Dec
30
UN AN DE BLOGOSPHERE CNB

UN AN DE BLOGOSPHERE CNB

La fin d'année est propice aux bilans : au terme d'une première année complète, la rédaction a souhaité interroger un jeune administrateur de blog pour qu'il dresse le bilan de son activité.

Une interview franche et sans langue de bois, dont nous vous présentons les meilleurs extraits.

NB : la totalité de l'entretien n'est pas disponible, la cassette des 10 heures d'enregistrement ayant été égarée ou volée (plainte a été déposée). Veuillez nous excuser pour la mauvaise qualité du son.


UN AN DE BLOGOSPHERE CNB

La fin d'année est propice aux bilans : au terme d'une première année complète, la rédaction a souhaité interroger un jeune administrateur de blog pour qu'il dresse le bilan de son activité.

Une interview franche et sans langue de bois, dont nous vous présentons les meilleurs extraits.

NB : la totalité de l'entretien n'est pas disponible, la cassette des 10 heures d'enregistrement ayant été égarée ou volée (plainte a été déposée). Veuillez nous excuser pour la mauvaise qualité du son.

Q : Comment avez-vous découvert la blogosphère du CNB ?

R : Comme tous les jeunes avocats qui débutent, je me demandais comment me faire connaître en arrivant dans la mégapole d'ANGOULEME, alors que je n'avais aucun réseau de connaissances, n'étant ni franc-maçon, ni catholique pratiquant, ni chasseur ou pêcheur... Un ami m'a parlé de la blogosphère du CNB

Q : Avez-vous rencontré des difficultés particulières pour créer votre blog ?

R : Au début, les difficultés furent générales : apprentissage du clavier, dressage d'une souris, etc. Puis, peu à peu, sont arrivées les difficultés particulières : faire un choix de couleur n'est pas neutre : la couleur influe sur l'internaute. Par exemple, le rouge le rend agressif ! J'ai choisi le rose, mais j'ai vu que c'était la couleur des filles ! Alors, en optant pour le rose foncé, j'ai eu une page d'accueil rouge. Il parait que chez CNB c'est ça ou rien, because charte graphique. C'est comme nous les avocats on a la même charte graphique que les juges : black and white (sauf certains qui mettent du rouge pour influer sur le justiciable)

Q : Et quoi d'autre ?

R : Le plus dur a été le choix de la photo en page d'accueil : sans cette photo, le CNB vous dessine : vous êtes soit une ombre bleutée unisexe, soit pire un gros cube également bleuté. Le cube m'a fait peur et j'ai retrouvé une vielle photomaton, vous savez celle qui vous donne l'air d'un gardé à vue depuis 96 heures ; je pensais que ça m'attirerait la sympathie de ma future clientèle pénale. Ma famille a opposé son veto, par respect pour nos ancêtres...

J'ai donc demandé à un ami de faire un photomontage sur une photo de moi en string lors de mes dernières vacances : il m'a copié/collé un costard avec cravate du catalogue KIABI, et a estompé ma chevelure peroxydée au profit d'une légère calvitie, faisant plus sérieux selon lui. On a retrouvé, pour le décor, une photo publicitaire d'un magasin de meuble, et voilà comment l'artiste se retrouve en situation sur sa page d'accueil !

Q : Le rédactionnel a-t-il été un problème pour vous ?

R : Alors là, franchement c'est la galère ! J'ai regardé les publications des anciens, les vieilles gloires de notre profession, pour voir comment aborder la situation ; j'ai eu peur : je passe suffisamment de temps, pour mes dossiers, à explorer la jurisprudence et ses revirements et je n'avais aucun goût à faire des heures sup' pour faire des commentaires d'arrêts, qui furent causes de multiples déprimes durant mes études ; je me suis interdit de transmettre mes angoisses aux lecteurs internautes.

Q : Quelle a été votre choix, alors ?

