Oct
04
Aide juridictionnelle: la lâcheté du pouvoir.

La démocratie française est une démocratie imparfaite, désuète et monarchique, dirigée par une caste issue de la haute fonction publique protégée par son statut et son ignorance craintive du monde privé peuplé de gueux.

Monsieur Pisani-Ferry l'a bien dit : dans 10 ans la France sera moins riche, ce qui n'est pas un drame mais un simple appel à une gestion soucieuse des deniers publics qui ne sont jamais qu'issus du travail des Français.

Or la caste au pouvoir se protège elle-même et il faut surtout ne faire aucune vague qui pourrait l'emporter, remettre en cause ce système administré français qui tue la liberté et l'imagination en euthanasiant la population au moyen de grands mots vides et de subventions ciblées.

Puisqu'il faut supprimer des fonctionnaires, alors supprimons les militaires : ceux-là ont l'avantage, qui se font tuer sur le champ de bataille, de bien pouvoir se faire tuer sur le champ financier sans mot dire ; c'est pratique.

Puisqu'il faut trouver de l'argent au ministère de la justice, ne cherchons pas loin : il suffit de diminuer le montant alloué à l'aide juridictionnelle.

C'est facile, les pauvres, ça ne se défend pas et les avocats qui les défendent, comme ils sont pauvres aussi, ne se défendront pas.

Les avocats savent défendre les autres, mais jamais eux-mêmes .

Et puis les avocats, on ne les aime pas ; sauf en général le sien, bizzarement.

C'est naturel en matière de procès, parce qu'il y en a un qui gagne et l'autre qui perd.

C'est naturel, dans les clichés véhiculés, parce que l'avocat exerce une profession libérale et que l'on imagine cette profession se gavant d'argent de manière détestable ; de manière malhonnête.

Le président de la chambre nationale des notaires l'a bien compris qui prétend désormais, féal, que les notaires sont... des fonctionnaires.

Pour plaire aux fonctionnaires qui gouvernent

L'indemnisation versée au titre de l'aide juridictionnelle, voyez-vous, est en deçà du seuil de rentabilité de la plupart des cabinets d'avocats et le temps souvent n'est plus où ils avaient les reins assez solides pour supporter de perdre de l'argent quand le banquier, l'URSSAF, les impôts, les caisses de retraite et tous autres les rappellent à la bonne gestion et les punissent à défaut.

Les avocats, aujourd'hui, ça tombe en faillite.

Alors, cela explique que ce soient les plus modestes avocats qui prennent en charge l'aide juridictionnelle, eux dont les frais sont moindres ou alors ceux qui ont ce sens précieux du sacerdoce judiciaire, cette foi qui fait rire dans les salons des ministères.

Diminuer le montant alloué à l'indemnisation au titre de l'aide juridictionnelle , non réévaluée depuis 2007, est tout simplement indigne et assez révélateur de cette hypocrisie générale qui fait que les ministres se gargarisent de grands mots, soucieux uniquement d'ailleurs de leur carrière en laissant les technocrates financiers gérer à leur place quelle que soit la couleur des ministères.

Je n'aime pas Mme Taubira, comme je n'aimais pas Mme Dati : ce sont des personnages vaniteux dont le regard est tourné uniquement vers leur propre gloire et qui, dans le fond des choses se moquent de la justice laissée à qui veut bien la prendre au sérieux.

C'est-à-dire personne.

L'avocat, oui, est un empêcheur de tourner en rond, c'est vrai et c'est bien pour cela qu'il est significatif que ce pouvoir au fil des projets de loi cherche à tout prix à le chasser.

Si la France était une grande démocratie, la place de l'avocat, contre-pouvoir par excellence, serait à l'inverse, étendue et non pas réduite.

Ca n'est pas tant que la France a peur.

Elle étouffe.

Commentaires

Hélas !

Pendant ce temps, le CNB, représenté par une "délégation", qui a passé deux heures au Ministère avec des spadassins de la Ministre qui elle, était indisponible, a décidé de ne rien décider en attendant le discours dont elle voudrait bien nous honorer en ce jour de prière...Discours dont il ne ressortira évidemment rien...

"04 octobre 2013

Aide juridictionnelle

Communiqué de presse de Christiane Taubira, Garde des sceaux, ministre de la Justice

L'aide juridictionnelle qui permet aux plus démunis d'avoir accès à un avocat pour faire valoir leurs droits est l'une des préoccupations majeures de Christiane Taubira, Garde des sceaux, ministre de la Justice.

Le financement de ce dispositif qui ne pourra être pérenne qu'avec la participation et la solidarité de la profession des avocats est également l'une de ses priorités. L'Assemblée générale extraordinaire du Conseil national des barreaux qui s'est tenue aujourd'hui, a été l'occasion pour la ministre de la justice d'annoncer qu'elle demandera le report de la mesure du projet de loi de finances qui inquiète la profession. Cette mesure, qui mettait fin à des disparités géographiques peu justifiées du montant de l'unité de valeur, alignait la rétribution des avocats au titre de l'aide juridictionnelle sur un montant unique de l'unité de valeur à 22,84€.

Un travail de fond est d'ores et déjà engagé avec la profession pour trouver une solution durable au financement et à la gestion de l'aide juridictionnelle. Il s'appuiera sur le rapport de diagnostic qui vient d'être établi dans le cadre de l'évaluation de la gestion de l'aide juridictionnelle réalisée au titre de la modernisation de l'action publique."

Clarisse Berrebi, du CNB, a dit sur twitter tout son respect pour la ministre...Il faut sortir de Paris ou nous sommes morts . les fonctionnaires de Bercy comme vagues de fukushima reviendront

Comprend pas : mais de qui tu parles ? Qui c'est celle-la ? Connait pas.....,;-)

Nom: 
MCD
Site: 
http://

Oui, elle est étouffée par les journalistes qui s'interposent entre la vérité et les citoyens, les étreignant...d'émotion!

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA