jean-claude.guillard

Par jean-claude.guillard le 31/01/08
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PENSION ALIMENTAIRE -

INDEXATION ANNUELLE - A NE PAS OUBLIER

Les pensions alimentaires pour les enfants ou pour le conjoint, fixées par les Ordonnances ou Jugements de divorce et Séparation de corps, de rupture de concubinage avec enfants, de contributions aux charges du mariage, sont toutes assorties d'une réevaluation annuelle par indexation.

C'est pour les adapter aux évolutions du coût de la vie.

Elles sont souvent réévaluables au 1er janvier de chaque année ; c'est à celui qui paie la pension de calculer l'augmentation et de verser la nouvelle pension.


PENSION ALIMENTAIRE

INDEXATION ANNUELLE - A NE PAS OUBLIER

Les pensions alimentaires pour les enfants ou pour le conjoint, fixées par les Ordonnances ou Jugements de divorce et Séparation de corps, de rupture de concubinage avec enfants, de contributions aux charges du mariage, sont toutes assorties d’une réevaluation annuelle par indexation.

C’est pour les adapter aux évolutions du coût de la vie.

Elles sont souvent réévaluables au 1er janvier de chaque année ; c’est à celui qui paie la pension de calculer l’augmentation et de verser la nouvelle pension.

Contrairement à certaines idées reçues, le payeur n’a pas à attendre que la nouvelle pension réindexée lui soit réclamée : elle est due par lui à la date fixée dans le jugement.

A défaut, il s’expose ce qu’il lui soit reproché un défaut de règlement partiel de la pension ; si cette défaillance perdure sur plusieurs mois, il risque une saisie de ses salaires pour récupération de l’arriéré, avec en prime la charge des frais d’huissier.

Soyez donc particulièrement attentif, en ce début d’année, à cette réévaluation, et vérifiez aussitôt sur votre jugement.

Pour savoir le montant de la nouvelle pension actualisée, vous disposez de plusieurs sites et notamment celui indiqué en bas de page

En général, l’indice retenu par les Juges, pour adapter une pension alimentaire à l’augmentation du coût de la vie, est celui publié par l’INSEE du Coût à la consommation des Ménages urbains, série France entière. Mais vérifier sur votre jugement l’indice mentionné que vous sélectionnerez sur le site consulté pour lancer votre calcul.

Envoyez la nouvelle pension à son bénéficiaire avec un détail du calcul de son indexation.

Si vous aviez opté pour que la pension soit payée par virement bancaire, de compte à compte, veillez à demander à votre banquier de modifier le montant viré, après indexation.

* * * *

Notez enfin que cette augmentation annuelle, automatique, est destinée à éviter d’avoir à revenir devant le Juge pour se plaindre de ce que la pension ne correspond plus au coût de la vie.

Une augmentation de la pension, supérieure à la seule évolution du coût de la vie, peut être soumise au Juge aux Affaires Familiales : cette demande sera acceptée dans les seuls cas où un élément nouveau est survenu depuis le jugement précédent : augmentation des besoins d’un enfant qui franchit un cap supérieur d’études, affaiblissement des ressources du bénéficiaire, augmentation significative des revenus du payeur, etc.

A l’inverse, la pension peut être réduite, ou parfois même supprimée, si l’élément nouveau est une baisse notable des revenus du payeur (chômage, maladie, etc.) ; dans ce cas, il faut réagir vite, car tant qu’un nouveau jugement ne vient pas remplacer le précédent, c’est celui-ci qui s’applique irrémédiablement.

Par jean-claude.guillard le 27/01/08
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L'AVEU : LA REINE DES PREUVES

L'ARENE DES EPREUVES

Toutes les affaires anciennes, devenues médiatiques par les recours en révision menés par les héritiers ou défenseurs de l'innocence du jugé coupable, ont toutes un dénominateur commun : l'aveu.

L'aveu est un boulet qu'un accusé va traîner jusqu'à son jugement et même au-delà.

PENAL

L'AVEU : LA REINE DES PREUVES

L'ARENE DES EPREUVES

Toutes les affaires anciennes, devenues médiatiques par les recours en révision menés par les héritiers ou défenseurs de l'innocence du jugé coupable, ont toutes un dénominateur commun : l'aveu.

L'aveu est un boulet qu'un accusé va traîner jusqu'à son jugement et même au-delà.

