jean-claude.guillard

Par jean-claude.guillard le 09/09/12
Dernier commentaire ajouté il y a 9 années 1 semaine

Josiane

Tu m'as mis à la porte de la maison après la gifle que je t'ai mise ; mais, tu sais que je t'aime toujours ; je te jure que jamais je ne t'aurais touchée si j'avais été à jeun ; oui, je sais ça m'arrive souvent, mais c'est à cause de mes copains de rugby et des troisièmes mi-temps. Je préfère qu'on boive à l'extérieur plutôt qu'à la maison, comme tu me l'as demandé quand ils avaient tout cassé chez nous. Tu sais, Josiane, j'ai changé depuis et j'ai bien réfléchi : je pense souvent à mes chiens de chasse qui ne doivent pas comprendre pourquoi je ne suis plus là pour les caresser tous les matins ; j'espère que tu les nourris bien ; pour l'instant, je suis chez une copine que j'ai rencontrée au Bunga-Bunga l'autre soir : sympa, mais blonde, comme tu dis. Ça ne pas durer éternellement, et je veux revenir à la maison. Je te promets, Josiane, je ne boirais plus et ne te toucherais plus comme les autres fois. Allez, réponds-moi vite. Ton mari qui t'aime encore, malgré tout.

PS : donne le bonjour pour moi aux enfants.

Josiane a demandé le divorce, et l'a obtenu aux torts de son mari, au motif de violences conjugales, alcoolémie notoire, adultère, auquel fut ajoutée une restriction de ses droits d'accueils sur les enfants. Et pourquoi donc ? Devinez. Tout simplement parce que le SMS reçu par Josiane s'est retrouvé dans le dossier du Tribunal, comme unique pièce n°1.

Ah, tous ces écrits, qu'ils soient billets manuscrits déposés sur la table de la cuisine ou sur l'oreiller, courriers postaux, télécopies, mails et SMS, mais aussi tout ce qui traine sur Facebook ou Twitter entre autres, quel bonheur pour les avocats des divorces quand leurs clients ont eu l'idée d'en conserver la trace bien au chaud. Plus besoin d'aller à la pêche aux attestations de témoins et preuves diverses : rien de mieux pour un Juge que d'avoir sous les yeux les écrits de l'intéressé lui-même, contenant ses propres aveux de ses turpitudes. Aucune contestation possible, il est fait comme un rat !

La période propice est celle qui précède une rupture : le fautif, prenant conscience de ce qu'il risque de perdre, tente de rattraper le coup, et, plutôt que d'aller exposer verbalement à son conjoint son repentir, use du moyen de communication qu'il a sous la main, son Super-Phone, pour lui transmettre le message de la dernière chance. Jamais ne lui viendrait à l'idée que son écrit pourrait servir ultérieurement à sa perte : il veut seulement se faire pardonner, oubliant que ce pardon contient l'aveu de fautes commises. Aurait-il réfléchi que son message aurait été différent :

Ma petite Josy

Après ta colère de l'autre soir, j'ai préféré prendre un peu de recul pour aller réfléchir à l'avenir de notre couple ; j'ai d'abord pensé à nos enfants, auxquels je dois manquer et qui souffrent d'être séparés de leur père ; j'ai aussi pensé à tous les bons moments que nous avons passés ensemble depuis notre mariage, au point que tous nos amis du rugby ne cessaient de te porter aux nues, compte tenu de la qualité de ton accueil ; j'ai surtout pensé que tu devais te sentir bien seule, et ça, je ne l'ai pas supporté. C'est pourquoi, ma petite Josy, après ce break salutaire, je suis heureux de t'annoncer mon retour auprès de toi et de nos enfants, pour que tout recommence comme avant, et même mieux encore. J'ai considéré que je devais oublier ta dernière crise, et la mettre sur le compte de tes chiens qui ne sont pas toujours faciles à gérer. Voilà, j'espère que tu seras heureuse de ma décision. Ton cher mari, qui t'aime toujours, malgré tout.

Une telle rédaction, réfléchie, porte moins à conséquence si elle se retrouve sous les yeux d'un juge, non ?

Une autre période propice est celle de l'exercice des droits d'accueil sur les enfants : les mails ou SMS échangés sous la colère entre les parents sont souvent très révélateurs de leur caractère au point de révéler le dominant et le dominé : un parent gardien des enfants peut considérer l'autre comme quantité négligeable et lui imposer, au mieux des règles bien éloignées de celles définies par le jugement, et au pire une totale privation de ses droits ; il apparait parfois une volonté d'accaparation des enfants par l'un, avec exclusion totale de l'autre, pour des motifs imaginaires ; ces écrits sont précieux lors de débats judiciaires ultérieurs, avec toutefois un bémol : un juge ne lira pas des centaines de mails ou SMS échangés et figurant à son dossier, faute de temps compte tenu du nombre d'affaires qu'il doit gérer ; il faut donc extraire ceux étant les plus significatifs. Les avocats, souvent noyés sous une telle masse de documents, sont alors effrayés par leur nombre déversé sur leur bureau : le client ne s'étonnera pas alors de devoir lui payer des honoraires plus élevés que prévu, d'une part en raison des heures que leur bon Maître a du passer lui-même à lire tous ces écrits pour en surligner le meilleur du pire, et d'autre part du fait du coût de gestion par son secrétariat, du listage aux photocopies de cette multitude de pièces, (time is money).

Et tout ça, c'est régulier ? Normalement oui, s'agissant d'écrits. La preuve, dans tout procès est libre ; certains écrits, même s'ils ne sont pas considérés comme une véritable preuve, peuvent néanmoins servir comme étant un commencement de preuve. Alors pourquoi s'en priver ? Sauf que, tout arrive à trouver sa limite. Le document produit par l'un est censé être probant ou valoir commencement de preuve, sauf si l'autre démontre qu'il n'a pas été obtenu loyalement, s'agissant d'un document privé, comme le sont généralement toutes correspondances manuscrites ou informatiques échangées entre deux personnes, même sous forme de télécopies.

C'est la seule limite posée par les juges : le document ne doit pas pas été obtenu par violence ou par fraude, sous peine de rejet : bon, la violence nous éloigne des documents remis ou transmis dans le cadre d'un échange épistolaire usuel, puisque le destinataire est bien mis en possession par l'expéditeur d'un message lui étant affecté ; sont concernés les documents qui auraient été obtenus au mieux par mensonges ou au pire par un chantage ou des menaces et à l'extrême par de mauvais coups ; en général, la victime se plaint avant que l'auteur n'ait usé du document obtenu. Plus simplement, la fraude consiste à s'être procuré d'un document (ou des enregistrements) à l'insu de son détenteur par des moyens détournés. A l'époque de l'heure de gloire des courriers postaux, on appelait cela un détournement de correspondances privées : c'est ce qui est aussi appliqué aux moyens plus modernes de communication.

Donc, si vous détenez un document de manière tout à fait loyale, tout simplement parce que l'avez reçu par son expéditeur, alors vous pouvez l'utiliser sans crainte qu'il soit contesté. Par contre, il sera très risqué, si vous êtes un as de la bricole informatique, de trafiquer ou falsifier une transmission, en n'oubliant pas que, d'une part votre adversaire détient sans doute l'original de son envoi, et d'autre part que la mémoire de votre disque dur conserve tout.

Dès lors, un mail reçu peut être utilisé comme preuve, alors qu'un mail piraté sur l'ordinateur d'autrui par quelque manoeuvre prohibée vous exposerait à de sérieux soucis, si votre adversaire démontrait la supercherie. Par effet boomerang, le divorce aux torts de l'adversaire risquerait bien d'être prononcé aux vôtres, au seul motif de la magouille dont l'autre serait la victime. Pour le SMS reçu qui en vaut la peine, des précautions sont à prendre sous peine de contestation technique : reçu sur le téléphone portable, il est peu recommandé de tenter de l'éditer soit même, sous peine de se voir reprocher un bricolage ; là, il faut conserver le SMS original sur le téléphone que l'on va confier à un huissier de justice : avec un luxe de précautions destiné à garantir l'originalité du message, il connectera lui-même votre appareil avec votre code d'accès, cheminera jusqu'au lieu où se trouve déposé le fameux SMS, l'ouvrira pour en prendre connaissance, et reproduira son texte sur un constat officiel, contenant aussi l'ensemble des opérations réalisées pour y accéder, le tout avec des photos d'écran pour chaque phase. Ce constat coûte cher, et ne doit être réalisé que pour un bon SMS, bien probant par l'aveu qu'il contient en vue de la procédure. Votre avocat peut vous conseiller sur l'opportunité de faire établir ce constat, selon l'intérêt du message, afin de vous éviter une ruine financière chez l'huissier.

