jean-luc.medina

Par jean-luc.medina le 17/09/07
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Depuis le 1er septembre 2007, le stage d'avocat à disparu.

Les avocats en cours de stage sont automatiquement inscrits au grand tableau depuis le 1er septembre 2007.

Cette situation résulte de la loi du 11 février 2004 qui a supprimé le stage

Président de la Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats en 2003-2004, j'ai combattu cette suppression du stage.

Malheureusement à la fin de l'année 2003 le texte était déjà voté en seconde lecture et le Garde des Sceaux avait d'ores et déjà annoncé à la tribune de l'Assemblée Nationale la suppression du stage comme une avancée et comme une demande de la profession.

Effectivement, le Conseil National des Barreaux avait voté la suppression du stage soutenu par un certain nombre d'élus membres des Unions de jeunes avocats.

Sur ce sujet, je ne peux pas dire que nous étions très solidaires au sein de notre "fédé"...

Notre mobilisation à la fin de l'année 2003 a quand même permis de faire supprimer le tutorat, sorte de stage dévalorisé sans contrepartie financière.

La Garde des Sceaux a accepté de retirer ce tutorat de la loi considérant effectivement les dangers qu'il pouvait constituer.

A Grenoble, malgré tout, le tutorat a été voté par notre Conseil de l'Ordre et présenté comme une avancée pour les jeunes confrères.

Je fus l'un des rares membres de ce Conseil de l'Ordre a voter contre.

Je constate que dans la réalité des faits, ce tutorat n'est jamais rentré en pratique à Grenoble et c'est tant mieux.

S'il s'agit simplement pour les plus jeunes de pouvoir avoir des tuyaux et des conseils auprès des plus anciens, les membres du Conseil de l'Ordre doivent assumer leurs tâches, et l'ensemble des confrères, membres ou pas du Conseil de l'Ordre doivent également assurer cette tâche qui doit rester tout à fait désintéressée.

Le Conseil de l'Ordre n'a pas de mon point de vue à conférer à un certain nombre de confrères le titre de tuteur.

Dans cette profession de plus en plus difficile, face à la logorrhée législative et à la complexification des procédures, l'expérience ne peut être acquise qu'en cabinet.

Je ne crois pas à la viabilité économique de ce qu'on appelle les primo-installants, c'est-à-dire ceux qui s'installeront directement en cabinet individuel après leur certificat d'aptitude à la profession d'avocat.

Certes ils sont aptes, ils sont avocats de plein exercice, ils ne doivent pas être affublés du titre de stagiaire mais rien ne remplacera l'expérience professionnelle auprès d'un confrère plus chevronné.

C'est pourquoi, j'espère et je souhaite que la suppression du stage n'entraîne pas la suppression de l'obligation de collaboration en tout début d'exercice.

Si cette obligation n'est plus juridique, elle doit l'être sur le plan moral, vis-à-vis des clients, vis-à-vis de nous-mêmes et vis-à-vis de la profession.

Par jean-luc.medina le 17/09/07
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J'ai assisté en compagnie du Président du Conseil National des Barreaux et de Marie-Aimée PEYRON, membre du bureau du Conseil National des Barreaux à la rentrée des Barreaux de Montréal le 7 septembre dernier et aux rentrées communes du barreau de QUEBEC et du QUEBEC le 8 septembre dernier.

Le Conseil National des Barreaux a régularisé à cette occasion une convention d'échange avec le Barreau du QUEBEC.

Nous avons en effet des informations à recevoir de ce Barreau sur un certain nombre de sujets et notamment la création de l'assurance protection juridique qui a été organisée et mise en place entre plusieurs compagnies d'assurances et le Barreau pour un montant de 4 dollars canadiens par mois.

La loi du 19 février 2007 a modifié le mécanisme de l'assurance de protection juridique et si nous voulons faciliter l'accession à la justice des classes moyennes, c'est-à-dire tous ceux qui ne sont pas pris en charge par l'aide juridictionnelle, le Conseil National des Barreaux devrait approfondir la question de l'accès à l'assurance de protection juridique.

Il ne s'agit pas de "privatiser" une partie du contentieux en le laissant entre les mains des compagnies d'assurances, mais si la loi du 19 février 2007 est appliquée dans son intégralité, sans faux-semblant ni détournement, il y a effectivement un domaine à explorer.

Le plus fascinant concernant le Barreau du QUEBEC reste la fluidité entre les professions de magistrats et d'avocats : www.barreau.qc.ca

Un magistrat est forcément un ancien avocat.

Cela détend les rapports entre "ces jumeaux de la justice" et les échanges auxquels nous avons pu assister sont inimaginables dans notre pays où règne certes un respect mutuel mais teinté de suspicions et de méfiance.

Depuis des années, je milite pour une unification des formations de Magistrat et d'Avocat au sein d'une grande école professionnelle du droit.

Il ne s'agit pas d'un projet utopique, avocats et magistrats sont issus de la même famille, des mêmes bancs de l'Université, cette famille ne doit pas se décomposer au fil de la pratique professionnelle.

C'est cette ambiance entre avocats et magistrats au QUEBEC que j'aimerai retrouver en France.