Dec
19
CAMUS, REVIENS !

À l'heure où une réforme sur la justice est proposée par le ministère du budget dont il n'est pas certain que la démarche soit inspirée par la philosophie et au moment où les juges et les avocats attirent l'attention de la société sur le respect des règles fondamentales de la République, appelons au secours nos philosophes :

Montesquieu : « quand il n'y aurait pas de Dieu, nous devrions aimer toujours la justice, c'est-à-dire faire tous nos efforts pour ressembler à cet être dont nous avons une si belle idée, et qui, s'il existait, serait incessamment juste. Libres que nous serions du joug de la religion, nous ne devrions pas l'être de celui de l'équité »

Albert Camus : « j'ai choisi la justice pour rester fidèle à la terre, je continue à croire que ce monde n'a pas de sens supérieur. Mais je sais que quelque chose en lui a du sens, et c'est l'homme, parce qu'il est le seul être à exiger d'en avoir »

Il y a dans le divorce beaucoup de souffrance et malgré tous leurs défauts, l'intervention des avocats et des juges participe de la défense des libertés et des plus faibles, financièrement ou psychologiquement.

Il est probable que l'on ne puisse pas tout contractualiser dans la vie sociale : contractualiser le sexe, cela s'appelle la prostitution ; contractualiser la liberté, cela s'appelle l'esclavage.

Traiter la justice comme un service public dont il faut réduire le coût en occultant la philosophie qu'elle représente n'est pas un progrès.

Confier le prononcé d'un divorce à un notaire n'est nullement anodin , c'est instaurer une justice privée.

Il faut relire les philosophes.

Commentaires

Nom: 
Elisabeth GUERIN
Site: 
http://www.avocat.fr

BRAVO!

Merci d'invoquer nos grands philosophes.

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