Les échanges sur les réseaux sociaux sont souvent terribles, car on correspond librement, pense-t-on avec ses « amis » et là on s'épanche ouvertement et parfois stupidement, surtout en période de divorce annoncé, en insultant le conjoint ou en annonçant ce qu'on lui réserve. Sauf que, les « amis » d'un jour ne seront pas forcément les « amis » du lendemain, et que du fait de la rupture, les « amis » de l'un pourront aussi devenir les « amis » de l'autre. Si le tri n'a pas été correctement fait, un « ami » devenu aussi « faux ami » pourra alors révéler la prose de l'un à l'autre. Les copies d'écran foisonnent dans les dossiers. A priori, les échanges entre « amis » n'ont rien d'illicite, puisque la prose douteuse a été mise à disposition de tout un réseau d' « amis » ! Il en serait autrement d'une intrusion déloyale dans le réseau d'un conjoint, par le biais d'une taupe à la solde de l'autre, qui lui transmettrait les infos et copies d'écran : ce serait une déloyauté qui devrait alors être prouvée par la victime, mais, vaste sujet que de démontrer que le tiers est une taupe : il est en fait un « ami » accepté séparément par les deux conjoints ! Bref, pour les adeptes des réseaux sociaux qui divorcent, il est urgent de faire le ménage dans ses « amis » et d'éviter de se répandre en abominations contre son conjoint si on ne maitrise pas les moyens de restriction de confidentialité. Bon, j'espère que vous avez compris cette histoire d' « amis », sinon demandez à vos enfants.

En tous cas, pour ne pas vous faire piéger, avant d'envoyer votre prose à votre conjoint, écrivez d'abord un brouillon en vous demandant, à la relecture, ce que le juge de votre divorce en penserait. Après, une fois bien soupesé, envoyez-le comme vous le voulez, par voie postale ou informatique. Si vous recevez un mot outrancier en réponse, si votre conjoint n'a pas lu ce billet, conservez le, ça pourrait servir au cas où...

Puisque les paroles s'envolent et que les écrits restent, en cas de crise, dites à votre conjoint ce que vous avez envie de lui transmettre de vive voix, de préférence en face à face et sans témoin ; l'appel téléphonique peut être enregistré, bien que l'enregistrement soit discutable devant un juge, si vous n'en étiez pas informé préalablement.

Les technologies modernes laissent des traces et un malheureux SMS peut, dans un divorce, se révéler aussi efficace que de l'ADN sur une scène de crime.

Par jean-claude.guillard le 27/08/12
Dernier commentaire ajouté il y a 9 années 4 semaines

Bof, comme dirait l'autre...normal : le flot et le jusant.

Des bouchons normaux à l'aller, des bouchons normaux au retour, et entre les deux flux, de l'eau...normale, l'étale sans bulles : une eau de mer fraîche, et peut- être trop fraîche ; Oh, pas partout : il y a bien un spot que seuls les aoûtiens à peau encore blafarde connaissent : le meilleur endroit du bain, là où l'onde fraîche est parcourue par un petit courant chaud, où ils s'ébattent seuls tranquillement, sans même qu'un seul poisson ne vienne les perturber : seule une mouette rieuse s'esclaffe en surplomb ; chut, ne le dites à personne, c'est juste en face du gros tuyau, là bas, derrière le rocher. Les initiés se gaussent à la vision des autres baigneurs normaux, parqués par des cerbères à jumelles au centre de la plage entre deux piquets, pour prévenir la noyade de ceux qui se jetteraient à l'eau sans savoir nager ; pauvres nageurs entassés par centaines dans cet enclos virtuel ; sont-ils conscients de patauger dans un bain de millions de bactéries échangées ici avec leurs congénères, dont chacun est naturellement porteur ? Et comme souvent, les parents normaux envoient leur progéniture tester le bouillon de culture, qui barbote durant des heures dans cinq centimètres d'eau, en lisière de la mousse blanchâtre qui n'a rien de l'écume des vagues inexistantes, respectueuses de deux piquets. Et dire que là bas, à quelques dizaines de mètres, les privilégiés ont accès au petit courant chaud... Non mais, il ne va pas nous pourrir les vacances avec son histoire d'eau légèrement polluée par les rejets normaux générés par le brutal quintuplement de la population locale !

Halte là, préservons les générations futures ! Ramenons la marmaille en lieu sûr, sur le sable blond et chaud. Mais là encore, c'est idiot cette histoire de marées qui réduisent un temps l'espace sablonneux, pour ensuite laisser la mer à des plombes de marche dans une vase douteuse ! Alors quand la bande de sable se fait symbolique, malheur aux amateurs retardataires ! Impossible de visualiser un quelconque lopin de sable disponible vu l'encombrement des draps de bain étalés à touche-touche : au moins, ce tapis en patchwork évite le contact direct avec une pollution encore pire que celle de l'eau : normalement, ce mouvement normal des marées doit lessiver à grande eau le sable chaud et rafraichir les petits courants chauds ; oui mais, un très vieil antagonisme oppose mer et serviette de bain : n'avez-vous jamais remarqué que plus le flot avance, plus les serviettes reculent et s'entassent pour faire front ! La nature étant cruelle, il arrive parfois que la mer emporte l'une d'elles, imprudente qui serait restée à sa portée...Mais globalement, il est établi que le lessivage du sable s'arrête à la lisière des draps de bains. Alors, que se passe-t-il sous ces draps, si le sable blond n'a pas été lessivé depuis la dernière pluie ?

Inutile de vous dire que tous les êtres microscopiques, marins ou humains, microbes ou bactéries malfaisants, qui ne sont pas nés de la première vague, ont bien compris que leur bien-être, voire la survie de leur descendance, résidait dans la présence de ces serviettes de bain ; ils vont tous ensemble, et par millions ou milliards, partager les vacances de adorateurs de Ra ; oh, non pas sur les serviettes, pour ne pas gêner, mais en dessous, et dans ce qui reste de sable apparent entre elles : vous savez ces bandelettes de sable chaud qu'il fait bon attraper dans ses mains pour en faire glisser les grains entre ses doigts ; ces mêmes doigts, qui d'ailleurs porteront ensuite à votre bouche le cornet de glace ou les morceaux d'un chichi bien huileux que son vendeur ambulant aura laissé rissoler toute la journée dans son panier, sous le plomb du soleil ; il ne pourra être taxé d'avoir rompu la chaîne du froid, que la chose vendue n'a jamais connue. Les bambins adorent le sable et ce qu'il contient : ils s'immunisent sans le savoir, trop jeunes pour connaître le microscope, révélateur de la faune inquiétante qui fréquente leur terrain de jeu estival.

Journée normale de plage en août pour les humains et micro-organismes ; faut bien que chacun y trouve son bonheur. Tiens, à propos de bonheur, on entend à peine, dans tout ce brouhaha, le haut-parleur qui crachouille que des parents ont perdu leur gamin, à moins que ce ne soit le contraire ; c'est vrai que dans les hurlements stridents et les pleurnicheries des mômes pour un oui ou pour un non, il nous avait bien semblé qu'il nous en manquait un ! Seuls les parents habitués au vacarme de leurs chérubins n'y font plus attention ; alors, on compte sur la charité humaine pour que la famille se reconstitue, sous les pleurnicheries angoissées de la mère et l'avoinée administrée par le père au petit fugueur, lequel n'est pas en âge de leur reprocher de l'avoir délaissé pour taper la causette avec les voisins de parasol, ou d'avoir lézardé au point de s'en griller la cornée à travers les paupières, perdant ainsi de vue la prunelle de leurs yeux. On remettra alors le petit à l'ouvrage, à ses creusements incessants de trous dans le sable, où, plus tard, à la fraîche, les vieux autochtones viendront s'y tordre la cheville.

