jean-luc.medina

Par jean-luc.medina le 19/05/09
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 1 mois

Je serai candidat au Delphinat, les 29 et 30 juin prochain.

Je suis membre de notre Conseil de l'Ordre de manière quasi ininterrompue depuis 11 ans (4ème mandat en cours).

Une génération s'est quasiment écoulée depuis la fusion de la profession d'avocat avec celle des conseils juridiques et comme toutes les grandes réformes, c'est maintenant qu'elle va véritablement prendre effet dans les esprits, entraînant d'autres évolutions encore plus profondes auxquelles nous devons nous préparer sans tarder.

Les dernières statistiques nationales démontrent que les avocats Grenoblois ont en moyenne les revenus parmi les plus faibles du Barreau Français.

L'attractivité de notre barreau décline fortement depuis quelques années.

Nonobstant une situation financière difficile, notre Ordre conserve encore certaines marges de manœuvre.

A l'heure où nous subissons l'hégémonie et l'appétit du grand Barreau lyonnais voisin et un Barreau de Paris omniprésent, la tentation de démanteler certains de nos services communs, d'affaiblir nos syndicats, de supprimer toute communication, de faire l'impasse sur nos relations internationales, fondée sur des considérations financières serait une grave erreur, à court et moyen terme.

Nous devons inventer des alternatives sans obérer les comptes de l'Ordre, ni augmenter les cotisations.

Notre dernière assemblée générale du 28 avril dernier m'a renforcé dans l'idée qu'il fallait mettre en œuvre en urgence de nouvelles règles d'organisation, de transparence, de démocratie et de proximité, notamment lors du vote du budget qui doit constituer l'acte fondateur d'une politique bien comprise de tous.

Les principaux axes de la politique de notre Ordre, services communs, installation, subventions, communication datent d'une vingtaine d'années.

Toutes ces politiques qui sont quasi machinalement reconduites d'année en année devront être repensées, auditées et revalidées.

Il faut préparer l'Ordre dans une vision prospective au-delà du mandat du prochain Bâtonnier et faire en sorte que le développement de nos cabinets profite à tous.

Il faut que nous soyons encore mieux formés, que nous ne laissions pas échapper des pans de nos activités à d'autres et que nous nous préparions à conquérir les nouvelles activités qui s'ouvrent aux avocats.

Notre barreau est jeune et nécessite une action énergique et à long terme

La qualité principale d'un Bâtonnier est d'être un rassembleur.

Je n'entends cependant pas renier mon histoire liée à l'Union des Jeunes Avocats.

J'ai assumé des responsabilités nationales à la tête de la Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats (2003 – 2004), et au Bureau du Conseil National des Barreaux (2005-2008) où, je me suis confronté à une tâche difficile, mais exaltante et formatrice

Nous devons protéger et préserver les premières années d'exercice, notamment la collaboration libérale, l'installation, le développement des cabinets.

Nous devons également veiller à ce que les plus expérimentés ne souffrent pas de l'évolution rapide des technologies et éviter la fracture numérique.

Dans la période de crise actuelle, chaque Confrère en difficulté devra savoir qu'il trouvera en son Bâtonnier, non pas un mandataire liquidateur en puissance, mais un réconfort, une écoute et une aide.

C'est l'essence même de l'existence de notre Ordre : assurer la solidarité et aider ceux qui sont dans la difficulté passagère.

Lors des cérémonies d'honorariat ,il est souvent évoqué avec nostalgie le temps où les Avocats étaient "les seigneurs" du Palais.

Si redevenir "des seigneurs" n'est pas forcément un objectif utile, il faudra exiger avec force le respect mutuel dans nos rapports avec les Magistrats et agir avec la plus grande fermeté.

L'Avocat a également un rôle dans la cité, il a été de tout temps une vigie, un rempart contre les abus de pouvoir, un défenseur des libertés, des exclus et des plus démunis.

Cette fonction traditionnelle est toujours à cultiver, car elle est pour beaucoup d'entre nous l'essence de notre profession et notre honneur collectif.

Une profession avec plusieurs métiers et modes d'exercice qui se respectent, dotée d'une déontologie unique et forte, doit être vécue comme une chance et non comme un frein : c'est ainsi que seront préservées l'unité et la diversité de notre Barreau.

La fonction de Bâtonnier n'est pas une fonction honorifique, c'est une lourde charge.

Avant de me présenter à vos suffrages, je prends l'engagement de ma totale disponibilité pour notre Barreau et pour chacun de mes confrères.

