Dec
17
ROLEX, SED LEX !

Pardonnez-moi d'avoir la pensée encore embrumée par les idées des philosophes.

La séparation des pouvoirs, idée fondatrice de l'organisation de la société. Merci Montesquieu.

Idée banale finalement que dans une société plus la Justice a un rôle étendue, plus les avocats sont forts, plus le pouvoir politique peut être corrigé dans ses excès et plus la liberté est protégée.

Ce qui est préoccupant depuis un certain temps, c'est cette volonté constante du politique d'affaiblir le judiciaire, réforme après réforme, pour en limiter le rôle et l'influence.

Je sais bien que les idées d'autrefois n'ont plus cours

Ce n'est plus Platon et l'Académie, c'est Disneyland et John Wayne qui paraissent inspirer la politique de ce temps.

Mais sur cette réforme du divorce de quoi parle-t-on ?

S'il s'agit de confier l'intégralité de la procédure aux notaires, cela veut dire enlever aux avocats ce qu'ils savent faire pour le donner à une autre profession plus riche et qui a une autre formation. Cela ne peut servir ni les intérêts des justiciables, ni c'est vrai, les intérêts des cabinets d'avocats et de leur personnel, car on oublie que les avocats ont des salariés qu'il faut payer et les conséquences sociales de ce qui est annoncé.

Si l'idée est de confier l'intégralité de la procédure au notaire, autant alors la confier à l'avocat en se posant la question de la réforme du monopole de la profession notariale voulue par l'Europe. Autant alors avoir du courage !

S'il s'agit simplement de dire que le notaire remplacera le juge, c'est-à-dire constatera tout le travail qui a été fait au préalable par les avocats, cela veut donc dire que le juge désormais va être payé.

Ce serait revenir à une justice privée et payante là où elle est actuellement gratuite !

Nos gourmands amis notaires ont-ils d'ailleurs réfléchi aux conséquences ?

Au-delà des principes fondamentaux, celui qui a divorcé devant notaire ne lui confiera pas forcément ses ventes à venir parce que le divorce comporte toujours une part de rancœur que le juge aujourd'hui assume.

Et puis le rôle du notaire qui est le confident des familles à l'heure de la mort risque de devenir plus partisan. Il perdra ses fondamentaux et la confiance de ceux qui souffrent.

La rigueur des principes qui fondent l'organisation de la société ne peut pas être oubliée pour des raisons simplement financières.

Où alors, là où autrefois on disait : « dura lex sed lex » (la loi est dure, mais c'est la loi) on dira désormais

« Rolex, sed lex »

Il n'y a pas besoin de traduction, c'est l'avantage !

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