Mar
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Deux histoires.

L'avocat de proximité, comme le médecin, prend sur ses épaules un peu de la souffrance humaine, avant que de passer le relai aux croque-morts.

Mais, ces professions sont réputées pour avoir un humour corrosif, artifice banal pour évacuer le trop-plein de douleur.

Ce vendredi, je livre deux épisodes de la semaine qui m'ont fait sourire, mais peut-être moi seul...

D'abord, une succession corse.

C'est connu dans la profession d'avocat, les successions corses.

Un dossier dans lequel on rentre, mais dont on ne sort jamais.

D'ailleurs, le procès en question a débuté en 1997.

Toujours est-il, qu'après de multiples rebondissements, une nouvelle expertise est ordonnée.

Impossible, le moment venu, de mettre la main sur mon dossier de plaidoirie que le tribunal a dû me restituer.

J'avoue avoir tancé vertement, et donc écologiquement, mon secrétariat en reprochant des erreurs de classement.

Pas de dossier !

Nous voilà devant l'expert, le frère et la soeur qui ne s'adressent pas la parole, l'avocat adverse et moi.

Mon confrère a son dossier de plaidoirie.

J'explique que le mien n'a pas été restitué, car je m'interrogeais sur une éventuelle erreur des services du tribunal.

Mon confrère ouvre son dossier de plaidoirie, dans lequel se trouvait... le mien.

Il me le rend.

Mais dans ce contexte conflictuel, le regard croisé du frère et de la soeur corses laissait présager comme une interrogation sur les connivences illicites existant entre avocats marseillais.

Le deuxième épisode est assez suave.

Une amie de ma défunte mère me téléphone, qui subissait dans son appartement des infiltrations à répétition.

Immédiatement je lui envoie mon huissier afin d'effectuer un constat.

Cet huissier est mon ami, mais il travaille d'abord excellemment.

Il est juif, son nom reflète cette belle lignée.

La vieille dame en question est de tradition catholique, pas forcément moderniste.

Je croise tout à l'heure l'huissier, hilare, qui m'explique qu'elle lui a indiqué n'être pas raciste, mais que les gens du dessus, au nom manifestement juif, etc. etc...

Sens de l'à propos !

Allez, avouons un certain mauvais esprit, sans lequel d'ailleurs l'exercice de la profession serait insoutenable et conduirait à enrichir psychiatres et psychanalystes.

J'avoue, en ce vendredi, que les deux histoires me font sourire, sans aucun préservatif d'aucune sorte, j'obéis à Benoit.

Commentaires

comme un pape !

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