Les progrès de la science ont parfois permis, après que le condamné ait commencé ou achevé l'exécution de sa lourde peine, de découvrir qu'il avait eu raison, malgré son aveu initial, de clamer son innocence lors de son procès et au-delà.

L'aveu rétracté est une incongruité pour le Juge, un mensonge odieux et aggravant pour le Ministère Public, destiné à échapper au sort funeste qui attend le futur condamné ; au diable la présomption d'innocence, l'aveu est la déclaration de culpabilité du présumé innocent qui devient dès lors un coupable certain.

Comment peut-on en arriver là ?

Dans les temps moyenâgeux, le jugement de Dieu, mettant aux prises deux justiciables adversaires, permettait de savoir qui avait raison, qui avait dit la vérité, au nom de la volonté divine, qui en avait décidé ainsi. Le survivant du combat à mort avait dit la vérité.

Plus tard, la Sainte Eglise trouvait par son Inquisition le moyen de faire avouer à un présumé coupable, un crime, par des actes de torture et de barbarie infâmes : combien d'innocents ont-ils avoué ce que leur bourreaux voulaient entendre, après leur avoir énoncé ce qu'ils étaient supposés avoir commis ?

Ces aveux extorqués sous couvert de la religion s'éloignaient des nécessités de la justice humaine.

Que dire des aveux obtenus, au même titre que des renseignements, lors des épisodes de guerre plus modernes, par torture toujours davantage adaptée aux progrès technologiques.

Bien sûr, de nos jours, et dans les pays réputés civilisés, ces moyens paraissent avoir disparu : il n'en existe sans doute aucun dans les camps de Guantanamo, bien que nous soyons là dans les zones de non droit...

Mais revenons à nos affaires médiatiques récentes, qui ne sont que la partie émergée de l'iceberg judiciaire pénal.

De SEZNEC à OUTREAU, tout commence par l'enquête policière et par les choix d'un directeur d'enquête, qui, parmi les pistes envisageables pour retrouver le ou les auteurs de faits criminels ou délictueux, va asseoir ses certitudes sur la seule qu'il privilégie, pour des motifs qui lui son propres (ou parfois dictés) : il choisit son coupable et néglige les autres.

Notre Droit pénal est ainsi fait que le supposé coupable, appréhendé, placé en garde à vue, entre dans une zone où la Défense n'est pas admise, notre Guantanamo à nous : il est livré aux services enquêteurs qui sont contraints de faire coller à leur version, encore virtuelle, les déclarations de leur « client ». Et, pour ne pas les gêner dans leur démarche, la Loi a fait le ménage.

Surtout pas d'avocat ! Ce n'est pas parce que, pour rectifier le tir, son intervention parcimonieuse a été requise à titre humanitaire, que le gardé à vue est véritablement assisté : l'avocat ne peut connaître les éléments du dossier, il est cantonné dans un rôle d'assistante sociale, durant un entretien de quelques minutes à l'ouverture de la garde à vue, pour informer seulement le client sur ses droits et sur les déroulements ultérieurs, avant de l'abandonner aux mains des enquêteurs.

Et ensuite ? C'est l'inconnue, sauf pour les présents à cette longue confrontation à armes inégales, enquêteurs et gardé à vue. Il en restera un cahier d'énonciations horaires des temps de « repos » en cellule de l'intéressé, de ses périodes d'alimentation, etc. Le reste sera le dossier des déclarations du gardé à vue, ou des confrontations.

Le fait est, que des aveux peuvent être recueillis durant cette période : ne parlons pas ici de ceux spontanément effectués dès le début de la garde à vue ou même parfois avant, lorsque l'intéressé reconnaît sans difficulté être l'auteur de son crime ou délit et apporte des détails que les enquêteurs ne pouvaient connaître jusqu'alors. Il est rare que cet auteur revienne ensuite sur ses aveux, puisqu'il entend assumer les conséquences de ses actes.

Prenons seulement le cas de ceux qui ont finalement été reconnus innocents, après qu'ils aient pourtant avoué durant leur garde à vue, avant de se rétracter.

