jean.devalon

Par jean.devalon le 30/11/08
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L'exemplarité, c'est ainsi, a un prix, parfois cruel.

Donc, ce midi, un aïoli comme on les aime, du genre auquel les mouches ne survivent pas.

Mais, il faut dire que la tradition n'a pas été respectée tout à fait : pas de rosé de Provence, ni même de Bandol blanc ou un petit Cassis. Non, un chablis.

Et puis, deuxième erreur : pas de marc de garlaban après.

C'est bon le marc de garlaban, mais enfin, il est des alcools plus digestes.

Alors, pas de garlaban.

Pourtant, malgré cet effort ascétique, j'entends des mots étranges : il parait que dans l'aïoli, il y a plein d'huile d'olive et que pour le régime prétendu, c'est mauvais.

Bref, on me regarde comme si j'avais mangé sans retenue !

Bon admettons.

(Mais moi, ma maman m'a toujours dit qu'il fallait faire honneur et donc finir les plats et ma maman avait toujours raison)

Alors, après le repas frugal, principes éducatifs obligent, il faut montrer l'exemple à ses enfants, ne pas participer à la métamorphose larvaire qui les atteint.

Kafka n'est jamais loin.

Reprenant l'exemple de mon père, j'annonce une petite promenade, (solitaire, ça va de soi).

Mais, pour être honnête, mon père ne fumait pas le cigare et le soir allait à la messe.

J'avoue avoir remplacé la fumée de l'encens par celle du cigare...Ca doit avoir le même effet, non ?

Enfin, supposons le.

Devant les yeux admiratifs de la famille, je pars en promenade.

Je sors de la maison, fais trois mètre sur la gauche et m'abrite aussi sec, si je puis dire, car arrive une saucée carabinée.

Au bout de cinq minutes, le portable vibre et ils m'interrogent : « T'es mouillé ? »

J'entends des rires mécréants et cruels.

Même pas possible de dire qu'on va aller aux escargots, ce serait peu crédible sur les trottoirs de Marseille.

Alors, il faut revenir penaud (une fois le cigare fumé cependant) et faire repentance :

« Au prochain aïoli, la tradition respecteras

Bandol et garlaban boiras,

Sur le canapé t'avachiras,

Et point ne sortiras. »

Je dois pouvoir y arriver.

Par jean.devalon le 30/11/08
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L'avantage du dimanche, c'est que le temps s'étire lentement.

Le plaisir du café face à la Vierge de la Garde rayonnante d'or, au ciel enfin bleu, aux mouettes le striant.

La sottise du jour dite au gamin : « contre qui l'OM perd aujourd'hui ? », ça marche toujours ! Il faut bien que l'enfant conteste le père et pour cela lui en donner l'occasion.

L'aïoli de midi, vu que mâme Catherine l'a prévu.

Pas de campagne aujourd'hui, la bulle plutôt.

Pas de Plan de Campagne, non plus et jamais de toute façon : c'est laid et avilissant.

L'ouverture le dimanche, c'est le pré réservé des idéologues de tout bord.

Fermer ce qui existe est déraisonnable.

Se soumettre aux lobbys de l'ameublement l'est tout autant.

En plus, moi qui ai la science infusée, je pense plutôt que c'est dans le coeur des villes de solitude qu'il faudrait de la souplesse, au compte goutte, bien sûr.

Parfois, vous voyez, j'allais, sans rire, le dimanche dans un bricotruc machin de mon quartier chercher des clous. On y voyait des gens souriants, clients et salariés, mais avec une taille et un rythme humains .

Les syndicats ont fait fermer, soit, tout le monde a probablement perdu, surtout la convivialité d'un temps un peu différent.

Rien à voir, cependant, avec ce qui se prépare où les gros gagneront qui savent manipuler.

Un peu noir ?

Bon, gardons le bleu au coeur : Rimbaud et Nougaro.

