Nov
17
Rapprocher la justice du peuple?

J'ai bien écouté hier le président de la république.

Il a expliqué qu'il avait maintenu les ministres principaux parce qu'il fallait donner de la stabilité et de la durée.

Il a parfaitement raison.

Mais alors pourquoi le ministère de la justice en est-il déjà à son troisième titulaire depuis 2007 ? Et pourquoi le poste a-t-il été attribué, en fonction de critères de partage du gâteau électoral, à une personnalité certes sympathique mais néanmoins de second rang qui ne fera, c'est sûr, guère de vagues. Un petit clapotis seulement.

Le président a expliqué aussi qu'il fallait rapprocher la justice du peuple.

Mais alors pourquoi, au nom d'une logique d'ordinateur, avoir supprimé tant de tribunaux de province qui correspondaient à un évident besoin social, obligeant la population à des déplacements parfois ubuesques et supprimant des barreaux humainement utiles ?

Mais alors pourquoi aussi ces déplacements des juridictions dans des banlieues lointaines, dans des locaux inappropriés, et en tout cas bien souvent fort mal desservies en termes de transports en commun, comme pour chasser le peuple.

Ainsi, j'ai appris que le tribunal d'instance de Marseille allait être déménagé, certes temporairement, (mais on sait ce qu'il en est), dans une ancienne caserne loin de tout métro.

Je ne parlerai pas des jurys populaires dans les tribunaux correctionnels, ce qui est une annonce démagogique et probablement impossible à mettre en place. Mais le prince sait bien qu'il faut flatter la bête.

Mais si l'on veut rapprocher la justice du peuple, pourquoi faut-il alors que le concours de la magistrature nécessite pour le réussir un mode de pensée que l'on peut retrouver chez les hauts fonctionnaires, intellectuellement brillant certes peut-être, mais parfois affectivement excentré ?

La justice de tous les jours, qui n'est pas celle des grands cabinets d'affaires, non plus que de la matière pénale, mais celle du simple citoyen dans sa vie quotidienne, ne peut que constater que cela fait bien longtemps que le politique s'est éloigné d'elle.

Mais rapprocher le politique du peuple, ça, l'écrire, c'est presque un gros mot.

Commentaires

C'est cela, réconcilions la Justice et le Peuple. Et instaurons dans tous les domaines du droit des jurys populaires, comme à l'époque de Joseph Staline, que d'économies en perspective!

On a assisté hier à une belle démonstration de ce qu'est le courage et le talent des journalistes. Denizot s'en est à peu près bien sorti, mais les deux autres, qui ne sont pourtant pas des perdreaux de l'année, ont répondu servilement aux questions de leur supérieur...

Les journalistes CHAZAL et PUJADAS ont été victimes du savoir faire de notre Président, apte à retourner facilement les situations se trouvant soudain en capacité de poser lui-même des questions auxquelles ils ont été contraints de répondre dans le sens attendu !

On a même entendu Monsieur SARKOZY dire à Madame CHAZAL : "je n'ai pas entendu la réponse".

C'était une opération de pure communication dans laquelle généralement il se montre à la hauteur.

Nom: 
MCD
Site: 
http://

à souhaiter que vous ne serez jamais des "jurys populaires"...

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