Par jean-claude.guillard le 02/01/14

Merci à tous les lecteurs de ce blog.

J'espère que chacun y a trouvé ou y trouvera les informations qu'il recherche sur certaines situations délicates de la vie, auxquelles on ne peut parfois échapper. Le Droit apporte des réponses de principe, mais chaque cas est différent et suppose une analyse personnalisée, qui nécessite un recours aux professionnels habilités, avocats, notaires ou huissiers.

Dans la plupart des villes dotées d'un Tribunal, les Avocats organisent des consultations gratuites vous permettant d'avoir une première approche de la solution à votre problème : n'hésitez pas à profiter de cette aide indispensable ; l'ordre des avocats proche de chez vous vous renseignera sur les lieux, jours et heures de ces manifestations, auxquelles participent de nombreux avocats, en donnant aussi de leur temps à ceux qui en ont besoin.

Ayant depuis très longtemps participé à ces consultations, puis ayant ensuite profité de la création de radios locales pour créer et animer des rubriques juridiques, j'ai ainsi tenté d'apporter ma contribution à ceux qui se sentaient démunis face à la complexité du Droit et à son langage si particulier.

C'est tout naturellement que j'ai conçu, fin 2007, de créer mon blog, dans un contexte proposé par notre Conseil National des Barreaux, permettant à tous les avocats français d'y contribuer, et d'ouvrir ainsi une fenêtre informative à l'intention des justiciables. J'avais pu considérer que les internautes avaient pris l'habitude de consulter des forums divers, et obtenaient la plupart du temps des réponses à leurs interrogations de la part de personnes qui n'en savaient en fait pas plus qu'eux.

Mais, la gestion d'un tel blog reste accessoire à mon activité d'avocat, qui doit privilégier le traitement des dossiers de mes clients : il peut parfois arriver que ma réponse soit en décalage avec l'urgence de la question : je ne peux, à ce moment-là, faire mieux. De même, si une question très simple peut être traitée très vite, il n'en est pas de même pour celle qui est exposée de manière très complexe ou qui porte sur un point de Droit nécessitant des recherches approfondies ; ce blog doit rester purement informatif, et ce d'autant que, ne disposant pas de tous les éléments du dossier de l'internaute, il est m'est impossible de fournir une analyse détaillée.

Avec, durant l'année 2013, plus de 452 000 connexions, la gestion devient de plus en plus difficile : alors, avant de poster votre question, recherchez dans les articles disponibles ou dans les réponses apportées aux questions similaires à la vôtre, la réponse qui s'y trouve dans la majorité des cas.

Je vous souhaite une excellente année 2014, avec surtout une bonne santé, pour vous et vos proches.

Par jean-claude.guillard le 10/11/13

J'ai plusieurs fois exprimé mon opposition aux barèmes divers et variés nés de l'esprit mathématicien de certains « inventeurs » de martingales. Celui établi comme table de référence et diffusé dans diverses publications, même étatiques, faisait fi les dispositions de la Loi en matière de détermination de la contribution à l'éducation et l'entretien des enfants.

En se référant aux seuls revenus du parent débiteur, sans considération de ceux de l'autre, pas plus que des besoins des enfants, ce barème, même qualifié d'indicatif, était un non-sens juridique et économique, laissant supposer que ce parent débiteur pourrait même survivre avec la valeur du RSA que l'on consentait à lui laisser.

Au demeurant, sous couvert d'aider les praticiens ou d'autres intervenants extérieurs qui frappaient à la porte des juridictions (associations familiales, médiateurs, etc.), un tel barème permettait à quelques juges de se dispenser de se référer aux dispositions de l'article 371-1 du code civil et de satisfaire des demandes incongrues d'avocats trouvant aisé, et particulièrement favorable à leur client, d'inclure dans leur dossier copie dudit barème surligné sur le chiffre requis.

La vérité est néanmoins de dire que la plupart des juges se refusait à user d'une telle méthode automatisée, conscient que leur pouvoir était ainsi mis à mal : en d'autres termes une négation de leur imperium.

Eh bien, voilà, c'est fait : exit ces barèmes incohérents et étrangers à une bonne administration de la Justice ; la Cour de Cassation vient de les envoyer aux oubliettes de l'histoire du Droit, en rappelant que la détermination des pensions d'enfants est exclusivement dépendante du seul pouvoir souverain des juges, le barème ne devenant qu'un outil facultatif, ne permettant pas sa seule application lors de la détermination de cette contribution.( Cass. Civ. 1ère, 23 oct.2013, n° 12-25.301)

Il est donc permis au juge, si un avocat persistait à lui soumettre le barème, d'y jeter un regard très distrait ; il lui appartient principalement de prendre en compte le mode opératoire défini par le code civil, et d'apprécier du montant de la contribution selon les facultés contributives de chacun des parents et les besoins des enfants. A contrario, les mathématiciens de tous poils n'ont donc pas répondu aux critères de la Loi pour établir leur formule magique, au demeurant indigeste.

Il est insolite que la Chancellerie ait largement diffusé le « machin » par circulaire d'avril 2010 , en laissant supposer que les praticiens du Droit, qui se réfèrent aux textes applicables, n'y verraient que du feu ; comme quoi, le désengorgement espéré des audiences du juge aux affaires familiales n'est pas pour demain, fort heureusement pour les justiciables qui s'en remettent à la sagesse d'un juge pour individualiser et personnaliser chaque affaire et non pas à un calcul formaté par ordinateur.

Je me réjouis d'avoir ainsi très modestement contribué, par mes systématiques contestations de ce barème, à ce que le bon sens prévale.

Je conserve néanmoins un exemplaire de feu le barème, devenu collector, pour le classer au rang des incongruités ayant émaillé la vie paisible de la Justice.

Par jean-claude.guillard le 27/09/13

A l'attention des lecteurs

Si c'est bien volontiers que je tente de répondre aux commentaires figurant sous les articles de ce blog, et ainsi donner des informations profitables à tous, il doit être considéré que les délais de réponses peuvent être plus longs que prévus, dans la mesure où j'exerce ma profession d'avocat et que je dois évidemment traiter prioritairement les dossiers de mes clients.

C'est aussi pourquoi, il m'est impossible de répondre aux demandes de consultations postées à partir du lien de contact existant dans la rubrique "a propos" de ce blog , qui est exclusivement réservé à une première approche en vue de la fixation d'un rendez vous à mon cabinet, notamment pour établir une analyse de dossier ou pour m'en confier la gestion procédurale.

De même, il ne peut être répondu aux demandes d'analyse d'une situation juridique transmises par mail anonyme directement à l'adresse de mon cabinet . Seule une analyse personnalisée lors d'un rendez vous permet de disposer de toutes informations de nature à traiter utilement un questionnement.

Merci de l'attention que vous aurez porté à ce message.

Par jean-claude.guillard le 04/08/13

Chers Amis lecteurs de ce blog

Certains me postent des messages depuis la plage où ils caramélisent; si, si, je le sais, il y a parfois des grains de sable entre les pages !

D'autres m'envoient des posts depuis le bord de leur piscine; si, si, je le sais, des messages sentent le chlore !

Normalement, en août, les huissiers sont sous les cocotiers

Les juges épuisés sont tous partis vers des centres de remise en forme ou en cure de sommeil.

En août, on ne divorce pas : on refléchit... soit chacun de son coté, soit en couple avec les enfants en cas de dernière chance.

ALORS ? à quoi ça sert que je perde dix kilos dans la chaleur de mon bureau ? Même l'ordinateur souffre et souffle du ventilo !

BON C'EST DECIDE, JE FAIS UNE PAUSE DE TROIS SEMAINES.

ATTENTION : VOS MESSAGES N'ETANT PAS LUS, INUTILE DE LES POSTE DURANT CETTE PAUSE (Ils s'accumuleraient au point d'être perdus à tout jamais) - GARDEZ LES EN RESERVE POUR LES POSTER VERS FIN AOUT;

En attendant, prenez la peine de relire les articles que j'ai mis en ligne qui contiennent souvent la réponse à vos questions les plus courantes, ce qui m'oblige à donner à vos posts cent fois la même réponse !

Allez, bonnes vacances à tous, et vive la rentrée, que tout le monde nous annonce très chaude à tous points de vue...

Par jean-claude.guillard le 20/04/13

Le décret « poubelle » enfin abrogé !

