Oct
16
Pénurie de juges; pléthore d'avocats.

Le nombre insuffisant de magistrats en France est une donnée récurrente.

Les promotions de l'Ecole Nationale de la Magistrature, chaque année, ne sont pas assez nombreuses alors même que s'annonce, comme le dit la vice-présidentes de l'USM, une pénurie de magistrats car, l'âge aidant, beaucoup vont partir à la retraite pêcher la carpe.

De temps à autre, face à ce phénomène, les pouvoirs publics inventent des recrutements exceptionnels ou créent, par exemple, la juridiction de l'approximation.

Cela génère, pardonnez le propos du juriste, des décisions de justice parfois surprenantes et souvent dommageables lorsque rendues en dernier ressort, c'est-à-dire insusceptibles d'appel.

Pourquoi cette insuffisance du nombre de magistrats ?

Est-ce parce que le concours de l'Ecole Nationale de la Magistrature est trop difficile que l'on veut caler sur les plus grandes écoles de la république sans que, peut-être, pour l'essentiel cela soit nécessaire ?

Est-ce parce que le pouvoir politique, de toute manière, ne veut pas d'une justice puissante et qu'il vaut mieux qu'elle soit miséreuse ?

Je ne sais pas.

Je relève cependant qu'il paraît que la fonction de magistrats et désormais peu populaires et que les candidats se dirigent vers les professions d'avocat et de notaire.

Les notaires par le biais de leurs charges ne sont pas ouverts à la concurrence.

Depuis 10 ans le nombre d'avocat a augmenté de 40 %, y compris dans les bassins d'activité en souffrance, comme par exemple la bonne ville de Marseille, ce qui ne peut que générer, mathématiquement, une certaine paupérisation.

Dans notre république gouvernée par une technostructure souvent issue de l'ENA, le droit et la justice ne sont pas des priorités et Bercy, par exemple, cherchera par tous les moyens à déjudiciariser tout ce qui peut l'être alors même pourtant qu'un pouvoir judiciaire et une sphère judiciaire d'activité importante sont le signe d'une bonne santé démocratique, chacun voulant bien admettre que l'administration ne présente pas les mêmes garanties d'indépendance, voire de contre-pouvoir.

Mais le lecteur dira que mon propos date un peu et sent son avocat suranné

Enfin, camarade avocat, tu sauras donc que l'avenir c'est : pénurie de juges, pléthore d'avocats.

Commentaires

On fait quoi ?

Moi je suis ravi d'apprendre que l'E.N.M. est une grande école. Nous sommes deux et deux avocats seulement à Marseille à avoir réussi nà y entrer....

Enfin, le 2ème, j'aimerais avoir l'arreté sous la main.

Attention, le concours de l'ENM n'est plus ce qu'il était !

Pour le surplus, la plupart des avocats qui envisageaient cette profession depuis leurs premières années de droit n'ont pas cherché à passer le concours de la magistrature.

Par contre, nombreux sont ceux qui passaient ce concours mais également le CAPA, "au cas où" car effectivement à l'époque le concours de l'ENM était autrement plus difficile que l'examen du CAPA.

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