jean-luc.medina

Par jean-luc.medina le 30/09/20
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(arrêt de la Cour de Cassation 1er juillet 2020 n°18-25.487)

Dans un arrêt du 1er juillet 2020, la Chambre Commerciale de la Cour de Cassation a eu à se prononcer sur les possibilités de compensation légale entre créances réciproques dans l’hypothèse d’une liquidation judiciaire.

Il convient de préciser qu’au terme des articles 1290 et suivants du Code Civil ancien et 1347 à 1348-2 nouveau, pour faire jouer la compensation légale, il suffit que les dettes soient réciproques, liquides, fongibles et exigibles.

La compensation légale ne s’opère de plein droit que si ces conditions sont réunies.

Le jugement ouvrant la procédure emporte, de plein droit, interdiction de payer toute créance née antérieurement au jugement d'ouverture, à l'exception du paiement par compensation de créances connexes. C’est la reprise des dispositions de l’article L622-7 du code de commerce

Le principal intérêt pour le bailleur est de compenser des créances antérieures à la procédure collective avec des créances postérieures qui ne bénéficient pas du paiement préférentiel prévu à l’article L622-17 du code de commerce.

En l’espèce, un mandataire liquidateur a été autorisé par une Ordonnance du juge commissaire à céder un fonds de commerce définitivement autorisé par une décision de justice et a été conclu le 28 février 2013.

Parallèlement, la SCI faisait délivrer le 17 janvier 2013 au liquidateur un commandement de payer visant la clause résolutoire pour obtenir le paiement d’une somme de 19 760,68 € correspondant à des arriérés de loyers et de taxes foncières.

Un arrêt du 28 novembre 2013 a suspendu les effets de la clause résolutoire pour une durée de 3 mois et reportant au prononcé de l’arrêt le point de départ du délai pour la régularisation de l’acte de cession.

Cependant, les fonds sont restés séquestrés de nombreux mois en l’étude notariale afin de procéder à la procédure de purge.

Le bailleur aurait dû être payé au plus tard le 29 janvier 2014.

Pour sa part, la SCI devait à son locataire une somme de 20 709,99 €, somme due avant l’expiration du délai imparti pour régler les loyers impayés de la SCI.

La Cour d’Appel de DOUAI dans son arrêt du 4 octobre 2018 a rejeté la demande du liquidateur tendant à déclarer nul et de nul effet le commandement de quitter les lieux.

Le liquidateur invoquait la compensation légale entre créances réciproques mais postérieurement à l’ouverture de la procédure de liquidation judiciaire.

La Cour d’Appel de DOUAI n’avait pas retenu le principe de la compensation légale car elle a considéré que celle-ci ne jouait pas lorsque les créances n’étaient pas exigibles avant le prononcé de la liquidation judiciaire et qu’en l’occurrence les créances n’étaient pas issues d’un même contrat de sorte qu’elles n’étaient pas connexes.

La Cour de Cassation a critiqué la Cour d’appel de DOUAI qui en se prononçant ainsi sans rechercher comme elle y était invitée si les créances en cause étaient toutes deux postérieures à l’ouverture de la liquidation judiciaire et pouvaient donc faire l’objet d’une compensation légale.

La Cour de Cassation a considéré que la Cour d’Appel avait relevé que la créance impayée de la SCI était bien née postérieurement à l’ouverture de la liquidation judiciaire, de sorte qu’il convenait d’écarter toutes références à la connexité des créances réciproques.

Selon la Cour de Cassation, la Cour d’Appel se devait seulement de vérifier si les conditions de compensation légale étaient réunies telles que définies par le code civil.

Ainsi, il faut retirer de cet arrêt qu’il n’est pas utile pour appliquer les principes de la compensation légale de rechercher si les créances étaient exigibles avant le prononcé de la liquidation judiciaire.

En l’espèce, le fait que les deux créances soient exigibles postérieurement au jugement d’ouverture de la liquidation judiciaire suffit.

S’agissant de la connexité, la Cour de Cassation n’exige pas cette condition.

Des créances nées régulièrement après l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire peuvent donc faire l’objet d’une compensation légale dès lors qu’elles remplissent les conditions prévues à l’article L.641-13 du Code de Commerce.

Cela veut dire que les créances doivent être simplement réciproques, fongibles, liquides et exigibles.

Nées régulièrement après l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire elles sont payées à leur échéance conformément aux dispositions de l’article L.641-13 du Code de Commerce et si elles remplissent ces conditions, elles peuvent faire l’objet d’une compensation légale.

Par jean-luc.medina le 01/09/20
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La propriété peut être démembrée entre le nu-propriétaire et l’usufruitier.

 

L’article L. 145-14 du Code de Commerce met à la charge du bailleur le règlement d’une indemnité d’éviction en cas de non-renouvellement du bail.

 

Cette indemnité d’éviction est censée réparer le préjudice causé au locataire par le défaut de renouvellement.

