jean-claude.guillard

Par jean-claude.guillard le 22/05/11
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C'est une faute politique majeure. En période pré-électorale, les citoyens automobilistes se souviendront du lourd impôt déguisé mis en place dans l'urgence pour alimenter les caisses de l'Etat, sous l'alibi de sauvegarder la vie des conducteurs. Car priver l'automobiliste de connaitre, dans des lieux qui ne sont pas ceux qu'il fréquente quotidiennement, les conditions de circulation et les vitesses autorisées fournies par son assistant personnel à la conduite est criminel. Tout autant que la vitesse au volant accusée de toutes les misères franchouillardes.

L'implantation des radars fixes a été initialement mise en oeuvre pour limiter la vitesse dans des zones particulièrement accidentogènes, et statistiquement l'objectif à été atteint ; la zone d'implantation de ces radars était annoncée par panneaux et pour l'automobiliste équipé, confirmée par son appareillage ; compte tenu du nombre de véhicules circulant dans la zone, seul un faible pourcentage de conducteurs, distraits ou imprudents, a été flashé et sanctionné, parfois pour un dépassement de vitesse minime. Il n'est nullement prouvé que l'accroissement supposé du nombre de tués ait été localisé dans les zones signalées de radar fixe.

Dès lors, faire disparaitre la signalisation de ces zones accidentogènes, surtout pour les conducteurs y circulant pour la première fois, va avoir un effet pervers : ceux qui pratiquent la grande vitesse vont désormais aborder la zone sans le ralentissement qui leur était imposé et vont rétablir la dangerosité ancienne ; certes, ils seront flashés et alimenteront non seulement les caisses de l'Etat, mais aussi les statistiques de Pole Emploi, outre celles des accidents mortels que la signalisation avait fait disparaitre.

Pour ne pas augmenter le nombre de victimes, il est urgent de replacer les signalisations déposées à la hâte dans le seul objectif réel d'accélérer le remplissage des caisses étatiques.

Pour le reste, les équipements divers équipant les véhicules, signalant ces zones accidentogènes ainsi que la vitesse à respecter, constituent des aides précieuses à la conduite, permettant au conducteur de ne pas circuler la tête orientée vers le bas coté droit pour vérifier les panneaux indicatifs des vitesses, qui évoluent souvent au gré des kilomètres parcourus ; c'est une sécurité que de disposer d'un affichage dans son champ de vision de la vitesse à respecter là où l'on se trouve, ou de se voir rappelé de manière sonore l'entrée dans une zone à risque, équipée à cet effet du radar fixe.

Certains équipements permettent même de signaler l'emplacement de radars mobiles ou de contrôles inopinés ; qui en dispose est invité de manière sonore à vérifier sa vitesse et donc à ralentir s'il dépasse celle autorisée ; l'expérience démontre que, sur certains équipements conservant en mémoire les emplacements ayant servi de postes d'affut à la maréchaussée, le bip est permanent, dès qu'apparait un pont, un bosquet ou une grande ligne droite de préférence est descente. Tout le trajet est jalonné de bips amenant le conducteur lambda à adapter sa vitesse sur la totalité de son cheminement, par un rappel permanent du risque de dépassement de vitesse pour les étourdis. Un rappel à la règle procède de la prévention du risque.

Il est bon de rappeler que notre législation impose des affichages dans de nombreux secteurs d'activités à risques, alors que des lois existent que nul n'en censé ignorer ; ainsi la prévention du risque d'alcoolémie impose l'affichage dans les débits de boissons de panonceaux rappelant la prohibition de vente aux mineurs ; l'affichage est de règle dans les entreprises concernant les risques d'accidents du travail, etc. Il est permis de s'interroger sur le réel motif de la disparition de l'affichage préventif d'une zone accidentogène matérialisée par un radar : la seule réponse envisageable est que l'objectif de prévention a disparu et que ne subsiste que celui de la répression, synonyme de manne financière pour l'Etat ;

Plutôt que d'être prohibé, tout appareillage d'aide à la conduite devrait être rendu obligatoire et constituer un équipement de série sur tous les véhicules. Sinon, pourquoi ne pas envisager le retrait de nos véhicules de leurs systèmes d'aide au freinage, de correction automatisée de la direction, ou radars de recul et tutti quanti, au seul motif que la Loi impose au conducteur de rester maître de son véhicule ?

Jusqu'alors, les contrôles participaient pour l'essentiel à la prévention des risques et pour une part infime à la répression des conducteurs fous. Aujourd'hui, la règle est inversée et la grande majorité des conducteurs prudents est exposée à la répression des radars fous, traquant le kilomètre heure en trop pour récolter leur écot. Les dangers publics continueront à faire exploser le compteur, ne risquant pas de perdre leur permis, qu'ils n'ont déjà plus depuis longtemps.

En ces temps de disette économique, le conducteur vache à lait n'est pas soumis à des quotas : tout est bon à prendre pour l'Etat, entre les taxes pétrolières et le fruit des rapines des percepteurs déguisés en gendarmes : la répression économique prévaut sur la prévention routière.

Cette prévention a vécu et la culpabilisation de l'automobiliste, comme celle du fumeur, rapporte gros ; nul ne pense à frapper là où se situe une des causes de la mortalité routière : ce serait s'attaquer aux lobbies puissants : qui a pensé à consulter les statistiques de l'implication dans les accidents mortels des milliers de poids lourds, de toutes nationalités, circulant quotidiennement sur nos routes nationales, notamment dans la traversée du département de la Charente ? L'automobiliste confronté à ces trains de camions est conscient qu'il risque sa peau à chaque trajet, et s'en remet à Saint Christophe en rêvant de ferroutage. Peut-il décemment jouer les Fangio dans de telles conditions de circulation ? Oui, de vraies mesures urgentes s'imposent pour protéger l'automobiliste et épargner des vies, qui ne sont pas celles prises à la hâte, sans motif réel et sérieux.

Alors, à défaut de rétablissement des panneaux informatifs des zones « radarisées » et surtout accidentogènes, à défaut de levée de l'interdiction des aides à la conduite, l'automobiliste, qui est aussi électeur, saura bientôt manifester dans l'urne son ras le bol d'une politique devenue systématiquement répressive, pour de vains motifs, en tous domaines.

J'adhère pour ma part aux pétitions en cours, ne serait-ce que parce que jamais jusqu'alors un radar n'a eu l'occasion de me tirer le portrait, la vitesse de mon véhicule étant adaptée à celle que me rappelle mon GPS intelligent, soucieux de ma sécurité et de celles de mes congénères automobilistes.

En attendant le bulletin dans l'urne, la pétition doit faire connaitre à nos gouvernants, devenus bornés, la plainte du peuple majoritaire des automobilistes. Il est sans doute temps que la vache à lait se rebiffe et montre que le troupeau est capable de réagir en masse sans attendre l'épuisement qui le conduirait vers l'abattoir.

Voir ci-dessous un modèle de pétition en fichier joint téléchargeable

Par jean-claude.guillard le 18/05/11
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Cette fois, c'est décidé, on est arrivé au bout du bout ! Le chemin du couple va s'arrêter là. Déjà, la menace du divorce avait été proférée, et rien n'y a fait, sinon peut-être de creuser encore plus le fossé. C'est Madame qui décide de franchir le Rubicon. Après avoir consulté la rubrique « avocats » de l'annuaire, où fleurissent désormais les annonces multicolores des Pages Jaunes, elle jette son dévolu sur un de ceux qui semble pratiquer la matière ; après un bref appel, la secrétaire lui donne un rendez vous pour la semaine suivante. Comment le préparer de votre coté ?

L'avocat va avoir besoin d'informations et de justificatifs pour ouvrir un dossier. Il est préférable que le client prenne soin de se munir de l'essentiel, quitte à compléter ensuite à la demande.