Merci à la profession qui n'a rien lâchée et qui s'est battue avec force contre ce décret, pondu à la hâte avant une élection s'annonçant calamiteuse, pour recaser dans les barreaux français des élus retoqués.

Quelle insulte faite aux avocats que d'avoir ainsi permis une accession directe à notre profession par passerelle, ou plutôt toboggan, à des parlementaires ayant jadis râpé leurs fonds de culottes sur les bancs d'une fac de droit, avant de les lustrer sur les bancs plus moelleux d'une assemblée parlementaire.

Quelle insulte aux avocats qui n'ont été autorisés à porter la robe qu'après avoir franchi tous les obstacles des formations théorique et pratique et du certificat d'aptitude à la profession d'avocat permettant de déceler leur capacité à exercer et à appliquer le ciment déontologique indispensable à leur participation à l'oeuvre de justice. Comme imaginer que les retoqués de la république, même ayant participé à l'élaboration de la loi, puissent détenir ex nihilo les principes permettant de revêtir notre robe noire pour défendre la veuve et l'orphelin ?

La plupart des impétrants, politiciens de métier, n'avaient d'autres aspirations que de retrouver leur siège perdu, et de repartir comme ils étaient venus, en intermittents du spectacle pour faire quelques piges avec pour seul bagage leur carnet d'adresses, en attendant des jours meilleurs.

Justice est rendue à notre profession par cette abrogation du décret « poubelle » : nul ne pourra désormais revêtir notre robe du seul fait du prince.

Par jean-claude.guillard le 01/01/13

2012 nous avait apporté humour et gaité, avec ce petit brin de folie générée par un nouveau Président normal, adepte du costard improbable et de la valse à deux temps, faisant tournicoter ses ministres méconnus sur le rythme d'un pas en avant, un pas en arrière, du plus bel effet. Quelle riche idée aussi d'avoir intégré dans ce ballet la petite Cécile, aux sonorités gutturales si communicatives. La France ne pouvait que voir la vie en rose.

Nous ne pouvons que nous souhaiter une aussi belle et plaisante année pour 2013.

Mais voilà qu'hier soir, à l'heure où les petites mains s'activaient en cuisine, notre bon roi François nous est apparu dans le poste avec un air sérieux et grave, au point que j'ai un instant redouté l'annonce d'un retour de Ségolène, ou d'une déclaration de guerre à la Belgique ou au Vatican. Nous avons tous été rassurés en constatant que notre aimé monarque maniait aussi bien l'humour noir qu'il pratiquait la danse des canards : le meilleur moment fut l'annonce d'une prochaine année... difficile, et même... plus difficile que celle passée. Même grand-mère, à ces mots, fut stoppée nette alors qu'elle farcissait la dinde de marrons. (Chez nous, nous nous imposons de reporter de noël au jour de l'an le sacrifice du païen volatile, laïcité oblige)

Oui, bien sûr, nos voisins en bavent avec leur crise, mais chez nous rien de spécial : nous sommes bénis des dieux : souvenez-vous du nuage de Tchernobyl, qui avait contaminé l'Europe entière, et qui avait pris soin de contourner nos frontières. François, le pince-sans-rire, nous a fait hier soir le même coup que lorsqu'il avait promis de taxer les riches à 75 %, en voulant imiter un des meilleurs sketches du grand humoriste Mélenchon qui entendait leur prendre 100% ; du grand art, au point que certains y ont cru, et ont derechef pris un billet aller-simple vers quelques pays exotiques frontaliers: ah, la crise de ...rire quand des vieux sages sans humour ont dit à François que la plaisanterie avait ses frontières.

Grand-mère s'est avalée un coup de gniole et a achevé de bourrer sa dinde avant de l'enfourner. Elle n'aime pas l'humour noir, ça lui rappelle ses souvenirs d'enfance quand son aïeul lui racontait comment la ligne Maginot protégeait notre beau pays de toute misère. « Y devrait pas nous faire peur comme ça, le François » grommela-t-elle. Mais, c'est pour rire Mémé !

En réalité, François offrait champagne ou mousseux pour tous : fiesta en 2012, grosse nouba en 2013, voilà le message, une fois traduit ; elle n'est pas belle la vie ? Mais, attention, pour ça, il faut la santé.

