jean-claude.guillard

Par jean-claude.guillard le 30/12/08
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UN AN DE BLOGOSPHERE CNB

La fin d'année est propice aux bilans : au terme d'une première année complète, la rédaction a souhaité interroger un jeune administrateur de blog pour qu'il dresse le bilan de son activité.

Une interview franche et sans langue de bois, dont nous vous présentons les meilleurs extraits.

NB : la totalité de l'entretien n'est pas disponible, la cassette des 10 heures d'enregistrement ayant été égarée ou volée (plainte a été déposée). Veuillez nous excuser pour la mauvaise qualité du son.


UN AN DE BLOGOSPHERE CNB

La fin d'année est propice aux bilans : au terme d'une première année complète, la rédaction a souhaité interroger un jeune administrateur de blog pour qu'il dresse le bilan de son activité.

Une interview franche et sans langue de bois, dont nous vous présentons les meilleurs extraits.

NB : la totalité de l'entretien n'est pas disponible, la cassette des 10 heures d'enregistrement ayant été égarée ou volée (plainte a été déposée). Veuillez nous excuser pour la mauvaise qualité du son.

Q : Comment avez-vous découvert la blogosphère du CNB ?

R : Comme tous les jeunes avocats qui débutent, je me demandais comment me faire connaître en arrivant dans la mégapole d'ANGOULEME, alors que je n'avais aucun réseau de connaissances, n'étant ni franc-maçon, ni catholique pratiquant, ni chasseur ou pêcheur... Un ami m'a parlé de la blogosphère du CNB

Q : Avez-vous rencontré des difficultés particulières pour créer votre blog ?

R : Au début, les difficultés furent générales : apprentissage du clavier, dressage d'une souris, etc. Puis, peu à peu, sont arrivées les difficultés particulières : faire un choix de couleur n'est pas neutre : la couleur influe sur l'internaute. Par exemple, le rouge le rend agressif ! J'ai choisi le rose, mais j'ai vu que c'était la couleur des filles ! Alors, en optant pour le rose foncé, j'ai eu une page d'accueil rouge. Il parait que chez CNB c'est ça ou rien, because charte graphique. C'est comme nous les avocats on a la même charte graphique que les juges : black and white (sauf certains qui mettent du rouge pour influer sur le justiciable)

Q : Et quoi d'autre ?

R : Le plus dur a été le choix de la photo en page d'accueil : sans cette photo, le CNB vous dessine : vous êtes soit une ombre bleutée unisexe, soit pire un gros cube également bleuté. Le cube m'a fait peur et j'ai retrouvé une vielle photomaton, vous savez celle qui vous donne l'air d'un gardé à vue depuis 96 heures ; je pensais que ça m'attirerait la sympathie de ma future clientèle pénale. Ma famille a opposé son veto, par respect pour nos ancêtres...

J'ai donc demandé à un ami de faire un photomontage sur une photo de moi en string lors de mes dernières vacances : il m'a copié/collé un costard avec cravate du catalogue KIABI, et a estompé ma chevelure peroxydée au profit d'une légère calvitie, faisant plus sérieux selon lui. On a retrouvé, pour le décor, une photo publicitaire d'un magasin de meuble, et voilà comment l'artiste se retrouve en situation sur sa page d'accueil !

Q : Le rédactionnel a-t-il été un problème pour vous ?

R : Alors là, franchement c'est la galère ! J'ai regardé les publications des anciens, les vieilles gloires de notre profession, pour voir comment aborder la situation ; j'ai eu peur : je passe suffisamment de temps, pour mes dossiers, à explorer la jurisprudence et ses revirements et je n'avais aucun goût à faire des heures sup' pour faire des commentaires d'arrêts, qui furent causes de multiples déprimes durant mes études ; je me suis interdit de transmettre mes angoisses aux lecteurs internautes.

Q : Quelle a été votre choix, alors ?

R : Pas de choix : si tu ne veux pas commenter lois ou jurisprudences, t'es fait comme un rat ! Il te reste à traiter les grandes questions existentielles de la vie judiciaire : pourquoi un avocat ? Pourquoi un Juge ? Pourquoi la Justice ? Pourquoi Carla ? J'avais pensé un temps à me spécialiser dans l'approche des plus belles décisions rendues par les juges du fond, mais ce fonds était si insondable qu'une vie entière de blogger n'aurait pas été suffisante.

Q : Qu'entendez vous par « plus belles décisions » ?

R : Celles dont on ne parle pas assez dans les médias, les oubliées de la littérature judiciaire, celles dont seuls les initiés ont connaissance, et qu'ils se refilent sous le manteau, les jours de temps gris, pour égayer leur morne vie ; ces décisions sont des trésors de poésie, ou dignes des meilleurs sketchs de notre bon Coluche, ou encore émouvantes comme du... Kafka. J'ai vu des avocats pleurer de rire, des justiciables pleurer tout court, à leur lecture. Heureusement que de tels auteurs existent encore et ont échappé au grand formatage de l' ENM ! C'est un régal, et il me semblait injuste que ces sauveurs de la littérature française ne soient pas mis en lumière. N'est-il pas plus beau pour un cocu de lire qu'il a découvert son infortune ?

Q : Oui, mais votre blog ne contient aucune de ces œuvres intellectuelles ; pourquoi ?

R : Souvent la grande littérature est méconnue et la censure veille : j'ai le souvenir cruel d'une sublime décision qui développait, sur quatre pages pleines, une allégorie sur l'idéal d'une médiation familiale, qui avait échouée comme en témoignait l'absence de procès verbal, mais qui, parait-il, laissait néanmoins transparaître la volonté des acteurs de trouver un terrain d'entente, formalisé illico par l'auteur, sur papier à en tête du Peuple Français, d'une manière interprétative, télépathique et directive, remarquable ; Ah, l'interprétation des songes, j'en ai encore les larmes aux yeux. Hélas, l'œuvre intellectuelle, soumise à la censure, a été infirmée brutalement, sans le moindre égard pour le travail imaginatif et poétique de l'auteur. Comment voulez vous que nous puissions sélectionner de telles prestations intellectuelles, aux fins de publication, si elles sont honteusement privées de leur jus initial, qui en fait le charme ? J'ai renoncé, par respect pour la propriété intellectuelle de leur auteur, à publier une œuvre tronquée.

Q : N'avez-vous pas pensé à créer un bêtisier ?

