Par jean-claude.guillard le 04/09/09

- ALLO, ON EST BIEN SUR LA BLOGOSPHERE DU CNB ? -

Ça fait du bien de retrouver son computer préféré, joyeux compagnon de tant d'heures de tête à tête ; il est content aussi de me revoir : « bonjour, Jean-Claude » affiche t-il joyeusement à l'ouverture ; le fidèle ne m'a pas oublié. Après nos brèves politesses d'usage, je sens bien qu'il va tester ma réactivité : la bête est taquine.

Aussitôt, il me fait sortir de nulle part une petite fenêtre, sur laquelle j'ai à peine le temps de lire que plusieurs mises à jours se bousculent au portillon, devant être installées pour que sa protection soit maximale : je clique là où l'on me dit, ne voulant pas entrer en conflit après une si longue séparation, et là, malheur, de clic en clic, de fenêtres de chargement en fenêtres de chargement, avançant au rythme d'un gastéropode asthénique, me voilà planté depuis trois quart d'heure à surveiller un écran insipide, avec une petite fenêtre où défilent des barres, style wagons d'un tortillard à la queue leu leu. C'est un omnibus, j'ai eu droit à tous les arrêts, même en rase campagne !

A peine terminée la laborieuse mise à jour, considérant que mon fidèle ami a avalé tout ce qu'il lui était nécessaire pour survivre, je m'apprêtais à... quand une nouvelle fenêtre surgit ; nouvelle mise à jour de je ne sais quel logiciel, à l'évidence installé, qui réclame mon attention ; je n'en ai aucune, et zappe pour faire disparaître l'inopportun ; il résiste : trois clics vengeurs viendront à bout de la chose.

Enfin seuls, lui et moi : il sait, le bougre, que, machinalement, chaque jour, je vais lui ouvrir mon blog : ma page, ou plutôt une page d'accueil s'ouvre. Misère, sacrilège... on a touché à ma page d'accueil ! Rien n'est plus là où ça devait être ! Je vois bien la photo de mon crâne très légèrement dégarni, mais elle a changé de coté : j'étais plutôt à droite, me voici à gauche ! Mon dernier billet, d'avant mon départ estival, y figure, mais dans quel état ! Il s'étale sur toute la largeur de mon écran et les listes de publications et commentaires sont entassées, dans un fouillis indescriptible, avec des liens et tutti quanti, et un horrible compteur indiquant le nombre de jours écoulé depuis chaque publication ! Gare aux fainéants ou vacanciers de la blogosphère : 8 jours sans écrit et vous êtes retraité d'office ; 15 jours et vous devez être décédé ! Déboussolé, dépité, je tente de savoir si la modernité graphique a également affecté tous mes camarades blogueurs, ou si j'ai été tiré au sort pour essuyer les plâtres dune expérience de relooking à la mode du père Ségala, inspiré dune idée choc du ténébreux théoricien multicartes Attali. Direction en un clic sur l'icône de la blogosphère du CNB : « no found » ! Ça y est, à force de critiquer et délirer, on nous a coupé le sifflet ! Même Google s'y met, et là, c'est grave : site CNB : « no found » ! La vache, on ne peut pas s'absenter 15 jours sans radio ni télé : Tchernobyl à encore sévi !

Rusé, je parviens par la bande a retrouver le site du CNB, qui a aussi subi un relooking sévère : et là, c'est du sérieux, même plus un petit lien direct avec la blogosphère : c'est la fin, finie la belle expérience de comm. Pensée émue pour les fructueux échanges de commentaires... Mais, pourtant, mon blog, il existe bien encore, même si je ne le reconnais plus ! Il faut que je retrouve un lien pour aller sur la vieille blogosphère : quelques manoeuvres de contournement des « no found » et la voilà, avec sa vieille mappemonde et sa carte hexagonale à onglets pour winners : je mets précieusement un lien sur le bureau, et me transporte immédiatement à l'adresse de l'illustrissime collègue marseillais : s'il n'en reste qu'un, il sera forcément celui là : il est là, tout bronzé et fier du recrutement de l'OM, au pied de la bonne mère. Et, misère, son blog est tout neuf, comme le mien ! Surprenant, mais la bonne nouvelle, c'est qu'on est pas morts !

