jean-claude.guillard

Par jean-claude.guillard le 23/09/08
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JUSTICE – AVOCAT - PLAIDOIRIE – LIBERTE -

LE BLASPHEME D' HOARAU

Le 25 septembre, un avocat comparait devant la Justice de son pays pour avoir commis un blasphème en plaidant : se référant à un article de presse publié après enquête sur le CV de notre ministre de la Justice, il aurait commis l'irréparable.

Nul doute que ses conseils sauront convaincre les juges du siège, forcément impartiaux, du caractère non fondé de l'accusation : point besoin d'invoquer Sainte Rita, l'héroïne des causes perdues, Saint Yves, notre patron, veillera à inspirer la Sainte Inquisition pour qu'elle n'y trouve point matière à blasphème.

Mais ce qui inquiète, c'est le commentaire personnalisé qui agrémentera ensuite la fiche de cet avocat, dans le nouveau Who's Who français, le carnet mondain Edwige. Sera-t-il intégré dans la rubrique « personnalités » ou dans celle « délinquants potentiels » ?

Cette précision est capitale pour tous les avocats plaidants français, qui sont tous potentiellement des blasphémateurs en puissance : point n'est besoin, en tous cas, de surcharger les fonctionnaires en charge d' Edwige, il suffit de télécharger le fichier national du CNB, recensant tous les avocats en exercice, et de les inclure en bonne place dans le fichier des « empêcheurs de gouverner tranquille », avec la mention « soutien actif de Monsieur le Bâtonnier HOARAU ».

Ne pouvant tous être présents physiquement à cette audience, notre pensée confraternelle planera sur la salle d'audience, ce 25 septembre 2008.

Par jean-claude.guillard le 20/09/08
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LE PAPE A DIT : OU LA CRECELLE DES LEPREUX

Combien de catholiques, qui s'étaient sincèrement unis civilement mais aussi religieusement par le sacrement du mariage, ont du subir un divorce, tout simplement pour avoir constaté que leur couple avait été bâti sur des bases incertaines et que leur union ne pouvait perdurer jusqu'à la fin de leurs jours, comme chacun avait pu l'espérer....

Combien de ceux-ci, après cette expérience malheureuse, ont refait leur vie, se sont remariés civilement et filent le parfait amour depuis des décennies et, leurs enfants étant élevés, pensent bien finir leurs jours heureux ensemble; leur relation pérenne de couple fusionnel est en tout point celle voulue par l' Eglise Catholique : pourtant, il ne leur est pas possible de faire consacrer leur nouvelle union, puisque la première survit artificiellement, comme étant la seule envisageable pour l'Eglise, en raison de l'application du principe de Droit Canon de l'indissolubilité du mariage.

DIVORCE - EGLISE CATHOLIQUE - REMARIAGE –

LE PAPE A DIT, OU LA CRECELLE DES LEPREUX.

Combien de catholiques, qui s'étaient sincèrement unis civilement mais aussi religieusement par le sacrement du mariage, ont du subir un divorce, tout simplement pour avoir constaté que leur couple avait été bâti sur des bases incertaines et que leur union ne pouvait perdurer jusqu'à la fin de leurs jours, comme chacun avait pu l'espérer....

Combien de ceux-ci, après cette expérience malheureuse, ont refait leur vie, se sont remariés civilement et filent le parfait amour depuis des décennies et, leurs enfants étant élevés, pensent bien finir leurs jours heureux ensemble; leur relation pérenne de couple fusionnel est en tout point celle voulue par l' Eglise Catholique : pourtant, il ne leur est pas possible de faire consacrer leur nouvelle union, puisque la première survit artificiellement, comme étant la seule envisageable pour l'Eglise, en raison de l'application du principe de Droit Canon de l'indissolubilité du mariage.

Le Pape est venu nous visiter récemment et a tenu à réaffirmer fermement ce principe, l'Eglise ne pouvant... "s'opposer à la volonté du Christ" ! Ce dernier a certainement énoncé sa volonté, mais à une époque et dans le cadre de l'organisation sociétale de son temps, qui méritait qu'il réagisse ainsi, face aux moeurs dissolues et païennes.

Entendre le même discours au XXIème siècle, à un temps où la vie sociale a évolué, signifie que les catholiques, confrontés à un épisode douloureux de leur vie, n'auraient d'autre choix, une fois mariés religieusement, que de se supporter jusqu'à la fin de leurs jours et de mener une vie sentimentale inexistante ou cachée ; en d'autres termes l'hypocrisie.

Les religions proches, qui ont évolué selon les transformations sociétales, n'ont pas une telle approche :

* L'Église orthodoxe pour laquelle le mariage est aussi un sacrement, préfèrent mettre en avant, en situation de divorce, une compassion pour ceux qui subissent la douleur d'une rupture ; Elle permet aux divorcés de se remarier religieusement.

* Les protestants, considèrent que le mariage n'a pas valeur de sacrement à l'instar du baptême ou de l'eucharistie. Ce n'est qu'une union de même nature que celle existant entre Dieu et son peuple : elle est basée sur une fidélité totale. Mais il est reconnu que l'échec du mariage puisse exister. Un divorcé, après avoir pu bénéficier d'une analyse de sa situation maritale, peut être admis à recevoir la bénédiction de son nouveau couple, lors de son remariage.

La position inflexible maintenue par le Pape est celle de l'exclusion des divorcés, non pas de la communauté chrétienne, puisqu'ils en font partie dès lors qu'ils ont reçu le baptême et sa confirmation, mais du droit de participer à la communion lors de la célébration de la messe. L'explication donnée n'est guère satisfaisante : le divorcé serait « en situation de rupture d'alliance et ne serait pas en cohérence avec le don eucharistique ». Difficile à comprendre pour le commun des mortels : on apprenait jadis aux enfants, par l'enseignement du catéchisme, la notion de « péché mortel » qui allait les précipiter dans les flammes de l'enfer et les éloignait à tout jamais de leur communauté religieuse ; mais, dans le même enseignement, était mise en avant, par l'analyse imagée des Evangiles, la notion essentielle du Pardon, à l'instar de celui accordé à Pierre reniant par trois fois sa Foi, ou pire à Judas trahissant le Christ pour le conduire à la réalisation de son destin divin.

