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04
Faut-il détruire le Parthénon ?

J'ai lu un article dans lequel il est écrit :

"Berlin exige la démolition du Parthénon. Le coût de l'entretien du site serait trop élevé et menacerait l'équilibre des finances publiques grecques. Non entretenu, le temple menacerait de s'effondrer et pourrait blesser des touristes visitant le site. Le consulat allemand à Athènes rappelle que des milliers de touristes allemands visitent le site chaque année.

Seule capitale en Europe à protester, Rome a condamné les déclarations du gouvernement allemand. Paris se tait, à l'instar des autres capitales européennes.

Le gouvernement allemand a répondu qu'il était prêt à envisager la déconstruction du Parthénon et son transfert puis remontage dans un musée allemand. Le monument, chef d'oeuvre de l'humanité, serait ainsi mieux préservé que s'il restait sur le sol grec."

Cela paraît énorme et c'est d'ailleurs une fiction relatée par Gabriel Colletis.

Pour l'instant, peut-être, tant il est vrai que la souveraineté nationale des pays est altérée par la dette

Pauvre Grèce !

Solon, élu archonte en 594-593 institua la suppression de toutes les dettes garanties sur la terre ou la liberté et l'interdiction, à l'avenir, de toute créance garantie sur la personne du débiteur. Cependant il ne procéda pas à une redistribution des terres, comme l'avaient espéré certains des citoyens les plus pauvres, et on le lui reprocha.

Gabriel Colletis nous dit "qu'en 1931, dans un contexte politique marqué par la catastrophe d'Asie Mineure, une agence de notation, Moody's, dégrade la note de la Grèce avec des conséquences catastrophiques: dévaluation de la drachme, explosion de la dette en dollars... défaut de paiement... puis chute du gouvernement Venizelos, suivie d'une brève restauration de la monarchie et du coup d'État, en 1936, de Metaxas.

En 1936, Moody's exprimera ses regrets... et annoncera qu'elle ne notera plus les dettes publiques. Fitch fait de même et annonce qu'elle ne notera plus les dettes de l'État... allemand."

Cela nous renvoie, bien sûr, à l'Ecclésiaste

Ce qui fut, cela sera, ce qui s'est fait se refera, et il n'y a rien de nouveau sous le soleil!

Qu'il y ait quelque chose dont on dise : " Tiens, voilà du nouveau! ", cela fut dans les siècles qui nous ont précédés.

Bien sûr, la Grèce ne disparaîtra pas et est en grande partie responsable de son destin comme l'écrit encore Gabriel Colletis

"Négligeant la chose publique, la protection de son patrimoine naturel en particulier, la société grecque fonctionne, depuis très longtemps, selon un schéma très éloigné de la démocratie directe athénienne, laquelle était caractérisée par le refus de la représentation, le refus de l'expertise politique, le refus d'un État compris comme instance séparée de la Société. La société grecque ne semble pas non plus être autonome elle a perdu son indépendance et sa souveraineté. C'est la loi de l'autre, l'hétéronomie, qui règne, l'autre étant davantage les marchés financiers que d'autres pays, marchés qui prétendent imposer une nouvelle servitude en s'appuyant pour cela sur les déficits et la dette de l'État. C'est dans l'attention trop faible accordée à la chose publique et dans le déficit de démocratie que se situent, en grande partie, les problèmes les plus profonds de la Grèce plutôt que dans le montant des déficits."

On peut penser, avec l'auteur, que l'avenir de la Grèce passe par une sortie de l'euro mais, aussi, par une modification profonde de ses institutions politiques et de ses choix économiques, ce qui est préférable au Moyen Âge social vers laquelle l'Europe la dirige de manière bien peu démocratique.

La Grèce, dit-on, est le berceau de la démocratie.

Peut-être, que son sort actuel n'est jamais que le berceau de notre avenir.

Ce qui conduit à penser, à l'heure où la campagne présidentielle française démontre l'insuffisance, l'inanité, la médiocrité de la pensée politique que demain le peuple de France devra se poser les mêmes questions, au moins sur la refonte des institutions de la République.

Source :mediapart.fr

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