R : Pas de choix : si tu ne veux pas commenter lois ou jurisprudences, t'es fait comme un rat ! Il te reste à traiter les grandes questions existentielles de la vie judiciaire : pourquoi un avocat ? Pourquoi un Juge ? Pourquoi la Justice ? Pourquoi Carla ? J'avais pensé un temps à me spécialiser dans l'approche des plus belles décisions rendues par les juges du fond, mais ce fonds était si insondable qu'une vie entière de blogger n'aurait pas été suffisante.

Q : Qu'entendez vous par « plus belles décisions » ?

R : Celles dont on ne parle pas assez dans les médias, les oubliées de la littérature judiciaire, celles dont seuls les initiés ont connaissance, et qu'ils se refilent sous le manteau, les jours de temps gris, pour égayer leur morne vie ; ces décisions sont des trésors de poésie, ou dignes des meilleurs sketchs de notre bon Coluche, ou encore émouvantes comme du... Kafka. J'ai vu des avocats pleurer de rire, des justiciables pleurer tout court, à leur lecture. Heureusement que de tels auteurs existent encore et ont échappé au grand formatage de l' ENM ! C'est un régal, et il me semblait injuste que ces sauveurs de la littérature française ne soient pas mis en lumière. N'est-il pas plus beau pour un cocu de lire qu'il a découvert son infortune ?

Q : Oui, mais votre blog ne contient aucune de ces œuvres intellectuelles ; pourquoi ?

R : Souvent la grande littérature est méconnue et la censure veille : j'ai le souvenir cruel d'une sublime décision qui développait, sur quatre pages pleines, une allégorie sur l'idéal d'une médiation familiale, qui avait échouée comme en témoignait l'absence de procès verbal, mais qui, parait-il, laissait néanmoins transparaître la volonté des acteurs de trouver un terrain d'entente, formalisé illico par l'auteur, sur papier à en tête du Peuple Français, d'une manière interprétative, télépathique et directive, remarquable ; Ah, l'interprétation des songes, j'en ai encore les larmes aux yeux. Hélas, l'œuvre intellectuelle, soumise à la censure, a été infirmée brutalement, sans le moindre égard pour le travail imaginatif et poétique de l'auteur. Comment voulez vous que nous puissions sélectionner de telles prestations intellectuelles, aux fins de publication, si elles sont honteusement privées de leur jus initial, qui en fait le charme ? J'ai renoncé, par respect pour la propriété intellectuelle de leur auteur, à publier une œuvre tronquée.

Q : N'avez-vous pas pensé à créer un bêtisier ?

R : Bien sûr, mais je n'aime pas ce mot : il est très dévalorisant pour ces artistes méconnus. Vous savez, celui qui prend son temps pour rédiger une telle œuvre, qui consulte son dictionnaire pour vérifier le sens de chaque mot qu'il va coucher sur le papier, qui ose une théorie que nul n'a pensé développer, ne commet jamais une bêtise : il fait œuvre de création, signe d'intelligence et d'ouverture d'esprit. Si j'osais, je vous dirai qu'il est heureux que nos critiques d'art n'aient pas enterré trop vite les œuvres de Picasso. Comme on dit aujourd'hui, c'est pas parce que c'est destroy que c'est poubelle !

Q : Bon, mais pour en revenir à votre choix rédactionnel ?

R : Heu ....

Q : Ne connaissez vous pas l'angoisse de la page blanche ?

R : Voilà, c'est ça ! Je hais la page blanche ! Cette histoire de blog du CNB, c'est scandaleux ! On vous fait ouvrir un blog, et après, c'est pour qui la galère de la page blanche ? Ils ont trouvé en plus un truc qui ressemble à du harcèlement moral : on vous met des notes, qui montent ou qui baissent selon que vous publiez ou pas : on vous oblige à écrire, toujours écrire et toujours plus ! Moi, au bout d'un an, je suis vidé, sur les rotules, les neurones ne connectent même plus ! Pitié, le CNB...respectez les pages blanches.

Q : vous accusez le CNB d'esclavagisme ?