Bon, et bien allons y : revenant sur mon petit espace redesigné par Stark, je trouve le nouveau lien de connexion, évidemment placé à gauche, pour vous annoncer mon retour aux affaires au terme de ma brève absence : et là, acharnement suprême, la fenêtre de connexion s'affiche, et me demande, à moi, comme à un vulgaire bizuth du blog, mon identifiant et mon mot de passe ! Ils étaient jadis mémorisés, démarche me dispensant d'encombrer mon pauvre disque dur personnel, dans sa boite crânienne dégarnie, de ces codifications : il y a longtemps que mes identifiants sont passés à la trappe, perdus avec les milliers de neurones dont je me déleste chaque jour. Mortifié, je suis contraint de demander l'aide offerte aux vieillards décrépis pour se « remémorer » les codes, attendant la réponse pour retrouver ma page blanche.

Le progrès, c'est bien beau, mais faut pas nous bousculer avec brutalité : c'est qu'on a nos petites habitudes.

Si vous lisez ce message, c'est que j'aurais survécu au modernisme ; il s'autodétruira automatiquement, par l'effet de la balayette programmée par le CNB.

PS : j'ai finalement retrouvé dans mes mails en souffrance, celui de notre bien aimé CNB qui m'annonce la modernité de nos blogs... Punaise, le mode d'emploi est coton ! Y a même des mots que je ne comprends pas... ça va ramer dur pour intégrer tout ça ! J'espère que ça n'est pas comme le RPVA, et qu'il faudra attendre des mois avant que la maquette ne devienne un outil opérationnel. Bon, allez, je me plonge dedans...

Par jean-claude.guillard le 03/07/09

LE BEST OFF

La petite parution dans la presse locale d'un article sur mon modeste blog a généré quelques commentaires sur celui ouvert par la CHARENTE LIBRE, qui sont assez réjouissants et permettent de comprendre ce que le lecteur du journal retient de sa lecture quotidienne.


LE BEST OFF

Par Gédéon

« Evitons de mélanger les genres et restons dans le domaine des échanges d'idées sur ce blog sans quoi, cela va dégénérer ».

Ce gédéon n’a que faire des échanges d’idées ou d’infos à caractère juridique : apparemment, ce qui l’intéresse, c’est son genre à lui et ses petites idées fixes, à défaut de quoi ça dégénère. On n’a même pas le moindre aperçu d’une seule de ses idées !

Par CAM

« Fallait le dire plutôt qu'on pouvait faire de la pub. Petit pub, sérieuse ! Concernant l'Association de Don d'Organes et de tissus humains : www.france-adot.org Sujet que je ne crois pas avoir encore vu sur le site de la Charente Libre. Mieux vaut parler de morts que de sauver des vies peut être ...Prenez position sur le sujet ! Sans oublier le don du sang ».

Pas de pot : son commentaire tombe sur l’article de mon blog ; ça aurait pu tomber sur n’importe quel autre. CAM confond pub et communication ; il sait maintenant qu’il peut communiquer sur son journal préféré pour une association à but non lucratif d’un intérêt général manifeste… je lui offre avec plaisir un lien sur mon blog pour cette association qui mérite d’être connue. Je ne lui fais pas de pub, mais je participe à l’information, tout comme mon blog.

Par sylviane

« Une simple question Maître : comment un notaire peut faire des actes qui n'ont aucune valeur, à la limite du faux et ne pas être sanctionné? A ce jour il a mis toute une famille en difficulté et fait traîné une succession depuis 2006. Aujourd'hui je me retrouve seule avec des frères et soeurs qui me font porter les erreurs de ce notaire, car à chaque fois il convoque 4 personnes sur 5 et il m'oblige à payer un avocat pour m'en sortir. Je vous présente Maître mes respectueuses salutations. sylviane S »

Ah, sylviane a déterminé l’objet de mon blog : apporter une orientation juridique aux choses de la vie, et fournir des infos à caractère général : vous avez un avocat qui saura vous donner la marche à suivre. Un notaire, comme tout autre professionnel libéral, est responsable de ses actes, et même s’il ne s’agit pas de faux, toute erreur prouvée et démontrée l’engage à l’égard de ceux qui en subissent un préjudice.

Par sebL

« J'ai bien aimé son billet sur les herbes folles, j'ai donc visité son blog, ne reste plus qu'à en savoir plus sur ses propositions citoyennes et ses valeurs politiques, si toutefois cet avocat-tribun a des ambitions à Angoulême. Sans vouloir jouer les détectives privés, vous avez parlé de Marcangoulême, rien à voir avec ce monsieur rieur et réjouissant ou suite logique?