Les enfants sont devenus des adultes qui ne peuvent comprendre la subtilité des jeux de mots : leur divorce n'est pas générateur d'une « excommunication » puisqu'ils sont toujours membres de la communauté chrétienne, et peuvent participer aux célébrations liturgiques ou avoir des obsèques religieuses ; ils sont seulement (si l'on peut dire) exclus de la communion ; n'est-ce point là la traduction étymologique du mot « excommunié » qui nous évoque tant de malheurs historiques, fondés sur l'application de dogmes aujourd'hui révolus mis en oeuvre par une « sainte » Inquisition, que l'Eglise moderne renie et entend faire pardonner.

Ces erreurs historiques n'ont-elles pas été accomplies au nom d'une application anachronique de la parole divine ? Est-il légitime, au XXI ème siècle de considérer, alors que des époux sont civilement divorcés, qu'ils seraient encore unis par le lien sacramentel de leur mariage religieux, indissoluble ?

L'Eglise elle-même a pu admettre l'échec du couple : elle n'annule pas un mariage, au nom de cette indissolubilité, mais elle peut établir une déclaration de nullité de mariage, dans des cas définis par le Droit Canon : mariage contracté sous pression, existence d'un trouble psychique grave lors du mariage ne permettant pas de vivre une vie conjugale, une infécondité cachée lors de l'union ou une impuissance, ou la tromperie d'un époux par l'autre sur un trait important de la personnalité. Ces causes de nullité du mariage religieux, ne sont pas étrangères à celles pouvant servir, dans une procédure « civile », à faire prononcer par les Tribunaux une nullité du mariage

Art. 146 du code civil Il n'y a pas de mariage lorsqu'il n'y a point de consentement.

Art. 180 du code civil : Le mariage qui a été contracté sans le consentement libre des deux époux, ou de l'un d'eux, ne peut être attaqué que par les époux, ou par celui des deux dont le consentement n'a pas été libre. S'il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage.

Pourquoi l'Eglise catholique ne pourrait-elle pas considérer la valeur d'un jugement civil prononçant une nullité d'union pour des motifs qu'elle reconnaît, pour le transposer ipso facto, par une sorte d'exequatur, dans sa propre perception de la nullité d'une union ?

De même, les causes reconnues de divorce civil relèvent, soit de manquements avérés d'un époux, voire des deux, aux obligations du mariage, soit de la constatation par eux qu'ils avaient des traits de personnalité, non décelés lors de l'union, ne leur permettant pas de poursuivre une vie commune. Dans le premier cas, l'appréciation par une juridiction civile de comportements de nature à ne plus maintenir l'union, est parfaitement adoptable, intellectuellement, par l'autorité religieuse : si un des époux a commis des fautes telles que le lien de mariage ne soit plus tolérable, et je pense notamment aux violences conjugales graves et répétées, doit-on considérer que la victime, qui avait cru s'unir de manière indissoluble, soit tenue à demeurer liée sa vie durant à son bourreau ? Et quand cette victime, civilement divorcée, va enfin trouver la paix avec un nouveau conjoint au point qu'elle se remarie et couler avec lui de longs jours heureux, doit-elle subir l'exclusion d'un accès à l'eucharistie ? Et même, dans le second cas, un divorce n'est-il pas le constat, non pas d'une « tromperie », mais d'une erreur essentielle et majeure, non décelée lors du mariage, sur des traits importants de la personnalité du ou des époux, de nature à déroger au principe de l'indissolubilité du mariage religieux, en y trouvant un motif assimilable à celui retenu pour admettre la nullité de l'union ?

Cette fermeté à venir réaffirmer l'indissolubilité du mariage, au nom de la volonté du Christ, apparaît bien anachronique. Tous les préceptes découlant de la volonté du Christ ont-ils été maintenus au fil du temps ? L'application stricte et radicale de ces principes par l'Inquisition pourrait elle être en vigueur aujourd'hui ? Certains progrès scientifiques n'ont-ils pas été réalisés en violation de certains de ces principes ? La mission première du Pape est de conduire l'Eglise dans le respect de ses fondements, mais aussi de les adapter aux réalités de la vie de son siècle, tel que le Christ l'aurait évidemment fait, si, revenant parmi nous, il avait découvert la souffrance de certains de ses fils ou filles, privés du droit d'être en communion avec Lui, invités au repas, mais contraints de n'y point toucher. L'espérance permet de penser qu'Il nous aurait invité à partager le festin, et quelque chose nous dit qu'Il nous aurait même accordé une place très privilégiée à sa table, nonobstant l'application des dogmes.

N'aurait-il pas, en outre, pris l'initiative de bénir la nouvelle union de ses enfants divorcés, au moins pour que celle-ci devienne indissoluble, au sens profane du terme, comme c'est pourtant très souvent le cas, après un premier échec né de l'inexpérience de la vie ? A n'en pas douter, il aurait, Lui, trouvé ce minimum très insuffisant et aurait toléré une nécessaire adaptation dérogatoire au principe de l'indissolubilité du mariage, fondée sur le droit à l'erreur, qui mérite absolution.

Raisonner autrement est, en l'état, et quoique l'on en dise, une véritable excommunication, un ostracisme contraire aux fondements de l'Eglise, et il est dès lors urgent, dans le prolongement du message papal administré, de penser à doter les catholiques divorcés de la crécelle des lépreux, pour le cas où le risque de contagion serait avéré.

Par jean-claude.guillard le 20/09/08
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AVIS AUX AMATEURS

LE XXXème CIRCUIT DES REMPARTS A ANGOULEME, C'EST MAINTENANT

Depuis Vendredi 19.09.2008 et jusqu'à Dimanche 21.09.2008, on en prend plein les yeux, les oreilles et le nez!

Véhicules anciens exposés; Rallyes des vieilles gloires dans la campagne verdoyante, et surtout Dimanche, les grandes Courses sur le circuit aménagé au coeur de la ville, comme à Pau ou Monaco. Emotion, frissons et plaisir assuré. Venez nombreux garnir les tribunes aménagées autour du circuit et participer aux animations organisées autour de l'automobile ancienne, de course mais aussi de prestige.

Pour vous mettre en appétit, quelques vues depuis mon bureau.

Le soleil est là !!!!!!

Lundi 8 heures 30: c'est fini ! c'est trop tard pour venir à ANGOULEME pour voir les courses automobiles; il reste encore quelques amis britanniques qui ont pris leur semaine, mais leur petit bijou est remisé sur la remorque.

Les employés municipaux ont nettoyé les restes d'agapes et les traces d'huile, et on commencé à démonter les tribunes et glissières de sécurité qui paralysaient l'accès au centre ville.