Rien à voir, c'est là le fun :

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes :

A, noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,

Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,

Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides

Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Silence traversés des Mondes et des Anges :

- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -

A. Rimbaud

Pour les couleurs !

Ajoutons un peu de rose et la journée sera belle

Par jean.devalon le 29/11/08
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Le dalaï lama a estimé que le désir charnel, s'il procure une satisfaction à court terme, complique les choses, tandis que la chasteté procure une plus grande indépendance et une tranquillité d'esprit.

"La pression sexuelle, le désir sexuel, je pense, procurent une satisfaction de courte durée et souvent, conduisent à davantage de complications", a expliqué le chef spirituel des Tibétains lors d'un entretien avec des journalistes, dont l'AFP, à l'occasion d'une visite privée au Nigeria.

Le dalaï lama a expliqué que la vie de couple causait "trop de hauts et de bas".

"Naturellement, en tant qu'être humain (...) une sorte de désir sexuel survient mais alors, on utilise l'intelligence humaine pour constater que ces couples ont toujours des problèmes. Dans certains cas, il y a des suicides, des meurtres".

"Donc, c'est notre consolation. Nous passons à côté de quelque chose mais si l'on compare sur une vie entière, c'est mieux. Plus d'indépendance, plus de liberté", a estimé le prix Nobel de la paix ajoutant que l'abstinence causait "beaucoup moins de hauts et de bas".

Voila une bonne question pour un week end.

Ne trouvez-vous pas ?

Par jean.devalon le 28/11/08
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Il pleut.

Déjà, quand il pleut à Marseille, cela attriste.

Mais quand il pleut un vendredi après-midi laissant présager d'une fin de semaine sans soleil, c'est terrible.

Et puis l'ambiance : l'effondrement du marché immobilier et des ventes automobiles, la remontée brutale du chômage, vont-elles impacter rapidement la facturation du cabinet, ou pas ?

La crise s'annonce.

Comment anticiper ?

Et puis, la quotidienneté, entre le tragique et comique.

La pédophilie dont les miasmes horribles affleurent parfois.

Le conflit entre voisins : l'adversaire condamné à couper quelques branches, mais le client qui trouve qu'elles sont mal coupées et qui demande un autre procès.

Sans être un homme révolté, la nécessité de dire non.

Mais malgré tout, de temps à autre, on écoute les élus.

Pas les élus de la république, cela fait longtemps que l'on ne les écoute plus, mais les élus de la profession.

Il y a donc le CNB, la conférence des bâtonniers, le barreau de Paris.

Le CNB a estimé pouvoir, semble-t-il, adopter le principe d'un tarif indicatif sur le divorce, avec un différentiel de 25 % entre le provincial, qu'il vive dans des grandes villes ou dans un petit village, et Paris.

Je ne sais pas s'il faut chercher, et j'en doute, une étude scientifique, pour fonder le différentiel

Mais Paris sera toujours Paris.

Centre du monde.

Parfois, on se demande quand même si Marie-Antoinette n'est pas revenue.

Avec des frasques d'un autre âge.

Si l'on était à Lyon, ce serait guignol.

A Marseille, les fadas.

Mais fadas, c'est sympa.

Là, cela ne fait pas rire.

Pas du tout.

Par jean.devalon le 27/11/08
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Pourquoi faut-il qu'à chaque fait divers, fait d'hiver, la polémique l'emporte toujours sur le tragique ?

Quand un SDF meurt, c'est tragique, mais cela ne signifie pas forcément que la ministre soit incapable, ou que les associations soient maximalistes à l'extrême

Peut-être oui, peut-être non.

J'avoue ne pas savoir.

Simplement, à chaque drame humain, l'individu lui-même disparaît, dont on a l'impression parfois qu'il a moins d'importance que les mots et les images.

Peut-être suis-je d'une naïveté irresponsable, mais j'ai tendance à croire en la sincérité des uns et des autres qui s'attaquent à un mal profond.

