Dec
08
Réforme du Conseil national des barreaux: en route vers l'archaïsme !

La France est nauséeuse, dit-on, et les experts de diagnostiquer un malaise né de sa structure pyramidale, centralisée, hiérarchique et j'ajoute administrative qui ne correspond plus à une société que la connaissance transmise par internet, l'interactivité des divers réseaux sociaux et la fluidité numérique ont bouleversé.

La chenille étouffe dans ce cocon rigide des temps passés qui ne veut pas disparaitre pour laisser enfin le papillon s'envoler.

Et le Conseil national des barreaux là-dedans, allez-vous, grognons, me dire ?

Il correspond à cette France qui a les dents du fond qui baignent (je sais, je suis un grand délicat), un Machin avec un déficit de représentativité où des hommes et femmes importants décident du bien de la profession, comme nos députés le font de la France, en s'attaquant à l'essentiel avec l'évanescente prescience que donne l'élection.

On en entend parler par les guerres picrocholiniennes qui l'agitent en interne, ou contre la Conférence des bâtonniers (c'est un mouvement de jeunes) ou le barreau de Paris.

Comme on en a honte, nous les avocats, on fait croire qu'on est notaire ; il faut juste avaler un balai avant.

Je plaisante, il faut bien qu'une profession ait une représentation nationale ; la difficulté est que celle-ci n'est pas légitime et que cela vient aussi de son mode électoral, avec un double collège dont un collège pour les élus. (Nous les avocats, nous pratiquons l'apartheid ; les élus et les autres.)

Et aussi, ces guerres avec le barreau de Paris et la Conférence des Bâtonniers.

Ils se battent même pour la mise en place du système de conservation des actes d'avocats, chacun vantant le sien. Il parait même que l'on a vu un notaire rire !

Le temps est venu d'euthanasier la Conférence des Bâtonniers et de réformer grandement le CNB pour lui donner plus de représentativité.

Ils ont compris, là-haut, dans les nuages, ils y travaillent.

Un projet prévoit, dit-on, dans le process électoral, de ne laisser subsister qu'un seul collège électoral : le collège ordinal !

Ah, ben non ; z'ont pas compris !

Ben oui, la politique aveugle de ceux qui dirigent la profession a conduit à une explosion du nombre des avocats.

Ils sont nombreux, et jeunes, et fauchés parce que nombreux.

Mais ces gueux peuvent voter mal et n'avoir aucun respect pour les hiérarques décorés, pharaons divins, mais momifiés.

Regardez à Marseille : ils élisent des Corses et là un jeunot sans cravate.

(Tiens ; il est corse; Gileta ?)

La solution: le peuple ne votera plus : seulement les élus, dignes et responsables.

La CNB sera le Sénat qui nous a donné les Poncelet et les Gaudin.

Ces gens là rêvent de la France de Monsieur Poher.

Ce qui est inquiétant, c'est que cette idée puisse seulement venir à l'esprit des édiles de la profession, montrant en cela leur inaptitude à comprendre ce qu'elle est devenue.

Pas celle des firmes anglo-saxonnes, pas celle des fantômes des ministères.

Celle des avocats, la mienne ; celle des TPE du droit que l'on assassine à force de vouloir, grenouille se penser, pas taureau, non : mais bien boeuf.

Pour le CNB, Messieurs Dames, un Collège et un homme, une voix (une femme aussi, soyons magnanimes).

Cela s'appelle la démocratie directe.

Vous pouvez, sur internet, en chercher le sens.

Et aussi celui d'endogamie; mais celui là est trop connu.

Commentaires

Je t'embrasse.

Vous les tourtereaux marseillais, on vous a à l'oeil ! (MDR ! comme on dit maintenant).

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