Pour avoir eu durant trois jours un environnement fait de ronronnements ou hurlements stridents des moteurs poussés au maximum, nos oreilles en bourdonnent encore dans le silence retrouvé de la ville.

Bref, le boulot peut reprendre.

voir le reportage sur: www.charentelibre.com

Vous avez raté tout çà ? alors rendez vous dans un an, même époque, même lieu.

Par jean-claude.guillard le 14/09/08
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« Je viens vous voir, Maître, parce que j'ai eu un premier rendez vous avec un autre avocat et ça n'a pas marché ; on ne s'est pas entendus ». Il nous arrive quelquefois d'être confronté à une telle annonce, qui ne doit pas être surprenante. Le choix de SON avocat n'est pas aisé, pas plus que celui de son médecin traitant. Généralement, pour mener un divorce, on attend de son avocat beaucoup plus que sa seule compétence en droit de la famille : on le souhaite à l'écoute, disponible, et on cherche la création d'un lien particulier basé sur la confiance. C'est souvent au terme d'un premier contact que le ressenti va jouer.


DIVORCE - AVOCAT - LE CHOIX -

DIVORCER : UN MARIAGE AVEC SON AVOCAT ?

« Je viens vous voir, Maître, parce que j'ai eu un premier rendez vous avec un autre avocat et ça n'a pas marché ; on ne s'est pas entendus ». Il nous arrive quelquefois d'être confronté à une telle annonce, qui ne doit pas être surprenante. Le choix de SON avocat n'est pas aisé, pas plus que celui de son médecin traitant. Généralement, pour mener un divorce, on attend de son avocat beaucoup plus que sa seule compétence en droit de la famille : on le souhaite à l'écoute, disponible et on cherche la création d'un lien particulier basé sur la confiance. C'est souvent au terme d'un premier contact que le ressenti va jouer.

Voyons comment aborder ce choix.

Tout d'abord, un divorce est une procédure dans laquelle l'avocat est obligatoire devant le Tribunal ; mais quel Tribunal ? Si vous vivez encore sous le même toit que votre conjoint, ce sera le Tribunal du lieu où vous habitez. Si vous êtes déjà séparé, ce sera celui du lieu où est domicilié celui qui a les enfants avec lui, ou, s'il n'y a pas d'enfant, celui du lieu où vit votre conjoint. A partir de là, il n'est pas besoin de se plonger dans l'annuaire de l'ensemble des avocats français : cherchez votre futur avocat dans la liste de ceux qui sont rattachés au Tribunal qui va juger votre divorce ; Attention, vous pouvez connaître un avocat qui n'y soit pas rattaché : vous pouvez lui confier votre dossier, mais vous devrez en plus choisir un second avocat qui y sera rattaché, qui servira de correspondant au précédent. Ce correspondant est nommé « avocat postulant », l'autre étant « l'avocat plaidant ».

Si vous ne connaissez pas d'avocat sur le territoire du Tribunal de votre divorce, vous pouvez obtenir la liste complète auprès de l'Ordre des Avocats ou consulter l' annuaire papier ou le Net, rubrique avocats. Vous disposerez sur le premier de quelques encarts informatifs vous donnant quelques précisions sur certains cabinets, sachant que ceux qui n'en ont pas peuvent être également compétents ; sur le second, vous aurez parfois des sites d'avocats vous donnant davantage d'informations sur leur cabinet : vérifiez que le droit de la famille est bien pratiqué par l'avocat. Bon, déjà vous avez repéré quelques noms, mais lequel sera VOTRE avocat ?

Un ancien, un plus jeune, une femme, un homme ? Un dont vous avez vu ou entendu le nom quelque part ? Un qui exercera seul ou un de ceux exerçant en groupe ? Un qui prend cher et qui serait donc peut-être meilleur ou un dont les tarifs semblent convenables et qui peut aussi bien connaître le sujet ? Celui qui a défendu aux Assises le dernier meurtrier du coin et dont le journaliste a marqué le nom et une petite citation de sa plaidoirie dans le SUD OUEST ?

Là, c'est votre choix, qui peut souvent tenir du hasard.

Ça y est, vous prenez rendez vous avec un avocat, qui n'est pas encore VOTRE avocat : il ne le deviendra qu'au terme de cette première rencontre : le premier contact est déterminant, et son accueil est généralement sympathique : vous êtes un nouveau client et il est rare que l'avocat (comme tout autre professionnel) vous accueille comme un chien.

C'est durant le cours de ce rendez vous que l'avocat va vous découvrir, tout comme vous le découvrez, et que ce premier contact est essentiel pour nouer une relation de confiance ; chaque avocat a son approche de son client et de son dossier. En matière de divorce, vous êtes souvent ignorant des déroulements possibles ; l'avocat est ignorant de votre situation personnelle ; il vérifiera sans doute d'abord si vous êtes bien marié, car on ne divorce que si l'on est marié (et oui) ; il va ensuite vous poser diverses questions sur la composition de votre famille, sur votre patrimoine et sur vos revenus, éléments essentiels pour déterminer les difficultés de votre future procédure ; et puis, il va vous poser des questions un peu plus personnelles sur vous et votre couple, pour entrevoir si le divorce peut-être abordé amiablement ou non. Il prendra des notes de tout cela, qui lui serviront à ne pas devoir vous faire répéter ultérieurement ce que vous lui avez dit. Cette phase lui permet de mieux vous connaître et d'établir la confiance nécessaire au bon traitement de votre dossier.

Il va ensuite vous conseiller sur le choix de la procédure, en vous expliquant chacune des options possibles et leur déroulement procédural, avec leurs avantages et inconvénients, afin que vous vous déterminiez en faveur de l'option « stratégique » vous paraissant la meilleure. N'hésitez pas à lui poser toutes questions vous venant à l'esprit, pour que vous soyez totalement informé. C'est le cas de la question financière du coût de la procédure ; un avocat doit vous proposer un « devis » appelé « convention d'honoraire », sinon, demandez lui. Généralement, cette première approche est rarement inférieure à une heure d'entretien, souvent plus. En deça, et sauf si votre dossier est simplissime, vous aurez l'impression d'avoir choisi un avocat surbooké, ce qui inquiète souvent.

C'est au terme de cet entretien que vous saurez si cet avocat est bien VOTRE avocat, celui que vous recherchiez. S'il advenait que le « contact » n'ait pas été à la hauteur de vos espérances, sachez en tirer les conséquences aussitôt : rester en au simple stade de cette consultation, payez son montant à l'avocat, et prenez le temps de réfléchir à cet entretien et à la suite que vous lui donnerez ; vous reviendrez le voir ou irez en voir un autre. Sachez que votre libre choix est total, tout comme l'est celui de l'avocat, qui peut, pour des raisons qui lui sont propres, ne pas accepter votre dossier.