Le schéma est toujours de même : l'intéressé, qui, souvent, n'a jamais eu à faire à la justice auparavant, ignore au début ce qu'il est censé avoir commis et, l'apprenant, proteste aussitôt (en langage enquêteur, il nie) ; il est placé en cellule pour le faire cogiter : là, il va se dire qu'il est victime d'une erreur, que l'on va évidemment trouver le véritable coupable ; il éprouve des sentiments mêlés de sérénité, puisque ce n'est pas lui, et d'inquiétude de se trouver isolé des siens dans un lieu inhospitalier, à devoir s'expliquer sur un fait qu'il ignore.

L'objectif des enquêteurs est de faire disparaître cette sérénité, de déstabiliser leur présumé coupable, de le mettre en condition psychologique et physique de faiblesse ; pour les amateurs de corridas, c'est un travail de torero qui doit affaiblir l'animal, le contrôler, le dominer pour mieux le mettre à mort : appréciation des facultés de la bête par une faena de capa, avec travail de courses provoquées conduisant à l'essoufflement, intervention du picador pour tester la résistance, la réaction à la douleur et affaiblir, ballet des banderilleros pour étourdir, affoler et punir, et enfin travail de précision du Maître, faena de muleta, pour que les dernières résistances soient vaincues, avant la mise à mort.

Les récits de leurs gardes à vue par les reconnus innocents ressemblent à s'y méprendre aux phases de la corrida, précision faite que le fauve a une capacité de réaction limitée à ses réflexes animaliers de survie et de défense, alors que le gardé à vue a une capacité de réflexion s'émoussant au fil du temps, face à ce qu'il ne comprend pas, et dispose d'un inconvénient majeur d'être, comme tout être humain, sensible aux pressions psychologiques.

Comme tout homme doté de raison, il s'oppose à l'accusation d'un crime qu'il n'a pas commis ; confronté à des présomptions de preuves, présentées comme des certitudes, il n'a rien à opposer, sinon ses dénégations ; il ne peut donner aucun élément sur des faits auxquels il est étranger ; interrogé sur son emploi du temps à une certaine date, il est, comme vous et moi, confronté à l'incertitude de sa mémoire, puisque aucun fait majeur pour lui n'est survenu à cette date ; il est isolé dans une geôle et ne peut trouver une réponse qu'il aurait pu rechercher chez lui, si la question lui avait été posée dans un autre cadre.

Et, pendant ce temps, tout est exploité, tout est répertorié dans le dossier : ses silences, ses hésitations à répondre, le manque de clarté de ses réponses, voire ses contradictions (qui confortent les enquêteurs dans leur option, alors qu'elles ne sont que le fruit d'une défaillance de mémoire ou d'une ambiguïté de la question posée), ses déclarations successives, ses réponses à des questions, résumées sur le papier, mais qui étaient beaucoup plus suggestives.

Le tout est signé à chaque fois par l'intéressé, qui confirme donc l'exactitude de ce qui est écrit.

En cas de résistance du gardé à vue, qui persiste à nier toute culpabilité, et plus s'approche le terme légal de la garde à vue, la tentation de passer à une vitesse supérieure est grande pour les enquêteurs : il doit être trouvé le point de faiblesse de l'intéressé ; le jeu de rôle du gentil flic et du méchant y contribue grandement ; le gardé à vue, fatigué, usé de répondre toujours la même chose, parfois embrouillé dans ses déclarations successives, lassé de ne pouvoir convaincre de son innocence, va trouver pour la première fois chez le premier une aide compatissante, et va bien volontiers se confier, sur sa vie, sa famille, ses enfants, etc.

C'est souvent un angle d'attaque psychologique intéressant pour l'enquêteur : il nous a été souvent rapporté que les gardés à vue craquaient moralement à l'évocation de leur famille ou proches, prenant conscience qu'ils en étaient séparés depuis plusieurs heures ; il suffit alors de lui distiller qu'il ne verra plus sa femme qui va demander le divorce, que ses enfants seront sans doute placés à la DDASS, et qu'il vaut mieux tout dire maintenant, que la peine sera moins lourde... le client peut être mûr pour avouer, mais avouer quoi ? Ce qu'on lui a dit qu'il avait fait.

Les aveux doivent coller à la réalité du dossier initial : des informations ont été fournies, petit à petit, dans le cadre des interrogatoires successifs, il suffit de les mettre bout à bout pour obtenir un aveu circonstancié et présentable ; telle affaire célèbre n'a-t-elle pas révélée que le gardé à vue avait pu décrire précisément dans ses aveux les lieux de son supposé crime, alors que le plan exact et détaillé établi par les enquêteurs étant négligemment exposé à son regard ?