Alors, au moment de vous présenter mes voeux les plus sincères, je vous fais grâce des usuels souhaits de bonheur et de prospérité dont nous profitons déjà tous. Le bonheur sera encore présent et même accru en 2013 par l'effet d'une explosion de mariages imprévus (ce dont les avocats se réjouissent pour des motifs qui leur sont propres) et la prospérité profitera, avec de nombreux emplois à la clef, aux agences de pôle emploi. C'est de l'humour noir, grand-mère !

Alors, il ne me reste qu'à vous souhaiter la meilleure santé possible pour 2013 , quoiqu'il arrive.

Par jean-claude.guillard le 14/12/12

Pauvres juges de proximité : promis à une disparition qui apparaissait urgente, les voici sauvés, temporairement, par un mouvement de balancier de nos parlementaires : un coup je te tue, un coup je ne te tue plus.

On imagine les effets dévastateurs pour le moral des intéressés, condamnés à la disparition, face au report de leur exécution au 1er janvier 2015 : ça fait militer pour l'abolition de la peine capitale...

Il est cependant légitime qu'ils bénéficient d'un délai qu'ils connaissent bien, celui de l'article 1244 du code civil.

Par jean-claude.guillard le 14/11/12

La petite divergence d'intérêt dans le consentement mutuel .

Mauvaise nouvelle pour les aspirants au bénéfice de l'AJ qui avaient choisi un divorce apaisé, sous forme de consentement mutuel avec le même avocat. Le bureau d'AJ additionne les revenus de chacun.

S'ils avaient choisi un divorce plus musclé, chaque époux, doté de son propre avocat, aurait pu bénéficier de cette aide, selon ses propres ressources bien sûr, chacun déposant une demande en ne mentionnant que ses seuls revenus, puisque les époux sont adversaires.

Cette situation était jusqu'alors de mise pour les consentements mutuels avec un avocat commun, pour lesquels un époux démuni, voire les deux, pouvaient être bénéficiaires de l'aide juridictionnelle : chaque dossier de demande ne comportait que les seuls revenus de l'impétrant. D'ailleurs, l'avocat commun, si ses deux clients bénéficiaient chacun de l'AJ, ne percevait pas deux indemnités, mais d'une seule, adaptée à la situation.

Mais, cette situation a fait l'objet d'interrogations, surtout depuis que la crise économique est passée par là et que tout est fait, en attendant la grande réforme de l'AJ promise mais jamais réalisée, pour qu'un second trou financier ne devienne pas l'égal de celui de la sécu.

Quelques escarmouches ont été menées, en exigeant que l'avocat fournisse une copie des conventions de divorce amiable, afin de voir quelles mesures y avaient été prises, notamment en matière de pensions pour les enfants, qui auraient ainsi pu s'ajouter au revenu déclaré par un des deux époux dans son dossier d'AJ. Il fut généralement répondu que les conventions n'avaient pas encore été établies, puisque l'avocat attendait d'être désigné par l'AJ pour commencer son travail et qu'en toute hypothèse une convention, même signée par anticipation par les époux, était soumise à la condition suspensive du prononcé du divorce, et n'était applicable qu'au jour du jugement. Bref, cette histoire ubuesque fut alors évacuée.

Mais une autre solution vient d'être trouvée pour économiser les fonds étatiques. Une dame déjà séparée de son conjoint et n'ayant nulle ressource, dépose une demande d'aide juridictionnelle pour engager une procédure de divorce ; les deux époux, ayant fini par trouver un accord pour gérer amiablement leur rupture, font choix du même avocat. La dame n'ayant déclarée dans son dossier de demande d'AJ que son absence de revenu, le bureau d'AJ lui demande alors de justifier des revenus de son mari, ce qu'elle fait : et là, bingo, l'Aide Juridictionnelle lui est alors refusée, puisque par considération du revenu de son futur ex- mari, elle dépasse alors le plafond d'admission. Elle forme alors, ce qui est rare, un recours devant la Cour d'Appel contre cette décision, laquelle est confirmée.