Tiens, voilà le groupe normal d'ados qui émerge à 16 heures d'une longue nuit sans sommeil : il s'annonce à grand renfort de « musique » crachée par un engin portatif si volumineux que l'un d'eux doit le porter à l'épaule ; quand on pense qu'à la maison, il refuse de sortir la poubelle ! La bande cherche désespérément un emplacement pour nicher : l'astuce consiste à repérer les serviettes orphelines pour cause de bain de leurs propriétaires, et de s'y coller : l'effet de groupe fait le reste ; le baigneur imprudent ne séchera pas sur sa serviette, à moins de la partager avec quelques postérieurs étrangers ; ses tympans ne prisant pas la bonne musique, il partira poser son tapis ailleurs, permettant ainsi d'agrandir le cercle de la jeunesse. Vous avez sans doute remarqué, qu'à peine le voisin parti, le groupe, qui a développé et marqué son nouveau territoire en y entreposant armes et bagages, file aussitôt au bain, en hurlant et gesticulant, sautant pardessus les corps étendus sur son trajet, pour se jeter à l'eau en arrosant copieusement ceux qui ne voulaient pas se mouiller ; le miracle de Moïse s'accomplit à chaque fois : la mer s'ouvre à leur passage ; il arrive même que les sourds entendent leurs braillements. Mais, trop fraîche la flotte, leur bain de termine vite, et la mer peut se refermer sur leur sortie ! Les amateurs de sable se réjouissent évidemment de leur retour : tels des labradors sortant de l'eau, filles et garçons vont s'ébrouer les tignasses pour gratifier leurs proches voisins d'un rafraîchissement bienvenu ; et puis, les plus maniaques vont chasser de leur drap de bain le plus petit grain de sable, en le secouant vigoureusement à tous vents : prière de fermer les yeux à cent mètres à la ronde. Un tel groupe de jeunes ne tient jamais en place bien longtemps : à peine assis, voilà que l'un d'eux sort de son sac à dos, l'engin maudit, l'instrument du diable : le ballon de foot !!! ALERTE ROUGE dans le voisinage ! Les jeunes mâles sportifs laissent les filles à leurs potins et trouvent au bord de l'eau l'aire de jeu idoine, délaissée des baigneurs depuis leur précédente équipée marine. Soulagement sur le sable, sauf que, la marée étant montante, le terrain de foot l'est aussi... Saint Zidane, priez pour eux : les passes ne trouvent jamais leur destinataire et finissent sur les corps alanguis des lézards apeurés, les grandes chandelles sont autant de scuds venant s'écraser, au hasard des frappes, sur les civils apeurés ; n'avez-vous jamais remarqué que le tireur fou répugne à aller affronter ses victimes, et implore du regard un retour de l'engin destructeur : ça marche une fois sur deux, tout comme le merci attendu.

Comme dans chaque guerre, le pilonnage de la base arrière finit par engendrer une fuite aux abris des populations : les mères regroupent rejetons et intendance, les pères abandonnent la buvette pour revenir plier les parasols et secouer les draps de bains ensablés, pour ne pas emporter avec eux la faune microbienne de la plage, qu'ils lèguent à leurs successeurs : le terrain se dégage pour les jeunes footeux. Mais, c'est justement le moment qu'ils choisissent pour siffler la fin du match. Génial, toute la plage pour eux : il fait moins chaud, on étale très largement en cercle les draps de bains, les ricanements saluent les âneries des uns, les messes basses filtrent les amours estivaux des autres ; le soleil décline : une nouvelle et longue soirée se prépare. Il y a longtemps que les vigiles sauveteurs ont remisé leurs piquets et fermé boutique, après huit heures de bronzage forcé, laissant l'océan entier aux ultimes nageurs avisés .

La marée redescendra et remontera ensuite, comme le flot des vacanciers qui garnissent le sable de nos plages au mois d'août, profitant des bienfaits des marées bactériennes des juilletistes. Plus tard, lorsque la nature aura repris ses droits hivernaux, la plage retrouvera son aspect initial, avec un sable maintes fois lessivé par les flux et reflux de l'océan, avec ses débris végétaux transportés et déposés par les vagues le long de la grève au bonheur des oiseaux de mer retrouvant leur territoire.

Des vacances normales vous disais-je. Un flot de dossiers s'est échoué sur mon bureau : il parait que le jusant emporte ce que le flot a apporté. La Justice ignore le jusant.

Par jean-claude.guillard le 22/08/12
Dernier commentaire ajouté il y a 9 années 4 semaines

Chers amis lecteurs

Dolores, ma fidèle femme de ménage, qui surveille mon blog durant mes quelques congés caniculaires, m'informe d'une alerte rouge qui s'est déclenchée sur l'ordinateur, ce qui m'a conduit à lui transmettre ce message, pour qu'elle le mette en ligne. (Il parait qu'elle s'est essayée à calmer les ardeurs de certains visiteurs qui n'avaient pas compris que j'étais en vacanches) : bon courage à ceux qui ont tenté de lire son charabia !

Pour en revenir à l'alerte rouge, le diagnostic de l'avarie semble indiquer qu'elle provient du gestionnaire de ce blog, qui note les avocats bloggeurs selon leur popularité et leur activité, même au mois d'août ! Bon, vu l'indice de ma popularité qui est affiché au vert, soit « haute », rien d'inquiétant, bien qu'à cause de cet indice, même en vacances, je suis contraint de circuler avec une perruque (avec cette chaleur !!!) et des lunettes noires, pour éviter les paparazzis aux abords des plages. Non, le problème vient de l'indice d' « activité » qui s'est affiché en bleu , avec mention... « activité moyenne » !!! C'est comme si la France perdait son triple ou double A... pendant que Président, ministres et autres se dorent la pilule sur le sable ! On se fout de moi !!!

Malgré mes efforts estivaux pour satisfaire ceux d'entre vous qui m'ont demandé assistance, voilà que l'intendance informatisée du gestionnaire fait défaut, en me classant au rang des fainéants. Dolores a bien fait de m'alerter. Alors, pour les gars de l'intendance, qui s'amusent, depuis le bord de leurs piscines, à activer les voyants bleus de la blogosphère au mois d'août, je vais leur montrer ce que peut être une activité de fainéant. C'est la seule manière de faire baisser la température de leur attirail et de rétablir les curseurs à leur bon positionnement.

Alors, désolé pour vous : je donne quartier libre à Dolores (que je remercie d'avoir répondu pour moi à vos derniers messages sans avoir trouvé un correcteur d'orthographe) et vous abandonne momentanément pour cause de test technique, mon voyant personnel étant aussi passé au rouge de colère.

Le retour à la normale des voyants défectueux annoncera le mien.

Messieurs les Censeurs, bonsoir.

Photo Gilles Gasteblet

http://photos.linternaute.com/auteur/7498973/1206331478/

Par jean-claude.guillard le 11/08/12
Dernier commentaire ajouté il y a 9 années 2 semaines

Bonchour

Ché la femme de ménache du burau du mêtre GUILLARD : le burau il est fermé, le mètre il est parti sur la plache avec la madame

Il fôt pas envoillé de messaches chur chon blok, ya persone pour répondre et cha fé de la pouchière sur l'ordinatère et cha bloqe pour rien. En pluss, le povre mètre il et trait fatiqué et y va pas etre contan a chon retoure avek tou che travaye .

Alor merchi d'atendre juchqa la fin du moi, de toute fachon vous auré pas de réponches, moi yé ni coné rien.

Merchi pour loui

dolores

Par jean-claude.guillard le 13/07/12
Dernier commentaire ajouté il y a 1 mois 1 semaine

Ouf, au terme d'une rude épreuve, le fameux jugement de divorce a finalement été rendu et l'avocat en a transmis copie à son client : on l'a vu, lu et relu : selon les cas, il est bon, acceptable ou catastrophique. Alors, champagne, cidre doux ou vinaigre ?