Comment un homme, innocent de ce qui lui est imputé, peut-il en arriver à devoir mentir en s'accusant à tort ? Ce ne peut être que parce qu'il en est arrivé à l'extrémité de ses forces physiques et psychologiques de résistance, et qu'il préfère reconnaître ce qu'il n'a pas fait pour en finir avec la souffrance morale extrême qu'il endure. Son aveu mensonger est assimilable à un suicide, pour en finir !

Voilà comment, dans notre système pénal, et faute de présence d'un avocat durant toute la période de la garde à vue pour assister un client se proclamant innocent du crime dont on l'accuse, l'acharnement à obtenir la reine des preuve génère des erreurs judiciaires majeures et des drames humains.

Le pire est que, comme cela transparaît dans certaines émissions télévisuelles de reconstitution de ce type d'affaire, l'enquêteur, fort de ses certitudes, persiste parfois à soutenir la culpabilité, alors même que l'innocence a été établie ensuite ! Il n'y a que les imbéciles qui ne se trompent pas.

Voilà pourquoi la Justice, saisie de demandes de réhabilitation de condamnés à partir d'aveux douteux, et aujourd'hui battus en brèche, se drape dans sa dignité pour ne pas se déjuger, pour ne pas remettre en cause le travail de magistrats instructeurs, pour feindre de ne pas savoir par quels moyens les enquêteurs ont obtenu un aveu, pour ne pas avoir à condamner les méthodes secrètes de la garde à vue, pour ignorer les tortures morales engendrées et le caractère suicidaire de l'aveu ainsi obtenu.

En vérité, l'origine du dysfonctionnement se situe toujours dès l'enquête policière initiale, certes placée sous le contrôle du Parquet, mais non présent lors des gardes à vue. Le lieu de rétention est l'arène d'une corrida sans public et sans présidence permettant de vérifier le bon déroulement de la faena.

L'avocat intervenant brièvement auprès d'un client, en début de garde à vue l'informe de ses droits, et notamment de celui de ne rien dire ou déclarer. Il doit alors ajouter : quoiqu'il arrive.

Quel est le sort du toro qui, au sortir du toril, apparaît infirme et sans réaction ? Il sera négligé et remplacé et regagnera ses pâtures.

Pour un homme innocent accusé à tort d'un crime ou délit qu'il n'a pas commis, et qui n'a donc rien à dire sur des faits qui lui étrangers, devenir sourd et muet durant sa garde à vue est non seulement son droit, mais sûrement la meilleure manière de manifester son innocence.

Encore faut-il qu'il se prépare lui-même psychologiquement à subir durant quelques heures, de jour ou de nuit, des pressions morales lourdes ; mais n'est-il pas devenu sourd ?

Ensuite, s'il est transféré après cette garde à vue devant un magistrat, il sera alors à l'abri des pressions, et sera assisté de son avocat qui aura pu prendre connaissance du dossier et discuter avec lui des éléments qui paraissaient intéressants aux enquêteurs, pour pouvoir alors apporter toute réponse appropriée. On partira sur de bonnes bases pour orienter le juge vers une instruction de vérifications, sans le boulet de l'aveu attaché à la cheville.

Rappelons quand même deux principes essentiels de notre droit pénal qu'un juge se doit d'appliquer :

- c'est à l'accusation d'apporter la preuve de la culpabilité et non à l'accusé de prouver son innocence

- une personne placée en garde à vue, ou même ensuite mise en examen, est présumée innocente.

Par jean-claude.guillard le 12/01/08
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Et combien ça va me coûter tout ça, Maître ?

A cette lancinante question, il me revient toujours en mémoire la réponse qu'un ancien avocat que j'ai connu jadis donnait à son client : « beaucoup moins que votre mariage »


Et combien ça va me coûter tout ça, Maître ?

A cette lancinante question, il me revient toujours en mémoire la réponse qu’un ancien avocat que j’ai connu jadis donnait à son client : « beaucoup moins que votre mariage »

Il est vrai que la réponse à cette question, sauf dans de très rares cas, ne peut surgir aussitôt, puisque les procédures de divorce sont très variées, simples ou complexes, pouvant être réglées en deux ou trois mois, ou bien au terme de plusieurs années de débats judiciaires acharnés.