R : Bien sûr, mais je n'aime pas ce mot : il est très dévalorisant pour ces artistes méconnus. Vous savez, celui qui prend son temps pour rédiger une telle œuvre, qui consulte son dictionnaire pour vérifier le sens de chaque mot qu'il va coucher sur le papier, qui ose une théorie que nul n'a pensé développer, ne commet jamais une bêtise : il fait œuvre de création, signe d'intelligence et d'ouverture d'esprit. Si j'osais, je vous dirai qu'il est heureux que nos critiques d'art n'aient pas enterré trop vite les œuvres de Picasso. Comme on dit aujourd'hui, c'est pas parce que c'est destroy que c'est poubelle !

Q : Bon, mais pour en revenir à votre choix rédactionnel ?

R : Heu ....

Q : Ne connaissez vous pas l'angoisse de la page blanche ?

R : Voilà, c'est ça ! Je hais la page blanche ! Cette histoire de blog du CNB, c'est scandaleux ! On vous fait ouvrir un blog, et après, c'est pour qui la galère de la page blanche ? Ils ont trouvé en plus un truc qui ressemble à du harcèlement moral : on vous met des notes, qui montent ou qui baissent selon que vous publiez ou pas : on vous oblige à écrire, toujours écrire et toujours plus ! Moi, au bout d'un an, je suis vidé, sur les rotules, les neurones ne connectent même plus ! Pitié, le CNB...respectez les pages blanches.

Q : vous accusez le CNB d'esclavagisme ?

R : Exactement ! Je le dis aux jeunes, comme moi, si vous mettez le doigt dans l'engrenage, vous êtes foutus : chaque matin, selon que vous aurez fourni votre ouvrage ou non, vous allez consulter la page d'accueil de votre blog, et malheur à la baisse de notation dans la rubrique volontairement intitulée « popularité » : vous avez pris votre week-end avec votre petite famille, gros fainéant ? Et bien tant pis pour vous, chute de votre popularité ! En semaine, vous avez du gérer votre cabinet et vous n'avez pas eu le temps de produire votre billet quotidien ? Et vlan, te voilà une grosse baisse de popularité !

Si tu veux être populaire, t'as intérêt à nous sortir au moins une bafouille par jour ! Comment, pas eu le temps ? Et la nuit, feignasse ! Tu vois, à coté, la vie de Laurence Ferrari consultant l'audimat le lendemain du JT, est paradisiaque : quand elle n'est pas là, elle ne baisse pas !

Q : Vous m'avez l'air effectivement épuisé, mais d'autres y arrivent, eux ?

R : Oui, mais là, attention, on est dans les grosses pointures, ceux qui ont le coach et le comité de rédaction, le médecin particulier et la pharmacie adaptée ; j'en connais un, à Marseille, il parait que c'est pastaga tous les matins au petit déjeuner en dose concentrée injectable : il voit des oiseaux partout qui lui font caca dessus ; ça non, je refuse.

Et puis, ils ont leurs trucs : petits billets très brefs pour ne pas se vider la tête d'un coup, commentaires amicaux auprès de la concurrence pour mieux la surveiller, vidéos YouTube pour ceux qui n'ont pas de camescope : de vrais bloggers, quoi ! Mais, on n'est pas dans la même catégorie : eux, leur Graal, c'est la carte !

Q : La carte ?....

R : Oui, la carte de la page d'accueil de la blogosphère ! Alors là, seuls les très gros populaires y ont droit ! Encore une invention du CNB pour que ses esclaves travaillent encore plus. Un jour tu y es, alors forcément ça fait monter la popularité, puisque tout le monde veut voir qui a décroché le pompon à Lille ou à Tulle : alors ça connecte grave ; le lendemain, t'y es plus et t'as forcément moins de connexions que la veille ! Tu vois ce que je veux dire ? Tu baisses forcément et t'es redevenu une grosse feignasse ! Faut s'y remettre !

Q : Je vous sens désabusé ? Allez vous lâcher la blogosphère ?

R : ça va pas, noooon ? Quant tu y es, t'as plus qu'aller au bout, jusqu'à la carte du trésor et alors là, bingo ! c'est un peu comme le gars de la Société Générale qui est allé jusqu'au bout pour piquer les économies des actionnaires ; pour nous, le bout c'est la carte, la carte, rien que la carte.

Q : Oui, mais si j'ai bien compris, le lendemain la popularité baisse ?

R : Mais qu'il est con celui là ! T'as pas fini de me poser des questions débiles ? j't'en pose moi des questions sur ce que tu vas écrire sur moi sur ta page blanche ?

Pas de quoi faire un billet !

Tiens tu vois, à force de regarder l'image de la blogosphère, je vois tout flou, maintenant !

Par jean-claude.guillard le 24/12/08
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JOYEUX NOEL - DES CADEAUX A GOGO

Avant que ne passe le père Noël pour récompenser les enfants sages, la télévision leur aura offert son programme préféré en ces jours de fêtes, les bêtisiers. Vous allez en avoir plein les yeux : chutes de grand-mères sur le verglas ou dans l'escalier, brimades aux animaux domestiques, présentateurs bredouillants ou en crise de fou-rire, etc. Voilà de quoi faire semblant de s'amuser en attendant d'engloutir la dinde farcie aux marrons, aussi désopilante qu'indigeste.


JOYEUX NOEL - DES CADEAUX A GOGO

Avant que ne passe le père Noël pour récompenser les enfants sages, la télévision leur aura offert son programme préféré en ces jours de fêtes, les bêtisiers. Vous allez en avoir plein les yeux : chutes de grand-mères sur le verglas ou dans l’escalier, brimades aux animaux domestiques, présentateurs bredouillants ou en crise de fou-rire, etc. Voilà de quoi faire semblant de s’amuser en attendant d’engloutir la dinde farcie aux marrons, aussi désopilante qu’indigeste.

Pendant ce temps, notre Président s’occupe de la crise en s’étant épuisé à signer des contrats commerciaux avec nos amis brésiliens, et en s’en remettant sous le soleil de Capacabana.

Et, malgré tout ce travail, il a pensé à distribuer ses cadeaux : ainsi, après avoir renoncé à gracier les immondes délinquants routiers lors de son élection, qui auront donc adressé leurs chèques-cadeaux à Bercy , après avoir banni les grâces collectives, habituelles en ces périodes festives, des petits délinquants, ce qui avait au moins le mérite d’alléger la surpopulation carcérale, voilà qu’il nous fait la surprise de la grâce individuelle, au mérite.

Non, il ne s’agit pas de faire sortir ceux qui furent décorés du ruban bleu de l’ Ordre du Mérite, mais de petites gens qui ont bien mérité de la société et qui se sont retrouvés incarcérés par les hasards de la vie, alors qu’ils avaient mené la leur de façon remarquable, exempte de tout reproche auparavant : c’est le cas d’un Préfet de la République, qui, ayant été pris les doigts dans la confiture alors qu’il menait pour la Nation des opérations extérieures très délicates, a eu la malheur de tomber sur des juges ignorants des pratiques commerciales internationales, qui l’ont condamné évidemment injustement. On se va pas de mouiller dans les milieux glauques du commerce des armes, sans se rincer après, quand bien même la belle Marianne vous aurait mensuellement gratifié d’un revenu décent. Comment concevoir que, grace aux relations très personnelles développées dans des pays arides, on puisse contribuer à la libération d’otages sans passer par la banque ? ; ce n’est quand même pas parce que l’on conserve la monnaie des courses que l’on devient délinquant !

Alors, puisque notre Préfet a été bien sage dans sa cellule, qu’il n’a pas tenté de se suicider, qu’il fut très poli avec les services pénitentiaires, qu’il n’a pas profité de ce temps libre pour écrire ses mémoires avec anecdotes, il est apparu qu’il méritait bien de figurer sur la liste des 27 élus (choisis) établie par Mme Rachida, la secrétaire du Père Noël, pour recevoir son cadeau.

Bon, me direz vous, ça fait 27 places disponibles et c’est toujours ça de pris, alors que déjà d’autres futurs éligibles à la grâce, les doigts dégoulinant de confiture, frappent aux portes du pénitencier pour y entrer, n’attendant plus que le visa des juges : mais attention, tous ne seront pas admis à la grace divine : encore faut-il avoir choisi son camp au bon moment et avoir rendu d’éminents services à son prochain pour toucher à la marmelade ; pas de pot pour les autres qui ont nourri leur peau au lait d’une opposition improbable. La sapin de Noël n’a pas la même odeur pour tout le monde.

Bien, trève des confiseurs, revenons à la fête: l’essentiel n’est-il pas que le Père Noël ait ainsi pensé aux plus déshérités de notre société !

Alors, bon bêtisier télé et bonne bouffe : peut-être que cette année nous aurons droit à une nouvelle rubrique désopilante sur le bêtisier de la Justice, comme cerise sur le gateau. C'est leger après la farce du dindon.

Par jean-claude.guillard le 15/12/08
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CONSOMMATION - BANQUE - REVOLVING –

ENVIE DE TOUT - BESOIN DE TOI -

Enfin, on nous parle d'une réglementation des crédits « revolving », à réserve reconstituée, dont on se demande comment ils ont pu survivre impunément durant tant d'années, en regard de la législation et des jurisprudences de plus en plus rigoureuses en matière de droit de la consommation. Ces crédits sont très largement dispensés, au moyen de publicités tapageuses et trompeuses, auprès du grand public, pour contribuer à un endettement massif des ménages, par des organismes, indépendants ou plus souvent filiales de groupes bancaires.


CONSOMMATION - BANQUE - REVOLVING –

ENVIE DE TOUT - BESOIN DE TOI -

Enfin, on nous parle d’une réglementation des crédits « revolving », à réserve reconstituée, dont on se demande comment ils ont pu survivre impunément durant tant d’années, en regard de la législation et des jurisprudences de plus en plus rigoureuses en matière de droit de la consommation. Ces crédits sont très largement dispensés, au moyen de publicités tapageuses et trompeuses, auprès du grand public, pour contribuer à un endettement massif des ménages, par des organismes, indépendants ou plus souvent filiales de groupes bancaires.

Vous avez envie, vous avez besoin ? Alors achetez tout de suite et payez sur plusieurs mois ou années ! Demandez et vous recevrez…

Ces officines pullulent, soit à visage découvert, soit masqué sous les traits de grosses enseignes nationales, notamment alimentaires, qui usent de cartes à leur nom pour doper leurs ventes, par des achats à crédit. On peut aujourd’hui se nourrir à crédit ! Et comme le dit leur publicité, mangez, vous paierez plus tard. La démarche est surréaliste : il s’agit d’un concours bancaire, de type crédit à la consommation, qui échappe à la rigueur de la législation applicable :

Le contrat existe : c’est souvent la page publicitaire découpée dans une revue qui propose de recevoir quelques centaines ou milliers d’euros, dans les trois jours, dès réception de la demande, sur laquelle il suffit de porter quelques indications sur votre indenté et votre revenu potentiel, et de cocher la case du montant demandé : aucune vérification n’existe quant à la personne qui adresse la demande, ce qui entraîne parfois qu’un « client » se fasse passer pour un autre, tel une épouse souscrivant un contrat au nom de son mari, qui n’a pas été informé ; il suffit juste d’un petit bricolage de signature, et voilà l’ignorant , co-emprunteur malgré lui. C’est intéressant, sous le régime de la communauté, puisque les dépenses et charges de consommation incombent aux deux époux ; c’est généralement lors d’une rupture que la fraude est découverte.

Ce contrat se forme souvent sans délai de rétractation, sans vérification de solvabilité, sans connaissance de l’état d’endettement du ménage, aucune rubrique n’étant généralement prévue pour obtenir de tels renseignements : si elle l’avait été, nul doute que de nombreux emprunteurs auraient réfléchi davantage avant d’envoyer leur demande ! le contrat se forme donc sur une simple demande informelle, par mise à disposition des fonds dans un délai ultra rapide par le prêteur, qui dispose alors d’un contrat souvent pré signé par lui. Une banque traditionnelle, procédant ainsi, subirait les foudres de la Loi et une sanction immédiate réglant irrémédiablement le sort d’un tel contrat.

Le taux pratiqué doit en principe être clairement exprimé et de manière suffisamment apparente : là, il figure en caractères lilliputiens, sous la forme d’une formule mathématique incompréhensible pour celui qui n’a pas fait Maths Sup., où il ne se révèle qu’un taux journalier ; le client ne prend alors en compte que le montant de la mensualité dont il sera redevable. Il découvrira plus tard, sur les relevés mensuels de son crédit, que sur les 100 € payés, partie sont absorbés par une assurance décès, assurance groupe souscrite auprès d’une filiale ou société partenaire, et qu’une autre très grosse partie est engloutie dans les intérêts du prêt, dont le taux mentionné et évolutif a la mérite d’informer la clientèle des variations de celui de l’usure, avec lequel il flirte sans jamais le dépasser : on est quand même pas idiots ! En réalité, l’emprunteur rembourse le principal pour une part très minime de l’échéance prélevée, et donc sur des années, à ne plus en voir la fin. Une fois pris dans cette vis sans fin, l’emprunteur n’a souvent d’autre recours que de boucher le trou mensuel de son revolving, par un second souscrit auprès d’un organisme concurrent (parfois ami), et en troisième, puis… jusqu’au moment où le cumul des échéances englobe la majeure partie de son revenu.

Où sont les obligations de conseil que le prêteur financier doit à son client ? Ces organismes n’ont aucun contact physique avec le client emprunteur et financent à réception d’un vulgaire document publicitaire coché et signé !

Me direz vous, ces organismes doivent peiner face à ces financements généreusement accordés à ceux qui sont déjà dans le besoin ? Et bien non, ils accumulent au contraire des bénéfices extravagants, car contrairement aux idées reçues, les emprunteurs défaillants ne représentent qu’une infime partie de leur clientèle. Les autres versent sans trop de difficulté leur lourde obole mensuelle. Cette situation apparaît des plus surprenantes : comment des emprunteurs solvables ont-ils pu faire choix de solliciter un prêt à un taux prohibitif, alors que leur banquier aurait pu leur octroyer un même montant de crédit pour un taux trois, voire quatre fois moins onéreux ? Il semble que le marché bancaire classique ait déserté les petits concours au profit de ses clones spécialisés, et souvent affidés, qui rapportent beaucoup plus aux actionnaires ; certes, ils disposent de crédits revolving, mais souvent assortis à une facilité de caisse, ou découvert, qui se transforme en crédit renouvelable. Si le client dispose déjà d’un tel concours de son banquier habituel, il lui sera difficile d’en solliciter un second, son gestionnaire de compte connaissant sa situation et sa limite d’endettement.

En d’autres termes, le recours aux officines de crédit facile constitue le moyen efficace de contourner l’obstacle du seuil d’endettement, tel qu’analysé par le banquier traditionnel, et l’emprunteur accepte d’en subir la sanction financière, en supportant des taux d’intérêts prohibitifs qu’il ne veut même pas connaître lors de la souscription. Jusqu’alors, et considérant sans doute qu’il n’existait pas d’autre moyen de favoriser une consommation, même devenue artificielle, les pouvoirs publics ont pudiquement fermé les yeux sur ce cancer de l’économie des ménages, tout comme les financiers américains ont fermé les yeux sur l’octroi de crédits immobiliers à des emprunteurs n’ayant aucun moyen de les rembourser : on connaît la suite !

Pourquoi un brutal réveil de nos gouvernants ? Pourquoi une réflexion aussi tardive ? La crise économique mondiale y serait-elle pour quelque chose ? Pourquoi traiter aujourd’hui ce que tout le monde dénonçait depuis de lustres ? Les chiffres des ménages surendettés, par la faute de ces crédits faciles, ne cesse de croître : il fallait évidemment réagir et traiter la cause à la source ; que deviendront ceux qui auront été les victimes d’un système devenu fou ? Pour les cas dramatiques, et malgré des Lois de planification ou d’effacement des dettes, ce sera évidemment à bref délai l’exclusion et l’assistanat, s’il existe encore.

Pour d’autres, la nature ayant horreur du vide et le malheur des uns faisant le bonheur des autres, vous noterez l’apparition d’une nouvelle race de financiers, vous savez ceux qui multiplient les publicités : « regroupez vos crédits en un seul et diminuez vos mensualités » : en clair, on solde vos anciens crédits et leur montant total est refinancé par un nouveau prêt global, dont seul l’étalement dans le temps permet de proclamer que votre mensualité a diminué, ce qui est vrai, mais à quel prix ! Les nouveaux régisseurs de l’économie en péril se paieront grassement par un taux d’intérêt non négligeable sur une durée appréciable.

Si la préoccupation du moment est d’assainir ce grand marché juteux du crédit à la consommation, ne serait-il pas également opportun de lancer concommitamment une campagne nationale d’information à l’intention du grand public dans le genre « consommez moins, consommez mieux ».

Politiquement incorrect, oui, je sais. Alors consommons déjà sans les pirates du crédit et voyons comment la situation sera traitée, face au lobbying de la finance.

A bon financeur, salut !

Par jean-claude.guillard le 10/12/08
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LA SOCIETE EPONYME

UNE NOUVELLE SOCIETE MECONNUE

Quatre heures pour établir des conclusions responsives pour le compte d'un client institutionnel, sur une demande mettant en cause sa responsabilité : point par point, j'ai répondu à l'argumentation adverse, fournissant l'actualité jurisprudentielle pour chacun d'eux. Content, et espérant satisfaire mon client, je lui adresse mon projet.


----- LA SOCIETE EPONYME ----

UNE NOUVELLE SOCIETE MECONNUE

Quatre heures pour établir des conclusions responsives pour le compte d’un client institutionnel, sur une demande mettant en cause sa responsabilité : point par point, j’ai répondu à l’argumentation adverse, fournissant l’actualité jurisprudentielle pour chacun d’eux. Content, et espérant satisfaire mon client, je lui adresse mon projet.

Peu après, je reçois la correction, par courrier portant la signature du rédacteur ainsi que celle de son chef de service. Il m’est indiqué que, sur le fond, tout est parfait, mais que mon projet est vicié par la répétition d’une erreur de plume : je note en effet qu’une expression est à chaque fois biffée.

Le demandeur adversaire, Mr RAOUL, était le PDG de la SA RAOUL, et il m’a paru important de citer cette qualité dans le corps de mon projet, en indiquant que Mr RAOUL était "le PDG de sa société éponyme".

Et oui, c’est cet adjectif « éponyme » qui a été biffé à l’encre rouge, et le correcteur a précisé, qu’après vérification, une telle forme de société n’existait pas, et qu’il convenait de corriger l’erreur, en remplaçant « éponyme » par « anonyme ».

Dommage, pour une fois que je créais une nouvelle forme de société !

Heureusement que les services contentieux, dotés des plus éminents juristes, veillent aux âneries des avocats.

Bon, et bien moi, j’entends bien être et rester l’associé de ma SCP éponyme.

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Un peu de culture :

éponyme

adjectif

(grec epônumos, qui donne son nom à)

Qui donne son nom à quelque chose, qui porte le nom de : Athéna, déesse éponyme d'Athènes. Johnny, le dernier album éponyme de Johnny Hallyday.

Héros éponyme, fondateur légendaire d'une cité grecque à laquelle il aurait donné son nom ; héros à qui une famille, une tribu ou une dynastie faisait remonter son origine.

Magistrat éponyme, magistrat annuel dont le nom se donnait à l'année. (À Athènes, à Delphes, à Délos, c'était l'archonte ; à Rome, les deux consuls.)

Source LAROUSSE

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Par jean-claude.guillard le 09/12/08
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DIVORCE - COMMUNAUTE - COMMERCE - ARTISANAT – LIBERAL -

- - - - - COMMENT ECHAPPER AU DESCABELLO , AMIGO - - - - -

Bon, alors là, on aborde le douloureux ; Ames sensibles s'abstenir.

Vous êtes artisan, commerçant, profession libérale et vous avez monté durant le mariage votre petite affaire ;vous aviez commis la grosse erreur de ne pas faire choix, antérieurement, d'un régime matrimonial séparatiste ; Madame, salariée, ne travaillait pas avec vous ; vous divorcez : d'entrée, vous avez supporté la pension des enfants, celle de votre chère tendre, laquelle a, très normalement fait durer la plaisanterie, histoire de prolonger son plaisir à recevoir votre obole ; enfin, survient le divorce : enfin libre, fini la pension de Madame, sauf que vous allez maintenant devoir penser à elle chaque mois durant 8 ans au pire, pour sa rente de prestation compensatoire. Classique, banal ! Elle n'a pas voulu s'arranger pour liquider votre communauté, on y arrivera bien : l'essentiel n'est il pas d'être divorcé ?

DIVORCE - COMMUNAUTE - COMMERCE - ARTISANAT - LIBERAL -

- COMMENT ECHAPPER AU DESCABELLO , AMIGO -

Bon, alors là, on aborde le douloureux ; Ames sensibles s'abstenir.

Vous êtes artisan, commerçant, profession libérale et vous avez monté durant le mariage votre petite affaire ;vous aviez commis la grosse erreur de ne pas faire choix, antérieurement, d'un régime matrimonial séparatiste ; Madame, salariée, ne travaillait pas avec vous ; vous divorcez : d'entrée, vous avez supporté la pension des enfants, celle de votre chère tendre, laquelle a, très normalement fait durer la plaisanterie, histoire de prolonger son plaisir à recevoir votre obole ; enfin, survient le divorce : enfin libre, fini la pension de Madame, sauf que vous allez maintenant devoir penser à elle chaque mois durant 8 ans au pire, pour sa rente de prestation compensatoire. Classique, banal ! Elle n'a pas voulu s'arranger pour liquider votre communauté, on y arrivera bien : l'essentiel n'est il pas d'être divorcé ?

Devant le notaire en charge de liquider tout cela, elle va normalement demander sa part de la maison, qui, d'un coup a pris pour elle une sacrée plus value, alors que, pour vous, la crise de l'immobilier avait pourtant fortement affecté sa valeur : blocage ; quelques mois de vains débats, avec expertise foncière à la clef : bon, l'immeuble vaut un peu plus que vous le disiez, mais moins que ce qu'elle prétendait. On s'y fera ! Mais voilà maintenant qu'elle parle de la valeur de votre petite affaire : « ah non alors, ça c'est à moi ; c'est pas elle qui s'est crevée la santé à bosser de l'aube à la nuit ! ». Perdu, elle a bien fait de s'épargner pour mieux épargner, car votre petite affaire appartient hélas à... votre communauté, et elle a évidemment droit à la moitié de sa valeur ! Oui, je sais, vous mordez votre mouchoir pour ne pas hurler votre douleur... mais, mon pauvre Monsieur, c'est le bonheur de la communauté.

« Mais on est divorcé, quand même ! », entendons nous souvent.. C'est vrai, mais ce foutu régime matrimonial, l'émouvant souvenir matériel de votre vie commune, il survit à votre divorce rien que pour être liquidé et partagé. Alors, vous découvrez la valeur de votre petite affaire, au terme d'une expertise comptable, dont moitié pour Madame Ex.

Alors que vous êtes sous le choc de ce malheureux imprévu, Madame Ex, va sortir son « traje de luz » (habit de lumière du torero), et, après les premières passes habiles et gracieuses précitées destinées à tester la capacité de résistance de la bête, après quelques piques pour l'affaiblir, après les décoratives banderilles plantées dans le gras pour aviver la douleur, va entreprendre la « faena de muerte ».

Elle se plante devant la bête affaiblie mais bavant de rage, la muleta devant elle, masquant à peine l'épée luisante et affûtée : elle avance à petits pas gracieux, ne vous perdant pas de l'oeil, méfiante d'une réaction brutale imprévisible, et là, d'un coup sec du poignet, un frisson agite le drap rouge, provocateur : « pourrais-je consulter les recettes de chaque année depuis le jour de l'assignation en divorce ? ». L'animal ne réagit pas à une provocation aussi stupide : les recettes, elles ont déjà servi à déterminer la valeur de la petite affaire !

Alors la faena va se poursuivre, et notre vaillant fauve va apprendre, par la "pasa de pecho" que, depuis l'assignation en divorce, il a exploité seul un fonds appartenant à la communauté, passé ensuite dans l'indivision entre les deux ex-époux depuis le jugement de divorce ; en conséquence, depuis ce jour ancien, et malgré les péripéties de la procédure, malgré les avantages financiers déjà obtenus par Madame Ex, il doit rapporter à la communauté les bénéfices qu'il a réalisé seul depuis ces années, afin qu'ils soient partagés.

Oui, je sais, dit comme ça, le fier toro ressemble davantage à une vache folle ! Ses appuis flageollent, sa pauvre tête dodeline, ses cornes affutées battent l'air à embrocher les papillons, le souffle devient court...

Mais, dura lex, sed lex, c'est comme ça qu'il doit être achevé : donc potentiellement, Madame Ex, qui n'a jamais mis les pieds dans votre affaire, qui avait son salaire par ailleurs, a bien le droit de réclamer la moitié de ce que vous avez encaissé depuis toutes ces années, pour le compte de la communauté et de l'indivision. Bien sûr, elle devra supporter sa part de charges d'exploitation ; alors, disons qu'elle pourra se satisfaire de la moitié des bénéfices réalisés par votre travail.

ATTENDEZ.... relevez la tête: contrairement au final de la corrida, ça peut bien se finir !

Car la Loi n'est pas si injuste que vous le pensez : elle sait jeter une bouée vers celui qui se noie. Elle peut vous gracier. Elle va considérer que vous avez reçu un mandat de gérer l'affaire pour le compte de la communauté, puis de l'indivision qui lui a fait suite une fois le divorce prononcé et devenu définitif.