 

En cas de démembrement de la propriété, qui est débiteur de l’indemnité d’éviction entre l’usufruitier et le nu-propriétaire ?

 

La Cour de Cassation a eu à se prononcer sur cette difficulté par un arrêt publié au bulletin le 19 décembre 2019 (n°18-26162).

 

Dans cette espèce, l’usufruitière et le nu-propriétaire d’un immeuble à usage commercial ont délivré au locataire un refus de renouvellement sans indemnité d’éviction.

 

Un arrêt de la Cour d'Appel a considéré qu’il n’existait aucun motif grave et légitime d’empêcher le locataire pour percevoir l’indemnité d’éviction.

 

La Cour d'Appel a condamné in solidum l’usufruitier et le nu-propriétaire à payer l’indemnité d’éviction due au preneur.

 

L’arrêt de la Cour d'Appel a retenu que l’usufruitier et le nu-propriétaire ayant fait délivrer ensemble l’acte de refus de renouvellement, ils sont tous les deux redevables de l’indemnité d’éviction tout en rappelant que l’acte de refus de renouvellement excède les pouvoirs du seul usufruitier.

 

En effet, en application de l’article 595 du Code Civil, l’usufruitier dans l’hypothèse d’un démembrement de propriété ne peut consentir un bail commercial ou le renouveler sans le concours du nu-propriétaire ou à défaut d’accord de ce dernier, qu’avec une autorisation judiciaire, en raison du droit au renouvellement du bail dont bénéficie le locataire même après l’extinction de l’usufruit.

 

En revanche, la Cour de Cassation rappelle que l’usufruitier a le pouvoir de mettre fin au bail commercial et de notifier au preneur sans le concours du nu-propriétaire un congé avec refus de renouvellement, et ce, en application d’une jurisprudence constante (Cour de Cassation, 29 janvier 1974).

 

L’usufruitier a donc selon la Cour de Cassation seul la qualité de bailleur dont il assume toutes les obligations à l’égard du preneur.

 

L’indemnité d’éviction qui est due en application de l’article L. 145-14 du Code de Commerce qui a pour objet de compenser le préjudice causé au preneur par le défaut de renouvellement du bail doit donc être à sa charge.

 

Dès lors, la Cour de Cassation n’admet pas que la Cour d'Appel condamne également le nu-propriétaire in solidum avec l’usufruitière dès lors que l’indemnité n’est due que par celle ci par application de l’article 595, dernier alinéa du Code Civil.

 

Ainsi, l’obligation en paiement de l’indemnité d’éviction est une dette attachée à la qualité de bailleur et non à la propriété de l’immeuble.

 

C’est donc l’usufruitier ou le locataire principal en cas de sous-location qui doit l’assumer.

Par jean-luc.medina le 29/06/20
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L’immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés est une obligation légale à laquelle sont assujettis les commerçants, sociétés et groupements d’intérêt économique dont le siège social se trouve en France.

 

L’article L. 123-1 du Code de Commerce dispose que cette immatriculation permet notamment aux commerçants et sociétés de bénéficier du statut protecteur des baux commerciaux et conditionne de façon contraignante leur droit au renouvellement du bail commercial.

 

En vertu de l’article L. 145-9 du Code de Commerce, le droit au renouvellement des baux commerciaux protège le preneur d’un bail commercial contre un éventuel refus de renouvellement par le bailleur.

 

A la fin du bail commercial, le bailleur, à défaut de proposer le renouvellement du bail ou d’accepter une demande de renouvellement du preneur, doit proposer et régler une indemnité d’éviction qui représente souvent une somme importante représentant parfois plus que la valeur du fonds de commerce lui-même.

 

Cette indemnité doit couvrir l’ensemble des préjudices subis du fait de l’éviction.

 

Encore faut-il que l’établissement ou la société visés par le renouvellement soit immatriculé dans les conditions prévues à l’article L. 145-1 du Code de Commerce.

 

Dans l’arrêt de la Cour de Cassation du 28 mai 2020, un bailleur avait donné à bail à une société de gestion pour une durée de neuf années entières, une villa meublée avec terrain, terrasse et piscine, destinée à une activité d’exploitation hôtelière ou para-hôtelière consistant en la sous-location meublée de locaux situés dans le même ensemble immobilier avec une mise à disposition de services ou prestations para-hôtelières de la clientèle.

 

Le 3 novembre 2016, les bailleurs ont délivré un congé avec refus de renouvellement et offre d’indemnité d’éviction pour le 27 mai 2017.

 

Ensuite, ils ont dénié au locataire le droit à indemnité d’éviction pour défaut d’immatriculation régulière au registre du commerce et des sociétés.

 

Les bailleurs ont assigné leur locataire en validation du congé et en expulsion sans règlement d’indemnité d’éviction.