De toute façon, au stade de ce premier rendez-vous, vous ne disposez que très rarement des documents qui sont indispensables à l'avocat pour « ouvrir » aussitôt votre dossier ; il vous en donnera la liste. Si vous avez eu le bon feeling que vous recherchiez, et si l'avocat vous semble bien posséder la matière du droit de la famille, vous reviendrez le voir pour mettre en forme votre demande, avec vos documents justificatifs ; il se souviendra de votre affaire en reprenant ses notes (il a eu depuis d'autres clients, et il se souvient de vous, mais pas de tout ce que vous lui avez dit, dans le détail), et votre dossier pourra être établi et lancé, selon vos souhaits, que vous aurez entre-temps mûris.

VOTRE avocat vous accompagnera ainsi jusqu'au terme de la procédure et sera votre confident, votre juriste et un peu votre psychologue quand vous aurez des moments de découragement. Un conseil : il n'a pas que votre dossier, et préfèrera vos courriers à des demandes de rendez vous, généralement réservés au traitement procédural ou aux nouvelles graves, ou à des appels téléphoniques pouvant tomber au mauvais moment, quand il est occupé par un autre client ; vous m'aimeriez pas que, étant en rendez vous avec lui, un autre vienne vous prendre de longues minutes du temps qui vous était destiné.

Quelquefois, en cours de procédure, la relation peut se dégrader, soit de votre fait, soit de celui de votre avocat, qui par exemple n'est plus aussi disponible que vous l'aviez imaginé, qui ne vous donne pas assez d'informations, ou même qui s'est montré désagréable ; souvent, cette dégradation est réciproque. C'est un divorce dans le divorce. Soit le traitement de votre dossier va devenir une galère pour les deux, soit l'un ou l'autre prendra la décision d'en terminer avec une telle situation. C'est souvent le client qui décide de changer d'avocat : sur le principe cela n'est pas interdit, et c'est même le droit le plus absolu pour un client de changer de conseil, mais cela génère quelques difficultés. L'avocat ancien transmettra le dossier au nouveau, avec la facture du solde de ce qui lui reste du. Le nouvel avocat va devoir reprendre un dossier qu'il n'a pas géré depuis le début, dans l'état où il se trouve, avec les décisions de justice déjà rendues ; le client devra nouer avec lui la fameuse relation de confiance, en cours de route, ce qui est parfois difficile, ayant été échaudé par l'expérience initiale, mais le train peut être remis sur les rails.

Ainsi, le choix de l'avocat doit être mûrement réfléchi dès le premier entretien : aucun paramètre objectif n'est déterminant, sauf à condidérer l'élément subjectif de la première impression, le feeling, ou comme on dit chez nous « les atomes crochus ».

Votre choix est fait : c'est vous qui avez raison !

Par jean-claude.guillard le 13/09/08
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Par lettre de cachet, plusieurs d'entre eux ont été désignés pour être sacrifiés sur l'autel de l'Economie (ou plutôt des économies). Ils n'ont pourtant jamais démérité et ont toujours rendu les services pour lesquels ils étaient nés; ils font partie de la Cité avant de faire partie du Monde; ils accueillent le peuple et bien rarement le Gotha; ils ont nourri d'innombrables familles de ceux qui les ont fait vivre. ils étaient et sont encore le témoignage de la présence de Justice là où elle doit s'exercer, au plus près du justiciable.

Ils attendent une sentence prise par une lointaine juridiction d'exception, en audience non publique, sans incrimination précise, du fait du Prince.

La résistance s'est organisée: de nombreux comités de soutien se sont créés autour d'eux, des pétitions circulent, des grèves s'organisent; des voix s'élèvent même chez les courtisans du Prince. Le combat est inégal mais juste. La résistance est la lueur de l'espoir.

Puisse cette résistance, conduire à la sauvegarde de ces innocents et éviter qu'ils ne franchissent les portes de ce Panthéon au pied duquel ils ont été menés.

Voici un florilège de ceux qui peuvent encore être sauvés, par une mobilisation intense.

Par jean-claude.guillard le 13/09/08
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Ils ont rendu de fiers services à la Nation. Ils ont entendu les grandes et petites misères de la société et ont respecté leur serment de ne rien dire. Ils ont souvent subi les outrages du temps sans se plaindre et n'ont souvent reçu comme remède qu'un emplâtre. Ils ont abrité d'augustes personnalités qui les ont présidé et d'autres qui les ont fait fonctionner et animé.

Ils ont été condamnés au nom de la modernité et de l' économie.

Pour eux la sentence est sans recours: ils attendent dans le couloir de la mort leur exécution.

Ils portent et porteront témoignage de l'injustice des Hommes, et du sacrifice des valeurs humaines au profit de celles de l'Argent.

Par jean-claude.guillard le 12/09/08
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AUTOMOBILE - CODE DE LA ROUTE – CARREFOURS –

Mini giratoire, roulette russe et Loi du plus fort.

Nos villes ont été agrémentées de ronds points, de giratoires, qui ont souvent remplacé des feux tricolores qui réglaient la circulation ; motif de ce remplacement : la fluidité du trafic.

Chaque grande avenue d'une ville de taille moyenne a ainsi été relookée, et évidemment dispose d'une succession de mini giratoires à une seule voie, avec souvent en leur centre un marquage au sol matérialisant le rond du point, à chaque intersection.


AUTOMOBILE - CODE DE LA ROUTE – CARREFOURS –

Mini giratoire, roulette russe et Loi du plus fort.

Nos villes ont été agrémentées de ronds points, de giratoires, qui ont souvent remplacé des feux tricolores qui réglaient la circulation ; motif de ce remplacement : la fluidité du trafic.

Chaque grande avenue d'une ville de taille moyenne a ainsi été relookée, et évidemment dispose d'une succession de mini giratoires à une seule voie, avec souvent en leur centre un marquage au sol matérialisant le rond du point, à chaque intersection.

Mon arrivée au bureau et mon retour à la maison, en bonne santé, sont conditionnés au franchissement de ces roulettes russes.