Alors, cette communauté qui veut vous piquez les fruits de votre travail depuis toutes ces années, et bien, elle va devoir aussi vous indemniser du temps et de l'activité que vous avez déployés pour lui procurer de telles ressources.

Vous allez donc demander cette indemnité de gestion et vous expliquerez que vous avez travaillé pour la communauté (ou l'indivision) tout autant que si vous aviez travaillé pour vous-même : votre temps de travail a généré le chiffre d'affaire réalisé chaque année et après paiement des charges, le bénéfice que vous avez déclaré : c'est ce même chiffre que vous auriez réalisé si vous n'aviez pas accepté joyeusement de travailler pour le compte de cette communauté.

Vous avez procuré 100 à la communauté, réclamez lui 100 d'indemnité de gestion, car ce même travail, si vous aviez travaillé pour vous seul avec la même fougue, vous aurait rapporté 100.

il y aura sans doute quelques ultimes passes, mais le moral n'y sera plus : la grâce sera proche.

Par cet ultime combat, vous aurez beaucoup donné, mais en récompense de votre vaillance, vous pourrez obtenir votre grâce, vaillant petit toro : votre torera n'aura ni vos deux oreilles, ni la queue : l'honneur est sauf.

Vous finirez dans vos pâtures, vous guérirez de vos blessures, dans l'eden des toros graciés, au milieu de vos amis anciens combattants survivants de l'arène (non, pas en deux mots) au milieu d'un harem de jeunes vaches plantureuses pleines de considération... pour votre petite affaire.

Olé !

Par jean-claude.guillard le 03/12/08
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AU MALHEUR DE BARBEZIEUX

C'ETAIT UN BON PETIT TRIBUNAL

12 décembre 2008 : dernière audience du Tribunal de BARBEZIEUX, capitale du Sud Charente ; pour l'ultime fois, un Juge va monter, puis clore l'audience, définitivement. Pour la dernière fois, la voix des avocats va s'éteindre sur le dernier mot de l'ultime plaidoirie. Pour la dernière fois, la lumière va s'éteindre sur la Justice.


JUSTICE - REFORME – CARTE JUDICIAIRE – PROXIMITE - BARBEZIEUX -

- AU MALHEUR DE BARBEZIEUX -

C'ETAIT UN BON PETIT TRIBUNAL -

12 décembre 2008 : dernière audience du Tribunal de BARBEZIEUX, capitale du Sud Charente ; pour l'ultime fois, un Juge va monter, puis clore l'audience, définitivement. Pour la dernière fois, la voix des avocats va s'éteindre sur le dernier mot de l'ultime plaidoirie. Pour la dernière fois, la lumière va s'éteindre sur la Justice.

En attendant la reconversion des lieux, 150 ans d'activité judiciaire seront ainsi balayés, sauf à être remisés dans des cartons, direction l'oubli. Sans doute, certains d'entre eux contiendront les actes ou document, portant un nom que je connais bien.

Camille GUILLARD, mon arrière grand père a assidûment fréquenté ces lieux en un temps béni, à cheval sur le XIXème et le XXème siècle : il était Avoué dans cette juridiction, qui comportait à l'époque trois avoués et quatre avocats résidant à plein temps à BARBEZIEUX, qui exerçaient dans un Tribunal, avec Juges, Procureur et greffiers, ayant même en annexe une mini prison. Il a occupé des fonctions ordinales auprès de la Chambre des Avoués.

La vie à l'époque était à l'évidence beaucoup moins stressante que celle des Juges et avocats contemporains : ils vivaient très aisément de leur métier, sans devoir gérer un très grand nombre de dossiers ; chacun avait son rôle : l'avoué gérait la procédure et une fois celle-ci établie, il transmettait le dossier à l'avocat, qui n'avait d'autre fonction que de plaider en tentant de convaincre le Juge de la valeur des arguments ; l'avocat plaidait devant son public, à grands effets de manches, devant un Juge qui n'aurait jamais osé l'interrompre.

Camille GUILLARD n'avait pas que ce centre d'intérêt : les loisirs (heureux temps) que lui procurait son activité étaient consacrés à des occupations artistiques : sa passion pour le dessin, la caricature et la peinture à l'huile a permis de conserver dans les archives familiales plusieurs oeuvres de bonne facture et surtout un livre édité plusieurs fois, par lequel il prodiguait ses conseils aux « jeunes gens » souhaitant, sans savoir dessiner, composer et peindre un tableau , le tout en « une seule leçon » ; le format de cet opuscule avait été modifié pour qu'il puisse être intégré dans les coffrets de peinture de la marque LEFRANC. Au gré de brocantes ou vides-greniers, le chineur peut encore en retrouver.

Camille GUILLARD a également exploré l'art de la sculpture sur bois et plus spécialement des bas-reliefs, et avait acquis une certaine dextérité, dont témoignent encore les meubles dont les générations suivantes ont hérité. Son « chef d'oeuvre » fut de réaliser l'ornementation en bas relief des panneaux de la chaire de l'église Saint Mathias de BARBEZIEUX ; son petit-fils, mon père, évidemment natif de cette bonne ville, a accompagné, alors qu'il était tout gamin, son grand père sur son « chantier » et détenait un secret : il paraîtrait que l'artiste a, sur l'envers d'un des panneaux, amovible, inscrit les prénoms de ses petits enfants.

Bref, l'évocation de notre Tribunal fait ressurgir des souvenirs personnels, pour chacun de ceux qui l'ont fréquenté, professionnels ou justiciables. Comment ne pas oublier notre bon Juge CHAIGNAUD qui, durant trente ans, a personnalisé la Justice dans le Sud Charente : il symbolisait à lui seul le juge de proximité, bien ancré dans son terroir, connaissant quasiment tout le monde. Aujourd'hui, on lui reprocherait certainement cet enracinement au motif de cette trop grande proximité des justiciables ! Et c'est bien là le problème : sa justice à lui était une justice populaire, ouverte et humaine. La salle d'audience était désertée volontairement et la justice se rendait dans une salle annexe, assis autour d'une grande table : :après avoir entendu les parties et leurs avocats, ne comptant pas son temps, il privilégiait le dialogue et la médiation, faisant observer ce que disait la Loi, suggérant ainsi qu'une des thèses exposée ne serait pas forcément retenue en cas de jugement, et sollicitait une réflexion sur la renonciation de l'un à partie de ces prétentions, et la modération de l'autre : dans la majeure partie de cas, un procès verbal de conciliation était signé, aucune des parties ne se sentait spoliée, et la paix civile était retrouvée.