 

La Cour d’Appel de Pau, par un arrêt du 7 février 2019, a jugé que le locataire ne bénéficiait pas du droit au renouvellement du bail et a refusé le droit à indemnité d’éviction invoqué par le preneur.

 

La Cour d’Appel de Pau avait estimé qu’il n’était pas stipulé au contrat de bail que le bailleur acceptait de façon non équivoque de dispenser le preneur du défaut d’immatriculation au RCS.

 

Cette décision a des conséquences graves pour le preneur.

 

Le droit au renouvellement du bail est d’ordre public.

 

Souvent, le preneur engage d’importantes sommes au titre de l’investissement de son local, lequel représente un actif qui peut être valorisé à plusieurs centaines de milliers d’euros à l’actif de son bilan.

 

Or, perdre cet actif et son activité commerciale pour cause d’un défaut d’immatriculation au jour du renouvellement, peut paraître totalement inéquitable.

 

Les textes sont parfaitement clairs sur le sujet et obligent à l’immatriculation pour conserver le droit au renouvellement.

 

Cependant, l’analyse du contrat de bail peut parfois donner lieu à interprétation sur la volonté des parties

 

Il faut toujours se méfier de l’argumentation renvoyant au caractère équivoque ou non équivoque d’une clause contractuelle.

 

Dans le bail, les parties déclaraient :

 

« Leur intention expresse de soumettre la présente convention au statut des baux commerciaux, tel qu’il résulte des articles L. 145-1 du Code de Commerce et des textes subséquents et ce même si toutes les conditions d’application de ce statut ne sont pas remplies ou ne le sont que pour partie, en sorte qu’il y aura éventuellement extension conventionnelle du champ d’application de ce statut ».

 

Il faut en effet savoir que le statut des baux commerciaux peut être étendu contractuellement à des activités qui n’entrent pas dans le champ habituellement prévu des baux commerciaux de sorte que l’obligation d’immatriculation, dans ce cas de figure, n’est plus obligatoire puisque par définition le bail commercial peut être appliqué à une activité non commerciale.

 

Dès lors que les parties ont prévu l’application du statut des baux commerciaux au contrat en indiquant que si les conditions d’application de ce statut n’étaient pas toutes remplies, il y aura éventuellement extension conventionnelle du champ d’application de ce statut, la Cour de Cassation a estimé que la Cour d’Appel avait dénaturé la commune intention des parties.

 

Cet arrêt est à approuver sur le principe.

 

En effet, en équité, le preneur ne perd pas son droit au bail et son activité.

 

Cependant, on peut se poser la question de savoir si l’activité d’exploitation hôtelière ou para-hôtelière consistant en la sous-location meublée de locaux situés dans un ensemble immobilier ne relève pas d’une activité commerciale qui oblige à l’immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés de sorte que sur ce terrain juridique, la décision prise par la Cour de Cassation pourrait être critiquable.

 

En tout état de cause et en pratique, lorsque l’année du renouvellement du bail arrive à son échéance, il faut absolument vérifier les conditions d’immatriculation du locataire afin d’éviter une désagréable surprise pour ce locataire ou de pouvoir faire profiter de cette aubaine au bailleur.

Par jean-luc.medina le 11/06/20
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A compter du lundi 11 mai date du déconfinement annoncé par le gouvernement nos cabinets sont ouverts au public.

Nous avions été amenés, suite à la crise sanitaire du Covid 19, à suspendre la réception du public, tout en poursuivant nos activités.

A compter du lundi 11 mai, nous avons mis en œuvre un plan interne destiné à assurer la sécurité de nous tous et la vôtre, nos clients étant au cœur de notre service et de nos préoccupations.

L’accueil téléphonique est assuré au 04.76.48.89.89. Les mails sont reçus sur l’adresse générale cdmf@cdmf-avocats.com

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Par jean-luc.medina le 19/03/20
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Cour de Cassation chambre commerciale 15 janvier 2020 n°17-28127

Le Tribunal de Commerce de PARIS avait prononcé l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire d’une société dont l’associé fondateur, gérant et unique associé avait signé un contrat de bail qui mentionnait qu’il était signé pour le compte d’une société à constituer devant se substituer et qui aura pour objet l’exploitation d’un fonds de commerce dans les locaux loués.

Le bailleur a déclaré une créance au passif de cette société correspondant aux loyers impayés.

Le bailleur a saisi le Juge commissaire d’une requête aux fins de constatation de la résiliation de plein droit du bail. Entre temps un jugement de liquidation judiciaire a été prononcé à l’encontre de la société défaillante.

C’est alors que le gérant unique associé de la société mise en liquidation judiciaire est intervenu volontairement à l’instance en résiliation du bail afin de revendiquer être le seul titulaire du droit au bail.

Le juge commissaire a rejeté non seulement la requête du bailleur, mais également la demande formulée par le gérant associé de la société.

La Cour d’appel de Paris dans un arrêt du 26 octobre 2017 avait rejeté la revendication du gérant associé.