Les premiers éléments à lui apporter sont ceux d'état civil, dont certains devront être fourni au Tribunal en original : la copie intégrale de l'acte de mariage et de l'acte de naissance de l'intéressé. (copie intégrale = acte de mariage avec les mentions en marge ) D'autres peuvent être fournis en copie : livret de famille, acte de naissance de l'autre conjoint et des enfants (copie intégrale si les enfants sont nés avant le mariage ou ont été adoptés)

Si vous avez établi un contrat de mariage, fournissez la copie de l'acte du notaire, et si vous avez changé de régime matrimonial durant le mariage, donnez copie du jugement rendu par le Tribunal homologuant ce changement.

Fournissez également un justificatif de votre n° de sécurité sociale, d'allocataire, d'affilié à une caisse de retraite.

Pour justifier de votre situation financière, apportez une copie du dernier avis d'imposition connu (ou de votre bulletin de paie de décembre), ou des justificatifs de retraite, chômage ou autres. Si vous avez des copies des revenus de votre conjoint, apportez les aussi.

Il sera nécessaire de faire le point sur vos charges personnelles, les charges traditionnelles incompressibles qui amputent chaque mois votre revenu. Sont à fournir notamment en copies : quittances de loyers ou échéancier de prêt immobilier, factures EDF GDF, eau, chauffage, échéanciers d'autres crédits en cours, taxes foncières et habitation, assurances,

Concernant les charges relatives aux enfants, procurez vous des certificats de scolarité et les justificatifs des coûts de scolarité, cantine, garderie, et éventuellement d'activités extra scolaires (sportives ou culturelles)

Pour faciliter l'analyse de ces documents lors du rendez vous, établissez sur papier libre un récapitulatif annuel de toutes vos ressources (salaires, pensions, indemnités chômage ou maladie, ainsi que des prestations sociales que vous recevez) et de toutes les charges que vous supportez (selon les justificatifs dont vous disposez). Sachez que le Juge, qui ne disposera que de très peu de temps lors de l'audience de conciliation, prendra en compte ces revenus annuels qu'il divisera par douze pour déterminer votre revenu moyen mensuel, après avoir vérifié les documents produits ; pour fixer des pensions alimentaires, il retiendra certaines de vos charges qu'il déduira de votre revenu mensuel, afin de déterminer un solde disponible : c'est à partir de ce dernier qu'il fixera les pensions, selon les besoins et les capacités de l'autre conjoint.

Bien évidemment, les documents ci-dessus concernent principalement les conjoints salariés ; un conjoint exerçant une profession indépendante devra fournir, outre son avis d'imposition, le dernier bilan connu de son activité.

Enfin, d'autres documents peuvent présenter un intérêt tenant aux opérations futures du partage des biens ; si vous avez pu partager amiablement le mobilier et objets, établissez sur papier libre en sur deux colonnes, une pour Mr et l'autre pour Mme, ce que chacun conserve ; datez et signez si vous estimez que ce partage est définitif ; le juge constatera que cet aspect des choses est réglé.

De même, il est parfois intéressant de fournir au dossier la copie des cartes grises des véhicules du couple, s'ils ont été également répartis entre les époux. Non seulement, le juge en prendra acte, mais au surplus, si le véhicule conservé par un époux porte le nom de l'autre, l'heureux bénéficiaire pourra faire modifier la carte grise à son nom gratuitement sur présentation de la décision de justice.

Sachez qu'il n'est d'aucun intérêt d'apporter au juge conciliateur des documents tels que la lettre de Mr à sa maitresse ou la photo de Mme avec son amant : il n'est pas permis devant le juge conciliateur de discuter des torts, qui le seront peut-être dans les suites de la procédure, quoique l'intérêt en soit désormais très limité. Si vous craignez de perdre ou de vous faire dérober ces précieux documents, vous pouvez cependant les déposer au dossier de l'avocat qui les conservera, au cas où...

Pour le reste, il vous sera expliqué lors du rendez vous : déroulement procédural et stratégie. Procédure amiable ou contentieuse, etc. Il est impératif que vous connaissiez dès ce premier rendez vous ce que va être la procédure à venir, de comprendre ses déroulements et les mots employés : osez poser des questions sur ce que vous n'avez pas bien compris. Par la suite tout le monde y gagnera du temps.