Je suis favorable à plusieurs listes en 2014, en particulier une au centre. La couleur Orange me va comme un charme. A bon entendeur salut ».

sebL est un futur politicien et ne voit que ce qui a une éventuelle connotation politique ; découvrant une billet d’humeur sur une politique locale écolo laissant prospérer les herbes sauvages dans les rues de la ville, il a été jusqu’à visiter mon blog et a été très déçu d’y trouver d’autres billets traitant de problèmes de droit qui ne le concernent pas. Il veut seulement savoir ma destinée politique et mon programme. Diable, je n’y avais pas pensé : mais, pour les herbes folles, je propose que les habitants conservent leur eau de cuisson de leurs patates bouillies (à la mode en ces temps incertains) et les répandent sur les pissenlits ; il parait que c’est radical et évite le roundup honni. Pour le reste, que sebL se tranquillise, je ne serais pas un concurrent pour lui en 2014 ! Bravo pour la couleur orange de sa charte graphique, ça donne l’air bronzé ; pour moi, je reste fidèle à ma charte, bleu et rose, qui sont en politique deux couleurs qui ne se mélangent pas, le violet n’existant pas, sauf si l’on est député de la Charente.

Par Menouar ben Yahya

« Extrait de l'article:"Ce qui lui vaut chaque année 25.000 consultations virtuelles mais aussi quelques-unes, sonnantes et trébuchantes..."

Extrait de la chartre Charente Libre: Seront notamment exclus de ce blog: les éléments publicitaires ou commerciaux ».

Certains blogs ou sites d’avocats sont depuis longtemps répertoriés en .com ou agrémentés d’un service de paiement en ligne ; ceux instaurés par le Conseil National des Barreaux sont informatifs sur les choses du Droit. Leurs articles, billets ou conseils sont évidemment disponibles pour tous les internautes en quête de renseignements juridiques, à titre totalement gratuit ! Et puis, les avocats communiquent désormais dans un monde de communication et ne restent plus cloîtres dans leur cabinet. Il arrive ainsi que certains internautes trouvent ainsi sur le web un avocat pour lui confier un dossier ou venir à son bureau en rendez vous pour le consulter, à titre onéreux cette fois ci. Pub et commerce vont bien au-delà de la simple communication informative et le pas n’est pas encore franchi par la profession d’avocat dans sa grande majorité.

par jac

Un "ras de marée" ?

Je dirais plutôt un "raZ de marée" !

Zorro en orthographe, comme disait mon vieil instituteur. Je retiens jac : j’en ai marre de mon correcteur automatique ; je prends jac à la place, qui mérite de siéger à l’Académie française !

Par CAM (bis)

"Pourquoi autant de pub sur lui ? Il a mis de l'argent sur le compte de la Charente Libre" ?

Ah décidemment, ce CAM l’a en travers de la gorge ! Et en plus, il ne trouve pas d’explication logique à la « pub » (cf. réponse à Menouar ben Yahya) ; mais comment a-t-il pu deviner que notre quotidien local perçoit de l’argent sur chaque article ? A chaque fois qu’une personne est nommée dans la presse, elle reçoit évidemment la facture correspondante ! D’ailleurs, puisqu’on a ainsi parlé de vous, en publiant vos commentaires, votre facture va être élevée : deux fois cité = double tarif. Allez, comme c’est pour la bonne cause, moi je ne vous facture pas le lien pour votre association, c’est gratos et de bon cœur, comme pour la CHARENTE LIBRE.

Par jean-claude.guillard le 17/06/09

La lecture matinale de mon quotidien local LA CHARENTE LIBRE m'apporte toujours une certaine délectation entre la page des faits d'hiver, et celle des sports, en passant par les avis d'obsèques. Ce matin, je me prends en pleine tronche un excellent article d'un des plus intrépide grand reporter de la rédaction, évoquant les écrits fantaisistes d'un homonyme sur un blog d'avocats, agrémenté d'une photographie de l'intéressé, fraichement sorti d'un asile psychiatrique, les yeux exhorbités et l'air franchement ahuri ; le plus drôle est que certains de mes amis ont cru me reconnaître ; d'autres m'ont demandé le nom du photographe, comme si on allait dénoncer le coiffeur d'un chauve pour une raie au milieu mal placée !