Le gérant invoquait le fait que l’engagement de signer le bail ne figurait pas dans les statuts, ni dans un mandat donné avant l’immatriculation de la société et déterminant la nature et les modalités des engagements à prendre, ni après l’immatriculation par une décision prise à la majorité des associés.

Même en tant qu’associé unique, une décision de reprise des engagements ne pourrait résulter que d’un acte express répertorié dans un registre prévu à cet effet.

La Cour de Cassation a confirmé l’arrêt de la Cour d’Appel et rejeté l’argumentaire du gérant associé.

La Cour de Cassation a constaté que le contrat de bail mentionnait qu’il était bien signé par ce gérant associé pour le compte d’une société à constituer devant se substituer. En signant ce contrat, le bailleur et le signataire ont donc donné de façon non équivoque leur accord pour que l’engagement souscrit par le gérant pour le compte de la future société soit exclusivement assumé par cette dernière.

Par ailleurs, aussi bien la Cour d’Appel que la Cour de Cassation ont relevé que la société avait bien exploité le fonds de commerce dans les locaux loués conformément au contrat de bail et que cette société s’était bien comportée comme étant la seule titulaire du bail.

Les loyers ont été par ailleurs payés par la société et non pas son gérant qui sur 14 chèques a pu justifier que 2 seulement avaient été émis par lui-même, dont l’un en qualité de caution, ce qui pouvait laisser supposer qu’il n’était pas titulaire du bail.

De surcroit, il résulte que la société elle-même a sollicité en référé des délais pour se libérer des sommes dues au titre des loyers en se comportant de manière non équivoque en titulaire du bail. Elle était par ailleurs titulaire d’un dépôt de garantie et cette société a même souscrit un emprunt pour financer des travaux d’aménagement du fonds de commerce.

La Cour de Cassation a considéré que bien que les statuts de la société à associé unique n’avait pas mentionné la reprise du bail sans ses annexes et qu’il n’existait aucun mandat écrit autorisant son gérant associé à contracter le bail au nom de la société, les parties avaient bien la volonté de substituer la société à son gérant lors de la signature du bail et que de ce fait la société s’était bien substituée à lui dans tous les actes d’exécution de ce contrat habituellement accompli par un locataire.

Cette situation évoquée par la Cour de Cassation est très courante.

Dans l’euphorie du début d’activité et de la signature d’un certain nombre d’actes, surtout lorsqu’il s’agit comme en l’espèce d’un associé unique, la rigueur juridique est parfois absente.

Cependant, le transfert des engagements peut toutefois résulter d’un faisceau d’indices qui peuvent résulter d’un raisonnement qui est semblable à celui de la théorie de l’apparence.

La rigueur doit cependant rester de mise.

Par jean-luc.medina le 17/03/20
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Les locataires commerciaux sont tentés ,après les propos présidentiels et lorsque le fonds de commerce est frappé de fermeture car non essentiel de suspendre le paiement du loyer

Voici la liste des fonds de commerce concernés par l'arrêté des 14 et 15 Mars 2020

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041723302&categorieLien=id

 

En matière de baux commerciaux l'application de la clause résolutoire en cas de non paiement de loyer est stricte et peut entraîner ma résolution du bail

le fermeture obligatoire par arrêté peut être considérée comme un cas de force majeur

L'application de la clause résolutoire sera en effet exclue en présence d'un cas de force majeure (Cass. 3e civ., 24 juin 1971, no 70-12.017, Bull. civ. III, no 404).

 

A  été analysé comme un cas de force majeure :

— l'impossibilité matérielle dans laquelle s'est trouvée le preneur d'effectuer les travaux visés au commandement délivré en période de congé constituait un cas de force majeure (Cass. 3e civ., 24 juin 1971, no 70-12.017, précité) ;

 

N'est pas considéré comme un cas de force majeur

— la prescription de l'Administration d'effectuer certains travaux dès lors que ces travaux n'ont été rendus nécessaires qu'en raison de l'adjonction par le locataire d'activités complémentaires à celles contractuellement prévues. Le bailleur peut se prévaloir, dans ce cas, de la clause résolutoire du bail sanctionnant l'interdiction faite au preneur de percer les murs ou de modifier la distribution des locaux (Cass. 3e civ., 13 juin 2007, no 06-13.661, Bull. civ. III,no 106, Rev. loyers 2007/880, no 592, note Quément C., Loyers et copr. 2007, comm. no 174, note Brault Ph.-H., RJDA 2007, no 934, AJDI 2008, p. 169,note Laporte-Leconte S., et p. 198).

 

La force majeure n'exonère en outre le débiteur de ses obligations que pendant le temps où elle l'empêche de donner ou de faire ce à quoi il s'est obligé (Cass. 3e civ., 13 juin 2007, no 06-12.283, RJDA 2007, no 937, AJDI 2008, p. 197, note Kessler G.).

