Jan
19
N'es-tu pas mort, toi Zarathoustra ?

Serait-ce possible, ce vieux saint dans sa forêt n'a pas encore entendu dire que Dieu est mort ...

Mon pauvre Zarathoustra, à quoi bon la mort de Dieu si ses dogmes ne meurent pas avec lui, empêchant l'avènement du Surhomme ?

Car règnent encore ces prétendues vérités intangibles qui font que les hommes s'insultent, esclaves qu'ils sont, au lieu de penser ensembles, maîtres libres !

Regarde Zarathoustra ce débat sur le mariage homosexuel où les hyènes hurlent avec les hyènes.

Quand le mariage est devenu un fait minoritaire, quand 55 % des enfants naissent hors mariage, il ne peut être reproché à la République de se pencher sur la possibilité des homosexuels de contracter mariage.

Mais il peut lui être reproché de privilégier le slogan plutôt qu'une réflexion sur le droit de la famille comme le dit si bien Catherine Pontier de Valon (dont je salue la pensée, ce qui n'a rien à voir avec le fait qu'elle est ma douce épouse et que toute femme a de terribles moyens de rétorsion si son homme commet quelque erreur).

Et c'est insulte à la pensée que de qualifier d'homophobes ceux qui s'interrogent ; mais c'est insulte à la pensée que de comparer la grande manifestation des opposants à celles des printemps arabes comme on le voit sur les réseaux sociaux, en un mépris affiché pour ceux qui sont morts là-bas, en une comparaison outrageante, humainement affligeante.

Mon pauvre Zarathoustra, on vit vieux chez nous et le temps de la retraite est long.

Faut-il travailler plus longtemps ? Les gens de droite le disent.

Ceux de gauche ont un dogme différent et plutôt que de paraître faire comme le souverain déchu, ils s'apprêtent à baisser les retraites de ceux qui ne votent guère pour eux.

N'aurait-on pu réfléchir sur le travail ?Sur un contrat de travail pour tous, du privé comme du public ? Sur l'aménagement du travail de ceux qui vont inéluctablement travailler plus longtemps ? Sur un statut unique des retraites ? Sur l'homme au travail dans les années qui viennent ?

Dieu est mort et avec lui le courage.

Mon pauvre Zarathoustra, c'est peut-être Epicure qui avait raison : se tenir éloigné des choses de la cité et privilégier l'amitié.

N'es-tu pas mort, toi Zarathoustra, dans ce plat et morne paysage mental ?

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