J'arrive par une voie transversale sur cette artère par un carrefour orné à son abord, sur chacune des rues qui y aboutissent, du panneau triangulaire insérant en son centre trois flèches incurvées matérialisant le rond point, et montrant une direction antihoraire. (celui en dessous)

Je dois la priorité aux véhicules circulant déjà dans l'anneau, OK. Compte tenu de l'étroitesse du rond point, à vrai dire personne n'y circule vraiment « déjà » : donc, on s'arrête, on vérifie que personne n'est engagé dans le rond, et l'on y va ; et là, surgissant de nulle part, arrive bien au delà des 50 kms/heure en vigueur dans la ville, un individu, qui, depuis le début de sa rue de circulation, n'a pas varié d'un centimètre/heure, même pour franchir les ronds points, et déboule sous votre nez, en gesticulant et en ayant enfoncé son klaxon pour que le passage lui soit dégagé. Il vous rase l'avant de votre voiture en roulant sur le cercle figurant le rond du point, et vous montre son majeur élevé. Il poursuit sa route à la même vitesse pour aborder de la même façon les giratoires suivants. Cette scène est jouée tous les matins et soirs des jours ouvrables. Les week-ends, c'est pire, mais il y a moins de futures victimes.

Heureusement que ce jeu de la roulette russe, pour franchir ces mini giratoires, rend prudent : vous venez d'être sauvé par la réaction de vos freins sur lesquels vous vous êtes mis debout ; vous vous retrouvez arrêté dans ce rond point dans lequel vous étiez le premier engagé et le premier à y circuler, et il faut maintenant vite réagir pour poursuivre votre manœuvre de sortie, de peur que l'imbécile ait un copain qui le suive, avec lequel il se disputait le Grand Prix de la bêtise humaine.

Chaque jour, à chaque franchissement, vous trouverez les survivants des agissements de ces pseudo-pilotes des villes, champions des chicanes et des bordures ; on les reconnaît facilement : les malheureux, traumatisés par l'expérience, n'osent même plus s'engager dans le giratoire, et restent à son entrée comme s'il existait un panneau STOP, penchés vers leur pare brise, pour tenter de voir, à s'en démettre les vertèbres cervicales, si le piètre émule de SENNA ne va pas surgir du fin fond de la grande ligne droite des stands. Ils préfèrent attendre indéfiniment, par crainte, plutôt que de prendre rang dans le giratoire, alors que nul ne s'y présente par ailleurs.

Les débris de verre qui jonchent le sol de ces ronds points témoignent des méfaits de ces débiles du volant. N'importe quel limier de nos forces de l'ordre sait donc où se placer pour les repérer. Les chauffards le savent et leurs horaires de Grand Prix ne sont pas compatibles avec ceux de la maréchaussée.

En notre époque de vaches maigres pour les finances publiques, il est sans doute plus facile de taxer les automobiles immobilisées dans leurs parcmètres, ou les automobilistes qui ont mis leur gilet jaune LAGERFELD dans le coffre plutôt que dans l'habitacle, ou encore ceux qui ne résistent à la sonnerie de leur téléphone.

Pourtant la surveillance de ces grands axes, dotés de ces pustules, serait une mine d'or, car outre quelques subsides toujours bons à prendre, elle permettrait de mettre hors circuit de tels pilotes d'opérette, dont on se demande comment ils ont pu être dotés d'un sésame de conduite.

Pour eux, pour les forces de l'Ordre, pour leurs victimes passées ou futures, rappelons seulement le texte :

Article R415-10 du Code de la Route

Tout conducteur abordant un carrefour à sens giratoire est tenu, quel que soit le classement de la route qu'il s'apprête à quitter, de céder le passage aux usagers circulant sur la chaussée qui ceinture le carrefour à sens giratoire.

Le fait, pour tout conducteur, de ne pas respecter les règles de priorité fixées au présent article est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe.

Tout conducteur coupable de cette infraction encourt également la peine complémentaire de suspension, pour une durée de trois ans au plus, du permis de conduire, cette suspension pouvant être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle.

Cette contravention donne lieu de plein droit à la réduction de quatre points du permis de conduire.

Traduction pour ceux qui roulent sans permis : si tu ne veux pas te faire gauler, quand tu déboules à donf sur la grand rue et que t'arrives à un petit carrefour avec un petit rond au milieu, tu vas voir un panneau comme sur la photo du dessous ; alors là, mon pote, lève le pied, et si un blaireau a déjà engagé sa caisse dans ce rond, alors t'attends qu'il soit passé ; fais gaffe à ces petits ronds, ça peut sentir le keuf, et ça craint pour ta caisse.

Tu t'en fous, t'as pas le permis ? Justement, ça craint encore plus pour toi.

Il n'est pas nécessaire, pour verbaliser qu'il y ait de la tôle froissée, ou pire du sang sur la chaussée : le seul non respect des règles de franchissement de ces ronds points est passible de l'application des sanctions ainsi prévues.

HALTE A LA LOI DU PLUS FORT

Par jean-claude.guillard le 11/09/08
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Grand merci à TF1 pour son excellent prime time de MERCREDI soir. (10.09.2008)

Grand et remarquable programme sur les meilleures publicités du moment; Dommage que l'émission ait été entrecoupée de longues plages de football ! Heureusement, ça laisse le temps d'aller se désaltérer.

Par jean-claude.guillard le 05/09/08
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AVOCAT - JUSTICE - DEFINITIONS -

ANCIEN BATONNIER, MAIS AVOCAT NOUVEAU

Alors là, j'en suis resté anéanti : croisant sur mes lieux de vacances (le monde est petit) un de mes anciens clients, qui y avait pris sa retraite, il s'exclame en m'apercevant : « alors, Maître, ça y est, vous aussi, à la retraite » ! J'en tombe : bon d'accord, je ne fais plus partie des perdreaux de l'année, je me suis peut-être très légèrement dégarni sur le sommet du crâne, j'ai le cuir un peu tanné par les années de combats judiciaires, mais de là à me ranger dans sa secte d'inactifs, NON, trois fois NON !


AVOCAT – JUSTICE - DEFINITIONS

ANCIEN BATONNIER, MAIS AVOCAT NOUVEAU

Alors là, j'en suis resté anéanti : croisant sur mes lieux de vacances (le monde est petit) un de mes anciens clients, qui y avait pris sa retraite, il s'exclame en m'apercevant : « alors, Maître, ça y est, vous aussi, à la retraite » ! J'en tombe : bon d'accord, je ne fais plus partie des perdreaux de l'année, je me suis peut-être très légèrement dégarni sur le sommet du crâne, j'ai le cuir un peu tanné par les années de combats judiciaires, mais de là à me ranger dans sa secte d'inactifs, NON, trois fois NON !

