jean-claude.guillard

Par jean-claude.guillard le 23/04/13
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Hollande candidat l'avait promis, Hollande Président l'a fait ! Ce sera sans doute une des rares promesses tenues, mais à quel prix...

75 % de français mécontents, meilleur score de toute la V° République, pour l'ensemble de son oeuvre indigente en... à peine un an de « normalitude ». Il faut bien dire que, dans le marasme économique actuel, la nation attendait d'autres mesures plus urgentes à prendre que la satisfaction à la hussarde d'une demande minoritaire, qui n'a générée qu'une crise sociétale.

Le Président de tous les français a réussi mieux que quiconque, par des artifices médiatiques coupables, à diaboliser à l'extrême les innombrables familles qui se sont risquées à battre le pavé sous les fenêtres des palais de la république pour ne pas voir disparaitre leurs valeurs ancestrales ; n'a-t-on pas odieusement outragé les paisibles manifestants de tous âges en les livrant aux gaz et bâtons de cerbères, au prétexte qu'ils étaient tous devenus de dangereux casseurs fascisants ? N'a-t-on pas orchestré un battage médiatique irresponsable en les taxant tous d'homophobie à l'occasion de quelques faits divers odieux générés par quelques malades mentaux ? Etait-il besoin pour en arriver là de transformer l'hémicycle en stand de foire du trône où la duplicité des uns répondait aux invectives des autres ?

Un président normal, comme il en fut dans le passé, aurait su écouter les émois du bon peuple et retirer à temps un projet décrié, bâti à la hâte sur une promesse démagogique. Celle-ci était impérative à satisfaire, quoiqu'il arrive, comme si elle avait été la seule cause de son accession au pouvoir ; et bien, c'est fait : merci et adieu ; le reste n'est que billevesées, dont il faudra s'accommoder.

Le merci n'est pas celui du citoyen, mais celui de l'avocat qui ne peut que se réjouir, alors que l'institution du mariage était en déclin, de sa relance par son ouverture au plus grand nombre, bien qu'il ne soit pas certain que la plupart des bénéficiaires soient intéressés à entrer dans le moule. Ce merci est évidemment intéressé, puisque le mariage est le seul moyen d'accès au...divorce, matière essentielle qui occupe des milliers d'avocats chaque année. Cependant, le gain espéré risque d'être contrarié par la perte irrémédiable de bon nombre de couples, qui avaient rêvé trouver dans l'institution du mariage le cadre unique dédié aux valeurs de la famille et de la descendance, dans une composition issue des règles naturelles de la procréation. Cette sacralisation est quelque peu écornée dès lors que le mariage pour tous ouvre les portes à une autre approche de la famille, dont la descendance ne pourra être, pour l'essentiel, qu'assurée par manipulation médicale et génétique : des enfants ne seront donc pas issus de leurs père et mère. La loi nouvelle a tué le mariage de papa et maman. La famille sera l'affaire du médecin généticien, et de sociétés commerciales, fleurissant déjà dans les pays adeptes de ce type de communauté familiale, qui vont pouvoir déposer leur carte de visite dans la corbeille de mariage ; au nom de l'égalité des couples une inégalité est créée : papa et maman procréeront une descendance soumise aux aléas de la génétique familiale, alors que d'autres auront la capacité de faire choix, sur catalogue, des caractéristiques de leur prochain rejeton.

Et là, la promesse est tenue de manière bien incomplète pour ceux à qui elle fut faite : malgré les réticences du président normal, il faudra bien achever le travail, au besoin sous la pression de nouvelles manifestations de rue avec ses rengaines d'homophobie et de dérives fascisantes, qui appelleront des contre-manifestations. Cette fois là, il s'agira de définir les règles tenant à cette procréation artificielle, que l'on n'a pas eu le courage d'annoncer en préambule à la loi nouvelle : tous ceux qui ont pu jusqu'alors avancer masqués devront alors se dévoiler, à moins que, par un nouveau tour de passe-passe, le bon peuple soit à nouveau berné.

Il est étrange que dans une démocratie, encartage oblige, l'expression de scrutins ne soit que rarement le reflet de l'émoi populaire manifesté sous les banderoles.

En tous cas, si tout président entend laisser trace de son règne, au moins celui là n'y manquera point, en ayant instauré le divorce pour tous.

C'est bien ce qui nous manquait.

Par jean-claude.guillard le 20/04/13
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Le décret « poubelle » enfin abrogé !

Merci à la profession qui n'a rien lâchée et qui s'est battue avec force contre ce décret, pondu à la hâte avant une élection s'annonçant calamiteuse, pour recaser dans les barreaux français des élus retoqués.

Quelle insulte faite aux avocats que d'avoir ainsi permis une accession directe à notre profession par passerelle, ou plutôt toboggan, à des parlementaires ayant jadis râpé leurs fonds de culottes sur les bancs d'une fac de droit, avant de les lustrer sur les bancs plus moelleux d'une assemblée parlementaire.

Quelle insulte aux avocats qui n'ont été autorisés à porter la robe qu'après avoir franchi tous les obstacles des formations théorique et pratique et du certificat d'aptitude à la profession d'avocat permettant de déceler leur capacité à exercer et à appliquer le ciment déontologique indispensable à leur participation à l'oeuvre de justice. Comme imaginer que les retoqués de la république, même ayant participé à l'élaboration de la loi, puissent détenir ex nihilo les principes permettant de revêtir notre robe noire pour défendre la veuve et l'orphelin ?

La plupart des impétrants, politiciens de métier, n'avaient d'autres aspirations que de retrouver leur siège perdu, et de repartir comme ils étaient venus, en intermittents du spectacle pour faire quelques piges avec pour seul bagage leur carnet d'adresses, en attendant des jours meilleurs.

Justice est rendue à notre profession par cette abrogation du décret « poubelle » : nul ne pourra désormais revêtir notre robe du seul fait du prince.