C’est un peu comme si, entrant chez votre boucher, vous demandiez combien cela va vous coûter, sans avoir encore choisi l’animal dont vous dégusterez un morceau et sans avoir indiqué le nombre de personnes qui vont se le partager. Vous ne disposerez que des étiquettes affichant le prix au kilo.

Pour répondre à votre question, l’avocat doit disposer des paramètres de votre procédure, dont le principal lui est encore ignoré à cet instant : quelle sera l’attitude et la résistance de la partie adverse. Combien de fois, le client optimiste prétend qu’il n’existera pas de difficulté majeure avec son conjoint, et combien de fois la lecture des prétentions adverses lui promet ensuite une longue aventure procédurale.

Chez l’avocat, l’étiquette du boucher est remplacée par le coût horaire, qu’il peut aisément vous donner : ce coût horaire est strictement économique. A partir de l’honoraire que vous payez, l’avocat va reverser la TVA qu’il a encaissé pour le compte de l’Etat (19,60%, désolé), payer ses charges de fonctionnement (entre 45 et 60% selon l’importance du cabinet) et trouver sa rémunération dans ce qui restera.

Ainsi, un avocat qui recevra 1000 € de son client, disposera de 400 € environ pour payer ses charges personnelles (assurance maladie, retraite et assurances sociales) et vivre avec le solde.

Ainsi, en connaissant les charges acquittées l'année précédente, et son nombre d'heures facturables, l'avocat connait son taux horaire facturable, qu'il a déterminé pour que, une fois lesdites charges payées, il lui reste de quoi rémunérer sa prestation intellectuelle.

Ce coût horaire peut être sujet à des variations, par adaptation, en plus ou en moins, selon la complexité du dossier, la notoriété certaine ou illusoire de l’avocat, la situation personnelle du client (contrairement aux idées reçues, un avocat sérieux modère son honoraire en présence d’un client à situation modeste).

A partir de ces éléments, l’avocat connaît le coût du taux horaire qu’il doit appliquer à votre dossier

Ensuite, la tâche du boucher est plus simple : quand vous lui avez désigné les trois tournedos de vos rêves, empaquetés et pesés, le prix s’affiche sur la balance.

L’avocat ne peut soupeser le poids de votre dossier que sur les seuls éléments que vous lui avez fourni : il fait une estimation du temps prévisible à consacrer à votre affaire, selon le choix de la procédure envisagée à cet instant ; mais le poids peut s’alourdir une fois connue l’argumentation adverse.

Oui, me direz vous, mais quand même, combien cela va-t-il me coûter ?

D’abord, nous parlons de divorces dans lesquels l’avocat, doté d’une expérience en la matière et suivant une formation continue, travaille dans l’artisanat et non pas dans le divorce industriel. Vous trouverez sur le net des pages publicitaires annonçant des tarifs promotionnels de divorces indignes de vrais professionnels, du divorce discount à prix cassés ; à quand les soldes ? Comment ces annonceurs peuvent-ils à de tels tarifs fournir une prestation de qualité et en même temps gagner leur vie ? Ils auront sans doute peu de temps à vous consacrer et votre QCM sera votre lien essentiel avec l’annonceur. Je me suis longtemps interrogé sur les personnes pouvant s’abriter derrière ces offres promotionnelles : sont-ils réellement avocats respectueux des principes de cette profession : compétence, dévouement, diligence et prudence, dus au client ? Des réponses négatives finissent par être apportées, après analyse des situations promotionnelles ainsi proposées au public des internautes ; certaines officines ne sont que des intermédiaires, souvent non avocats, nouveaux courtiers du divorce, qui se font fort, après avoir encaissé le montant affiché sur leur site commercial, de mettre seulement le « client » avec un cabinet d’avocat partenaire, qui facture alors ses prestations, petit complément surprise. Un conseil : un avocat sérieux n’est pas n’est pas un commerçant, mais un professionnel libéral ; évitez de cliquer sur les sites de divorce des rubriques commerciales, avec un lien commercial affiché ou dont l’adresse se termine en « .com ».

Plus sérieusement pour en revenir à un travail personnalisé de votre dossier, votre avocat, après sa première analyse de votre dossier, va vous établir et proposer un devis personnalisé, la convention d’honoraire.