Je m'inquiète des motifs de son diagnostic, et là, je découvre mon infortune.

Vous avez bien été Bâtonnier ? me dit-il. Je lui précise aussitôt que cette fonction n'est pas une pré-retraite d'avocat et que, passé le temps du bâtonnat, deux très longues années qui n'ont pas interrompu mon exercice, j'ai continué de plus belle mon activité.

Il s'interroge, me regarde curieusement, et fini par me lâcher : « ah bon ? mais j'ai vu sur votre blog que vous aviez mentionné ANCIEN Bâtonnier ! alors, pour moi un ancien Bâtonnier est un ancien avocat, donc retraité... »

Ça, je n'y avais pas pensé. Bon, du calme, respire un bon coup...

Je tente de lui expliquer que la lecture du blog, la consultation de mon site, auraient du lui prouver le contraire, il me regarde avec le petit sourire entendu de celui à qui on ne la fait pas : « mais vous avez bien un remplaçant, y-a un autre avocat inscrit sur votre site ». il a apparemment été marqué par l'image, certes avenante, de ma dévouée collaboratrice.

* * * *

Bon alors, pour lui et pour les autres qui ont pu m'imaginer à la retraite du fait de la curieuse mention d'ancien Bâtonnier, voilà la situation :

Depuis l'origine de mon aventure d'avocat, je me complaisais à travailler au mieux des dossiers de mes clients, et ma petite entreprise s'est développée ; puis, un jour, alors que j'avais encore des cheveux (c'est dire si il y a longtemps), il m'a été suggéré d'intégrer le Conseil de l'Ordre de mon Barreau, sorte de gouvernement local professionnel, où, après avoir été élu par mes confrères locaux, il me fut donné, comme aux autres membres, quelques missions d'intérêt général ; et le pire, c'est que ça a duré de nombreuses années ; c'est un petit boulot totalement bénévole effectué après les heures de bureau.

Et puis, après plusieurs années, le cheveu se faisant rare, et ayant rapidement grimpé dans l'ordre de la liste chronologique, par date d'ancienneté, des avocats du cru, par la faute de ceux qui étaient avant moi et qui sont partis, j'en suis arrivé à me voir suggérer par certains de postuler à l'élection de Bâtonnier, petit chef local de ses ouailles, et Président de son conseil de l'Ordre. On a vu les prédécesseurs à l'œuvre ; on se dit « et après tout pourquoi pas » ? et on se retrouve élu, un an à l'avance, avec l'appelation, ou royale ou océanique, de « Dauphin » ; ce dauphin n'est rien, sinon celui qui sera réélu l'année suivante comme Bâtonnier, et qui a intérêt à profiter de cette année pour s'informer des affaires en cours, et à réorganiser son cabinet, où il va cruellement manquer.

Une fois réélu par ses confrères, il prend possession du bureau « présidentiel » aussitôt déserté par son prédécesseur, qui, épuisé par ses deux années de cumul de sa fonction et de la gestion de son cabinet, va en reprendre les rênes et consulter son médecin pour traiter son surmenage et son embompoint.

Devenu Bâtonnier, on se met vite au boulot : pendant deux ans, il va falloir gérer, quand on est dans son propre cabinet, les appels désespérés de la secrétaire de l'Ordre, interpellée par un avocat ou un client d'avocat, qui veut « saisir le Bâtonnier » pour lui faire trancher un différent, évidemment urgent ; qui doit organiser des rencontres avec le Premier Président et le Procureur Général de votre Cour d'Appel, le Président et le Procureur de votre Tribunal, , le Maire, l'Evêque (aussi), que le nouveau Bâtonnier doit visiter ; qui s'inquiète de la réception d'un questionnaire urgent du CNB ; elle rappellera plusieurs fois par jour pour organiser l'agenda du Bâtonnier, car, à peine élu, il est systématiquement convié à toutes les petites et grandes manifestations civiles, militaires, religieuses, associatives, de la contrée, avec souvent repas compris, ce qui peut lui permettre de se nourrir gracieusement pendant deux ans, et d'engraisser... son médecin pour traiter cholestérol et troubles biliaires subséquents.

Et, quand il va accomplir sa tâche ordinale dans son bureau de Bâtonnier, il est assailli d'appels, tout aussi désespérés de sa propre sécrétaire, qui lui rappelle ses audiences, ses rendez vous, un appel téléphonique urgent de Madame DUPONT, etc...

Cette fonction est cependant exhaltante : pendant deux ans, et du jour au lendemain, au Tribunal, vous n'êtes plus « Maître UNTEL », mais « Monsieur le Bâtonnier ». Au début difficile de s'y faire, mais à force de l'entendre, on s'y habitue. Et, ponctuée par chaque Conseil de l'Ordre mensuel, la vie du Bâtonnier de déroule entre son cabinet et son bureau ordinal ; il traite de front les affaires de ses clients, les affaires de l'Ordre pour l'organisation du personnel, les aspects financiers, les grandes et petites querelles entre avocats, les réclamations de justiciables, les diffusions informatives pour ses confrères; il est médiateur, conciliateur et juge, pour fixer les honoraires contestés de ses confrères ou pour initier des poursuites disciplinaires, rarissimes ; il devient souvent le confident de ses confrères, une sorte de père de famille ; en plus, les week-ends, il se déplace pour l'Ordre dans les réunions de Bâtonniers, régionales ou régionales : il y cotoie ses homologues, parfois bardés de décorations sans doute méritées, issus de grands barreaux, et d'autres, plus provinciaux et abordables, lors de phases de travail toujours enrichissantes, ou lors de pauses gastronomiques où s'échangent les expériences et parfois quelques histoires de justice locale, vécues et humoristiques, qui détendent l'atmosphère. Il aura l'honneur de fréquenter des noms illustres de la profession, le ministre de la Justice en place, qui, selon ce que son discours annonce, sortira quelquefois sous les acclamations de l'assemblée, et souvent sous une bronca ; enfin, il aura même pu apercevoir le crâne du Président de la République au milieu de ses gorilles, lors d'un bref passage, justifié par une mesure nouvelle (et souvent délicate) à annoncer.