Inutile de se précipiter pour fêter l'issue du mariage, ce jugement n'étant pas encore de nature à vous avoir libéré du fameux lien conjugal, dont fut sans doute tirée l'expression « se passer la corde au cou ». Pour que le lien soit coupé, les deux époux doivent tous les deux accepter le jugement ainsi rendu ; ce sera le cas d'un jugement de divorce par consentement mutuel qui ne présente aucune surprise puisque les époux ont contribué à sa rédaction. Il suffit dès lors que chacun signe un acte d'acquiescement à ce jugement pour qu'il devienne définitif à la date portée sur la dernière des deux signatures. Dès ce jour, l'avocat va faire porter la mention de ce divorce sur l'acte de mariage, preuve pour le monde entier que vous êtes à nouveau célibataire, et disponible sur le marché matrimonial.

La même situation peut se retrouver dans les autres formes de divorce, si finalement la lecture du jugement ne contient pas de dispositions de nature à vous faire dresser les cheveux sur la tête : ça aurait être pu être mieux, mais aussi être pire. Alors, pour ne pas tenter le diable, les deux vont accepter un jugement de Salomon et en rester là, en signant l'acte d'acquiescement que chaque avocat fournira à son client ; le jugement devient alors définitif. L'un des deux avocats se chargera de la mention en marge de l'acte de mariage. Précision importante : toutes les dispositions prévues par le jugement acquiescé deviennent alors aussitôt applicables, y compris évidemment celles traitant des conséquences du divorce.

Le vinaigre est réservé au jugement qui ne satisfait pas, et même pas du tout, l'un des époux, voire les deux. La Loi permet en effet de contester un jugement si l'on estime que le juge l'ayant rendu s'est trompé : il pourra alors être soumis à la Cour d'Appel dont relève ce premier juge, juridiction de recours. On a un mois pour faire appel, non pas depuis la date du jugement, mais à compter du jour où l'un des deux époux, finalement satisfait, va le faire signifier à l'autre de manière officielle par huissier de justice. C'est au jour de la réception de cet acte, que l'heureux destinataire n'a plus qu'un mois pour réfléchir à son appel. S'il décide d'en arrêter là les frais, le jugement de divorce deviendra alors définitif au terme de ce mois, et son adversaire pourra obtenir un certificat de non appel, qui permettra de faire mention du divorce sur l'acte de mariage.

Les choses se corsent, si l'appel est inscrit : dès lors, le jugement reçu devient inapplicable (sauf pour les mesures relatives aux enfants, qui s'appliquent même en cas d'appel), au seul motif qu'il sera rejugé par la Cour d'appel. Mais, attention, si la décision du premier juge est privé d'effets, certaines mesures provisoires qui étaient applicables depuis l'ordonnance de non conciliation vont être maintenues pendant toute la durée d'appel ; ce peut être le cas d'une pension alimentaire versé au profit du conjoint. Et oui, la bonne vieille obligation de secours entre époux qui est née le jour de votre mariage ne cessera qu'au jour du divorce définitif, c'est-à-dire, dans la plupart des cas, lorsque la Cour d'Appel aura rendu sa décision. Ah, bon ! Alors on peut y échapper à cette obligation de secours ? Faut pas rêver...la chance est infime.

Une situation peut cependant être abordée : le jugement rendu prononce le divorce aux torts partagés et statue sur ses conséquences, notamment en octroyant une prestation compensatoire au profit de l'épouse (simple hypothèse évidemment) ; satisfaite, elle fait donc signifier le jugement à Monsieur, qui décide de faire appel. Son avocat lui conseille astucieusement de faire appel seulement sur la question de la prestation compensatoire, et de laisser tomber la question des torts du divorce. Monsieur est d'accord et cet appel limité est inscrit. Recevant la déclaration de cet appel, Madame va réagir et attendre que l'avocat de Monsieur déposé devant la Cour d'appel ses conclusions explicatives sur son seul problème de prestation compensatoire. Quand, il aura déposé sa prose, que Madame connaitra alors, elle va devoir répondre...

Monsieur, qui a retrouvé prestement chaussure à son pied, interroge son avocat pour savoir s'il peut se remarier : en réalité la question est : mon divorce est-il définitif ? La réponse est évidemment non, car, si Monsieur n'a effectivement pas contesté le prononcé du divorce en limitant son recours à la seule prestation compensatoire, Madame n'a cependant pas acquiescé au divorce, qui n'est donc pas encore définitif. Monsieur apprend alors que la pension alimentaire qu'il versait à sa tendre et chère depuis l'ONC doit être poursuivie, puisque l'obligation alimentaire ne cesse qu'au jour où le divorce est définitif. « Mais, jusqu'à quand » ?, s'étrangle le pauvre homme !

On est là au coeur du sujet : devant la Cour d'appel, c'est maintenant à Madame de répondre aux conclusions de Monsieur, et cette réponse sera décisive. Si elle se contente de répliquer à la seule contestation de son mari sur la prestation compensatoire, bingo pour lui ! Le divorce sera devenu définitif au jour des conclusions de Madame, puisqu'elle n'aura pas contesté le divorce, pas plus que lui et la Cour d'appel n'aura qu'à seulement que l'histoire de la prestation à trancher. Mais, si, avisée ou utilement conseillée, elle profite de ses écritures en appel pour former un « appel incident » sur l'entier jugement, c'est-à-dire y compris sur le prononcé du divorce lui-même, alors exit du premier jugement ; la cour d'appel va rejuger du tout, et par voie de conséquence se sera elle qui prononcera le divorce dans son arrêt final. Il va sans dire que Madame disposera, en bonus, d'une prolongation de sa bonne vieille pension alimentaire que Monsieur lui verse depuis l'ONC, puisque, vous l'avez compris, pas de divorce = pas de cessation de l'obligation de secours entre époux = maintien de la pension.

En résumé, en règle générale, le divorce devient définitif à la date du dernier acquiescement signé si les deux époux y ont consenti, ou au terme du délai d'un mois si aucun recours n'a été formé contre le jugement signifié. Plus particulièrement, en cas d'appel, le divorce deviendra définitif au jour de la décision de la Cour d'appel, sauf si aucun des époux n'a entendu contester devant cette Cour le divorce lui-même, auquel cas il deviendrait définitif à la date de l'appel incident ainsi limité aux seules conséquences du divorce.

Pour cette dernière situation, il ne faut quand même pas trop rêver, la stratégie étant, lorsqu'un conjoint a obtenu du juge conciliateur des avantages liés à l'obligation de secours (pension alimentaire et ou attribution en jouissance gratuite du domicile conjugal), qu'il en tire profit jusqu'au bout, c'est-à-dire, en cas d'appel, jusqu'à la décision finale de cette Cour, et ce en indiquant benoitement dans ses conclusions d'appel qu'il conteste le prononcé du divorce.

Le cocasse de l'histoire est que, le plus souvent, l'auteur de cet appel incident n'a strictement rien à dire sur le prononcé du divorce, notamment si les époux avaient opté pour le divorce accepté dont on sait qu'il est irrémédiablement acquis dès la signature devant le juge conciliateur d'un procès verbal d'acceptation de la rupture du mariage ! Ce justiciable sera un des seuls à pouvoir soutenir en appel tout et son contraire : « je fais appel pour contester le divorce prononcé par le premier juge, mais je demande à la Cour de confirmer son jugement sur ce point ». Ce justiciable échappera à la sanction de l'abus procédural. La Cour de Cassation l'absout de tout péché, au motif qu'il avait intérêt à laisser perdurer son plaisir. Amen.

Par jean-claude.guillard le 07/07/12
Dernier commentaire ajouté il y a 7 années 7 mois

Il circulait paisiblement dans son véhicule en maudissant l'insecte qui l'avait sauvagement agressé la nuit passée au niveau de la tempe droite ; sans doute un moustique de la pire espèce à en juger par cette douleur urticante qui le taquinait encore. Machinalement, il porta sa main vers l'endroit maudit où aller se gratter pour calmer la démangeaison : il pensa qu'il devrait sans doute passer à la pharmacie pour trouver une pommade apaisante.