Et c'est désespérant d'entendre chaque fois des anathèmes là où sont le chagrin et la pitié.

Et où le premier ennemi, ce n'est pas celui qui est autre côté de la table, mais l'indifférence

Par jean.devalon le 27/11/08
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Un bailleur reste tenu de dommages et intérêts pour trouble de jouissance au bénéfice de son locataire quand bien même celui-ci aurait-il quitté les lieux.

Cela paraît évident, mais un arrêt de cour d'appel avait débouté une locataire en la déclarant irrecevable en ses demandes d'indemnisation, de remise en état d'un logement et de dommages et intérêts pour trouble de jouissance, au motif qu'elle serait occupante sans droit ni titre en raison de la délivrance d'un congé pour vente auquel elle n'avait pas répondu.

La Cour de Cassation, par un arrêt du 12 novembre 2008 (07 -16924, troisième chambre) casse au motif que la locataire sollicitait des dommages et intérêts pour les troubles de jouissance subis tant du fait de désordres dont immeuble semblait affecté que du fait de travaux réalisés avant l'expiration du bail.

Il est parfois nécessaire d'aller jusqu'à la Cour de Cassation pour que le bon sens prévale.

Par jean.devalon le 26/11/08
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Un saint homme était propriétaire d'un logement d'habitation donné en location.

Il donne congé à sa locataire aux fins de reprise au bénéfice de sa belle-mère.

Après avoir libéré les lieux, la locataire assigne en dommages et intérêts, pour délivrance d'un congé frauduleux.

L'arrêt d'appel avait retenu que le bailleur démontrait que compte tenu de son âge, sa belle-mère ne pouvait rester sans surveillance et qu'elle habitait tantôt dans les lieux précédemment loués, tantôt dans une autre ville, chez les uns chez les autres de ses enfants et qu'elle occupait donc le logement à titre partiel du fait de son âge et de la disponibilité des membres de sa famille.

La cour d'appel avait estimé que le droit de reprise pouvait s'exercer, même à titre partiel, lorsqu'il s'agissait de loger un membre de la famille qui a temporairement la nécessité d'habiter dans les lieux précédemment loués.

Donc il était légitime que le gendre appelle sa belle-mère à venir vivre près de lui.

Mais la Cour de Cassation par un arrêt du 13 novembre 2008 vient de rappeler que le logement repris doit constituer l'habitation principale du bénéficiaire de la reprise.

Il aurait donc fallu que la belle-mère habite à temps complet l'appartement.

Cette pauvre femme va devoir envisager la maison de retraite...

(CC 3 ème chambre, 13 novembre 2008, 05-19722)

Par jean.devalon le 25/11/08
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« La loi doit avoir autorité sur les hommes, et non les hommes sur la loi. »

[Pausanias]

Le Dal et les enfants de don quichotte viennent d'être condamnés en justice, par le tribunal de police de Paris. Immédiatement, la justice est accusée de tous les maux là où elle a exercé sa mission.

Il ne s'agit pas de dire que cette condamnation est judicieuse mais de rappeler le B, A, BA.

- La justice est là pour veiller au respect des lois de la république.

- Les associations, personnes morales, sont tenues du respect de ces mêmes lois.

Elles ne doivent avoir ni moins de droits que les autres, ni plus, car sinon, nous serions dans un régime de dictature des associations.

- Si une loi est mauvaise, il appartient au législateur de la changer.

Et aux forces progressistes de se battre pour ça.

Et là, l'on revient quelque part à do, ré, mi, fa, sol...férino !

Par jean.devalon le 25/11/08
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La légende veut que, dans un procès, les avocats s'entendent comme larrons en foire au détriment de leurs clients.

La règle n'est cependant pas celle là. Les procès s'ils ne sont pas des matchs de boxe peuvent parfois ressembler à des combats à fleurets non mouchetés.

Un exemple suave.