Et, puis, deux ans plus tard, soit vingt quatre mois complets et même 730 jours de double activité, très vite passés, le suivant vient enfin prendre le relais : vous en sortez enrichi intellectuellement, vous avez bien œuvré pour vos ouailles, votre Barreau, votre Tribunal, la Justice en général ; vous avez cotoyé la mondialisation, les huiles et les ors (lyrisme intempestif) ; vous en sortez aussi totalement repu et découvrez l'existence des gamma GT, au terme d'un dernier repas collectif, où l'ensemble du barreau vient constater votre triste état physiologique et vous remettre un témoignage matériel de votre passage, et puis ensuite... plus rien, ou... presque. Comme pour le service militaire, il ne reste que les bons souvenirs (vive la pucelle du 501ème RCC – message personnel pour la 70/10).

Vous redevenez seulement l'avocat que vous étiez avant ; vous retrouvez votre cabinet et vos petites habitudes ; vous retrouver vos chers clients, et surtout Mme DUPONT qui a trouvé que, pendant deux ans, elle n'avait pas pu vous joindre comme elle le voulait... ; on vous a réelu au Conseil de l'Ordre, pour aider le successeur qui rame au début ; on rajoute sur son papier professionnel, devant le mot « Bâtonnier », le fameux et perfide adjectif 'ancien » ; on continue certes à vous appeler « Monsieur le Bâtonnier » (on garde le titre à vie, comme les politiques), bien que certains magistrats, qui certes changent souvent d'affectation, vous ramènent à votre fonction première, en vous donnant du « Maître » le plus basique, ce qui au début vous choque un peu en regard du respect de la tradition à laquelle ils sont eux même si attachés, et par l'exception ainsi manifestée dans l'océan des « Monsieur le Bâtonnier » qui vous sont quotidiennement administrés par vos confrères.

Mais, finalement, ces magistrats n'ont-ils pas raison ? malgré la tradition de la persistance du titre, l'ancien Bâtonnier n'est il pas revenu au sein de son groupe « familial » ? n'est-il pas redevenu l'avocat qu'il a toujours été, au service de ses clients, qui ont toujours continué à lui donner du « Maître » ?

N'est-ce pas là la preuve incontestable que l'ANCIEN Bâtonnier est encore un avocat en exercice ?

Alors, mes amis, tant que l'heure, de plus en plus lointaine (selon ce que le politique en dit), de la retraite n'a pas sonnée, et tant que j'aurais le goût, l'esprit et la force de peaufiner les dossiers qui me sont confiés pour obtenir la meilleure décision possible, je serais et resterais Avocat, malgré ce vilain adjectif qui va me coller à la peau, d'ANCIEN Bâtonnier.

ANCIEN Bâtonnier, certes, mais NOUVEL Avocat, endurci et renforcé par cette expérience, plus sûrement.

A tous nos Bâtonniers en exercice, chapeau bas et bon courage.

Photo: "L'Avocat" FORCHINO

Droits réservés

Par jean-claude.guillard le 03/09/08
Dernier commentaire ajouté il y a 12 années 11 mois

COMMERCE - DECLARATION DE CREANCE - AVIS AUX PARTICULIERS –

LA LETTRE OU LE NEANT

Pour un commerçant ou artisan, pour des entreprises petites ou grandes, cette expression de « déclaration de créance » est souvent attachée à une grosse difficulté économique subie par un partenaire commercial qui, non seulement n'a pas payé ce qu'il devait, mais qui vient, selon une formule vulgaire, à être « mis en faillite ». La chance d'être payé est devenue extrêmement précaire, et peut même se révéler inexistante, si ce créancier n'a pas effectué cette fameuse déclaration de créance.

Or, certains particuliers peuvent, un jour, être confrontés à une obligation de déclarer leur créance.


COMMERCE - DECLARATION DE CREANCE - AVIS AUX PARTICULIERS –

LA LETTRE OU LE NEANT

Pour un commerçant ou artisan, pour des entreprises petites ou grandes, cette expression de « déclaration de créance » est souvent attachée à une grosse difficulté économique subie par un partenaire commercial qui, non seulement n’a pas payé ce qu’il devait, mais qui vient, selon une formule vulgaire, à être « mis en faillite ». La chance d’être payé est devenue extrêmement précaire, et peut même se révéler inexistante, si ce créancier n’a pas effectué cette fameuse déclaration de créance.

Or, certains particuliers peuvent, un jour, être confrontés à une obligation de déclarer leur créance.

Les professionnels du commerce ou de l’industrie savent que, si un de leurs clients a déposé son bilan, ou si un de ses créanciers impayés l’a demandé, il va s’en suivre l’ouverture d’une procédure, qui, selon la situation réelle des finances de ce client, sera, soit une procédure de redressement judiciaire, soit celle de la liquidation judiciaire. La première est celle mise en œuvre s’il apparaît que l’entreprise en difficulté peut, après un gel de ses dettes et la mise en place d’un plan de redressement, destiné à apurer dans le temps ce passif, retrouver une activité normalisée. La seconde, est la solution finale appliquée si la situation est telle qu’il n’y a aucun espoir de poursuite d’activité. C’est ce que l’on appelle la cessation des paiements, situation acquise si un commerçant ou une société n’est plus en mesure de payer ce qu’il doit avec ses actifs disponibles. Il sera rappelé que ce professionnel en cessation de paiement a l’obligation, quant il atteint ce seuil fatal, de déposer lui-même son bilan, sous peine de se le voir ensuite reproché.

Le jugement, de redressement ou de liquidation judiciaire, conduit à la désignation d’un professionnel par le Tribunal, nommé « représentant des créanciers » dans le premier cas, ou « liquidateur » dans le second. C’est lui qui va recenser tous les créanciers de l’entreprise : il ne pourra prendre en compte que les créances qu’il connaîtra, soit pour certaines parce qu’elles seront révélées par l’étude du dossier ou par l’aveu du chef d’entreprise, ce qui reste aléatoire si certaines ont été oubliées, et de toute façon imprécis quant au chiffre de la somme due.

C’est pourquoi, la Loi impose à tous les créanciers de déclarer leur créance à ce professionnel, et dans les DEUX MOIS de la parution de l’existence de cette procédure au BODACC, c'est-à-dire le Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales. Passé ce délai, si le créancier n’a pas déclaré sa créance, il n’a plus le droit de la déclarer, il est forclos. Conséquence : sa créance est éteinte ; elle n’existe plus ; circulez il n’y a rien à voir !.

