Feb
03
Une bien triste histoire.

J'ai à vous conter ce matin une histoire bien triste, sur le temps qui passe.

J'étais donc à l'audience des faillites du Tribunal de Commerce.

Le conseil de la vilaine société débitrice est un avocat ayant tout juste dépassé la soixantaine.

Il avait le bras en écharpe, le teint hâve

Avec un profond sentiment de compassion, je l'ai interrogé sur ce qui avait bien pu le mettre dans cet état pitoyable.

Il m'a dit avoir voulu aider un vieux, qui était tombé dans la rue, la nuit.

Le pauvre homme, au demeurant, lui avait expliqué qu'il ne sortait jamais si tard avec son chien et que c'était une exception.

Il a précisé d'ailleurs le lendemain avoir bien grondé le chien.

Toujours est-il que mon pauvre confrère souffre depuis lors, et pour encore trois mois.

Un peu déprimé, pour trouver que son corps se réparait moins vite qu'autrefois.

Comme, il y a une quinzaine d'années, quand il était au sommet d'une échelle, devant la porte d'entrée de son appartement et que sa gentille épouse a poussé celle-ci, le projetant sur le sol, lui fracassant le poignet.

Je lui ai, onctueux, conseillé de ne pas le refaire, car cette fois-ci, elle ne le raterait pas.

Puis, désabusé, il m'a dit qu'il attendait la retraite dans quatre ans, que le métier devenait pénibles, que le stress le rongeait...

C'est vrai, le pauvre qu'il est au-delà du senior...

L'avantage, c'est que quand nous sommes montés au quatrième étage, devant la Chambre du Conseil, j'ai dit à la greffière que nous devions passer en priorité, parce que j'avais un avocat handicapé en face.

Et, au tribunal, j'ai précisé que la société débitrice avait choisi un avocat dans son état.

Qui peut dire qu'entre nous, les avocats, nous ne sommes pas plein de gentillesse, de tendresse, d'amour même !

Qui ?

Commentaires

attentif aux vieux...

beau balancement!

Mais le pauvre n'était pas bien flambant.

Puni peut-être de ce dossier qu'il faisait renvoyer en douce quand je le pensais en délibéré...

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