Jun
13
MERCI, RAYMOND, MERCI ... (3°)

Quand je vous l'disais...

RAYMOND est un sorcier : avec seulement sept joueurs valides à l'entame du match, il a réussi à nous éviter la défaite annoncée devant l'illustre et redoutable équipe de l'URUGUAY ; si même un arbitre exotique avait pensé à expulser dès le début du match un, voire deux, de ces sud américains rugueux, c'est sûr, on pouvait même gagner !

Bon, d'accord, il a commis une petite boulette en faisant jouer un gamin se prenant pour son grand ancien au même poste, fraîchement retraité, j'ai nommé le grand VIERA ; ouais, le gamin, avec ses grandes cannes toutes neuves, n'a pas pensé à ralentir le rythme pour attendre que ses co-équipiers arrivent ; il n'a pas réussi à trouver notre génial buteur anglophile ANLK dont on sait pourtant qu'il préfère plutôt gambader sur la largeur du terrain que sur la longueur. En se mettant au diapason de ses glorieux aînés, le jeunot devrait vite d'adapter.

Bonne nouvelle, le dernier carré de nos grognards défenseurs a tenu le choc, ce qui montre bien que c'est dans les vieux pots que l'on peut faire la meilleure soupe. Attention quand même à ne pas trop s'épuiser, un vieux pot fêlé pouvant casser. A noter le choix capital du capitaine : dès le début de la partie, il a montré les limites... du terrain coté touche, et a rappelé ses adversaires à la décence, au point de recevoir un amical cartounet anisé du directeur de jeu.

Quelques réglages sont encore à effectuer au milieu du terrain, là où çà bouchonne aux heures de pointe ; certains n'ont pas encore bien apprécié les dimensions du terrain, à force de s'entraîner sur la largeur : pour les passes, il faut forcer un peu plus et bien suivre les conseils de Raymond de se repérer à la couleur des maillots ; il faut dire, aussi, que ces uruguayens vicieux n'ont pas cessé de s'intercaler entre deux des nôtres voulant se passer le ballon ! Pour contrarier notre beau jeu, rien de pire ; le public local ne s'y est pas trompé en les houspillant durant tout le match, non pas en sifflant, ce qui est impoli dans ce pays, mais en soufflant comme un seul homme dans des trompes d'antilope (la bête est en voie d'extinction dans le pays). Bref, comme me le disais Mr RAYMOND, pourquoi qualifier des équipes qui nous empêchent de jouer, et, par suite, de gagner tous nos matches, nous les champions du monde de 98.

On a bien aimé le respect des traditions gauloises et notamment du bizutage du plus jeune par les anciens : on a tous bien rigolé en voyant le petit GOURCUFF courir dans le vide, ses équipiers coquins faisant mine de lui passer le ballon pour mieux l'envoyer ailleurs.

Moi qui suis adepte du rugby, j'ai apprécié la science de Mr RAYMOND qui a eu l'idée de faire travailler à l'entraînement ceux qui devaient transformer les essais, en leur faisant taper des pénalités entre les barres : ça a payé ! Les cages auraient été élargies et prolongées par des perches, on gagnait haut la main ; encore une semaine pour régler ce menu détail d'intendance.

Mr RAYMOND, particulièrement satisfait du résultat, m'a assuré qu'il allait cependant améliorer l'équilibre politique de l'équipe : il a constaté que la France penchait à gauche ; selon lui, il suffit de renforcer le centre droit, pour raviver la droite : il consulte actuellement les partis concernés, avec l'aide d'une secrétaire d'Etat férue de sport et d'hotels en tous genres.

Bon après les bons points, se pose le cas GOVOU, du nom d'un ancien joueur inscrit sur feuille de match, et qui a oublié de se présenter au coup d'envoi puisque l'on ne l'a pas vu sur le terrain. Il n'a pas été remplacé, comme quoi nul n'est irremplaçable. Mais son ombre planait néanmoins sur le stade au point que certains joueurs envoyaient des ballons sur son aile droite, comme si il avait été là : c'est un phénomène connu, l'illusion d'optique, qui se guérit. Le staff médical y travaille. Ah, voilà la limite des automatismes.

Et puis, pour finir, le cas RIBERY, sauveur désigné de la nation, infatigable en première mi-temps, fonceur et défonceur du couloir gauche, qui n'a d'autre limite que la ligne de touche, et la seconde mi-temps. Il a du jus à en revendre, et mériterait bien d'avoir de temps à autre un repos du guerrier bien mérité. A foncer tête baissée, il risque de se fracasser un jour sur une défense bétonnée et de terminer sa carrière de beau gosse comme un pare brise CARGLASS fissuré. Mr RAYMOND, par pitié, préservez l'idole qui adore faire rigoler ses copains sur banc des remplaçants, ou alors, apprenez lui à quitter des yeux la ligne de touche pour regarder le reste du terrain, là où il arrive parfois que d'autres joueurs puissent se trouver.

Allez, on tient le bon bout ; tout est en place pour tenter de vaincre l'immense équipe du Mexique, ces fils d'incas assoiffés du sang de leurs victimes et férus de sacrifices humains.

Après le thriller, on veut voir un film d'horreur, avec ces milliers d'abeilles en fond sonore, qui nous épuisent, certes, mais nous évitent d'entendre les ineptes commentaires suggérant l'incapacité de notre cher RAYMOND à nous ramener la timbale.

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