 

En conclusion pour les activités visées par l'arrêté ,il y a des chances que la force majeur soit reconnue.Il appartiendra ensuite au bailleur de solliciter les aides promises par l'état surtout au niveau bancaire lorsque le bailleur est tenu par un investissement et des mensualités de prêt relatifs au local loué.

 

En revanche pour les activités ralentis du fait du confinement,il y a lieu de prendre contact avec son bailleur pour tenter une issue amiable c'est à dire étalement de la dette,remise amiable ou dans le cas extrême une saisine du juge au fin d'obtention de délais.

 

Cet article pourra faire l'objet de mises à jours

Par jean-luc.medina le 27/02/20
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Sauf exceptions mentionnées aux articles L145-17 et suivants du Code de Commerce, lorsque le bailleur refuse le renouvellement du bail, il est tenu de payer au locataire une indemnité d’éviction égale au préjudice causé par le défaut du renouvellement du bail.

 

Lorsque la décision de justice fixant le montant de l’indemnité passée en force de chose jugée est définitive, le bailleur dispose encore d’un délai de 15 jours pour exercer son droit de repentir (période durant laquelle le propriétaire peut revenir sur sa décision et proposer le renouvellement du bail à son locataire, pour autant qu’il n’ait pas quitté les lieux et pris déjà une nouvelle location) et proposer le renouvellement du bail commercial, ce qui le dispense du paiement de l’indemnité d’éviction.

 

Ainsi, tant que le bailleur n’a pas payé l’indemnité d’éviction due au locataire, ce dernier bénéficie d’un droit au maintien dans les lieux aux conditions et clauses du contrat du bail expiré aux termes de l’article L145-28 du Code de Commerce.

 

Le bail étant expiré, il n’y a plus lieu à paiement d’un loyer, mais d’une indemnité d’occupation qui doit correspondre en principe à la valeur locative des locaux.

 

Le locataire doit juridiquement quitter les lieux dès le versement de l’indemnité provisionnelle fixée par le Président du Tribunal de Grande Instance et au plus tard dans un délai de trois mois suivant la date du versement de l’indemnité au locataire lui-même ou de la notification par le bailleur à celui-ci du versement de l’indemnité à un séquestre.

 

Faute de n’avoir pas quitté les lieux loués, et à condition d’avoir mis le locataire en demeure de payer, le séquestre peut retenir une indemnité de 1 % par jour de retard sur le montant de l’indemnité d’éviction.

 

En l’espèce, la Cour de Cassation a eu à traiter de la situation dans laquelle un sinistre a endommagé les locaux loués devenus inexploitables durant la période de fixation de l’indemnité d’éviction.

 

Le locataire s’est maintenu dans les lieux et a sollicité de son bailleur outre le paiement de l’indemnité d’éviction, une indemnité au titre de son préjudice financier lié au caractère inexploitable des locaux.

 

La Cour d'Appel d’Amiens, par arrêt en date du 15 mars 2018, a considéré que le locataire ne pouvait prétendre qu’à une indemnisation limitée de la perte financière subie dès lors que la baisse du chiffre d’affaires n’était pas exclusivement imputable au manquement à l’obligation de délivrance du bailleur, mais procédait également du choix du locataire de se maintenir dans les lieux qu’il savait inexploitables.

 

En d’autres termes, la Cour d'Appel a reproché au locataire, nonobstant l’absence de règlement de son indemnité d’éviction, sachant que les locaux étaient devenus inexploitables du fait de l’incendie, d’être resté dans les lieux tout en se plaignant d’une baisse du chiffre d’affaires et en revendiquant un préjudice financier.

 

La Cour d'Appel d’Amiens a considéré que l’attitude du locataire a contribué à son propre préjudice en se maintenant dans les lieux.

 

La Cour de Cassation a cassé ce raisonnement.

 

Elle a estimé, conformément aux textes du Code de Commerce susvisés qui sont d’ordre public que le locataire était en droit de se maintenir dans les lieux jusqu’au versement de l’indemnité d’éviction.

 

L’auteur d’un dommage devant réparer toutes les conséquences, le locataire devait percevoir une indemnité compensant totalement son préjudice financier subi outre le règlement de son indemnité d’éviction.

 

Cette décision est conforme aux textes et à la jurisprudence.

 

Le maintien dans les lieux du locataire dans l’attente de son indemnité d’éviction est un droit.

 

En l’absence de toute faute de la part du locataire ayant contribué à la réalisation de son dommage, il doit recevoir réparation de son préjudice intégral.

 

Le fait de se maintenir dans les lieux nonobstant le caractère inexploitable du local lié à l’incendie n’est pas une faute qui peut lui être reprochée, dès lors que les dispositions du Code de Commerce qui sont d’ordre public et visées à l’article L145-28 du Code de Commerce autorisent le locataire à se maintenir dans les lieux tant qu’il n’a pas été payé de l’indemnité d’éviction.