Au terme de ce rendez vous, l'avocat doit être à même de pouvoir établir la demande en divorce, premier acte du dossier conduisant au prononcé du jugement de divorce.

Par jean-claude.guillard le 17/05/11
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De nombreux posts ont été déposés sur un article ancien paru dans ce blog. VOIR ICI

La question récurrente est de savoir quand prendra fin la contribution alimentaire versée à un enfant devenu majeur, quand aucune information n'est donné sur sa situation.

Il s'agit souvent de cas de coparentalité bafouée depuis la rupture du couple, l'enfant ayant été séparé du parent non gardien, lequel est cantonné dans un rôle de banquier ; survenant la majorité de l'enfant l'obligation alimentaire se poursuit, généralement en cas d'études. Le parent payeur est dans la majorité des cas régulièrement informé de la poursuite d'études, par son enfant directement ou par l'autre parent : il accepte généralement d'assumer partie de la prise en charge des études et de la poursuivre jusqu'à leur terme.

Quand cette obligation alimentaire prend-elle fin ? Si l'enfant majeur a poursuivi des études sérieuses et a obtenu son diplôme, il est censé être capable de trouver un emploi, et vivre de son propre revenu. C'est donc jusqu'à ce terme ultime que la contribution est due.

Mais il existe le cas où les études entreprises ne sont pas sérieusement menées, soit par une erreur d'orientation, soit par manque de travail ; un redoublement permet de s'interroger, et d'assortir le maintien de l'aide à une analyse de la situation et à un meilleur choix permettant à l'enfant majeur de trouver sa voie professionnelle.

Et puis, reste la situation heureusement rare de l'inscription illusoire dans telle école privée, d'une année sur l'autre, d'où ne ressort aucun résultat probant, qui semble n'être qu'un alibi pour pérenniser la contribution alimentaire le plus longtemps possible, et ce au mépris de l'intérêt de l'enfant lui-même, qui va mener des années d'oisiveté, sans aucune considération pour son avenir.

Le parent payeur a bien évidemment le droit d'être informé du suivi d'études de son enfant, et dans une situation normale il reçoit cette information. L'inquiétant est lorsqu'il lui est refusé la communication des justificatifs qu'il réclame, à défaut de les avoir spontanément obtenus. Cette situation anormale permet légitimement de douter du sérieux d'une poursuite d'études et là se pose la difficulté.

A cet égard, ce que dit la Loi est ambigu pour les enfants majeurs:

Art 371-2 du code civil : « l'obligation alimentaire ne cesse pas de plein droit lorsque l'enfant est majeur"

Art 373-2-5 : « le parent qui assume à titre principal la charge d'un enfant majeur qui ne peut lui même subvenir à ses besoins peut demander à l'autre parent de lui verser...le juge peut décider que cette contribution sera versée en tout ou partie entre les mains de l'enfant ».

C'est à partir de ces principes que le juge doit apprécier du maintien ou non de la contribution pour l'enfant majeur: tant qu'il poursuit des études sérieuses, la contribution est maintenue; les juges indiquent souvent dans leur décision que le parent assumant la charge de l'enfant doit justifier une fois l'an de la poursuite des études. NB : il n'est pas nécessaire que l'enfant cohabite avec ce parent.

Pour les juges, la cause essentielle de suppression de la contribution est l'impécuniosité volontaire de l'enfant ou oisiveté. Mais aussi la disparition du besoin de l'enfant majeur: là est la difficulté pourrissant la vie des parents payeurs quand l'information leur est refusée, car la JRP de la Cour de Cassation persiste à imposer au parent qui demande la cessation de la contribution d'apporter la preuve " des circonstances permettant de l'en décharger" ! Autrement dit, le parent hébergeant l'enfant détient seul les preuves de ce que le rejeton est encore ou non à charge et refuse de les fournir, et c'est au parent qui ne reçoit pas ces informations obligatoires ... de les produire devant le juge !