Le motif retenu pour confirmer la prise en compte du revenu de son mari est que l'aide étant demandée pour une instance en divorce par consentement mutuel, la divergence d'intérêts visée par l'article 5 du décret du 19 décembre 1991 ne peut être retenue, puisque les deux parties ont le même avocat. A contrario, si chacun avait fait choix d'un avocat distinct pour établir la même convention, la dame aurait obtenu l'AJ, et pourtant il n'y avait pas plus de divergence d'intérêts.

Cette jurisprudence est équivoque et ne manque pas de générer diverses questions.

Comment l'épouse impécunieuse, ainsi privée de cette aide, va-t-elle pouvoir financer sa part de rémunération de l'avocat commun, qui a bien deux clients ? Il semble résulter de cette décision de justice qu'elle est renvoyée à devoir supplier son mari de tout payer ; si dans une grande générosité, il accepte, le bureau d'AJ et la cour d'appel auront eu raison d'épargner les fonds publics.

Mais l'affaire n'est pas si simple, dès lors que les praticiens du droit de la famille n'ignorent pas que l'élaboration d'un divorce par consentement mutuel, pourtant promu par le législateur au rang de panacée pour régler les ruptures de couples mariés, est souvent établie au forceps, après de multiples concessions de part et d'autre ; il constitue un équilibre précaire, qui peut exploser en plein vol, même dans le bureau du JAF qui ne peut valider les conventions pour prononcer le divorce que si les époux confirment devant lui leur accord total et sans réserves.

Le divorce par consentement mutuel n'est souvent, en fait, qu'un divorce ordinaire, avec ses divergences initiales d'intérêts, qui a bien évolué grâce à leur conseil commun, si l'accord est maintenu jusque dans le bureau du juge.

Alors, imaginons que le mari, déjà épuisé par ses concessions et n'ayant pas un revenu si conséquent, seulement suffisant pour ne pas lui donner accès à l'AJ, refuse d'alourdir sa note, en n'entendant supporter que sa seule part des frais d'avocat : et bien voilà une réelle divergence d'intérêts qui va sacrément plomber l'ambiance jusqu'alors apaisée. Il ne parait pas imaginable que la décision d'appel précitée, ait entendu contraindre l'avocat commun à se contenter de la part d'honoraires du mari et du sourire de la dame.

Alors, que faire ? L'avocat ne pourra que révéler à ses clients éberlués que la Loi peut contraindre un époux, devenu rebelle à toute concession nouvelle, à payer quelques subsides à son conjoint démuni pour l'aider à financer sa procédure ; mais il ajoutera qu'il faut pour cela aller en découdre devant le Juge, et que, face à une telle divergence d'intérêts, chacun va devoir faire choix... d'un nouvel avocat ! L'avocat de deux ne peut déontologiquement devenir celui de l'un de ses deux clients contre l'autre : il devra clôturer son dossier et jeter aux orties la belle convention de divorce qu'il avait eu tant de mal à établir, sans avoir imaginé que sa cliente sans revenu serait écartée du bénéfice de l'aide juridictionnelle. Avant de clore son dossier, et compte tenu du travail accompli, il se contentera sans doute de la provision versée par le mari, répugnant dans le meilleur des cas à facturer l'épouse démunie, alors qu'il le pourrait du fait du rejet de sa demande d'AJ.

Et ensuite ? Et bien chaque époux s'en remettra à son nouvel avocat pour débattre au mieux de ses intérêts, ce qui, au pire, fera voler en éclats les accords négociés par l'ancien conseil et le nouveau divorce sera promesse de beaux échanges, à commencer par celui tenant au financement de la procédure de la dame : retour à la case départ ; cependant, dès lors que la seule présence de deux avocats légitime la divergence d'intérêts, celui de la dame va pouvoir lui faire formuler une nouvelle demande d'AJ, et elle en bénéficiera à l'évidence sur la simple constatation de son impécuniosité. Cette situation étant alors réglée, rien n'empêchera les deux nouveaux conseils d'engager une procédure de divorce simplifiée, pour que, après passage devant le juge conciliateur qui entérinera les accords initiaux, les deux époux puissent basculer, par la passerelle prévue par la Loi, vers un ...consentement mutuel, qui ne sera que le reflet du travail du premier avocat commun.