Soudain, une sirène stridente le tira de ses pensées. Il vit surgir à la hauteur de sa portière une moto chevauchée par un cavalier casqué et ray-banné, lui intimant l'ordre de se garer illico, ce qu'il fit, alors que survenait un second écuyer portant le même uniforme. Par une brève analyse de sa mémoire immédiate, il chercha vainement un motif à cette immobilisation forcée. L'excès de vitesse n'était pas de mise, pas plus que son insuffisance ; il n'avait traversé aucun feu tricolore ; il n'avait pas refusé de priorité. Il devait alors avoir un feu de position défaillant ou une bricole de ce genre.

Après une brève présentation (des papiers du véhicule), l'un des pandores, brandissant son carnet à souche, l'informa de sa verbalisation pour... usage de téléphone portable durant un temps de conduite! Notre homme jura qu'il n'avait pas téléphoné, et que d'ailleurs son appareil était encore dans la poche de son jean, d'un accès très malaisé en position assise ; joignant le geste à la parole, il tenta devant son interlocuteur d'extirper l'engin de son logement, ce qu'il fit au prix de maintes contorsions et après dégrafage de sa ceinture de sécurité. Cette démonstration ne fut pas concluante pour les deux voltigeurs, jurant de concert qu'ils l'avaient bien vu, de leurs yeux vu, téléphoner en conduisant : deux paires d'yeux assermentés affirmaient l'infraction, et l'une d'elle avait déjà définitivement orienté son acuité vers la page d'accueil du cruel carnet.

Notre homme fut prié de venir confirmer son méfait, alors qu'une sourde colère montait en lui ; pendant que son accusateur, devenu scribe, s'appliquait à ne rien oublier du pedigree de son « client », la lumière jaillit de la mémoire de ce dernier : mais oui, mais c'est bien sûr, il avait bien, quelques instants plus tôt, porté la main à sa tempe, par la faute du... moustique ! Il y avait maldonne, osa-t-il, essuyant pour toute réponse un sourire goguenard de ses deux accusateurs. Malgré sa supplication, aucun des deux n'a daigné examiner la trace de l'effraction commise par la bestiole. « Un moustique... elle est bien bonne celle là», pouffaient les assermentés! Il fut invité à parapher leur parchemin, au pied duquel il ajouta néanmoins en codicille trace de sa contestation, sous leurs regards égayés.

La prune était chère et amère ! Alors, plutôt que de vaquer à ses occupations prévues, notre homme a dû partir en quête des preuves de sa bonne foi : pour enrichir le trou de la sécu, il alla derechef consulter son médecin pour être doté d'un certificat attestant de son bobo temporal avant qu'il ne s'estompe (qui lui a d'ailleurs prescrit, joignant l'utile à l'agréable, une pommade ad' hoc) ; il est ensuite passé à l'agence de son opérateur téléphonique pour obtenir un tirage certifié du journal de ses appels du jour, émis et reçus (qui n'en mentionnaient aucun à l'heure indiquée sur la prune) ; il a enfin pris contact avec un avocat pour donner suite à sa réclamation.

Il devra donc, ultérieurement, devoir perdre encore une demi-journée pour répondre à la convocation du juge qui aura à analyser le rôle déterminant du moustique, le geste d'une main près de l'oreille qui présumerait qu'elle ait été porteuse d'un mobile, et l'incidence de la coupe étroite d'un jean sur l'extraction, en position assise et avec ceinture de sécurité bloquée, d'un téléphone fourré dans la poche. Bien évidemment, le tout sous le rappel par le ministère public agacé de la force des constatations de deux représentants assermentés de la maréchaussée. Le juge trouvera-t-il la force morale de faire analyser l'acuité visuelle des deux ou se contentera-t-il de penser que, même borgnes, les jumeaux verbalisateurs auraient encore disposé d'une paire d'yeux valides. A moins que l'avocat, dénué d'humour ou compatissant pour le magistrat, ne présente d'entrée le journal des appels, pour alléger la durée d'une audience dédiée à une trentaine de cochons de payeurs, tous venus clamer leur innocence, les bougres.

Alors, au terme de ce long périple, notre homme sera peut-être blanchi et force sera alors de constater que l'oeil du gendarme n'est plus ce qu'il était, ou que l'obligation de faire du chiffre entraine parfois l'apparition de troubles visuels.

Quoiqu'il en soit, l'histoire méritait d'être racontée, afin que vous, automobilistes mes frères, preniez garde à l'usage de vos mains lors de la conduite : tout contact manuel avec l'oreille ou la région temporale crânienne vous est fortement déconseillé, étant susceptible de vous exposer à une amende et un retrait de points si vous aviez dans l'habitacle de votre véhicule, l'engin maudit en fonctionnement ou même éteint. Ce qui est vu est vu.

Un jour viendra où un Sherlock Holmes en vélo, plus avisé qu'un autre, stoppera net le véhicule d'un conducteur atteint d'un toc lui faisant se gratter l'oreille à répétition, tel un chien au pavillon auditif endolori, qui n'aura pas pris la précaution d'avoir avec lui un certificat de son toubib ; ou encore, un vieux pilier de rugby aux oreilles en feuille de chou, qui portera ainsi la preuve d'un usage intensif de son portable, au point d'être présumé multirécidiviste.

L'oreille vous gratte, la prune vous guette : arrêtez votre véhicule sur le bas coté, avant de vous soulager, mais n'oubliez pas de mettre préalablement votre clignotant, ce serait idiot d'être verbalisé.

Par jean-claude.guillard le 29/06/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 10 mois

Les effets pervers de la crise économique qui ravage les pays européens, dont le notre, influent sur le quotidien et peuvent générer des situations conflictuelles entre conjoints qui envisagent alors de se séparer ; mais autant l'union des deux permettait de faire le dos rond en attendant des jours meilleurs, autant la rupture risque d'entrainer de sacrés problèmes financiers.

Un divorce en pleine crise économique ne manque pas de poser problèmes à certaines couches de la population, non pas aux plus fortunées qui ont des réserves financières, ni aux plus démunies qui bénéficient d'aides et assistances diverses, mais aux foyers intermédiaires dont généralement les deux conjoints travaillent et cumulent leurs revenus, trop élevés pour bénéficier d'aides et pas assez pour faire face aux conséquences d'une rupture. Ils ont souvent deux enfants mineurs à charge, permettant de bénéficier d'une allocation familiale modérée, et sont propriétaires d'une maison pour laquelle ils paient un emprunt pesant lourdement sur le budget commun.

Un divorce contentieux devient une catastrophe économique, ayant des conséquences inéluctables : la séparation du couple sera entérinée par le juge, ce qui signifie que chacun devra avoir un logement séparé, soit en clair et au mieux l'attribution en jouissance du domicile commun pour l'un, et un déménagement ailleurs pour l'autre. Qui paiera les échéances du prêt immobilier commun ? Celui qui restera dans la maison, souvent avec les enfants ? Peut-être, mais que lui restera-t-il ensuite pour faire vivre son foyer, surtout qu'il devra aussi supporter seul les charges courantes de la maison, le tout avec son seul salaire. Bien sûr, l'autre devra contribuer à l'entretien et à l'éducation des enfants en versant une somme mensuelle, mais cette somme tiendra compte du fait qu'il devra aussi supporter, sur son seul salaire, le loyer d'une nouvelle résidence d'importance suffisante pour accueillir les enfants, et les charges courantes et taxes. Au surplus, chacun va devoir supporter seul ses propres impôts sur le revenu, majorés du fait de sa qualité de célibataire, cible privilégiée du fisc.

Il arrive régulièrement que les couples qui ont ainsi analysé les conséquences de leur futur divorce renoncent à l'engager et soient contraints de cohabiter bien que la vie commune soit devenue très difficile à supporter. Et puis, un jour l'un d'eux craque et engage la procédure malgré ses dangers. La débâcle financière est proche chacun tentant de jouer alors sa carte personnelle pour survivre et espérant du juge la meilleure compréhension. Le juge ne pourra pas faire de miracles. Il est bon de rappeler qu'en matière financière il devra composer entre les revenus et charges de chaque conjoint et les besoins des enfants. Fort heureusement, les juges dans leur majorité refusent de faire application d'un barème sorti de nulle part, qui aboutissait à ne préserver, pour le conjoint devant payer une pension enfants, que la valeur d'un RSA !