Paradoxalement, des JRP précisent que la suppression peut intervenir si le parent hébergeant ne produit aucun justificatif de la situation de l'enfant majeur restant à sa charge. Or, pour en apprécier, il faut alors que le parent payeur ait mis l'autre en demeure de justifier de la situation et qu'il prenne le risque de saisir le JAF s'il n'a rien reçu : il sera débouté si l'autre parent produit alors, devant le juge, quelque document sommaire justifiant de la persistance d'un besoin ! Au mieux, l'impudent pourra échapper à la condamnation que l'autre parent ne manque pas de réclamer au titre des frais d'avocat qu'il aura du exposer...

De même, si le parent payeur apprend par hasard que son rejeton a perçu un salaire, mieux vaut ne pas se précipiter chez le juge pour faire supprimer la contribution. La Cour de cassation valide une décision de cour d'appel ayant jugé que le père débiteur de la contribution ne rapportait pas la preuve que sa fille avait un emploi régulier lui permettant de subvenir seule à ses besoins. Un job d'été, ou même un CDD d'étudiant, ne permettent pas de considérer que le gamin n'est plus à charge de ses parents.

Alors, y a-t-il réellement une limite à cette contribution? Oui, dit une JRP indirectement, en ayant décidé de... la prolonger au-delà des études de l'enfant, jusqu'à ce qu'il ait trouvé un emploi ! On sait au moins qu'un CDI permet de considérer que l'enfant majeur n'est plus à charge. A contrario, l'enfant majeur qui a achevé ses études et est doté d'un diplôme peut encore bénéficier de sa contribution durant sa période de recherche d'emploi, laquelle, selon sa formation est plus ou moins longue.

C'est ainsi que, connaissant les ficelles, le grand majeur oisif, vivant à 30 ans chez son parent hébergeant, peut encore bénéficier de l'aide financière de l'autre ; il devra néanmoins fournir les preuves de ses vaines recherches, et il en trouvera.

Il semble que la Loi, en l'état, ait fixé les règles sommaires pour les cas où les problèmes n'existent pas, parents et enfant majeur entretenant des relations normales : l'information circule et l'aide financière s'adapte naturellement.

Mais, concernant les cas exceptionnels du parent abandonné à son seul rôle de payeur et n'ayant plus aucun contact avec le majeur, rien n'est prévu pour mettre un terme à cette partie de cache-cache douteuse.

Pourtant, il serait simple d'assortir le maintien de la contribution à la justification par le parent ayant l'enfant majeur à sa charge principale ou par l'enfant lui-même s'il est un « grand majeur ». La Loi ne permet pas d'inverser la charge de la preuve, en demandant à celui qui ne peut la fournir de la produire pour mettre fin à la contribution. Il suffirait que le parent ou l'enfant majeur créancier apporte la preuve une fois l'an de ce que l'obligation dont il se prévaut existe encore. Faute de preuve, l'obligation serait éteinte, à charge pour le créancier de saisir le Juge s'il entend la faire proroger. Cette simple réorientation légitime de la Loi serait de nature à mettre un terme aux abus et à répondre au désespoir de débiteurs confrontés à des situations iniques et dévalorisantes, de n'être considérés que comme des payeurs, dédaignés des créanciers. Mais la Loi a peut-être entendu renvoyer le mistigri aux juges.

En l'état, dans les procédures de divorce, il apparait utile de demander aux juges de statuer sur ce point, en attendant une Loi nouvelle.

Dans les consentements mutuels, où les parents sont libres de conclure tout accord, il suffit de rajouter une clause à la contribution versée aux enfants, qui pourrait être ainsi conçue :