UN JEUNE BLOGUEUR DU CNB A L’HONNEUR

La lecture matinale de mon quotidien local LA CHARENTE LIBRE m’apporte toujours une certaine délectation entre la page des faits d’hiver, et celle des sports, en passant par les avis d’obsèques. Ce matin, je me prends en pleine tronche un excellent article d’un des plus intrépide grand reporter de la rédaction, évoquant les écrits fantaisistes d’un homonyme sur un blog d’avocats, agrémenté d’une photographie de l’intéressé, fraichement sorti d’un asile psychiatrique, les yeux exhorbités et l’air franchement ahuri ; le plus drôle est que certains de mes amis ont cru me reconnaître ; d’autres m’ont demandé le nom du photographe, comme si on allait dénoncer le coiffeur d’un chauve pour une raie au milieu mal placée !

Franchement, la surprise passée, après avoir examiné à la loupe cette photographie, je suis en mesure de démentir : non, ce n’est pas moi ; pour ceux qui en douteraient, vous avez la photo de l’original en page d’accueil de ce blog : c’est autre chose, non ?

Ceci dit, cet homonyme ne manque pas de culot : j’ai retrouvé dans sa plume quelques traits acidulés de certains écrits dont je revendique la paternité ; j’ai retrouvé un autoportrait qu’un de mes meilleurs amis, dessinateur débutant, avait pu commettre, à l’insu de mon plein gré ; j’ai même tressailli à l’évocation d’un temps ancien, où, ne sachant pas écrire, il m’arrivait de balbutier dans un micro fraichement ouvert par SAS François II. Roi de Charente et des françois.

Grande surprise que de voir dans un miroir son clône endosser vos habits et de ne pouvoir lui faire un procès pour contrefaçon, pour utilisation d’une copie servile.

Imaginons que cet article parle de mon auguste personne : il n’aurait pas manqué de mettre en exergue ma chevelure blonde et bouclée, mes jeans troués et mes santiags de rockeur ; le chat serait devenu tigre ; il aurait situé ma participation sur la toile parmi les échangistes de confidences de FACEBOOK et non point sur la blogosphère officielle des avocats français, et surtout, la photographie eut été plus pipole.

Je ne manquerais pas de surveiller les écrits de ce Maître blogueur qui, finalement m’amuse bien, et qui aura eu le mérite de me contraindre à sortir de ma légendaire réserve.

Vive la CHARENTE LIBRE

Vive la blogosphère des avocats du CBN

Vivent les collègues blogueurs

Et vive moi !

Par jean-claude.guillard le 30/12/08

UN AN DE BLOGOSPHERE CNB

La fin d'année est propice aux bilans : au terme d'une première année complète, la rédaction a souhaité interroger un jeune administrateur de blog pour qu'il dresse le bilan de son activité.

Une interview franche et sans langue de bois, dont nous vous présentons les meilleurs extraits.

NB : la totalité de l'entretien n'est pas disponible, la cassette des 10 heures d'enregistrement ayant été égarée ou volée (plainte a été déposée). Veuillez nous excuser pour la mauvaise qualité du son.


UN AN DE BLOGOSPHERE CNB

La fin d'année est propice aux bilans : au terme d'une première année complète, la rédaction a souhaité interroger un jeune administrateur de blog pour qu'il dresse le bilan de son activité.

Une interview franche et sans langue de bois, dont nous vous présentons les meilleurs extraits.

NB : la totalité de l'entretien n'est pas disponible, la cassette des 10 heures d'enregistrement ayant été égarée ou volée (plainte a été déposée). Veuillez nous excuser pour la mauvaise qualité du son.

Q : Comment avez-vous découvert la blogosphère du CNB ?

R : Comme tous les jeunes avocats qui débutent, je me demandais comment me faire connaître en arrivant dans la mégapole d'ANGOULEME, alors que je n'avais aucun réseau de connaissances, n'étant ni franc-maçon, ni catholique pratiquant, ni chasseur ou pêcheur... Un ami m'a parlé de la blogosphère du CNB

Q : Avez-vous rencontré des difficultés particulières pour créer votre blog ?

R : Au début, les difficultés furent générales : apprentissage du clavier, dressage d'une souris, etc. Puis, peu à peu, sont arrivées les difficultés particulières : faire un choix de couleur n'est pas neutre : la couleur influe sur l'internaute. Par exemple, le rouge le rend agressif ! J'ai choisi le rose, mais j'ai vu que c'était la couleur des filles ! Alors, en optant pour le rose foncé, j'ai eu une page d'accueil rouge. Il parait que chez CNB c'est ça ou rien, because charte graphique. C'est comme nous les avocats on a la même charte graphique que les juges : black and white (sauf certains qui mettent du rouge pour influer sur le justiciable)

Q : Et quoi d'autre ?

