eu son nez, car sinon, il se serait pris le poing en pleine gueule.

Après tout, la fracture du doigt c’est sans doute de la faute du nez de l’autre.

La sagesse du juge lui imposera de mettre l’affaire en délibéré pour tenter de s’y retrouver, afin de rendre une décision mêlant poigne et doigté, évitant le jugement « à vue de nez », rendu sur le siège.

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