 

L’application de l’article L145-28 du Code de Commerce et le principe de la réparation intégrale du préjudice doivent entraîner la réparation intégrale du préjudice subi par le locataire.

 

Cette solution est à saluer sur le plan pratique.

 

En effet, sans règlement d’indemnité d’éviction et sous le coût d’un droit de repentir possible à tout moment, le locataire en général n’a pas les moyens financiers ni de se réinstaller, ni de faire financer son installation, le droit à indemnisation n’étant qu’hypothétique du fait du droit de repentir qui peut être exercé par le bailleur tant que le locataire est dans les lieux.

 

Cette solution est donc heureuse et il faut l’approuver.

Par jean-luc.medina le 20/01/20
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La loi Pinel du 18 juin 2014 a modifié les équilibres du droit des baux commerciaux sur un certain nombre de sujets en tentant de rééquilibrer les droits et obligations du preneur et du bailleur.

 

L’article L. 145-34 prévoit qu’à moins d’une modification notable des éléments mentionnés aux 1e et 4e de l’article L. 145-33, le taux de variation du loyer applicable lors de la prise d’effet du bail à renouveler ne peut excéder la variation de l’indice trimestriel des loyers commerciaux ou de l’indice trimestriel des loyers des activités tertiaires.

 

L’article L. 145-3 mentionne les quatre cas qui peuvent entraîner un déplafonnement du loyer commercial par application des dispositions de l’article L. 145-34 du Code de Commerce.

 

Il s’agit alternativement de la modification notable soit :

 

Des caractéristiques du local considéré.

 

De la destination des lieux.

 

Des obligations respectives des parties.

 

Des facteurs locaux de commercialité.

 

Un certain nombre de bailleurs ont estimé que la loi Pinel du 18 juin 2014 et son décret d’application du 3 novembre 2014 modifiaient substantiellement et notablement les obligations du bailleur en faveur du preneur, ce qui justifierait un déplafonnement du loyer en renouvellement et sa fixation à la valeur locative au visa de l’article R. 145-8 du Code de Commerce.

 

La loi et le décret concernant la loi Pinel intègrent pour le calcul des loyers plafonnés l’indice des loyers commerciaux au lieu et place de tout autre indice, des modifications en faveur du preneur résultant de la prise en charge des travaux et des charges, des modifications relatives au lissage du loyer déplafonné, des modifications des règles applicables à la solidarité, à l’état des lieux, et des nouvelles obligations d’information relatives aux charges et travaux.

 

Certains bailleurs ont estimé pour exemple que la modification des obligations des parties découlant de la loi relative à la charge des grosses réparations de l’article 606 du Code Civil, était susceptible d’entraîner un déplafonnement du loyer car cette modification intervenue par l’instauration de la loi Pinel est d’ordre public et a impacté de manière notable le bail au cours de la période expirée.

 

Il convient de rappeler que jusqu’à l’application de cette réforme législative, les parties étaient libres de fixer comme elles l’entendaient la répartition des charges et des travaux entre elles et d’en transférer au preneur la charge finale quand bien même celle-ci incomberait normalement au bailleur.

 

Il convient donc de savoir si les modifications apportées par la loi aux clauses du bail renouvelé, quant à la charge des travaux, ou à toutes autres obligations respectives des parties, seraient de nature à entraîner un déplafonnement du montant du loyer du bail renouvelé si elles présentent effectivement un caractère notable.

 

La Cour d’Appel de Paris dans un arrêt du 3 avril 2019 (Pôle 5, Chambre 3, n°17/21462) a estimé que les différents motifs invoqués relatifs à la modification de l’indice de référence du loyer indexé plafonné, de lissage des augmentations de loyers en cas de déplafonnement, de l’établissement d’un état des lieux, de la réduction de la durée de la solidarité entre cédant et cessionnaire à trois ans, n’étaient pas de nature à entraîner un déplafonnement du loyer, dans la mesure où les modifications législatives alléguées n’étaient pas génératrices de charges nouvelles pour le bailleur et n’affectaient pas un des éléments à prendre en compte pour fixer la valeur locative.

 

Ainsi, la Cour d’Appel de Paris estime que les dispositions d’ordre public de la loi Pinel venant modifier l’équilibre en des obligations respectives des parties en faveur du preneur, ne constituaient pas des modifications notables permettant le déplafonnement de loyers.

 

Cette solution est heureuse.

 

En effet, il apparaît difficile d’admettre et de concevoir que c’est la loi et le décret qui par de nouvelles dispositions de rééquilibre, entraînent un déplafonnement des loyers au préjudice du preneur alors que ces dispositions législatives ont justement eu pour but de rééquilibrer les obligations respectives des parties en faveur du preneur.

 

A ma connaissance, aucun arrêt de la Cour de Cassation n’est intervenu dans ce domaine, mais il est fort à parier que le raisonnement de la Cour d’Appel de Paris du 3 avril 2019 soit confirmé par la plus haute juridiction.