- Soit il vous annoncera un coût fixe, avec les modalités du paiement, si votre affaire est simple et maîtrisable dans le temps : c’est souvent le cas de consentements mutuels dans lesquels, les problèmes d’enfants ou d’immeuble sont déjà réglés ou mis en pratique par les époux, ou mieux quand il n’existe pas d’enfants à charge ou d’immeuble en propriété.

L’estimation du temps est faite par l’avocat qui lui applique alors son taux horaire, en général modéré

- Soit, vous serez orienté vers un honoraire au temps passé, comportant l’estimation prévisible d’un dossier mené sans incident, par une fourchette de prix, ainsi que celle des coûts approximatifs des divers incidents pouvant survenir durant la procédure. Tant mieux pour vous si ces incidents ne surviennent pas.

- Soit enfin, dans des cas où il est évident que les discussions essentielles (résidence des enfants, pensions alimentaires, prestation compensatoire, partage des biens, etc.) vont devoir être âprement débattues, il pourra vous être proposé, un honoraire au temps passé, panaché avec un honoraire de résultat ; selon l’intérêt financier en jeu, le résultat obtenu grâce à son travail permet à l’avocat de recevoir une rémunération complémentaire, favorisant une limitation de l’honoraire au temps passé : autrement dit, il facturera l’honoraire principal à un coût horaire moindre que celui que la complexité du dossier aurait justifiée, et il sera lié à son client quant au résultat pour percevoir un éventuel complément, en pourcentage des sommes obtenues ou économisées par rapport à la demande faite.

Bon, d’accord, mais combien cela va me coûter ?

Un taux horaire de cabinet d’avocat, selon les estimations (l’avocat est très individualiste et ne donne pas ses coûts et tarifs à ses concurrents, pardon, ses confrères) se situent entre 150 et 250 € HT, ou plus dans les grandes villes et les gros cabinets réputés.

Selon certaines études sur le temps qu’un avocat doit consacrer à telle procédure, il apparaît qu’en moyenne le consentement mutuel simple génère cinq à six heures de travail (avocat et secrétariat compris) incluant la réception du client, l’analyse de sa situation, la négociation l’établissement des conventions, les démarches au greffe, l’assistance devant le Juge et l’accomplissement des formalités de publicité du divorce auprès de l’état civil.

Pour le divorce contentieux, le temps moyen du temps à consacrer est évidemment plus important et incertain ; toutefois, et par exemple, dans le cas d’un divorce accepté, dans lequel ne seront pas discutées les causes du divorce, mais seulement des conséquences, le travail de l’avocat inclura : le réception du client, l’établissement de la demande ou l’analyse des demandes adverses, la préparation du dossier en vue du débat devant le Juge conciliateur, puis le traitement du divorce devant le Tribunal, avec l’établissement de l’assignation, ou des conclusions, les communications de pièces, le suivi du dossier devant le Juge de la Mise en Etat, la préparation du dossier de plaidoirie, l’audience de plaidoirie, et les formalités d’état civil, soit au minimum 10 à 12 heures. Une telle procédure étant gérée par le cabinet d’avocat sur plusieurs mois, ce temps estimé est celui que votre avocat consacre exclusivement à votre dossier (y compris parfois les appels téléphoniques de très longue durée qui vont participer à la détermination du temps).

NB: Certains avocats pourront apporter leur contribution à cet article par leurs commentaires : allez, chiche !

Je vous donne des clefs mais je ne fournis pas la calculette !

Vous devez bien avoir une petite idée de la simplicité ou de la complexité de votre divorce : vous aurez là une base de calcul vous donnant une orientation : vous en saurez plus après votre rendez vous initial avec votre avocat, en obtenant de lui une étude personnalisée sous la forme de la convention d’honoraires que vous lui demanderez.

N’oubliez pas, à chaque règlement que vous lui ferez, puisque vous avez votre calculette, enlevez du montant HT, 50% de charges de fonctionnement du cabinet, plus 20 % de charges personnelles, et vous aurez une idée de ce que votre avocat a réellement encaissé pour s’alimenter lui même, après évidemment déduction de ses impôts.

Et n’oubliez pas, en découvrant le coût de votre divorce, pensez à ce qui fut dépensé lorsque vous vous êtes marié (n'oubliez pas les boissons, ni la bague qu'elle a conservé) ; dans la majorité des cas, mon vieux confrère avait sûrement raison.