Nov
12
Bonnet noir !

Ainsi donc le président François Hollande a été hué sur les Champs-Élysées et dans un autre village de France.

C'est probablement une reconstruction idéelle du passé que de croire que les autres présidents ne l'ont pas été, la différence venant peut-être de la puissance désormais des réseaux sociaux qui amplifient grandement, comme une caisse de résonance, ce phénomène- là.

Et le pays résonne en effet d'une colère diffuse, comme il résonnait également, il faut s'en souvenir, de la même colère du temps du président Sarkozy.

C'est la colère, me semble-t-il, d'un peuple qui, confronté à des difficultés, a le sentiment que ceux qui dirigent le pays où les collectivités territoriales n'apportent pas de solution.

Le sentiment que le politique n'imprime plus sa marque, et comment le pourrait-il quand la durée de vie d'un ministre est d'environ une année, et que dès lors c'est l'administration qui gouverne avec ses qualités, mais aussi ses défauts.

L'administration, par nature, est là pour administrer, aimable tautologie, et pour ce faire, génère textes, décrets, normes déformant le réel.

Le Français, lui, engagé dans le secteur privé connaît les fluctuations du monde économique ; le chômage s'il est salarié ; les aléas du chiffre d'affaires s'il exerce une profession artisanale commerciale ou libérale.

On a un peu l'impression que la pensée macro-économique de l'administration s'intéresse au secteur public, aux très grandes entreprises, mais omet complètement le tissu économique que représentent les artisans, les commerçants, les TPE, les professions libérales alors même que c'est ce tissu qui pourrait générer de l'emploi de proximité et qui se trouve peu à peu enfermé dans d'inexorables rigidités multipliées.

Car, dans ces secteurs, chacun sait à peu près ce qu'il a à faire et se trouve finalement, souvent, plus empêché qu'autre chose par l'administration comme par l'excès de normes et l'excès des charges.

Il est, tout simplement, déraisonnable que les charges salariales et patronales sur un salaire représentent 80 % du salaire net ce qui induit nécessairement, une fragilité de l'emploi.

Car l'intérêt du petit l'exploitant , nécessité même,sera tout simplement d'éviter le salariat s'il veut survivre ; c'est cela aussi le déclin du salariat...

En fait, les petites entités économiques, dans l'aveuglement d'une vision administrative macro-économique, sont traitées comme les grandes entreprises et ne peuvent donc que souffrir avec le sentiment que l'Etat les empêche de s'en sortir, voir souhaite leur disparition comme ne correspondant plus à la vision actuelle de la réalité économique.

Donc, les artisans commerçants et libéraux voient chiffres d'affaires est revenu baisser en même temps que les rigidités et les prélèvements augmentent.

Cela génère une incertitude globale pour le lendemain mais également des difficultés à vivre et à financer les études des enfants.

C'est probablement cela que le monde politique ne voit pas lui qui, pour beaucoup, vient de la sphère publique puisqu'il y a, je crois, 19 entrepreneurs à l'assemblée nationale.

On rappelle régulièrement cette demande du président Pompidou d'avoir à arrêter d'emmerder les Français et probablement, aujourd'hui existe-t-il tout un pan de la population qui demande simplement qu'on le laisse travailler.

Moi avocat, comme dirait l'autre, suis fasciné, par exemple, par la réforme de la procédure d'appel, devenue électronique avec des sanctions graves en termes de responsabilité pour le professionnel libéral afin d'activer les dossiers, sans qu'aucune obligation cependant ne pèse sur les juges qui, eux, n'ont pas de délais à respecter, en cette espèce.

Pourquoi ?

Cela est symbolique du poids excessif de la pensée publique s'imposant au secteur privé alors qu'elle ne le comprend guère.

Dans 10 ans, a indiqué Monsieur Pisani-Ferry la France sera un peu moins riche ; alors quand la nécessité se fait jour d'être de plus en plus proactif, rapide, évolutif, le professionnel peut demander à l'État, ou à tous les organismes publics et parapublics nont pas de lui jeter une bouée, mais simplement de ne pas l'alourdir de ceintures de plomb.

C'est probablement à ce prix que le chômage de masse pourrait reculer car qui croit vraiment que toute la population pourra trouver un travail hyper qualifié dans les géants administratifs ou entrepreneuriaux ?

Des sots ou des idéologues ?

C'est cette inquiétude la, aussi, qui fonde cette profusion de bonnets.

Noir pour les avocats.

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