R : Exactement ! Je le dis aux jeunes, comme moi, si vous mettez le doigt dans l'engrenage, vous êtes foutus : chaque matin, selon que vous aurez fourni votre ouvrage ou non, vous allez consulter la page d'accueil de votre blog, et malheur à la baisse de notation dans la rubrique volontairement intitulée « popularité » : vous avez pris votre week-end avec votre petite famille, gros fainéant ? Et bien tant pis pour vous, chute de votre popularité ! En semaine, vous avez du gérer votre cabinet et vous n'avez pas eu le temps de produire votre billet quotidien ? Et vlan, te voilà une grosse baisse de popularité !

Si tu veux être populaire, t'as intérêt à nous sortir au moins une bafouille par jour ! Comment, pas eu le temps ? Et la nuit, feignasse ! Tu vois, à coté, la vie de Laurence Ferrari consultant l'audimat le lendemain du JT, est paradisiaque : quand elle n'est pas là, elle ne baisse pas !

Q : Vous m'avez l'air effectivement épuisé, mais d'autres y arrivent, eux ?

R : Oui, mais là, attention, on est dans les grosses pointures, ceux qui ont le coach et le comité de rédaction, le médecin particulier et la pharmacie adaptée ; j'en connais un, à Marseille, il parait que c'est pastaga tous les matins au petit déjeuner en dose concentrée injectable : il voit des oiseaux partout qui lui font caca dessus ; ça non, je refuse.

Et puis, ils ont leurs trucs : petits billets très brefs pour ne pas se vider la tête d'un coup, commentaires amicaux auprès de la concurrence pour mieux la surveiller, vidéos YouTube pour ceux qui n'ont pas de camescope : de vrais bloggers, quoi ! Mais, on n'est pas dans la même catégorie : eux, leur Graal, c'est la carte !

Q : La carte ?....

R : Oui, la carte de la page d'accueil de la blogosphère ! Alors là, seuls les très gros populaires y ont droit ! Encore une invention du CNB pour que ses esclaves travaillent encore plus. Un jour tu y es, alors forcément ça fait monter la popularité, puisque tout le monde veut voir qui a décroché le pompon à Lille ou à Tulle : alors ça connecte grave ; le lendemain, t'y es plus et t'as forcément moins de connexions que la veille ! Tu vois ce que je veux dire ? Tu baisses forcément et t'es redevenu une grosse feignasse ! Faut s'y remettre !

Q : Je vous sens désabusé ? Allez vous lâcher la blogosphère ?

R : ça va pas, noooon ? Quant tu y es, t'as plus qu'aller au bout, jusqu'à la carte du trésor et alors là, bingo ! c'est un peu comme le gars de la Société Générale qui est allé jusqu'au bout pour piquer les économies des actionnaires ; pour nous, le bout c'est la carte, la carte, rien que la carte.

Q : Oui, mais si j'ai bien compris, le lendemain la popularité baisse ?

R : Mais qu'il est con celui là ! T'as pas fini de me poser des questions débiles ? j't'en pose moi des questions sur ce que tu vas écrire sur moi sur ta page blanche ?

Pas de quoi faire un billet !

Tiens tu vois, à force de regarder l'image de la blogosphère, je vois tout flou, maintenant !

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Commentaires

NDLR: le marseillais boit-il vraiment autant ??? !!!

je le sais bien, puisque je suis contraint que révéler que mon dernier controle d'alcoolémie, par des autorités assermentées rencontrées fortuitement sur le bas coté de ma route, a permis de déceler une dose légère de pastaga de là bas, dis.

Bonne mère, j'ai tout avoué; j'ai dit la vérité: étant le digne descendant d'une grand mère marseillaise, circule naturellement dans mes veines, un petit filet au parfum d'anis. Vérification faite, je fus lavé... de tout soupçon.

Si t'as pas ça, t'es pas marseillais.

Alors lui, il est comme les autres...

Allez L'OM!

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