Dec
07
Avocats de Marseille; du Dauphin au requin.

Le barreau de Marseille a donc élu son Dauphin, celui qui deviendra Bâtonnier après une élection, en principe de pure forme.

Le terme de dauphin ne veut pas dire que les avocats vont porter à leur tête une sorte de mammifère marin ; c'est un terme qui vient du passé comme le terme bâtonnier, quand le bâtonnier avait un grand bâton, si je puis oser, sans porter atteinte à l'honneur des bâtonniers de ce temps.

En 1995, le barreau de Marseille comptait 800 avocats ; 2000 aujourd'hui.

Parallèlement entre 1999 et 2010, la population marseillaise passait d'environ 850 000 habitants à 900 000, soit une augmentation de 7 % environ.

Quant à la richesse de la ville ...

Madame le Bâtonnier de Paris vient de lancer un cri d'alarme qui résonne fort dans nos campagnes

Il y a une explosion du nombre d'avocats alors que la profession est une profession règlementée, c'est-à-dire que son secteur d'activité est limité par la loi et encadré par la déontologie de la profession.

Par exemple, vous pouvez être mandataire immobilier, mais pas apporteur d'affaires à un agent immobilier ; etc. ...

Si vous le faites, vous serez punis !

Les revenus des avocats ont chuté de 10 à 12 % en 2013 dit le barreau de Paris, à mon sens sous l'effet conjugué de la grande mutation économique et du nombre grandissant, trop rapidement, des avocats pour que la profession le digère.

Il y a, mathématiquement un problème majeur.

Or, pour être respectée et forte, la profession a besoin d'être économiquement en situation de puissance, déjà que la vanité des hommes la rend incapable d'avoir une représentation efficace, morcelée stupidement entre Conférence des Bâtonniers, CNB, voire Barreau de Paris.

Un Ordre national ; un homme une voix ; sans réservation syndicale ou ordinale, car la situation actuelle participe de la vanité des ceux qui voulaient ouvrir grand les portes pour le plaisir des firmes cherchant de la piétaille ou croyant naïvement que cela allait accroitre la puissance de la profession, ou de leur syndicat.

Rendez la parole aux avocats, tout simplement, sans prétendre parler en leur nom ; les sottises ; ça suffit, non ?

Je n'ai pas vu cette question désormais majeure, du nombre, dans les professions de foi des candidats qui sont toujours les mêmes depuis des décennies ; des bons sentiments n'effarouchant pas l'électorat, le flattant plutôt.

Non, candidats; la robe d'avocat, ce n'est pas le costume de superman ou de wonderwoman, ça se saurait.

Il existe aujourd'hui, si on veut éviter une précarisation de ceux que l'on fait entrer de manière irréfléchie dans l'entonnoir de la profession, une alternative :

- Soit la réalité économique et règlementaire est prise en compte et le nombre d'arrivants est modulé en fonction des possibilités d'intégration.

- Soit, et les néolibéraux de Bruxelles seraient heureux, on considère que le carcan de la règlementation des sphères d'activité doit être annihilé.

Mais c'est l'un ou l'autre pour les années qui viennent, sauf à fabriquer de la précarisation.

Il est normal que les avocats, comme les autres, aient à se battre ; mais alors, il faut leur en donner les moyens et, c'est vrai, il faut, aussi, que l'Etat fonctionnaire cesse de mépriser une profession qui n'a pour lui, d'autre tort qu'une liberté de pensée qui, pour le logiciel énarchique, ne peut être qu'un bug à éradiquer.

En tous cas, je salue bien bas Madame Christiane Feral-Schuhl et ne doute aucunement que le dauphin de Marseille nous évitera d'avoir à muter en requins pour survivre et la lira attentivement.

Mais, au cas où, je m'en vais aiguiser mes vieilles dents.

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