Alors, que faire ? La réponse est simple : divorcer intelligemment. Plus facile à dire qu'à faire. Mais...

Le divorce par consentement mutuel permet aux conjoints de décider d'eux même du contenu de leur futur jugement, et au surplus avec le même avocat s'ils ont trouvé les accords sur toutes les conséquences de leur rupture ; un seul avocat au lieu de deux, avec un partage possible de ses honoraires, voilà déjà une première économie. La procédure est simple et rapide.

Pour y parvenir, les deux conjoints doivent aborder leur discussion aussi loyalement que possible, seul moyen de trouver des solutions équitables.

Le point essentiel et prioritaire à traiter au plan économique est celui de la maison et par suite de l'emprunt qui pèse lourdement sur le budget ; dans la mesure où aucun des conjoints ne souhaite, ou ne peut, conserver la maison, la décision de sa mise en vente doit être immédiate ; le prix de vente doit permettre au moins de solder le prêt immobilier. Chacun repartira donc à zéro (ou avec un petit capital issu du partage du solde du prix de vente) ; ce sera mieux que de repartir avec l'emprunt sur le dos, impossible financièrement à gérer seul. L'idéal est alors de différer l'engagement du divorce jusqu'au jour où l'immeuble n'existe plus dans le patrimoine commun. Sa vente entrainera alors la nécessité pour chacun des deux conjoints de se doter d'un nouveau logement : le paiement de la charge en sera alors plus aisé, puisque l'ancien emprunt commun sera soldé.

Ce relogement séparé engendrera alors l'obligation pour les conjoints de répondre à la question suivante : chez qui résideront les enfants ? C'est aborder déjà l'établissement de votre futur jugement de divorce par consentement mutuel : le choix réside dans trois situations, chez la mère, chez le père ou en résidence alternée si les nouveaux logements sont proches des lieux de scolarisation des enfants.

Le reste de la convention parentale s'enchaine alors dans les deux premiers cas cités :

1° - quels seront les droits du parent chez lequel les enfants ne résideront pas habituellement ? Le principe est celui de la convenance mutuelle des parents, mais une clause doit prévoir, à défaut, un droit de visite en principe un week-end sur deux au minimum et un droit d'hébergement durant les congés scolaires soit le plus souvent par moitié.

2° - Quelles seront ses obligations ? Il s'agit d'aider financièrement celui des parents chez lequel les enfants résideront habituellement, par le versement mensuel d'une somme d'argent, pour contribuer à leur éducation et à leur entretien. Le montant est librement fixé par les parents dans un consentement mutuel, selon les besoins des enfants et les revenus disponibles des parents.

Pour la résidence alternée, chaque parent assume la charge des enfants durant sa période de résidence et les frais scolaires et extrascolaires sont partagés ; l'alternance est poursuivie durant les petites vacances et les congés d'Eté sont généralement partagés par moitié.

* * * *

Ensuite, dans les conséquences de la rupture entre les époux, les deux questions essentielles auxquelles il doit être trouvé une réponse commune sont les suivantes :

3° -Comment s'appellera Madame après le divorce ? Soit elle reprend son nom de naissance, soit elle veut conserver le nom du mari qui doit alors donner son autorisation.

4° - Une prestation compensatoire est-elle demandée par l'un des conjoints à l'autre ? Dans la situation économique des conjoints, traitée dans ce billet, chacun ayant des revenus à peu près similaires, la réponse est souvent négative, car le droit à prestation compensatoire n'est ouvert qu'en cas de disparité de situation découlant du divorce. L'avocat commun sera à même de vous fournir tous renseignements complémentaires sur ce sujet qui est complexe et qui, pour information, a fait l'objet de traitements spécifiques dans ce blog. Il est important de savoir que cette prestation ne peut plus être demandée une fois le divorce prononcé.

* * * *

Et, pour en finir, resterait à traiter l'ultime partie du consentement mutuel, savoir le partage de biens. Mais, si l'immeuble commun a été vendu et son prêt soldé comme recommandé supra, restera à trouver l'accord de partage de ce qui reste, souvent rien ; en effet, les conjoints se sont souvent répartis mobilier et soldes de comptes bancaires lors de la vente de la maison pour remeubler leur nouveau logement ; dans ce cas, il suffit de porter mention de ce partage antérieur dans la convention de divorce.

Voilà, tel est le cheminement pour ne pas trop souffrir des conséquences de la rupture et ainsi fabriquer son propre jugement de divorce commun avec un seul avocat, qui mettra en forme tous vos accords, selon des conventions qui seront alors soumises après signature au juge qui prononcera, par leur homologation votre divorce, dans un délai extrêmement bref. Son coût économique en sera ainsi très réduit par rapport à celui des autres procédures, dont le temps à y consacrer est inconnu puisque dépendant de l'importance des désaccords qu'un juge devrait trancher.

C'est un avantage, en cette période de crise financière, qui n'est pas à négliger et qui vaut bien que les époux trouvent la volonté de surpasser leurs différents personnels, sans grand intérêt en cette matière, pour prévenir les catastrophes financières. Si vous trouvez des réponses communes aux questions posées ci-dessus, vous êtes sur la bonne voie.

Par jean-claude.guillard le 21/05/12
Dernier commentaire ajouté il y a 9 années 3 mois

Les temps sont durs avec cette crise qui nous oppresse : tout augmente et ça risque d'être pire encore. Le changement s'était hier et maintenant on est au pied du mur pour savoir comment on va changer.

Le premier mois du changement va s'écouler : il fut bien arrosé au grand dam des contributeurs au redressement de l'économie nationale. C'est injuste. Tous ceux qui avaient prévu de relancer la consommation de glaces en cornet dans les zones balnéaires défavorisées sont atterrés.

Pensez, tous les calculs optimistes de nos brillants économistes ont été anéantis : on avait misé, dès la distribution du calendrier 2012 des pompiers, sur une croissance des jours de repos en Mai, soit, pour qui savait s'organiser, 14 jours sur 31. Excellent rythme de développement, permettant de produire pour moitié du temps, pour mieux consommer dans l'autre.

Hélas, cette consommation est scientifiquement dépendante des éruptions solaires et de la température extérieure générée. Et là, notre astre salvateur a méconnu les effets du changement, dont il n'avait peut-être pas été informé.

Résultat : des hordes de consommateurs avisés, qui avaient déjà pris leurs dispositions pour ne pas produire durant quatorze jours, ont remballé le matos, tentes, parasols et vélos, et sont restés dans leur nid douillet. Ils ont heureusement pu étancher autrement leur soif de consommation, pour participer néanmoins à l'effort national. La nature, venant au secours du changement, a ajouté à la précieuse récupération et au stockage des eaux de pluviales, de petits frimas, dédiés aux Saints de glace malgré la laïcité ambiante, qui ont permis à nos naufragés de Mai de consommer différemment : rallumer le chauffage central, faire chauffer le téléviseur ou faire ronfler le moteur de la caisse en faisant le tour du quartier sous la pluie pour fêter le prix de l'essence à la pompe. Tout est bien qui finit bien.

Ce mois de Mai, propice aux révolutions, fut bien le premier mois annonciateur du changement de notre économie ; mais attention, se profile le vilain mois de Juin, désolant avec ses fêtes des Mères et des Pères odieusement fixées le Dimanche par l'ancien régime, alors que l'intérêt national imposerait le choix du Vendredi, voire du Lundi ! Voilà, une réforme économique majeure à traiter au plus tôt.

Bon, ce maudit mois de Juin passera vite, surtout si le Soleil et le foot nous viennent en aide.

Après, ce n'est que du bonheur, avec une longue période de repos bien mérité de préférence en Juillet, permettant de profiter ensuite du meilleur mois de consommation de l'année, soit l'excellent mois d'Août quand la production n'existe plus, faute de fournisseurs. « Vacances en juillet se prolongent en août », comme le disait Léon (Blum pour les plus jeunes)

En réalité, pour le changement, on y verra plus clair en Septembre, lorsque les premières feuilles d'impôts tomberont, que les hausses de toute nature nous seront révélées et que les marchands de glaces en cornet défileront pour exposer leur triste sort.