« Les parents s'accordent pour stipuler que cette contribution sera maintenue au-delà de la majorité des enfants, à charge, si besoin est, pour le créancier de justifier au débiteur, au moins une fois l'an en début d'année scolaire ou universitaire, de la poursuite d'études sérieuses ou de circonstances de nature à prouver que l'enfant majeur est encore à la charge du créancier ; à défaut pour ce créancier d'y avoir satisfait, et après une mise en demeure par LRAR restée vaine, rappelant la présente clause, le débiteur sera fondé à considérer que les besoins de l'enfant majeur, justifiant l'obligation de paiement, ont cessé et à mettre fin à sa contribution, au terme d'un délai d'un mois suivant la mise en demeure précitée. En cas de difficulté, le parent créancier pourra saisir le juge aux affaires familiales, s'il estime que la contribution doit être maintenue ; dans ce cas, le parent débiteur continuera le paiement de la contribution, jusqu'à ce qu'intervienne la décision du Juge. Toute contribution versée dans ces conditions au-delà de la date qui sera retenue comme étant celle de la cessation de l'obligation, ne pourra être considérée comme relevant d'une obligation naturelle, et les sommes acquittées constitueront un indu ».

Pour les autres procédures de divorce (ou de rupture de concubinage) dans lesquelles une contribution est discutée, il serait opportun de solliciter du juge qu'il insère une clause similaire dans sa décision. Le débat qui interviendra devant le Juge de ce chef l'éclairera sur les intentions futures du créancier. Evidemment, le juge est libre d'accepter ou de refuser selon sa vision de la situation.

Le rôle de l'avocat est de provoquer la réaction des juges là où la Loi leur laisse a priori le soin de régler les menus détails.

A défaut, le parent déjà privé de contacts avec ses enfants, sera réduit au seul rôle de contributaire alimentaire, situation indigne, blessante et amorale, bien éloignée des thèses utopiques de la coparentalité.

Par jean-claude.guillard le 08/05/11
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Le petit village de Saint Cuq sur Ginette est en émoi. Après la défaite historique au début de l'an 2011 du quinze cucuginestois, sur son terrain, face aux voisins héréditaires de la proche cité de Ducom les Deux Joyeuses, rien ne va plus au siège du club « chez Popeye », jusqu'alors paisible (sauf troisièmes mi-temps) et seul bistroquet du bourg.

En cause, la parution dans le Cri Ginestois d'un article ravageur relatant des propos tenus dans l'arrière salle de « chez Popeye », par les dirigeants cucuginestois lors de leur traditionnelle partie de belote hebdomadaire ; selon le Cri, l'un des participants, alors qu'il était débattu de l'avenir du club, aurait remis en cause le recrutement chez les jeunes pousses, pour oser évoquer l'idée d'un ...quota !. Un tel mot ordurier, éradiqué de la langue française, a mis le feu aux poudres. L'affaire est à l'origine banale : de tous temps, le quinze du cru avait été constitué de huit solides gaillards choisis parmi les plus beaux poulets du village, affectueusement nommés « les gros », de six chevaux légers choisis parmi les maigrichons les plus véloces surnommés « les petits », et enfin d'un morpion de petite taille, rusé comme un goupil, surnommé... « Le morpion ». La cruelle défaite, ressassée chaque semaine, avait conduit à une réflexion, devenant plus intense au fil des pastagas engloutis : et c'est là que Marco la science, l'entraineur, aurait soumis à ses pairs, une idée novatrice, fondée, selon lui, sur ses observations télévisuelles des matches des « blacks » ; heu, pardon, des All Blacks ; il suggérait tout bonnement de renforcer ses arrières, en recrutant de nouveaux « gros » plus véloces qui viendraient supplanter les « petits ».

« 14 gros ? », interrogea le vieux Louis, dit La Pigne, figure historique du club, ancien pilier aux oreilles en chou fleur et au nez décalé sur la joue. « T'es pas fou », lui souffla Gilbert dit « Mont Blanc », du haut de son mètre quatre vingt douze. « Tu vas provoquer une révolution chez les « petits », déjà qu'ils se sentent oubliés sur le terrain, les pôvres ». Marco, précisa sa pensée: « Non, on le fera en douceur, on commencera par prendre deux nouveaux « gros » seulement, pour remplacer les deux du milieu de derrière, et on laissera deux « petits » aux ailes... de toute façon, en match, la pelote n'arrive que rarement vers la touche : c'est au milieu du terrain que les comptes se règlent ». Sourires entendus autour de la table. Et, c'est alors que Fredo, fils de Marco, entraineur adjoint chargé des gros, ex talonneur de son état, privé de dents depuis une mauvaise entrée en mêlée, résuma en employant le mot honni : « Ouais, les gars, j'chuis d'accord, mais faut pas que cha che chache, chinon on est morts : au recrutement prochain, on fixche un petit... quot... (NDLR : murmuré) pour les « petits ». « On en reparlera , conclut Marco, et on verra avec le Président ». Le Président, Môssieur Marcel, comme on l'appelait dans le village, était dans les affaires et son principal mérite consistait à doter le club de quelques liasses de billets ; nul ne savait réellement son métier, et on s'en fichait, tout autant que lui des matchs dominicaux ; il jouait au golf à la ville le dimanche, pour ses affaires ; pour le recrutement, on était bien obligé de lui en parler, because les biffetons.