Par jean-luc.medina le 23/12/19
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L’article L. 641-12 du Code de Commerce prévoit que lorsque le bailleur demande la résiliation judiciaire ou fait constater la résiliation de plein droit du bail pour des causes antérieures au jugement de liquidation judiciaire ou, lorsque ce dernier a été prononcé après une procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire, au jugement d’ouverture de la procédure qui l’a précédé. Il doit, s’il ne l’a déjà fait, introduire sa demande dans les trois mois de la publication du jugement de liquidation judiciaire.

 

S’agissant de faire constater la résiliation judiciaire de plein droit du bail pour défaut de paiement des loyers et charges afférents à une occupation postérieure au jugement de liquidation judiciaire, le bailleur ne peut agir qu’au terme d’un délai de trois mois à compter du jugement aux termes de l’article L. 622-14 du Code de Commerce.

 

Aux termes de l’article R. 141-21 du Code de Commerce, le Juge Commissaire constate sur la demande de tout intéressé, la résiliation de plein droit des contrats s’agissant des baux commerciaux.

 

La demande de résiliation est formée par requête adressée ou déposée au Greffe.

 

Parallèlement, il existe une possibilité de saisir le Juge des référés du Tribunal de Grande Instance sur le fondement des articles 808 et 809 du Code de Procédure Civile en utilisant la procédure de droit commun de résiliation de bail sur le fondement de la clause résolutoire.

 

En l’espèce, la Cour de Cassation par un arrêt du 9 octobre 2019 a eu à se prononcer sur l’hypothèse où un Juge Commissaire saisi d’une demande de constat de résiliation de plein droit d’un bail à raison d’un défaut de paiement des loyers et charges afférents à une occupation postérieure au jugement de liquidation judiciaire a rejeté la requête tendant à la constatation de cette résiliation de bail.

 

La Cour d’Appel de Paris, comme le Juge Commissaire ont rejeté le recours estimant que l’article L. 622-14 du Code de Commerce ne dérogeait pas à l’article L. 145-41 du même Code prévoyant en cas de clause résolutoire la délivrance préalable d’un commandement de payer au liquidateur, lequel pouvait solliciter des délais de paiement ou la suspension de la clause résolutoire.

 

Les juridictions du fond ont considéré que le fait pour le bailleur d’opter pour la saisie du Juge Commissaire plutôt que celle du Juge des référés ne le dispensait pas de la délivrance préalable du commandement de payer visant la clause résolutoire.

 

La Cour de Cassation a considéré que le bailleur qui agissait ainsi devant le Juge Commissaire pour voir constater la résiliation du bail de plein droit sans revendiquer le bénéfice de la clause résolutoire n’était pas dans l’obligation de délivrer le commandement exigé par l’article L. 145-41 du Code de Commerce.

Selon la Cour de Cassation, il n’y a pas lieu de rajouter une condition non prévue aux articles L. 622-14 et L. 641-12-3e du Code de Commerce.

 

En effet, après l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire, le bailleur peut demander au Juge commissaire la résiliation judiciaire ou le constat de la résiliation de plein droit du bail pour défaut de paiement des loyers et charges afférents à une occupation postérieure au jugement de liquidation judiciaire.

 

Le bailleur invoquait l’autonomie de cette procédure prévue sur les textes relatifs à la procédure collective.

 

Dans cette hypothèse, le Juge commissaire saisi d’une demande de constatation de résiliation de plein droit du contrat du bail par requête doit se prononcer sur la résiliation sur la seule constatation d’un défaut de paiement de loyer plus de trois mois après l’ouverture de la procédure collective.

 

Ainsi, en saisissant le Juge commissaire de ce défaut de paiement postérieur pendant plus de trois mois après le prononcé du jugement de liquidation judiciaire, le bailleur a fait le choix d’une procédure autonome réglementée par les dispositions régissant la procédure collective et n’a pas à délivrer un commandement de payer, acte exigé dans le cadre de la procédure de droit commun prévu à l’article L. 145-41 du Code de Commerce.

 

La Cour de Cassation a-t-elle, pour autant, opéré un revirement ?

 

En effet, par un précédent arrêt du 28 juin 2011 de la Chambre Commerciale n°10-19.331, elle avait considéré que le Juge des référés était compétent pour constater la résiliation de bail conformément aux dispositions de l’article L. 622-14 du Code de Commerce relatives à la procédure collective.

 

Elle a considéré que les dispositions de l’article L. 622-14 du Code de Commerce ne dérogeaient pas aux dispositions de l’article L. 145-41 du même Code prévoyant en cas de clause résolutoire, la délivrance préalable d’un commandement de payer.

 

Certains auteurs ont estimé que la Cour de Cassation dans son arrêt du 9 octobre 2019 avait opéré un revirement de jurisprudence par rapport à sa dernière jurisprudence en date du 28 juin 2011.

