Dec
01
Raymonde Talbot, avocate égorgée à Marseille

Ce n'est même pas que Marseille soit à la dérive; elle à l'image du Napoléon Bonaparte, ce fleuron de la flotte de la SNCM qui ne supporte pas, dans le port, un coup de vent et dont on sent qu'il va finir à la ferraille, au fil des jours qui passent en vaines palabres.

Elle coule.

Marseille est indigente; pour réussir professionnellement, il faut en partir et nos enfants s'en vont donc.

Marseille est pauvre, et cette pauvreté est également intellectuelle, comme le montre sa triste classe politique qui justifie assez la nécessité de la tutelle de l'Etat que son histoire a déjà connue.

Marseille est violente, sanglante.

Et une avocate a donc été égorgée hier.

Un mort de plus dans cette ville, et une émotion qui touche notre communauté judiciaire comme hier, ou demain, elle a touché et touchera d'autres communautés.

Cette émotion est honorable et la tristesse légitime quand meurt une autre nous-même, une femme qui fait ce que nous faisons, dans l'anomymat de la quotidienneté, sans forfanterie vaine, sans se mettre en avant et qui, pourtant, meurt égorgée.

L'enquête dira par qui, ce n'est pas le propos.

Le propos est de dire le drame de cette ville dont Raymonde Talbot est désormais l'un des douloureux symboles.

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