Au bilan de l'opération, il n'est pas certain que les finances du ministère de la justice aient été économisées, mais, au moins, la seule certitude est que les deux époux auront perdu beaucoup de temps et analyseront sans doute qu'il est préférable d'étaler officiellement leurs divergences avant de rédiger leur accord, et de faire choix de deux avocats au lieu d'un seul, malgré les voeux du législateur tendant à privilégier la simplicité dans un but d'apaisement.

Comment pour un avocat unique éviter un tel gâchis ? En préambule à la discussion, convaincre le conjoint impécunieux de renoncer à sa demande d'AJ et supplier l'autre de payer la totalité du divorce : belle mise en bouche ! Bon courage.

Repro.H DAUMIER -gens de justice.

Par jean-claude.guillard le 27/08/12

Bof, comme dirait l'autre...normal : le flot et le jusant.

Des bouchons normaux à l'aller, des bouchons normaux au retour, et entre les deux flux, de l'eau...normale, l'étale sans bulles : une eau de mer fraîche, et peut- être trop fraîche ; Oh, pas partout : il y a bien un spot que seuls les aoûtiens à peau encore blafarde connaissent : le meilleur endroit du bain, là où l'onde fraîche est parcourue par un petit courant chaud, où ils s'ébattent seuls tranquillement, sans même qu'un seul poisson ne vienne les perturber : seule une mouette rieuse s'esclaffe en surplomb ; chut, ne le dites à personne, c'est juste en face du gros tuyau, là bas, derrière le rocher. Les initiés se gaussent à la vision des autres baigneurs normaux, parqués par des cerbères à jumelles au centre de la plage entre deux piquets, pour prévenir la noyade de ceux qui se jetteraient à l'eau sans savoir nager ; pauvres nageurs entassés par centaines dans cet enclos virtuel ; sont-ils conscients de patauger dans un bain de millions de bactéries échangées ici avec leurs congénères, dont chacun est naturellement porteur ? Et comme souvent, les parents normaux envoient leur progéniture tester le bouillon de culture, qui barbote durant des heures dans cinq centimètres d'eau, en lisière de la mousse blanchâtre qui n'a rien de l'écume des vagues inexistantes, respectueuses de deux piquets. Et dire que là bas, à quelques dizaines de mètres, les privilégiés ont accès au petit courant chaud... Non mais, il ne va pas nous pourrir les vacances avec son histoire d'eau légèrement polluée par les rejets normaux générés par le brutal quintuplement de la population locale !

Halte là, préservons les générations futures ! Ramenons la marmaille en lieu sûr, sur le sable blond et chaud. Mais là encore, c'est idiot cette histoire de marées qui réduisent un temps l'espace sablonneux, pour ensuite laisser la mer à des plombes de marche dans une vase douteuse ! Alors quand la bande de sable se fait symbolique, malheur aux amateurs retardataires ! Impossible de visualiser un quelconque lopin de sable disponible vu l'encombrement des draps de bain étalés à touche-touche : au moins, ce tapis en patchwork évite le contact direct avec une pollution encore pire que celle de l'eau : normalement, ce mouvement normal des marées doit lessiver à grande eau le sable chaud et rafraichir les petits courants chauds ; oui mais, un très vieil antagonisme oppose mer et serviette de bain : n'avez-vous jamais remarqué que plus le flot avance, plus les serviettes reculent et s'entassent pour faire front ! La nature étant cruelle, il arrive parfois que la mer emporte l'une d'elles, imprudente qui serait restée à sa portée...Mais globalement, il est établi que le lessivage du sable s'arrête à la lisière des draps de bains. Alors, que se passe-t-il sous ces draps, si le sable blond n'a pas été lessivé depuis la dernière pluie ?

Inutile de vous dire que tous les êtres microscopiques, marins ou humains, microbes ou bactéries malfaisants, qui ne sont pas nés de la première vague, ont bien compris que leur bien-être, voire la survie de leur descendance, résidait dans la présence de ces serviettes de bain ; ils vont tous ensemble, et par millions ou milliards, partager les vacances de adorateurs de Ra ; oh, non pas sur les serviettes, pour ne pas gêner, mais en dessous, et dans ce qui reste de sable apparent entre elles : vous savez ces bandelettes de sable chaud qu'il fait bon attraper dans ses mains pour en faire glisser les grains entre ses doigts ; ces mêmes doigts, qui d'ailleurs porteront ensuite à votre bouche le cornet de glace ou les morceaux d'un chichi bien huileux que son vendeur ambulant aura laissé rissoler toute la journée dans son panier, sous le plomb du soleil ; il ne pourra être taxé d'avoir rompu la chaîne du froid, que la chose vendue n'a jamais connue. Les bambins adorent le sable et ce qu'il contient : ils s'immunisent sans le savoir, trop jeunes pour connaître le microscope, révélateur de la faune inquiétante qui fréquente leur terrain de jeu estival.

