Jun
20
Optimiste avec Lamartine.

Arrêtez-moi si je me trompe.

La Grèce est en état de quasi faillite et, pour boucler ses fins de mois, a besoin que l'Europe lui prête de l'argent.

Mais, en contrepartie, il lui est demandé des mesures d'austérité pouvant générer des troubles sociaux.

Les Allemands souhaiteraient que les banquiers privés soient également mis à contribution, mais la Banque Centrale Européenne ne veut pas car cela pourrait équivaloir à un défaut de paiement.

Il vaut donc mieux, pense-t-elle, faire payer les états, c'est-à-dire le contribuable, c'est-à-dire le citoyen qui déjà se voit imposer des plans d'austérité.

On ne prête qu'aux riches et on fait payer les pauvres...

On pourrait s'étonner que le secteur bancaire, qui a fait beaucoup de bêtises, ne soit pas mis à contribution et, au-delà des considérations macro-économiques sur le défaut de paiement d'un État, il y a quelque chose d'amoral de voir que, de facto, le secteur financier auteur de tant d'abus serait, lui, protégé.

Bien sûr, on dit également qu'il faut sauver le soldat Euro.

Et en même temps, l'euro fort n'est pas vraiment la vitamine du pouvoir d'achat.

Une union monétaire sans réelle union politique et sans rapprochement des politiques économiques et sociales est-elle viable plusieurs décennies ?

Un doute passe.

Et voilà maintenant qu'il paraît que la mondialisation va se démondialiser selon Jacques Sapir.

"La déglobalisation est en marche, comme on peut le constater avec l'enlisement des négociations du cycle de Doha à l'OMC ; le refus de la Chine d'assumer les responsabilités monétaires que l'on veut lui faire porter ; et, plus généralement, le retour massif des Etats sur le devant de la scène depuis la fin 2007".

Les vingt ou trente prochaines années verront la globalisation régresser "comme se retire le flot de la marée", estime le directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Entre nous soit dit il y a quelque chose de terrifiant à considérer que les pays seraient spécialisés en quelque sorte, aux uns les industries, aux autres le tourisme, au bénéfice là encore de la sphère financière, mais au préjudice de l'homme qui veut simplement vivre de son travail dans sa ville ou son village.

Il y a dans la détermination de l'avenir européen comme des fêlures qui fragilisent cet édifice où l'on se dit parfois que l'humain est omis.

Mais c'est pourtant le facteur humain qui est à l'origine de bien des événements.

Soyons optimistes avec Lamartine :

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours ! »

Commentaires

d'introduire un peu de poésie dans "ce monde de brutes" !

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