Vivement demain.

Par jean-claude.guillard le 20/04/12
Dernier commentaire ajouté il y a 9 années 4 mois

Ouf, ça y est, on va pouvoir en finir de soirées fastidieuses et répétitives qui nous gâchaient l'épisode fatidique de notre série américaine préférée, ou nous privaient d'une mi-temps au moins du match de foot de l'année, ou pire encore du documentaire sur la vie intime du frelon asiatique. Et tout ça pour savoir quel bulletin mettre dans l'urne le jour J.

Pas un soir sans que l'on ne trouve sur nos écrans familiaux l'un des personnages ayant réussi à dégoter 500 signatures pour avoir le droit de venir nous asséner de lénifiants discours sur sa vision future de notre monde franchouillard. Et, pour ceux qui l'auraient raté, le même se produit sur une autre chaine dès les jours suivants, à la suite de ses compères. Une vraie tournante, je vous dis.

Désormais, pour les allergiques aux médias, le portrait des impétrants à la Présidence de la République (il convient quand même de le rappeler) s'affiche dans nos villes, sur des panneaux idoines, tels les piloris de jadis qui permettaient à la plèbe de bombarder les têtes exposées de tous projectiles disponibles.

Dans quelques heures, les candidats seront muets pour laisser aux citoyens le temps de digérer la pitance servie jusqu'à l'indigestion ; il leur faudra choisir les deux survivants aptes à leur préparer la meilleure soupe, ou à défaut celui ayant la meilleure facture. Et pour les membres du jury qui n'auraient ni vu ni entendu, nos boites à lettres se sont remplies d'un coup de la prose de chacun, avec son portrait dédicacé.

Alors, sur les dix candidats, à la fin du jeu après les épreuves de confort et de survie, il n'en restera qu'un, comme dirait un présentateur télé spécialiste en survivance.

Il est déjà possible de les classer par rubriques, selon qu'ils croient vraiment à leur chance d'endosser le costar du détenteur du code de la force de frappe, ou bien qu'ils ne sont là que pour faire de la figuration, pour leur compte ou celui d'un autre candidat, le temps du premier tour de manège.

Dans la seconde catégorie, figurent deux candidats révolutionnaires portés par les militants au rang de têtes de gondole ; un homme au regard attendrissant et au nom enfantin, totalement atypique dans sa course au pouvoir, puisqu'il n'en veut pas pour lui-même, rêvant de l'offrir à ses sympathisants pour qu'ils coupent dans la joie et la bonne humeur quelques têtes d'un ancien et honni régime capitaliste. Son discours est particulier, mais il a su trouver le ton de la bonne humeur, ce qui prouve que nul n'est parfait. Et, puis, vient son pendant féminin, héritière de l'illustre Arlette détentrice du record de participations au jeu, qui affiche aussi son goût prononcé pour les thèses radicales tendant à liquider tout ce qui n'appartient pas à la classe laborieuse, dont elle exclut les bourgeois, qui ne seraient pas à ses yeux des producteurs, mais des privilégiés: c'est bon à savoir ; la dame, au look idoine à celui d'une Arlette jeune, a par contre le défaut de ne pas pouvoir maîtriser son discours, emportée par quelques mimiques haineuses qui font froid dans le dos de l'auditeur, qui ne peut s'empêcher de se tâter le col pour savoir si sa tête est encore sur ses épaules.

En vérité, ces deux là qui n'ont aucun espoir de bien figurer, roulent, sans vouloir le révéler, pour autrui, si bien que la bourgeoisie décriée aura la chance de bénéficier indirectement de leurs ultimes faveurs.

Et puis, à ranger aussi dans la catégorie des figurants, un homme d'âge mûr, dégarni et grisonnant, portant cravate et lunettes fines, sorti de nulle part, au discours cohérent, chantre de la physique nucléaire et des voyages interplanétaires, qui, faute de parti, en est à chercher des sympathisants martiens plutôt que des honneurs : un gourou de la politique scientifique pour amateurs éclairés

Dans une catégorie supérieure, l'erreur de casting de l'année : la dame qui ose porter de vilains bésicles verts en plastique, sans doute pour que l'on identifie ce qui est écolo chez elle ; elle est la suppléante par défaut de l'icône d'Ushuaia, coq effrayé par la cacophonie du poulailler bio. La Nature étant disparate, la candidate n'a pas le profil télégénique, et son discours est hésitant et mièvre, au point que l'on a du mal à imaginer qu'elle fut il y a peu la terreur des délinquants en col blanc, réels ou supposés. Tous en ont gardé un souvenir ému et regrettent sans doute qu'elle n'ait pas été dotée à l'époque de ses vertes lunettes qui auraient détendu l'ambiance. L'ex blonde scandinave, à l'accent délicieux mais peu compréhensible, n'a pas su mettre ses charmes en valeur, et risque d'entrainer ses adeptes au ras des pâquerettes du pré verdoyant de leurs rêves.

Et, puis, voilà Jean-Luc, ex-socialiste reconverti dans un front de gauche, qui s'est trouvé une vocation de rock star pour organiser des concerts géants et gratuits très prisés par le peuple avide de jeux du cirque, à défaut de pain. L'homme a la verve et la dialectique pour faire vibrer ses fans : on n'est jamais aussi heureux que d'écouter ce que l'on a espéré entendre. C'est dans la lignée d'un célèbre « je vous ai compris », dont nul n'ignore désormais la portée. Jean-Luc récolte des fruits qu'il ira ensuite déposer dans la corbeille de ses anciens compagnons de route ; il n'a heureusement aucune vocation à endosser le treillis de chef des armées, lui qui a voté jadis contre l'entrée en guerre de la France aux cotés de ses alliés pour venir au secours du petit Koweït envahi. NDLR: rien à voir avec Jean-Luc LAHAYE, chanteur et gloire des années passées.

A tribord toutes : au bout de l'échiquier, Marine, jeune femme ayant hérité des gênes gênants de son paternel, mais qui affirme avoir subi un traitement spécifique pour les faire disparaitre. Aucun certificat médical n'est produit. Elle a son franc-parler, cogne sur tout ce qui bouge, et prétend avoir entendu des voix célestes pour bouter hors de France tout ce qui ne lui apparait pas franc, mais prône le rétablissement du franc ! Va comprendre Charles... Sa spécialité, c'est l'économie : elle a pu traduire à sa manière les fiches dont on l'avait dotée en cas de trou de mémoire, si bien qu'elle s'estime parée pour boucher les très gros trous de notre économie.

A l'impossible, nul n'est tenu : le descendant géographique de notre bon Roi Henri le quatrième, use de maints stratagèmes pour tenter de se situer sur l'échiquier, en jouant des coudes pour trouver une place qui lui est refusée. De quoi bégayer sa politique. En se proclamant arbitre de deux blocs opposés, il risque l'écrasement : selon l'écartement des couches tectoniques, parfois il respire, parfois il étouffe. Il est certain qu'il ne pourra tenir ce rythme, et qu'il devra à terme choisir son bloc pour ne pas périr. En attendant, il distribue cartons jaunes et rouges à tout va quand résonne en lui la célèbre phrase du jeune Philippe le Hardi à son royal père Jean II, « Père, gardez vous à droite ! Père, gardez vous à gauche ! ». Résultat, bataille perdue et dislocation de notre bon royaume de France. Ah, Histoire, quand tu nous tiens...

Enfin, on en arrive au lourd : deux candidats qui risquent de se retrouver dans l'épreuve finale, dite des poteaux. Ils ont pour eux d'avoir pu bénéficier de coachs réputés, d'être durs au mal et de savoir haranguer leurs troupes pour les galvaniser, tant que faire se peut.