Journée normale de plage en août pour les humains et micro-organismes ; faut bien que chacun y trouve son bonheur. Tiens, à propos de bonheur, on entend à peine, dans tout ce brouhaha, le haut-parleur qui crachouille que des parents ont perdu leur gamin, à moins que ce ne soit le contraire ; c'est vrai que dans les hurlements stridents et les pleurnicheries des mômes pour un oui ou pour un non, il nous avait bien semblé qu'il nous en manquait un ! Seuls les parents habitués au vacarme de leurs chérubins n'y font plus attention ; alors, on compte sur la charité humaine pour que la famille se reconstitue, sous les pleurnicheries angoissées de la mère et l'avoinée administrée par le père au petit fugueur, lequel n'est pas en âge de leur reprocher de l'avoir délaissé pour taper la causette avec les voisins de parasol, ou d'avoir lézardé au point de s'en griller la cornée à travers les paupières, perdant ainsi de vue la prunelle de leurs yeux. On remettra alors le petit à l'ouvrage, à ses creusements incessants de trous dans le sable, où, plus tard, à la fraîche, les vieux autochtones viendront s'y tordre la cheville.

Tiens, voilà le groupe normal d'ados qui émerge à 16 heures d'une longue nuit sans sommeil : il s'annonce à grand renfort de « musique » crachée par un engin portatif si volumineux que l'un d'eux doit le porter à l'épaule ; quand on pense qu'à la maison, il refuse de sortir la poubelle ! La bande cherche désespérément un emplacement pour nicher : l'astuce consiste à repérer les serviettes orphelines pour cause de bain de leurs propriétaires, et de s'y coller : l'effet de groupe fait le reste ; le baigneur imprudent ne séchera pas sur sa serviette, à moins de la partager avec quelques postérieurs étrangers ; ses tympans ne prisant pas la bonne musique, il partira poser son tapis ailleurs, permettant ainsi d'agrandir le cercle de la jeunesse. Vous avez sans doute remarqué, qu'à peine le voisin parti, le groupe, qui a développé et marqué son nouveau territoire en y entreposant armes et bagages, file aussitôt au bain, en hurlant et gesticulant, sautant pardessus les corps étendus sur son trajet, pour se jeter à l'eau en arrosant copieusement ceux qui ne voulaient pas se mouiller ; le miracle de Moïse s'accomplit à chaque fois : la mer s'ouvre à leur passage ; il arrive même que les sourds entendent leurs braillements. Mais, trop fraîche la flotte, leur bain de termine vite, et la mer peut se refermer sur leur sortie ! Les amateurs de sable se réjouissent évidemment de leur retour : tels des labradors sortant de l'eau, filles et garçons vont s'ébrouer les tignasses pour gratifier leurs proches voisins d'un rafraîchissement bienvenu ; et puis, les plus maniaques vont chasser de leur drap de bain le plus petit grain de sable, en le secouant vigoureusement à tous vents : prière de fermer les yeux à cent mètres à la ronde. Un tel groupe de jeunes ne tient jamais en place bien longtemps : à peine assis, voilà que l'un d'eux sort de son sac à dos, l'engin maudit, l'instrument du diable : le ballon de foot !!! ALERTE ROUGE dans le voisinage ! Les jeunes mâles sportifs laissent les filles à leurs potins et trouvent au bord de l'eau l'aire de jeu idoine, délaissée des baigneurs depuis leur précédente équipée marine. Soulagement sur le sable, sauf que, la marée étant montante, le terrain de foot l'est aussi... Saint Zidane, priez pour eux : les passes ne trouvent jamais leur destinataire et finissent sur les corps alanguis des lézards apeurés, les grandes chandelles sont autant de scuds venant s'écraser, au hasard des frappes, sur les civils apeurés ; n'avez-vous jamais remarqué que le tireur fou répugne à aller affronter ses victimes, et implore du regard un retour de l'engin destructeur : ça marche une fois sur deux, tout comme le merci attendu.