Il ne rechignait pas, lorsque les faits le justifiaient, à se rendre sur place pour bien visualiser la situation sur le terrain, et là, généralement tout s'éclairait, par le simple rappel de ce qu'énonçait la Loi dans un tel cas, sous couvert des avocats présents : tout était parfaitement décrit par la Greffière, complice efficace de son bon Juge, qui avait toujours en réserve l'imprimé du procès verbal de conciliation : c'était celui qui était le plus utilisé et permettait de clore un litige de voisinage.

Un tel Magistrat était respecté par tous, car tous savaient qu'à défaut de saisir la main tendue de la conciliation, le résultat ne serait pas très éloigné de la simple application de son rappel de la Loi ; il avait compris qu'autant un jugement, même motivé, ne calme pas les rancoeurs des protagonistes, mais les accroît au contraire, autant un PV de conciliation, signé par les deux mêmes, constitue le pacte accepté permettant à chacun de retrouver l'apaisement.

Le 12 décembre 2008, ces souvenirs s'estomperont pour disparaître à tout jamais dans notre belle campagne du Sud Charente, et avec eux une certaine idée de la Justice, rendue à partir de textes de bon sens, codifiés par de vrais éminents juristes réunis par un empereur décrié qui a, au moins, permis l'exportation de ce bon sens dans des contrées qui en manquaient, et qui, aujourd'hui encore ont fondé leur Droit sur cette œuvre immense. Que de chemin parcouru depuis: le Code Napoléon, sous prétexte d'adaptation aux temps nouveaux, a perdu son bon sens initial, noyé dans un tsunami de textes successifs, agrémentés de jurisprudences, qui, comme chacun le sait, rajoutent un pincée de bon sens là où il n'y en a plus.

Le Sud Charente sera désormais orphelin de sa Justice de proximité et devra se déplacer hors son terroir, pour entendre la Justice, qui sera évidemment rendue en application des Lois, par de bons Juges ; ces derniers regretterons sans doute de devoir traiter, en plus des dossiers de leur juridiction, ceux qui leur seront dévolus par l'effet de la réforme, de disposer de moins de temps pour être encore plus proches du justiciable, au point d'avoir rendu quasiment obsolètes les dispositions légales leur permettant de se rendre sur place, ce que l'on appelait jadis le "transport sur les lieux".

Certes, nous avons aujourd'hui les Juges de proximité, proches du juge auquel ils sont attachés, proches de leur nouveau Tribunal d'affectation, mais bien éloignés géographiquement, par l'effet d'une réforme contestable, du justiciable. Nous n'avions pas compris, à l'origine de leur création, le véritable sens du mot "proximité". Aujourd'hui, nous le savons: proximité = regroupement géographique massif = activité débordante du juge = éloignement du justiciable.

Nous aurons encore, là où il y aura un Juge, un conciliateur toujours à même de soulager son magistrat, si les parties acceptaient de recourir à ses services: peu de justiciables acceptent cette formule, sans doute parce que, dans leur esprit, seul le Juge est à même de régler le litige ou de les conduire à un règlement amiable élaboré sous sa gouverne: même si nos conciliateurs ont toute compétence, le Tribunal est le lieu où siège le Juge, seul représentant, dans leur esprit, de la Loi: nous appelerons celà, dans le langage juridique, l'impérium du Juge; les justiciables diront, avec leur bon sens, qu'il "vaut mieux s'adresser au bon Dieu qu'à ses Saints".

Souvenirs, souvenirs et nostalgie, lors du dernier tour de clef.

Par jean-claude.guillard le 02/12/08
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AUTOMOBILE - PERMIS DE CONDUIRE – POINTS - SECURITE

AIDEZ NOS ENARQUES - HARO SUR LES CONSTRUCTEURS AUTOMOBILES

Attention, nouvelle campagne de culpabilisation : après le téléphone au volant, grosse cause d'accidents, de blessés et de morts, au point de mobiliser la fine fleur de nos forces de l'ordre pour livrer une traque implacable (et rémunératrice) à ces chauffards, après les gilets fluos KL pour que le conducteur somnolent visualise mieux qui il va a écraser, voici la mode printemps-été 2009 qui commence à se dévoiler.


AUTOMOBILE - PERMIS DE CONDUIRE – POINTS - SECURITE

AIDEZ NOS ENARQUES - HARO SUR LES CONSTRUCTEURS AUTOMOBILES

Attention, nouvelle campagne de culpabilisation : après le téléphone au volant, grosse cause d’accidents, de blessés et de morts, au point de mobiliser la fine fleur de nos forces de l’ordre pour livrer une traque implacable (et rémunératrice) à ces chauffards, après les gilets fluos KL pour que le conducteur somnolent visualise mieux qui il va a écraser, voici la mode printemps-été 2009 qui commence à se dévoiler.

Elle est partie d’une idée simple : le conducteur ne doit subir aucune perturbation de nature à troubler sa concentration sur le seul environnement routier.

Pour le téléphone portable en conduisant, d’accord : quand on le tient d’une main plaqué sur l’oreille, il ne reste plus que l’autre main pour tenir le volant : à défaut d’avoir été manchot depuis des années et d’être ainsi devenu un expert en conduite d’une seule main, attesté par la carte GIC, ça craint. Alors, pour ceux qui avaient installé un kit mains libres, et qui profitaient de leur standard en gardant les deux mains sur le volant, pas de problème.

Erreur, viennent de révéler les éminents chercheurs traquant la moindre cause potentielle d’accident : c’est maintenant le fait de tenir… une conversation qui est tout aussi dangereux que de n’avoir qu’une main sur le volant ! Tout à la discussion entretenue, on perd évidemment le fil de la... circulation. D’ailleurs, un spot télé vient le confirmer : le blaireau qui téléphone discute tellement qu’il percute l’arrière du véhicule qui le précédait, qui s’était arrêté (pour les besoins du film); Heureusement que le blaireau avait mis sa ceinture de sécurité, sinon on nous aurait présenté son cadavre !

Bref, partant de ce constat, tentons de recenser ces autres causes de trouble de la concentration sur l’environnement routier :

- la conversation est une mine de mortalité potentielle et pas seulement avec un interlocuteur extérieur ; n’avez-vous jamais suivi un véhicule dans lequel le conducteur et son passager s’engueulent en gesticulant, la voiture ne roulant plus droit et suivant une trajectoire sinusoïdale, selon celui qui parle ; ou deux femmes rigolardes se racontant les derniers potins, roulant au pas pour faire en même temps du léche vitrine motorisé (surtout par temps de pluie) ; ou encore, le parent conducteur excédé, piquant une énorme colère envers sa progéniture qui chahute à l’arrière : durant un long moment, il fait face à la lunette arrière, levant parfois une main menaçante, et n’ayant plus aucun contact visuel avec la route qui défile devant lui.

Là, c’est aussi simple que pour le téléphone, on supprime la conversation et comme c’est souvent impossible, si la famille n’est pas sourde et muette, alors on supprime tout passager à l’avant et même surtout à l’arrière! Comment ? Et bien sûr en supprimant les sièges ! Génial, non ?

- Ah, la cigarette, savez vous qu’elle peut tuer ? Le gars qui clope seul dans sa voiture est en danger de mort : d’abord, il n’a qu’une main sur la volant, l’autre tenant cette bombe incandescente ; il doit surveiller la combustion du coin de l’œil, repérer le moment où la cendre va tomber, viser le cendrier les yeux rivés sur la longueur de la cendre, et tenter de faire choir ce résidu dans ce réceptacle habilité : à chaque opération, il quitte la route des yeux. Et pire encore, si le maladroit, trop focalisé sur sa route, rate un des épisodes : la cendre, et parfois le bout incandescent choit à la verticale, au mieux sur le plancher du véhicule, et au pire…je vous le fais pas dire ! Panique et gesticulation sous le tableau de bord, ou dans les plis du pantalon ! Horrible moment, où l’environnement routier est bien loin de la préoccupation immédiate et chaleureuse… Simple à régler, supprimons le cendrier ! oui, mais le droitier va devoir mener l’objet rougeoyant vers l’entrebâillement de sa fenêtre, à sa gauche, et créer souvent un mouvement de volant vers le couloir de circulation d’en face, pour bien voir où chute l’incandescent, sur la route ou sur les sièges arrières du véhicule, par l’effet du courant d’air… Bon, alors supprimons le cendrier et l’allume-cigare ! Génial, non ?

- Le maquillage ou la rasage : quelle idée ont eu les constructeurs autos d’équiper leur véhicule d’un miroir, appelé aussi, dans certains cas « rétroviseur » (à ne pas confondre avec le miroir dit de courtoisie) ; c’est généralement celui d’où pendouille une petite peluche, un chapelet pour les cathos, ou deux boules odorantes pour ceux qui sentent des pieds ; il permet de voir derrière, mais aussi de se mirer la face ; chaque matin, des milliers de conducteurs, tirés du lit par le 5ème sonnerie du réveil, n’ont d’autre choix, pour arriver à l’heure au boulot, que de parfaire leur toilette sur le trajet du travail. L’ustensile réfléchissant devient alors idéal pour arriver impeccable au travail : le volant tenu d’une main, on se pomponne ou on se rase, le cou tendu vers le miroir : l’habitude créée l’habileté ; après quelques essais infructueux, Madame a vite compris comment éviter d’avoir, sur la lèvre supérieure, le dessin de moustaches de sapeur de la légion étrangère, d’un rouge brillant très attirant ou l’œil crevé par le crayon anticerne ; Monsieur a fini par trouver la technique lui évitant la douleur de l’arrachage des poils de nez, alors qu’il ne voulant que se raser la même lèvre supérieure.

Ça suffit ! On ne peut être concentré sur la circulation, en procédant à des ravalements de façades… Interdisons le rétroviseur intérieur et même les extérieurs, car ce serait encore plus dangereux de se maquiller ou raser avec la tête en dehors du véhicule ! Génial, non ?

- Et la radio ou les CD ? Lamentables… Rien que de se pencher vers l’autoradio fait perdre tout contact avec la circulation routière, le temps de visualiser l’affichage de la station recherchée ; et pour les CD c’est pire : rechercher dans leurs boites celui que vous avez choisi d’entendre, bien viser la fente pour l’introduire, effectuer le changement de volume, de plage, etc. et vous êtes bons ! vous n’avez rien vu de ce qui se passait sur la route. Alors là, la mesure est simple : pour éviter le trou noir, supprimons carrément ce type d’appareillage dans nos bagnoles, et d’ailleurs, écouter la radio ou la musique est criminel, puisque ça détourne l’attention et la concentration. Génial, non ?

- Tant qu’on y est, parlons du dernier gadget à la mode : le GPS ! alors là, c’est le pire ! dans une ville inconnue, vous voilà le nez scotché au plan qui s’affiche, sans lequel vous êtes perdu ; et en plus, il vous tient une conversation prohibée (voir supra), qui peut vous énerver, surtout si vous constatez qu’il vous fait faire trois fois le tour du pâté de maisons. Doublement criminel ! Là encore, la solution est simple et radicale : suppression totale des GPS. Génial, non ?

- Et puis, il m’ a été donné de lire, dans une revue spécialisée, en matière automobile bien sûr, un exemple, unique heureusement, auquel aucun de nous n’aurions pensé : figurez vous qu’il a été aperçu un conducteur zigzagant sur la route, non pas qu’il fut en état d’ébriété, mais pour autre cause : observation faite, il avait une passagère, qui sans doute prise d’un éblouissement, s’était affaissée sur le malheureux, au point que sa face était malencontreusement positionnée au niveau de son entrejambes ! très difficile de conserver sa concentration sur la circulation environnante… Bon, alors là, nom d’une pipe, il faut sévir : supprimons doublement la place de la passagère ! Génial non ?

Je suis sûr que vous avez vous-même repéré d’autres situations criminogènes, et que vous êtes tout aussi capable que moi de proposer les remèdes, simples et de bon sens.

Mais vous avez remarqué que presque tous résultent de l’incurie des constructeurs automobiles, qui auraient du mieux concevoir leurs projets, en faisant disparaître les accessoires à risques.

Imposons aux constructeurs de ne mettre en circulation que des véhicules SECURISES ; en résumant déjà les géniales propositions ci-dessus, le véhicule idéal pour rouler concentré et conscient des impératifs de la circulation, serait donc à une place assise, celle du conducteur, sans miroir, sans cendrier ni allume cigare, sans autoradio ou lecteur de CD, sans GPS, sans compteurs ou affichages (quand on les consulte, on ne regarde plus la route), sans ordinateur de bord qui vous parle sans arrêt et entretient donc une conversation perturbatrice, sans avertisseur sonore (ça stresse les autres).

Voyez combien il est simple de régler les problèmes avec un peu de bon sens et un minimum de réflexion, et ainsi économiser les milliers de morts ou éclopés (fumer nuit à la santé), victimes de l’accessoirisation intensive et évidemment inutile.

Nos énarques réfléchissent ; vous aussi avez des idées géniales, AIDEZ LES

Merci pour eux.