Nov
06
Roulettes maudites!

Je déteste les roulettes.

Avant , je les aimais bien, ou alors elles m'étaient indifférente. Mais maintenant, je les déteste.

C'est à cause de l'audience de la chambre de la construction de cet après-midi.

Par chance, mon dossier était premier sur le rôle. Par malchance, mon contradicteur brillait par son absence.

Donc, il a fallu attendre. Et, pour faire passer le temps, quoi de mieux que d'écouter les plaidoiries de mes confrères.

Une charmante consoeur se lance dans un dossier nébuleux sur une histoire de sol dans un magasin de pêche. Un maître de l'ouvrage aimant la nature et voulant donner à son local un aspect rustique. Un sol prévu en béton brut avec insertion de planches qu'il ne fallait, semble-t-il, pas traiter. Entre le béton et les planches aucun joint pour faire plus naturel.

Mais voilà, ça s'est mal passé et le sol présentait paraît-il des défauts de planéité de près de 6 cms, outre des fissurations.

La réalité du défaut était contestée.

Le maître de l'ouvrage était là, et l'entreprise, et l'architecte.

Mais le dossier a basculé dans l'horreur.

La demanderesse a plaidé sur un litige d'environ 12 000 € plus d'une heure, de manière répétitive, mais acharnée, revenant sans cesse sur le défaut de planéité qui posait un problème extrême puisque le pêcheur avait des meubles à roulettes qui, sur le malheureux sol, roulaient. Au lieu de rester sagement en place.

Et pendant une heure, alors que le sommeil me gagnait, le mot roulettes, de temps à autre, frappait mon esprit.

Puis l'avocate de l'entreprise a plaidé. Une petite demi-heure pour dire qu'elle avait fait ce qu'on lui avait demandé, que le pêcheur demandeur était de mauvaise foi et que l'architecte était fautif.

Et là encore, avec une voix qui montait dans les aigus, roulettes, roulettes et encore roulettes.

Puis, l'avocat de l'architecte a plaidé, une petite dizaine de minutes pour dire que le sol devait avoir un aspect bord de rivières avec, semble-t-il, des ondulations visuelles, que l'entreprise connaissait son travail et était donc responsable et que lui n'y était pour rien.

Sur l'interrogation de la présidente, il a reconnu avoir conçu l'ensemble de l'opération et même les meubles à roulettes.

Roulettes, roulettes et le temps se déroulait.

Enfin, bord de rivières ou pas, le dossier a atteint la rive, et, entre-temps mon contradicteur était arrivé. Enfin, plutôt une collaboratrice saisie du dossier au dernier moment et ne le connaissant pas, donc voulant le déposer plutôt que le plaider.

Sur le coup de 16 heures.

Si elle avait été là à 14 heures...

Voilà, justiciable aimé, pourquoi les avocats sont rarement à leur bureau.

C'est la faute des roulettes !

Enfin, je survivrai et ne jouerai pas à la roulette russe.

Commentaires

Nom: 
Saraswati
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:-)

celle du dentiste!

Nom: 
Saraswati
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moi j'aime bien les roulettes, c'est bien pratique et c'est une super invention. Ce n'est pas les roulettes que vous devriez blâmer mais l'incompétence du maçon ... et puis on peut se demander à quoi servait l'architecte s'il n'a pas su faire reprendre les malfaçons ...

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