Exception pour ceux qui, très éloignés, en affaires, ou géographiquement, de l’entreprise en difficulté ; il peuvent saisir, dans les SIX MOIS au maximum, depuis le jugement ayant ouvert la procédure, le Juge qui suit cette affaire, appelé « juge commissaire », pour lui demander un relevé de forclusion, c'est-à-dire le droit exceptionnel de pouvoir encore déclarer leur créance : encore faut-il avoir de bonnes explications sur les raisons de l’oubli.

Bref, si vous apprenez qu’une entreprise, un commerçant ou artisan, qui vous doit de l’argent ou est susceptible de vous en devoir, a été placé en redressement judiciaire, ou pire en liquidation, prenez aussitôt votre plume et écrivez, par lettre recommandée avec avis de réception, au représentant des créanciers ou au liquidateur, en lui indiquant le montant de ce qui vous est du, et en y joignant des justificatifs. Normalement, vous devriez lui préciser la nature de votre créance ; là, c’est plus compliqué pour le novice ; si vous aviez eu la prudence de prendre des garanties sur les biens professionnels de votre débiteur (gage, hypothèque, etc..) là vous êtes un privilégié, et votre créance devra donc être déclarée à titre « privilégiée » ; même si vous oubliez, vous devrez recevoir un avis pour déclarer. Si, par contre, vous n’avez rien de tout cela, vous êtes le créancier lambda, baptisé du joli terme de « chirographaire » : vous déclarerez donc votre créance « à titre chirographaire ».

Un particulier peut donc être ainsi amené à déclarer sa créance :

Si vous êtes propriétaire de l’immeuble loué par le commerçant, artisan ou l’entreprise, vous devez déclarer ce qui vous est du au jour du jugement ayant ouvert cette procédure ; cependant, vous avez une certaine protection, puisque l’administrateur judiciaire ou le liquidateur de l’entreprise en difficulté ne peut ignorer votre existence, et il prendra contact avec vous rapidement pour faire le point sur ce qui est du, sur la poursuite, à ses frais, du bail, ou sa rupture ; privilégiez néanmoins votre déclaration de créance, tout en lui demandant de prendre position sur la poursuite du bail ou la restitution des locaux. Pensez, le cas échéant, à chiffrer les dégâts pouvant y exister

Si vous êtes en litige avec un commerçant, artisan ou industriel, au sujet d’une prestation fournie ou d’une marchandise livrée, que vous soyez en procès avec lui ou non, déclarez votre créance estimée ; si vous ne le faites pas, votre recours est en péril, et vous risquez une cruelle déconvenue, si vous devez, par exemple, le paiement : vous serez obligé de l’acquitter, sans pouvoir lui opposer votre difficulté. Ce peut-être le cas si vous avez confié votre construction de maison à un entrepreneur qui fait faillite avant de vous l’avoir livrée.

Si vous êtes déjà en procès, vous devez néanmoins déclarer votre créance en signalant cette procédure.

Vous avez acquis dans un commerce un article onéreux qui vous a été vendu avec garantie et service après vente ; si le commerçant fait faillite, vous y perdez la garantie et le service ; une déclaration de créance préventive, durant la période de garantie ou du SAV, vous permettra de réagir en cas de problème.

Il y a parfois des exemples plus sournois : vous vous êtes porté caution, pour un parent ou un proche qui a crée une activité commerciale, du prêt qu’il avait souscrit auprès de sa banque ; il fait faillite. La banque est en droit de se retourner contre vous pour vous demander de payer ce qu’il lui doit. La banque a normalement du déclarer sa créance (sinon, elle ne pourrait plus faire jouer votre caution). Mais, si vous voulez conserver un espoir d’être remboursé, en tout ou partie, de ce que vous aurez ainsi payé à la banque, déclarez par anticipation, même si la banque ne vous a encore rien demandé, ce que vous êtes susceptible de lui payer. Si vous payez à la banque, vous bénéficiez de tous les droits qu’elle avait (exemple : une hypothèque)

En clair, dès que vous êtes en relation avec un artisan, commerçant ou industriel, et que vous apprenez qu’il a été « mis en faillite », réfléchissez aux conséquences que cette cessation d’activité forcée entraîne pour vous : s’il existe un préjudice ou un risque financier, du fait que vous ne pourrez plus vous retourner directement contre lui, évaluez votre créance et déclarez là.

Si des sommes importantes sont en jeu, il sera préférable de consulter l’avocat pour qu’il s’occupe de tout.

Mais comment savoir si une entreprise est « en faillite » ? Comment connaître la date de publication au BODACC ?

C’est là toute la difficulté pour les non avertis : cependant, il existe dans les quotidiens locaux les rubriques d’annonces légales sur lesquelles vous pouvez jeter un œil : le tribunal de commerce local y fait paraître le nom des entreprises, des commerçants ou artisans qui ont subi un redressement judiciaire ou une liquidation.

Sachez que tout est recensé, à ce sujet, par les greffes des Tribunaux de Commerce, et qu’en dehors d’une démarche spécifique directe auprès du greffier de celui où est situé l’entreprise qui vous doit de l’argent, vous pouvez, sur le Net, consulter le site officiel de ces Greffes, et obtenir tous renseignements sur une entreprise ou un commerçant, et même, faire mettre sous surveillance l’entreprise qui vous intéresse : vous serez prévenu si il lui arrive malheur. Bien sûr, une modeste obole vous sera demandée. Voir « INFOGREFFE »

http://www.infogreffe.fr

Vous pouvez aussi tenter votre recherche sur le site utile :

http://bilans.lesechos.fr/

Bon, mon article arrive trop tard, vous avez laissé passé le délai pour déclarer votre créance et vous faire relever de la forclusion ; Désolé…

Pour vous consoler, sachez que certes votre créance est maintenant égale à zéro, mais que, même en l’ayant déclaré, vous risquiez fort d’obtenir des nèfles, si elle était chirographaire et qu’il s’agissait au surplus d’une liquidation judiciaire ; une fois vendus par le liquidateur les biens du professionnel liquidé, une fois payés le liquidateur lui-même, les créanciers prioritaires, les privilégiés, les hypothécaires et tutti quanti, vous, misérable chirographaire, vous ne pouviez au mieux espérer que les miettes, au pire le néant, dans lequel vous êtes déjà.

En redressement judiciaire, le vrai, avec de sérieuses chances de redressement, vous auriez pu concourir, modestement, sur plusieurs années, au partage des échéances payées par votre débiteur. Là, c’est perdu.

Et puis, si vous ne voulez vraiment pas vous embêter avec ça, nous autres, avocats, on est toujours là pour le faire à votre place : mais de grâce, venez vite avant qu’il soit trop tard.