En 2005, un locataire commercial fait signifier à son bailleur une demande de renouvellement de bail. Le bailleur accepte, sauf cependant le prix, qui, vous vous en doutez, était ridiculement bas.

À votre serviteur de mettre en place la procédure de fixation du bail renouvelé par mémoire.

Mais, surprise, l'un de mes excellents confrères, ancien bâtonnier de surcroît, d'écrire de manière « officielle » qu'une précédente demande de renouvellement avait été signifiée en 1999, laissé sans réponse par le bailleur dans le délai requis de deux ans.

Il faisait observer que le bail s'était renouvelé à cette date et que la notification de 2005 n'avait pas lieu d'être, relevant d'une erreur.

Le bailleur, honnête, retrouve effectivement dans ses tiroirs l'acte de 1999 et, en propriétaire de bonne foi (il en existe) admet le principe.

Le loyer est donc resté le même.

Cela étant, voilà quelques semaines, un congé avec offre de renouvellement est donc signifié à la fin du bail renouvelé.

Juste une petite augmentation, allez, c'est normal.

Au courrier, un jour, certainement pas couleur d'orange, je reçois de mon confrère bâtonnier une copie de l'assignation en nullité de congé qu'il fait délivrer, motifs pris... que le bail s'est renouvelé en 2005, que le juge délégué aux loyers commerciaux n'a pas été saisi avant 2007 et que le congé délivré est donc nul.

L'amusant, c'est que si le congé délivré est nul, l'avocat du propriétaire aussi et qu'il devra frapper à la porte de la compagnie d'assurance...

Le temps a passé depuis 2005, quelques cheveux sont tombés.

Mais dans ces cas-là le principe est, selon une vieille expression, de « descendre la pile correspondance ». C'est-à-dire de regarder tous les courriers échangés depuis donc trois années.

Il en est deux, marqués du mot « officiel », c'est-à-dire pouvant être produits, en justice, par lequel mon cher confrère revendique l'acte de 1999.

Peut-on, sans risquer la schizophrénie, revendiquer sous sa signature un acte de 1999 et ensuite demander la nullité d'un congé établi en application de son propre raisonnement ?

Un oubli sûrement, me suis-je dit.

Un simple courrier confraternel pour interroger, chacun peut se perdre dans les méandres du dossier.

Mais aucune réponse.

Afin de ne courir aucun risque, je notifie au locataire un mémoire en fixation du loyer de bail renouvelé se fondant sur l'acte de 1999 et, par gentillesse, j'annexe à ce mémoire le courrier officiel de son avocat, pour simplifier la réflexion.

Silence.

Et puis, il apparaît, crise oblige, qu'il y a quelque retard de loyer.

Monsieur. l'huissier, allez donc délivrer un commandement visant la clause résolutoire.

Toujours silence.

Je vais téléphoner aux bâtonniers absents.

Alors, croyez-vous vraiment que les avocats s'entendent comme larrons en foire ?

En foire d'empoigne, alors!

Par jean.devalon le 24/11/08
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L'une des activités matinales du lundi consiste à lire « les nouvelles publications » et les pages consacrées aux jugements rendus par le tribunal de commerce prononçant les redressements et liquidations judiciaires.

On trouve dans ces pages des sociétés que l'on poursuit, et il arrive aussi d'y retrouver des clients...

Mais, aujourd'hui, le tribunal de commerce est concurrencé par le tribunal de grande instance de Marseille statuant sur les états de cessation de paiement des professionnels qui ne sont pas commerçants, ou des associations

Rapide regard sur les déquillés du jour :

Huit associations dont l'association « le conseil régional du culte musulman de la région PACA »

Trois consultants divers, un architecte, deux kinésithérapeutes, cinq infirmiers.

Et ... deux avocats.

Et oui, les professions libérales ont désormais les honneurs des nouvelles publications.

La bonne nouvelle, c'est que cette semaine, il n'y avait pas de médecins !

Entre nous, cela promet pour l'année 2009.