Nul n'avait remarqué, vu sa petite taille, qu'à quelques pas de là, dans l'ombre du comptoir, le morpion était là et avait tout entendu ; pire, ayant fait de longues études de dactylographie, pour devenir gendarme (réformé sous la toise), il avait acquis quelques notions de sténo et avait ainsi pu remplir le carnet de commandes HEINEKEN, subtilisé au patron, d'un verbatim des malodorants propos entendus, soulignant même celui de « KOTA ». Le morpion, classé comme « petit », mais aimé des « gros » à force de gueuler sur eux en match pour les doper, finit par trahir les siens ; devenu taupe, il refila son manuscrit codé au rédacteur du Cri qui en fit sa Une, étalée sur la seule page de sa feuille de chou, avec un titre ravageur : J'ACCUSE. Sa vieille ronéo tourna toute la nuit.

A l'aube suivante, la cloche de la chapelle Sainte Ginette sonna le tocsin pour la première fois depuis le Débarquement des alliés ; alors que les pigeons effrayés s'enfuyaient, les cucuginestois, incrédules, se regroupèrent sur la place du village, pour découvrir la Une du Cri que le curé avait affiché sur la porte du lieu saint, et, abasourdis, se tournèrent, l'oeil méchant, vers l'estaminet de Popeye, devenu lieu du crime, sur la porte duquel le patron avait apposé un mot tendancieux « fermé pour cause de KOTA ». Les premiers arrivés furent évidemment les « petits » du village, joueurs ou maigrelets sympathisants , les premiers trouvant pour une fois le soutien populaire des seconds, bien défaillants les jours de matchs pour cause de feuilleton télé.

Les premiers conciliabules devinrent revendications et colères : « non aux kotas », « honte aux gros », « les gros au poteau », « les gros, salauds, on vous aura la peau » entendait-on de ci delà.

Les « gros » justement par le tocsin alertés, arrivaient sur la place pensant que Popeye avait eu un malaise fatal ; cette arrivée en masse eut le mérite de faire taire l'invective des « petits,... on ne sait jamais. Lecture faite de la Une affichée, les gaillards, pris d'un éclat de rire général, décidèrent d'aller fêter ça chez Popeye, qui leur ouvrit boutique pour la refermer aussitôt, sous les huées des manifestants. Les « non aux quotas » reprenaient de plus belle : la révolution était en marche.

Le Maire, par le vacarme attiré, vint aux nouvelles : on le mena lire le Cri ce qu'il fit en dodelinant la tête ; « Je ne comprends rien à cette histoire de gros et de petits » dit-il ; il faut dire que Mr le Maire, venu de la Ville il y a trente ans pour prendre l'étude de notaire de Saint Cuq sur Ginette, n'a jamais été vu autour de la main courante du stade Amédée FILOU, fondateur de la gloire du village, son équipe de « ruby ». La foule des « petits » s'empressa de révéler à l'édile que sa commune était depuis la veille frappée d'apartheid, que les gros entendaient limiter le nombre de petits dans l'équipe, que les dirigeants s'étaient mis d'accord sur un KOTA... « Quoi ? Un quota ?" s'étrangla le Maire. On avait osé, dans sa propre commune, employer le mot honni, passible des plus graves sanctions ou ce qu'il en restait depuis l'abolition de la peine de mort.