R : Le plus dur a été le choix de la photo en page d'accueil : sans cette photo, le CNB vous dessine : vous êtes soit une ombre bleutée unisexe, soit pire un gros cube également bleuté. Le cube m'a fait peur et j'ai retrouvé une vielle photomaton, vous savez celle qui vous donne l'air d'un gardé à vue depuis 96 heures ; je pensais que ça m'attirerait la sympathie de ma future clientèle pénale. Ma famille a opposé son veto, par respect pour nos ancêtres...

J'ai donc demandé à un ami de faire un photomontage sur une photo de moi en string lors de mes dernières vacances : il m'a copié/collé un costard avec cravate du catalogue KIABI, et a estompé ma chevelure peroxydée au profit d'une légère calvitie, faisant plus sérieux selon lui. On a retrouvé, pour le décor, une photo publicitaire d'un magasin de meuble, et voilà comment l'artiste se retrouve en situation sur sa page d'accueil !

Q : Le rédactionnel a-t-il été un problème pour vous ?

R : Alors là, franchement c'est la galère ! J'ai regardé les publications des anciens, les vieilles gloires de notre profession, pour voir comment aborder la situation ; j'ai eu peur : je passe suffisamment de temps, pour mes dossiers, à explorer la jurisprudence et ses revirements et je n'avais aucun goût à faire des heures sup' pour faire des commentaires d'arrêts, qui furent causes de multiples déprimes durant mes études ; je me suis interdit de transmettre mes angoisses aux lecteurs internautes.

Q : Quelle a été votre choix, alors ?

R : Pas de choix : si tu ne veux pas commenter lois ou jurisprudences, t'es fait comme un rat ! Il te reste à traiter les grandes questions existentielles de la vie judiciaire : pourquoi un avocat ? Pourquoi un Juge ? Pourquoi la Justice ? Pourquoi Carla ? J'avais pensé un temps à me spécialiser dans l'approche des plus belles décisions rendues par les juges du fond, mais ce fonds était si insondable qu'une vie entière de blogger n'aurait pas été suffisante.

Q : Qu'entendez vous par « plus belles décisions » ?

R : Celles dont on ne parle pas assez dans les médias, les oubliées de la littérature judiciaire, celles dont seuls les initiés ont connaissance, et qu'ils se refilent sous le manteau, les jours de temps gris, pour égayer leur morne vie ; ces décisions sont des trésors de poésie, ou dignes des meilleurs sketchs de notre bon Coluche, ou encore émouvantes comme du... Kafka. J'ai vu des avocats pleurer de rire, des justiciables pleurer tout court, à leur lecture. Heureusement que de tels auteurs existent encore et ont échappé au grand formatage de l' ENM ! C'est un régal, et il me semblait injuste que ces sauveurs de la littérature française ne soient pas mis en lumière. N'est-il pas plus beau pour un cocu de lire qu'il a découvert son infortune ?

Q : Oui, mais votre blog ne contient aucune de ces œuvres intellectuelles ; pourquoi ?

R : Souvent la grande littérature est méconnue et la censure veille : j'ai le souvenir cruel d'une sublime décision qui développait, sur quatre pages pleines, une allégorie sur l'idéal d'une médiation familiale, qui avait échouée comme en témoignait l'absence de procès verbal, mais qui, parait-il, laissait néanmoins transparaître la volonté des acteurs de trouver un terrain d'entente, formalisé illico par l'auteur, sur papier à en tête du Peuple Français, d'une manière interprétative, télépathique et directive, remarquable ; Ah, l'interprétation des songes, j'en ai encore les larmes aux yeux. Hélas, l'œuvre intellectuelle, soumise à la censure, a été infirmée brutalement, sans le moindre égard pour le travail imaginatif et poétique de l'auteur. Comment voulez vous que nous puissions sélectionner de telles prestations intellectuelles, aux fins de publication, si elles sont honteusement privées de leur jus initial, qui en fait le charme ? J'ai renoncé, par respect pour la propriété intellectuelle de leur auteur, à publier une œuvre tronquée.

Q : N'avez-vous pas pensé à créer un bêtisier ?

