jean-claude.guillard

Par jean-claude.guillard le 29/08/11
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Superbe retour de vacances ! Déjà, les feuilles tombent à profusion de l'arbre fiscal, envahissant nos boites aux lettres, histoire d'en revenir aux choses de la vie. Mais cette année, par peur de perdre sa cotation surfaite, notre beau pays va mettre le paquet. Benoitement, notre premier sinistre est venu atténuer les chaleurs caniculaires par une annonce de serrages de ceintures tous azimuts.

Et là, je me demande si un Big Brother ne m'a pas désigné comme le cobaye idéal ! On a du me repérer, depuis un satellite géostationnaire, allongé sur une chaise longue, clope au bec, me rafraichissant le gosier sous mon parasol avec mon soda préféré, avant d'aborder la soirée par un petit apéro anisé. « La vache, regarde celui là... c'est un bon » dit l'opérateur ! Et bingo, les taxes vont venir gonfler mon budget « agrément de la vie » !

Oui, mais pourquoi moi ? C'est injuste ! Comment, c'est pour mon bien ? Quoi ? Je vais coûter trop cher à la Sécu comme futur obèse, cirrhotique, et pneumopathique ou pire ? Moi qui pensais participer à l'oeuvre d'assainissement de nos caisses de retraites, en abandonnant mon dû à la collectivité... Voilà que l'on veut me contraindre à la percevoir jusqu'à mon centième anniversaire au moins, et pire sans clope, sans soda et sans un petit remontant. A y penser, je risque de devenir un vieux grincheux dépressif, une terreur psychopathe des maisons de retraites. Tant pis pour eux, ils l'auront voulu.

Donc, si je comprends bien, depuis au moins une trentaine d'année, nos élus successifs ont engloutis les budgets colossaux dans des oeuvres incertaines que le pire des surendettés n'aurait jamais imaginées : ils jetaient à qui mieux mieux par les fenêtres le pognon qu'ils n'avaient même pas, et chaque année le trou s'ajoutant aux précédents, un fonds abyssal est apparu. Ils ont du en fumer des havanes, en boire des alcools millésimés et en siroter des sodas, pour en arriver là. Et la plupart ne sont même pas malades, à voir l'âge canonique de nos sénateurs, de nos membres du conseil constitutionnel et autres politiciens aux retraites multiples, tous encore en activité ; il est vrai que certains ont entretenu leur forme par quelques exercices de souplesse du bassin bienvenus contre la ventripotence. La Sainte Vierge veille sur eux, sans doute, alors que le commun des mortels qui se fournit en liquides au Lidl et achète son tabac à rouler, va forcément en crever même en effectuant le pèlerinage à Lourdes.

Et bien non, citoyen, toi qui n'es pour rien dans la déconfiture nationale, tu vas devoir boucher le trou, ou plutôt verser une goutte d'eau dans l'océan pour faire semblant de le boucher, et ça parce que tu es un futur malade qui plombe notre budget de santé. Salopard de futur malade, va ! Et en plus, tu as une bagnole, espèce de tueur ? Attends, tu vas voir la petite taxe que je vais te rajouter sur ton plein, en plus de la nécessaire augmentation des prunes de stationnement et de la suppression de panneaux avertisseurs de nos gagnes pain quotidiens !

Le premier sinistre nous présente la note des incuries passées avec une certaine désinvolture et audace, en punissant les victimes du désastre économique pour des motifs imaginaires et puérils, sans aucune autocritique du monde politique, de ses conseillers et économistes distingués...par quelques décorations affichées au revers de leur veste. Au moins, vous pourrez les repérer à ce signe d'infamie et d'incompétence.

C'est tout aussi benoitement qu'il nous est annoncé que le plan de rigueur ne nous concerne qu'au delà des 83 % de mesures prises ; c'est quand même taxer les citoyens lambdas de 17 % en plus des prélèvements divers de taille, gabelle, octrois et autres impôts ou contributions de solidarités de tous crins, si provisoires qu'elles en sont devenues pérennes.

Bon, ne soyons pas égoïstes, et pensons à notre prochain : quel émoi de penser que Liliane B., qui a tant donné pour la France, va devoir contribuer à hauteur de 3% comme ceux de son cercle de connaissances. Il est vrai qu'un vent venu d'Outre Atlantique est venu rafraichir les grands profiteurs du système économique en goguette : certains de ceux qui ne savent même plus chiffrer leur fortune (attendant que Forbes ou Challenges leur en fournisse le montant dans son édition spéciale annuelle) ont trouvé opportun de verser leur obole aux bonnes oeuvres ; ceux de chez nous se sont ralliés à la générosité ambiante de leur clan, au point d'annoncer qu'ils exigeaient presque de contribuer, subodorant qu'on allait les oublier. Voeu exaucé : à contre coeur, Liliane et ses pairs, vont devoir s'acquitter d'une taxe « provisoire » de 3% de leur revenu fiscal de référence à partir de 500 000 € ; Liliane, elle n'a plus qu'un vague souvenir de ses premiers 500 000 €, mais déjà ça fait 15 000 € à mettre dans le pot ! Presque le prix de la Dacia Logan prestige ! ; Ça fait très mal, mais c'est pour la France. Merci aux généreux donateurs, Dieu vous le rendra au centuple.