J'espère vous avoir convaincu de ma volonté, de ma fidélité et de la sincérité de mon engagement sans faille pour notre Barreau et pouvoir recueillir votre confiance.

Par jean-luc.medina le 05/05/09
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 1 mois

J'ai assisté aujourd'hui 30 Avril, au Conseil National des Barreaux, à une formation à la prospective dispensée par la Société FUTURIBLE.

La prospective est une philosophie et une attitude et consiste à mener les acteurs d'une situation de spectateur à celle d'acteur afin d'éviter des futurs néfastes en promouvant des futurs souhaitables.

Nous avons trop l'habitude de faire de la rétrospective et non de la prospective.

La rétrospective consiste à raisonner par analogie, par référence aux précédents et par extrapolation.

L'avenir est inconnaissable, la prospective ne doit pas être confondue avec de la divination. Ce n'est pas une science du futur car tout ne se répète jamais à l'identique.

L'avenir reste ouvert à plusieurs futurs possibles.

Le premier défi consiste à être capable de se représenter la situation actuelle à l'aune de la dynamique future.

Il existe de nombreux observatoires. Le Conseil National des Barreaux possède un observatoire de la profession.

Cette observatoire doit avoir un devoir d'alerte sur des phénomènes émergents , c'est-à-dire développer des systèmes de veille pour repérer les tendances lourdes dans le présent et déceler ce qui est porteur d'avenir.

La veille doit donc identifier dans le présent :

? des tendances lourdes qui provoquent des inerties (ex. le vieillissement démographique) ;

? des faits porteurs d'avenir ;

? et les incertitudes majeures.

J'ai retenu de cette formation que lorsque l'on s'apercevait que l'on avait plus le choix pour prendre une décision, c'est en général que l'on avait plus le choix car les circonstances ont pris le pouvoir sur ma faculté de décision.

Faute d'anticiper, on est pompier plus que stratège.

Selon SENEQUE, il n'est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va.

Il existe des méthodes prospectives avec un certain nombre de variables permettant d'analyser et d'évaluer le futur.

A nous de prendre les bonnes décisions et d'adapter cette méthode dans le cadre de notre profession.

Par jean-luc.medina le 05/05/09
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 1 mois

Selon le Conseil national des barreaux (CNB), le statut de l'auto-entrepreneur ne peut pas s'appliquer aux avocats.

Le Conseil souligne que les avocats auront rarement vocation à adopter le statut de l'auto-entrepreneur et ce, tant pour une raison déontologique (une activité libérale ne saurait être une activité d'appoint) que factuelle : le seuil de chiffre d'affaires qui ne peut être dépassé sous peine de perdre le bénéfice du statut (32 000 € pour les prestations de services), est beaucoup trop bas pour qu'il puisse raisonnablement s'appliquer à ce type de professionnel. Le Conseil indique que ce statut pourrait convenir aux professionnels libéraux retraités souhaitant poursuivre une activité limitée.

Selon le CNB un autre obstacle dirimant tient au fait que les avocats inscrits à un barreau français, sauf cas d'exception, sont obligatoirement affiliés à la Caisse national des barreaux français (CNBF).

Or, l'auto-entrepreneur doit acquitter auprès de l'URSSAF l'ensemble de ses cotisations et contributions de sécurité sociale. Il n'est donc pas possible aux avocats de se placer sous le statut de l'auto-entrepreneur.

Source

CNB, 27 avr. 2009, communiqué

Par jean-luc.medina le 05/05/09
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 1 mois

la conseil de l'ordre dans sa séance du 4 Mai nonobstant les deux voeux de l'assemblée générale a maintenu la suppression ou le gel (pour être précis) des subventions aux syndicats.

Cette décision était prévisible,les membres du conseil de l'ordre n'ont pas souhaité changé d'avis (d'autres ont préféré ne pas siéger hier soir) et ont estimé que le conseil de l'ordre était souverain.

Il n'est pas dans mon intention de violer le secret des délibérations,un compte rendu sera diffusé par le Batonnier.

En revanche,le conseil de l'ordre par un défaut de méthode et de communication, me semble t-il, s'est mis dans une situation inextricable.

Il fallait éviter d'en arriver là en anticipant, car il est toujours difficile en démocratie d'être désavoué par une assemblée générale de l'ordre pour ensuite ne pas tenir compte de son voeux.

Il faudra donc chercher en urgence à réinstaurer un lien de confiance ébranlé entre le conseil de l'ordre et nos confrères.