R : Bien sûr, mais je n'aime pas ce mot : il est très dévalorisant pour ces artistes méconnus. Vous savez, celui qui prend son temps pour rédiger une telle œuvre, qui consulte son dictionnaire pour vérifier le sens de chaque mot qu'il va coucher sur le papier, qui ose une théorie que nul n'a pensé développer, ne commet jamais une bêtise : il fait œuvre de création, signe d'intelligence et d'ouverture d'esprit. Si j'osais, je vous dirai qu'il est heureux que nos critiques d'art n'aient pas enterré trop vite les œuvres de Picasso. Comme on dit aujourd'hui, c'est pas parce que c'est destroy que c'est poubelle !

Q : Bon, mais pour en revenir à votre choix rédactionnel ?

R : Heu ....

Q : Ne connaissez vous pas l'angoisse de la page blanche ?

R : Voilà, c'est ça ! Je hais la page blanche ! Cette histoire de blog du CNB, c'est scandaleux ! On vous fait ouvrir un blog, et après, c'est pour qui la galère de la page blanche ? Ils ont trouvé en plus un truc qui ressemble à du harcèlement moral : on vous met des notes, qui montent ou qui baissent selon que vous publiez ou pas : on vous oblige à écrire, toujours écrire et toujours plus ! Moi, au bout d'un an, je suis vidé, sur les rotules, les neurones ne connectent même plus ! Pitié, le CNB...respectez les pages blanches.

Q : vous accusez le CNB d'esclavagisme ?

R : Exactement ! Je le dis aux jeunes, comme moi, si vous mettez le doigt dans l'engrenage, vous êtes foutus : chaque matin, selon que vous aurez fourni votre ouvrage ou non, vous allez consulter la page d'accueil de votre blog, et malheur à la baisse de notation dans la rubrique volontairement intitulée « popularité » : vous avez pris votre week-end avec votre petite famille, gros fainéant ? Et bien tant pis pour vous, chute de votre popularité ! En semaine, vous avez du gérer votre cabinet et vous n'avez pas eu le temps de produire votre billet quotidien ? Et vlan, te voilà une grosse baisse de popularité !

Si tu veux être populaire, t'as intérêt à nous sortir au moins une bafouille par jour ! Comment, pas eu le temps ? Et la nuit, feignasse ! Tu vois, à coté, la vie de Laurence Ferrari consultant l'audimat le lendemain du JT, est paradisiaque : quand elle n'est pas là, elle ne baisse pas !

Q : Vous m'avez l'air effectivement épuisé, mais d'autres y arrivent, eux ?

R : Oui, mais là, attention, on est dans les grosses pointures, ceux qui ont le coach et le comité de rédaction, le médecin particulier et la pharmacie adaptée ; j'en connais un, à Marseille, il parait que c'est pastaga tous les matins au petit déjeuner en dose concentrée injectable : il voit des oiseaux partout qui lui font caca dessus ; ça non, je refuse.

Et puis, ils ont leurs trucs : petits billets très brefs pour ne pas se vider la tête d'un coup, commentaires amicaux auprès de la concurrence pour mieux la surveiller, vidéos YouTube pour ceux qui n'ont pas de camescope : de vrais bloggers, quoi ! Mais, on n'est pas dans la même catégorie : eux, leur Graal, c'est la carte !

Q : La carte ?....

R : Oui, la carte de la page d'accueil de la blogosphère ! Alors là, seuls les très gros populaires y ont droit ! Encore une invention du CNB pour que ses esclaves travaillent encore plus. Un jour tu y es, alors forcément ça fait monter la popularité, puisque tout le monde veut voir qui a décroché le pompon à Lille ou à Tulle : alors ça connecte grave ; le lendemain, t'y es plus et t'as forcément moins de connexions que la veille ! Tu vois ce que je veux dire ? Tu baisses forcément et t'es redevenu une grosse feignasse ! Faut s'y remettre !

Q : Je vous sens désabusé ? Allez vous lâcher la blogosphère ?

R : ça va pas, noooon ? Quant tu y es, t'as plus qu'aller au bout, jusqu'à la carte du trésor et alors là, bingo ! c'est un peu comme le gars de la Société Générale qui est allé jusqu'au bout pour piquer les économies des actionnaires ; pour nous, le bout c'est la carte, la carte, rien que la carte.

Q : Oui, mais si j'ai bien compris, le lendemain la popularité baisse ?

R : Mais qu'il est con celui là ! T'as pas fini de me poser des questions débiles ? j't'en pose moi des questions sur ce que tu vas écrire sur moi sur ta page blanche ?

Pas de quoi faire un billet !

Tiens tu vois, à force de regarder l'image de la blogosphère, je vois tout flou, maintenant !