Mais, au fait, pourquoi « provisoire » la taxette de Liliane ? Elle en sera libérée dès que les 3% de déficit public seront atteints. Ouf, on respire, la pauvre... Oui, d'accord, mais pour les autres mesures qui nous concernent, sodas, tabacs et alcool, on suppose que la sur-taxation sera aussi supprimée lorsque le taux du déficit sera ainsi régulé. Heu...et bien non, car bande de manants, c'est votre santé qui est en jeu, alors que Liliane, elle pète la forme, fumant des petits Davidoffs allégés, buvant du Champagne bio millésimé en guise de soda, et des boissons alcoolisées du groupe LVMH. Faut quand même ne pas confondre.

Et quand on pense que nos voisins européens en détresse économique n'ont même pas ce genre d'idées géniales : y a pas d'ENA chez eux ; vite, il faut protéger le concept pour ne pas se le faire piquer. Pensez, l'espagnol taxé sur les tapas et la sangria, le portugais sur la morue et le porto, le rital sur la pasta et le chianti et le grec sur l'ouzo et la fêta. Les indignés passeraient au stade révolutionnaire.

Et bien voilà, la rentrée est faite dans la joie et la bonne humeur : au moins, l'Etat veille sur notre santé et c'est bien la seule bonne nouvelle ; ça serait quand même idiot de laisser crever les vaches à lait. Mais ça va quand même de mal en pis.

Par jean-claude.guillard le 07/08/11
Dernier commentaire ajouté il y a 9 années 11 mois

Après 7 mois de labeur acharné, et m'étant épargné de subir les intempéries du mois de Juillet, me voici au temps du repos. Mon aimable personnel est venu me saluer, en me souhaitant de bonnes vacances, voeu que je lui ai retourné, tant l'appel de la plage se faisait pressant ces derniers jours.

Demain, je serais seul à bord pour me plonger dans les brochures de ma prochaine destination : je n'aime pas la plage, ses odeurs d'huile à frire ou à bronzer, son soleil agressif et sa mer à la propreté incertaine, ses gamins qui piaillent et vous balancent ballons ou sable, ses allures de patchwork de serviettes multicolores sur lesquelles gisent des hordes amorphes et alanguies.

La montagne m'oppresse tant à circuler au bas de vallées encaissées où le soleil se couche à l'heure de la sieste, qu'à gravir des pentes escarpées et incertaines dont le sommet est si proche du regard et si loin pour des pieds endoloris ; le ballet des oiseaux de proie et du sinistre hélico de mauvais augure me terrifie, tout autant que le vertige qui m'appelle irrémédiablement à redescendre au plus rapide.

La campagne est belle mais désespérante quand on a passé l'âge de s'extasier devant le cul souillé des vaches ou le chant du coq aux aurores ; les longues promenades dans les champs ou plutôt dans les chemins blancs sont certes sympas, à condition de ne pas penser au trajet du retour qui est le plus éreintant ou inquiétant quand monte un orage ; chaque pas doit être analysé pour ne pas marcher par erreur sur la queue d'un reptile agacé, ou dans une ornière vous expédiant pour le reste des vacances avec la jambe à l'horizontale à votre domicile, après un bref séjour à l'hosto du coin à des kilomètres de là, après être passé entre les mains indécises du remplaçant du barbier local.

Reste l'expatriation, avec ses plages, montagnes ou campagnes semblables aux nôtres, mais avec l'avion en plus, cher et soumis aux aléas des arrêts de travail des personnels navigants ou des petites mains délicates des bagagistes ; à moins que le téméraire du dépaysement ne vise les trajets routiers surhumains où l'on bat des records de lenteur et de statistiques de mortalité ! Déjà que chez nous le déversement sur le réseau routier de tous les bénéficiaires de congés payés est une inextricable cohue dont on n'est pas sûr de revenir vivant ou avec son permis, alors, vous pensez bien qu'au-delà de nos frontières, là où il n'existe aucun bison futé, aucun radar pédagogique, aucune statistique de mortalité, c'est s'ouvrir les portes du paradis ou de l'enfer. D'ailleurs, vous comprenez tous pourquoi notre chef bien aimé a demandé à ses subalternes de bien rester en France, période pré-électorale oblige, que nul ne peut risquer de manquer.

Il est un lieu que je connais bien, qui n'est ni à la mer, ni à la montagne, ni à la campagne, ni à l'étranger... Un lieu que je ne vous révèlerais pas, sous peine de ne plus y être seul. Je vous le laisse imaginer....

En attendant mon retour, je vais vous laisser seuls avec vos questions juridiques qui vont rester un temps sans réponse ; le mieux serait que vous ne les posiez pas maintenant sous peine d'être déçus, sachant que je suis persuadé que la réponse que vous attendez se trouve déjà dans le contenu des articles et commentaires de ce blog. Profitez de mon absence pour lire ou relire le ou les articles qui vous intéressent, et même ceux de mes confrères blogueurs qui assurent une veille en août.

Une courte absence va néanmoins générer pour moi un risque majeur : tout comme les USA, je risque d'être déclassé et de voir ma note de popularité abaissée par le grand inquisiteur de la blogosphère des avocats. Merci de maintenir votre présence sur mon blog pour me sauver de ce risque majeur, au moins en me souhaitant malgré tout de bonnes vacances.

A bientôt.

PS : en archivant vos dossiers achevés de divorce, merci de ne pas oublier de contribuer à alimenter mon billet recensant les montants de prestation compensatoires fixés par les juridictions de France et de Navarre.Cliquez ICI .