L'un d'eux présente la particularité d'être un excellent grimpeur, puisque, s'il atteignait le plus haut barreau de l'échelle, il serait l'un des rares à devenir chef sans avoir été sous-chef ; peu lui importe de ne pas avoir testé les rouages ministériels du pouvoir, il se sent propulsé vers le haut par les multiples courants de ses partisans, soufflant tous, une fois n'est pas coutume, dans le même sens ; habilement, il a su changer de compagne sans réitérer l'erreur passée qui l'avait conduit à laisser la première tenter sa chance sur l'échelle avant lui, le réduisant à des tâches ancillaires. Il se voit entrer dans les habits d'un ancien Président défunt issu de sa caste, et a entrepris pour ce faire un régime alimentaire rigoureux, l'ayant mis à la maille. Il semble toutefois ne pas avoir totalement pris la mesure de la tâche qui l'attend, puisque, par atavisme sans doute, il promet à grands frais monts et merveilles à ses partisans, alors qu'ils n'ignorent pas que l'époque est plutôt à l'économie. Mais, ils savent aussi par expérience que les promesses sont faites pour ne pas être tenues, comme le disait François son mentor.

Enfin, le dernier n'aura pas besoin d'essayer le costume du capitaine ou plutôt du pacha : il le porte déjà, ce qui est un avantage mais aussi un gros inconvénient tant il est taché de sueur. Ce petit homme a la démarche volontaire et chaloupée du marin qui a essuyé de multiples tempêtes, en sauvegardant jusqu'alors la peau des passagers et équipage. Il prétend conserver le cap pour arriver à bon port, alors qu'il n'est qu'à la moitié de la traversée. Certains lui font une confiance absolue, d'autres enfilent déjà les gilets de sauvetage pour se jeter à l'eau. Chacun croit en son destin, alors que le navire tangue et que l'horizon est incertain. Contrairement aux autres, il ne promet pas la mer plate mais annonce de fortes houles, qui rebutent ses partisans en avivant leurs craintes. Son sort est lié aux caprices de la météo et à la résistance des passagers de son esquif aux troubles nauséeux. Hélas, la célébration du 100ème anniversaire du naufrage du Titanic intervient au mauvais moment, malheureux hasard du calendrier.

Et voilà à quoi nous allons passer notre Dimanche, non pas à voter pour le winner, mais à éliminer huit candidats, pour revoir ensuite en guest-stars les deux finalistes, avant de désigner le survivor. Pas folichon au premier abord. Vivement que cela se termine pour retrouver les plaisirs de la soirée télé avec ses jeux, ses séries américaines et ses matches de foot, et bientôt les Jeux Olympiques... on verra bien ensuite pour la chienlit promise : de toute façon, in fine ce seront toujours les mêmes qui trinqueront.

Par jean-claude.guillard le 01/04/12
Dernier commentaire ajouté il y a 9 années 5 mois

Il est, au pied de la ville, alangui le long des berges du fleuve Charente, un lieu de verdure et de rencontres bucoliques, où affluent les visiteurs dès que pointent quelques rayons de soleil.

Chacun y trouve son bonheur : les enfants qui disposent d'une aire de jeu et d'un manège ; les parents pour se désaltérer en bronzant en terrasse de la pizzeria ; les sportifs qui ont de vastes espaces pour courir ou faire quelques exercices gymniques.

Les pêcheurs sont aussi à la fête, soit pour lancer leur ligne dans les eaux courantes, coté Charente, soit pour goûter, lignes tendues et sous parasol, aux eaux paisibles de l'étang à l'opposé, richement doté en carpes parait-il. Nul n'est oublié, les pêcheurs handicapés disposent de pontons d'accès aux rives de l'étang pour y pratiquer leur art.

Les jardiniers bénéficient à proximité de lopins, pour certains dotés de cabanes, pour compléter l'ordinaire des repas ou faire bénéficier les relations du surplus de production. Les abeilles, qui disposent aussi en ces lieux de leurs propres cabanons, fournissent gracieusement leur concours au développement végétal.

L'humain et l'animal se partagent les lieux : cygnes et canards guettent le premier pour glaner quelques morceaux de pain ; les écureuils jouent sur les pelouses, slalomant entre les adeptes du piquenique, avant de se lancer à l'assaut des plus hautes branches à l'approche d'un enfant curieux ; les oiseaux raffolent des lieux où la pitance est bonne, et s'inquiètent seulement des vols commis par des pies venues en grand nombre partager l'espace.

Un véritable poumon vert pour citadins en mal de vie sauvage, ou presque. La campagne à la ville.

Justement, une autre campagne se dessine dont les bruits font tendre le cou des cygnes et canards, claquer le bec des pies et se dresser les écureuils sur leurs postérieurs. Un vent mauvais porte la rumeur d'un projet, de nature à laisser à son auteur gloire et fortune élective. Ayant décelé l'attrait alimentaire nouveau de son électorat pour les jardins familiaux, en ces périodes de disette, une idée novatrice, unique en France, a germé dans l'esprit écologique d'un édile avide de verts projets ambitieux.

Une vaste prairie est encore disponible, entre deux parcelles hébergeant déjà les lopins de jardins familiaux. L'endroit rêvé pour mettre en oeuvre la nouvelle merveille. L'idée n'est pas stupide que de permettre aux citadins les plus démunis de trouver ce qui leur fait défaut, savoir la capacité de se doter eux même d'une alimentation bio, telle que prônée par notre bon Roi Henri le quatrième pour sortir des famines : la poule au pot. Pour l'instant, les légumes abondent, mais laissent le jardinier végétarien...

D'où l'idée de notre Achille Talon en jupette de livrer de nouveaux lopins pour y installer... des poulaillers : oh, attention, pas de vulgaires grillages ceinturant un tas de parpaings couverts de tôles ondulées ; non, un poulailler écolo, livré en kit par la municipalité, conçu et mis en oeuvre dans le plus grand secret par les designers les plus avisés de nos ateliers municipaux. Un bel ensemble en bois recyclable, disposant de mangeoires en rez de chaussée, d'un nichoir à l'étage, avec en option, deux cases supérieures à usage de clapier pour lapins. La maquette, dont j'ai vu une photo volée, fournit un aperçu de l'ensemble, chaque lot étant clôturé de grillages de bel aloi donnant aux volatiles un espace de circulation agréable. Une visualisation infographique aérienne de ce futur parc avicole donne l'impression d'une mosaïque de petits toits rouge brique sur fonds vert.

La propagation de la rumeur a fait l'effet d'une bombe dans ce havre de paix ; des jardiniers récemment installés se réjouissent de ce prochain voisinage et rêvent déjà de bénéficier des premiers poulaillers livrés, pour disposer des oeufs quotidiens dès Pâques, et d'ajouter ensuite une poule à leurs légumes. Mais, c'est un vent de révolte qui secoue les anciens : Marcel, 20 ans de culture de tomates, salades et poireaux, se dit scandalisé ; selon lui un tel ensemble va créer une vaste basse cour dénaturant l'esprit sauvage initial de la création du parc : « j'te dis pas la puanteur pour les lieux avoisinants, et la prolifération des mouches ! » « et les coqs...tous les matins, ils vont nous casser les bonbons ; ça va finir à coups de fusils ».

Seule note discordante chez les vieux, Roger, le roi du chou et du potiron de concours, qui ne trouve que des avantages au recyclage de ses déchets végétaux, nourriture disponible pour les volatiles, qui lui fourniront en échange un engrais naturel pour ses plantations.

Les cygnes et canards disent s'accommoder de ce nouveau voisinage et s'affichent comme non racistes ; les écureuils prétendent se méfier de tout ce qui est grillagé ; les pies et oiseaux craignent que l'endroit n'attire des malfaisants les contraignants à devoir déménager pour sauver leur peau.

Bref, c'est le rififi à Eden Park.

Pour ma part, je n'ose me prononcer, mais me demande si finalement il ne serait pas opportun de consulter les plus éminents spécialistes, Brigitte Barbot, Allain Bougrain- Dubourg , ou Eva Joly, avant d'envisager un référendum.

Si, cher lecteurs, vous partagez cette orientation, je vous conseille de le faire savoir en adressant vos courriers à la Mairie d'ANGOULEME, à l'attention de Mme Françoise COUTANT. (Service des poulaillers verts)