Nov
17
L'honoraire de l'avocat.

Cette année encore, le Conseil National des Barreaux a organisé une semaine de communication de la profession.

Une semaine pendant laquelle la profession, plus encore qu'à l'accoutumée, prête attention aux besoins du public, mais aussi cherche à se faire connaître et comprendre.

S'il est difficile, à l'évidence, de répondre de manière détaillée et approfondie par voie téléphonique ou par courriels, à des questions précises, des préoccupations générales peuvent cependant être abordées Il en est une qui est manifeste, celle de l'honoraire.

Ainsi, combien de personnes téléphonent-elles à des cabinets d'avocats, trouvant naturel que du temps leur soit accordé, des réponses données, de manière gratuite, alors qu'un cabinet d'avocats est une structure professionnelle vendant, osons le dire, ses prestations intellectuelles et son temps.

L'histoire explique ce processus, car il fut un temps, bien lointain où l'honoraire était un cadeau fait par le client. Il fut un temps, moins lointain, où le poids fiscal était symbolique qui permettait aux avocats de gérer leurs cabinets de manière fantaisiste.

Sur le plan fiscal, la période giscardienne a mis de l'ordre imposant aux avocats de se comporter, en manière de gestion, comme les acteurs de la vie économique qu'ils sont.

Puis la profession a été soumise à la TVA et, de ce fait, encore plus contrôlée.

Puis, le nombre toujours accru des professionnels a inscrit les cabinets d'avocats dans une concurrence parfois exacerbée.

De tout cela en est ressortie la nécessité absolue de bien gérer son entreprise, car à défaut le cabinet d'avocats peut être placé en redressement judiciaire comme tout un chacun. Et la vérité oblige à dire que la chose devient fréquente.

De ce fait, l'avocat n'a plus les moyens économiques de ne pas respecter les règles de facturation qui lui sont imposées, tant par la législation, que par la nécessité de rentabilité économique.

Car à défaut, il connaîtra le découvert bancaire, toujours plus grand et dans la période actuelle où les robinets sont fermés, mettra en péril son entreprise.

C'est pourquoi tout naturellement, la profession d'avocat respecte de plus en plus des règles de facturation fondée sur un taux horaire, calculé selon la structure du cabinet, ses charges, son chiffre d'affaires. Ce taux horaire oscille selon les cabinets, par exemple celui de notre cabinet, provincial, est de 180 euros hors taxes.

Ce souci de transparence et de bonne gestion est conforme à l'intérêt du justiciable car celui-ci aura devant lui un professionnel en bonne santé économique qui ne pratiquera pas un « dumping » de mauvais aloi générant, de toute façon des pratiques professionnelles peu fiables, y compris sur le plan intellectuel.

C'est pourquoi le temps n'est plus, et c'est peut-être dommage, où l'avocat ne se faisait pas rémunérer, car il ne le peut plus, tout simplement.

Mais je me souviens, c'était hier, de ma vieille professeur d'allemand me demandant les noms d'avocats à Marseille qui ne faisait pas payer les clients.

Il y en avait. Mais, pour être honnête, leur personnel n'était souvent pas déclaré, leur comptabilité était symbolique et quant à leur déclaration fiscale, elle relevait du poème à la Prévert.

Chacun y trouvait son intérêt. C'était il y a 30 ans.

Un autre siècle !

Commentaires

Nom: 
Saraswati
Site: 
http://

qu'il apparaît toujours inconcevable de payer pour un conseil, du moins au niveau de la consultation, puisque celui ci ne résoud pas le problème. Imaginez que vous ayez une fuite chez vous (je prends cette exemple Maître, parce que je sens que ca va vous parler ....) et que vous appeliez le plombier et qu'il vous facture simplement pour vous dire ce qu'il faut faire .. (un devis payant en quelques sorte) .... Bien sûr les gens rechignent moins à payer lorsque l'avocat s'attache a défendre leur dossier. Le problème vient aussi du fait que l'avocat n'a qu'une obligation de moyen et non de résultat comme tout autre professionnel. Si les personnes râlent moins à payer un médecin, qui ne garanti pas une guérison, c'est bien parce que la sécu est là pour rembourser ....

n'est pas palpable, elle n'en est pas moins réelle. et la consultation si ell ene règle pas toujours tout permets au minimum de fixer les problèmes, et de donner les solutions pour les résoudre.

Nom: 
browne
Site: 
http://www.aufeminin.com/blog/mamieblues3

de créer un remboursement des frais de conseils pour les + démunis, en quelque sorte une sécurité "magistrale"!

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