Mandant illico le garde champêtre, l'édile se fit ouvrir la porte du bar maudit, et devint rouge de colère en entendant « les gros » installés autour du zinc, trinquant et saucissonnant, achever le dernier couplet des « Stances à Sophie *». Il hurla un « qui a dit ça ? », qui coupa le son. « Qui a dit quoi ? » lui lança la Pigne ; « Qui a dit le mot quota ? » s'étrangla le Maire. Il n'eut que le silence, car dans ce monde là, Monsieur, ce qui se dit dans un vestiaire, en troisième mi-temps ou même chez Popeye, c'est sacré et même secret défense. « Mais qui était là ce soir là ? » interrogea le bailli ; La Pigne, Mont Blanc et Fredo, sortirent des rangs et par un réflexe lié à leur pratique ancienne en cas de danger, se placèrent face au Maire, en ligne, se lièrent par les épaules et se mirent en position de mêlée : « Nous y étions » dirent-ils d'une même voix ; la première ligne se retourna d'un bloc et l'édile découvrit d'un coup qu'il n'obtiendrait pas d'autre réponse, sinon la vision de trois postérieurs bien joufflus. Mais là, sans doute par la mêlée attiré, le morpion qui s'était faufilé dans l'estaminet, vint, tel Judas durant la Cène, pointer son doigt sur le postérieur de Fredo.

L'édile pointa aussi son doigt vers le pauvre Fredo et lui annonça tout de go qu'il était interdit de stade jusqu'à nouvel ordre, et que le Sous -Préfet et le substitut du Procureur allaient être saisis de l'affaire.

L'affaire, qui n'est pas encore terminée, s'est propagée dans tout le royaume des rubipèdes et fait grand bruit : pensez donc, dans un monde qui s'en fout plein la tronche chaque dimanche, il y a toujours la troisième mi-temps pour réunir les adversaires contusionnés, les gros et petits rassemblés, les uns se moquant des autres dans la bonne humeur, pour se donner rendez vous la prochaine fois ; alors, quota ou pas quota, on sera tous là Dimanche prochain, petits et gros réunis pour la gloire de quinze cucuginestois, sauf ce pauvre Fredo, interdit de stade par un incompétent qui viendra sans doute pour la première fois au stade vérifier que la sanction est bien appliquée.

Pauvre Fredo ! Il ne cessait de répéter « ch'comprend pas ; ché même pas ch'que cha veut dire, quota ! » et puis, après une longue respiration, il ajoutait : « che voulais dire que cha cherait mieux d'avoir des « gros » derrière ». Eclat de rire général. « Heu, non, ...che voulais dire qu'on pourrait garder les petits et en faire grochir deux, en leur donnant double rachion chaque chour ».

« T'es mort Fredo, conclut la Pigne, quoique tu dises, t'es mort ; des incompétents se targuent de diriger le monde avec leurs statistiques et quotas, mais il ne faut pas le dire sous peine de passer pour un empêcheur de tourner en rond. C'est la politique, mon pauvre ». Du fond de la salle, on entendit un gros murmurer : « et bien moi, je dis qu'il faudrait un quota en politique pour limiter le nombre de cons » ; ces mots iconoclastes furent couverts par l'ensemble des « gros », serrés près du zinc autour de leur cher Fredo, entonnant à l'unisson de leurs voix puissantes un « De profundis morpionibus * » qui fit frémir la populace, terrée dans ses chaumières.

Voilà comment la vie d'une paisible bourgade, dans la vallée de Ginette, s'est trouvée perturbée à tout jamais par un seul mot, qui sans quota déterminé, a partagé les cucuginestois en deux clans hostiles.

* Pour qui ignore les oeuvres intemporelles citées dans cet article, un site symphonique fait référence. Si vous jurez sur la Bible être majeur, vous pouvez suivre ce lien, ICI

NDLR : le récit des faits de ce billet est une oeuvre de pure fiction et toute ressemblance avec des personnages ou situations ayant existés ne serait que pure coïncidence.