 

Le commandement de payer ne serait plus exigé en cas de saisine du Juge commissaire devant constater la résiliation de plein droit du bail pour défaut de paiement des loyers et charges afférents à une occupation postérieure au jugement de liquidation judiciaire pendant plus de trois mois.

 

Il faut se demander si le bailleur fait le choix de la saisine du Juge des référés sur le fondement des articles 808 et 809 par application de l’article L. 622-14 du Code de Commerce, la délivrance d’un commandement de payer visant la clause résolutoire serait-elle exigée ?

 

Certains auteurs ont estimé que la jurisprudence du 9 octobre 2019 consacrait l’autonomie de la procédure décrite aux articles L. 622-14 et L. 641-12-3e du Code de Commerce n’exigeant pas la délivrance d’un commandement de payer.

 

Or, la prudence paraît de mise.

 

Si le bailleur choisit la voie du Juge des référés sur le fondement des articles 808 et 809, il semble que l’exigence de délivrance d’un commandement de payer soit maintenue.

 

En revanche, la saisine du Juge commissaire permet par application de la jurisprudence du 9 octobre 2019 de se dispenser de la délivrance d’un commandement de payer.

Par jean-luc.medina le 26/11/19
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La Cour de Cassation dans un arrêt de la 3éme Chambre Civile du 12 septembre 2019 (Cour de Cassation 3éme Chambre Civile 12 septembre 2019 n°18-18.218) a eu l’occasion de traiter des modalités du droit de repentir.

Un bailleur avait notifié à son locataire un congé comportant refus de renouvellement et offre de paiement d’une indemnité d’éviction.

Le locataire a saisi le tribunal en fixation et paiement d’une indemnité d’éviction.

Moins de deux mois plus tard, le bailleur a exercé son droit de repentir en proposant certaines modifications au bail initial et notamment une modification de la clause recettes du loyer qui détermine le loyer en fonction du chiffre d’affaires du preneur.

L’offre du bailleur vise à substituer à cette stipulation une clause de loyer fixe.

Dans un premier temps, la Cour d'Appel de Rennes par arrêt en date du 18 avril 2018 a considéré que cette modification n’était pas de nature à entacher la validité du repentir exercé par le bailleur.

La Cour de Cassation n’a pas subi ce raisonnement et a considéré que l’exercice par le bailleur de son droit de repentir emportait renouvellement du bail et ne pouvait comporter de proposition d’un nouveau bail incluant une modification substantielle des modalités de fixation du loyer.

Il convient de rappeler que l’article L. 145-58 définit le droit de repentir qui permet à un propriétaire jusqu’à l’expiration d’un délai de quinze jours à compter de la date à laquelle la décision est passée en force de chose jugée de se soustraire au paiement de l'indemnité, à charge de consentir au renouvellement du bail et à supporter les frais de l’instance.

Le bailleur considérait que l’article L. 145-58 qui prévoit les conditions du renouvellement de bail indique qu’en cas de désaccord, les conditions doivent être fixées conformément aux dispositions réglementaires.

L’exercice du droit de repentir du bailleur proposait une modification des conditions du bail même sur les modalités de fixation du loyer n’est pas interdit par les dispositions de l’article L. 145-58.

En effet, selon lui, la stipulation d’une clause recettes dans le bail initial provenait simplement de la commune intention des parties d’exclure l’application des dispositions du statut des baux commerciaux relatif aux modalités de fixation du loyer.

Cette proposition ne devrait pas selon le bailleur entacher la validité du repentir qu’il a exercé.

Au contraire, le preneur soutenait qu’une telle modification dans l’exercice du droit de repentir entachait sa validité par violation des dispositions de l’article L. 145-58 et L. 145-59 du Code de Commerce.

Cette solution est à approuver et elle est classique.

 

En effet, l’exercice par le bailleur de son droit de repentir ne constitue pas une simple offre de renouvellement du bail, mais entraîne le renouvellement de celui-ci.

Le locataire n’a ni à y répondre ni à intenter une quelconque action pour bénéficier du renouvellement.

Un renouvellement de bail ne peut intervenir qu’aux mêmes conditions et charges.

Il faut rappeler que lorsqu’à la suite d’un congé avec refus de renouvellement, le bailleur exerce un droit de repentir, le nouveau bail prend effet le jour de la notification du droit de repentir.

La jurisprudence s’était posée la question de savoir s’il était possible de déplafonner le loyer d’un bail renouvelé en prenant en considération les modifications notables prévues à l’article L. 145-4 (1-2-3-4) pendant la période intermédiaire comprise entre la date d’effet du congé avec refus de renouvellement et celle de l’exercice du droit de repentir.

La solution dégagée par la Cour de Cassation paraît logique, le refus de renouvellement suivi de l’exercice du droit de repentir ne doivent pas entraîner une pression sur le locataire afin d’obtenir une modification des conditions substantielles de son bail.