Comme dans chaque guerre, le pilonnage de la base arrière finit par engendrer une fuite aux abris des populations : les mères regroupent rejetons et intendance, les pères abandonnent la buvette pour revenir plier les parasols et secouer les draps de bains ensablés, pour ne pas emporter avec eux la faune microbienne de la plage, qu'ils lèguent à leurs successeurs : le terrain se dégage pour les jeunes footeux. Mais, c'est justement le moment qu'ils choisissent pour siffler la fin du match. Génial, toute la plage pour eux : il fait moins chaud, on étale très largement en cercle les draps de bains, les ricanements saluent les âneries des uns, les messes basses filtrent les amours estivaux des autres ; le soleil décline : une nouvelle et longue soirée se prépare. Il y a longtemps que les vigiles sauveteurs ont remisé leurs piquets et fermé boutique, après huit heures de bronzage forcé, laissant l'océan entier aux ultimes nageurs avisés .

La marée redescendra et remontera ensuite, comme le flot des vacanciers qui garnissent le sable de nos plages au mois d'août, profitant des bienfaits des marées bactériennes des juilletistes. Plus tard, lorsque la nature aura repris ses droits hivernaux, la plage retrouvera son aspect initial, avec un sable maintes fois lessivé par les flux et reflux de l'océan, avec ses débris végétaux transportés et déposés par les vagues le long de la grève au bonheur des oiseaux de mer retrouvant leur territoire.

Des vacances normales vous disais-je. Un flot de dossiers s'est échoué sur mon bureau : il parait que le jusant emporte ce que le flot a apporté. La Justice ignore le jusant.

Par jean-claude.guillard le 22/08/12

Chers amis lecteurs

Dolores, ma fidèle femme de ménage, qui surveille mon blog durant mes quelques congés caniculaires, m'informe d'une alerte rouge qui s'est déclenchée sur l'ordinateur, ce qui m'a conduit à lui transmettre ce message, pour qu'elle le mette en ligne. (Il parait qu'elle s'est essayée à calmer les ardeurs de certains visiteurs qui n'avaient pas compris que j'étais en vacanches) : bon courage à ceux qui ont tenté de lire son charabia !

Pour en revenir à l'alerte rouge, le diagnostic de l'avarie semble indiquer qu'elle provient du gestionnaire de ce blog, qui note les avocats bloggeurs selon leur popularité et leur activité, même au mois d'août ! Bon, vu l'indice de ma popularité qui est affiché au vert, soit « haute », rien d'inquiétant, bien qu'à cause de cet indice, même en vacances, je suis contraint de circuler avec une perruque (avec cette chaleur !!!) et des lunettes noires, pour éviter les paparazzis aux abords des plages. Non, le problème vient de l'indice d' « activité » qui s'est affiché en bleu , avec mention... « activité moyenne » !!! C'est comme si la France perdait son triple ou double A... pendant que Président, ministres et autres se dorent la pilule sur le sable ! On se fout de moi !!!

Malgré mes efforts estivaux pour satisfaire ceux d'entre vous qui m'ont demandé assistance, voilà que l'intendance informatisée du gestionnaire fait défaut, en me classant au rang des fainéants. Dolores a bien fait de m'alerter. Alors, pour les gars de l'intendance, qui s'amusent, depuis le bord de leurs piscines, à activer les voyants bleus de la blogosphère au mois d'août, je vais leur montrer ce que peut être une activité de fainéant. C'est la seule manière de faire baisser la température de leur attirail et de rétablir les curseurs à leur bon positionnement.

Alors, désolé pour vous : je donne quartier libre à Dolores (que je remercie d'avoir répondu pour moi à vos derniers messages sans avoir trouvé un correcteur d'orthographe) et vous abandonne momentanément pour cause de test technique, mon voyant personnel étant aussi passé au rouge de colère.

Le retour à la normale des voyants défectueux annoncera le mien.

Messieurs les Censeurs, bonsoir.

Photo Gilles Gasteblet

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