jean.devalon

Par jean.devalon le 23/11/08
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Sur la cheminée du salon de mes grands-parents marseillais trônait un Monticelli.

Sombre tableau, montrant des baigneuses dans une rivière. La légende familiale voulait qu'au dix neuvième siècle, l'ancêtre l'ayant commandé ait fait rhabiller les modèles par convenance catholique.

C'est comme ça...

Toujours est-il, qu'en ignare connaissant mieux Piem que Ziem, le bon Adolphe me paraissait sans intérêt.

Mais, aujourd'hui, nous avons décidé de sortir malgré la tempête de mistral auprès de laquelle les tornades américaines ne sont que minuscules flatulences. Si, si !

Nous sommes donc allé voir, à la Vieille Charité, une exposition d'oeuvres de Van Gogh et de Monticelli, parce que Van Gogh admirait le maître marseillais et que les deux ont été réunis pour une exposition.

Et là surprise ! Les tableaux de Monticelli sont beaux, imaginatifs, colorés, pleins de relief, et certains montrent la Provence « plein jaune, orangée et souffre », selon le mot de Van Gogh

Celui-ci de dire que l'on pense fou le peintre qui voit ces couleurs là !

Ce sont, en effet, les couleurs de la création, et non du paysage.

En fin d'exposition, deux tableaux émouvants : l'un de Monticelli, buveur sous la treille, libre de tout académisme, annonçant la réputation de fou alcoolique qu'il traîne et aussi les peintres maudits

L'autre de Van Gogh, effets de lumière sur des branches d'acacia, quelques jours avant qu'il ne se suicide en écrivant qu'il a risqué sa vie pour son art.

C'est bien la vrai question : l'art peut-il n'être qu'académique et échapper au risque de la folie ?

J'en doute.

Heureusement, quand on y pense, que le pauvre Monticelli n'a pas eu à peindre des élections au parti socialiste...

Par jean.devalon le 23/11/08
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Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme.

Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.

Et Dieu dit : Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture.

Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi.

Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le sixième jour.

Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée.

Dieu acheva au septième jour son oeuvre, qu'il avait faite : et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre, qu'il avait faite.

Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu'en ce jour il se reposa de toute son oeuvre qu'il avait créée en la faisant.

Voici les origines des cieux et de la terre, quand ils furent créés.

Alors, c'est à cause de ce paresseux que je ne peux pas aller acheter un canapé à Plan de Campagne ?

Par jean.devalon le 22/11/08
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Quand la semaine a été prenante, il est clair que le week-end, après l'inévitable pause IKEA doit être consacré, non au droit, mais au sport.

D'ailleurs, la très renommée Juriscup réunit les deux.

Alimentation saine, activité sportive, voilà donc les inévitables secrets de la longévité et de la bonne santé.

Surtout, Il ne faut pas écouter les voix tentatrices, comme celle de Churchill, qui disait qu'une pomme éloigne le médecin, mais à condition de bien viser...

Pauvre carabin.

Et puis, entre deux cigares et quelques alcools, qui résumait le secret de sa propre longévité en un mot : « sport, never sport »

Mais ne suivons pas cet exemple déplorable.

Du sport, voilà ce qu'il nous faut.

Sauf qu'il y a une tempête de mistral et que le sport ça donne ça.

Sportif, certes, mais pas héroïque...

Pas Churchill, non, mais John le Carré.

Le sport attendra juste quelque petites années.

Par jean.devalon le 22/11/08
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Pensée vacharde :

« Liberté, égalité, fraternité ! Paroles vaines, funestes même, depuis qu'elles sont devenues politiques ; car la politique en a fait trois mensonges. »

[Louis Veuillot]

On la souhaiterait inexacte, mais à les entendre, nos princes, et princesses...

Par jean.devalon le 21/11/08
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Les mots que nous utilisons, et nous les avocats encore plus, sont parfois comme pantins désarticulés ou épouvantails délaissés.

Vains d'inanité, de vide, d'inutilité.

Je ne vais pas ressortir Saint Ex et son petit prince, le petit prince est en nous, petit roi s'il le veut.

Mais, sont des moments, des instants, fugaces et d'une inexorable lourdeur humaine, qui nous renvoient à notre exigence et ils sont terribles.

Comme disait l'Autre : « Père si... Tu peux éviter le truc... »

Un ami, un soir.

Un ami, un vrai.

De ces amis qui sont là quand il faut, simplement.

Pour la joie de l'ivresse, pour celle de l'intelligence, pour celle du coeur.

Surtout celle du oeur.

Un ami, quoi, et c'est rare.

Donc, un soir, un repas de fête et l'ami seul.

Une question sur l'absente. Une réponse inquiète.

Deux regards qui se croisent et tout est exprimé.

Et les jours, les semaines, qui passent.

Et l'impérieuse nécessité de prendre son téléphone.

Et l'affolante certitude de la réponse.

Mais, ne pas être un salaud, sous prétexte du temps qui nous dépasse, ce qui est toujours un mensonge, car le temps, c'est nous qui l'utilisons.

Sous réalité de la peur.

Donc, le téléphone.

Donc, la réponse.

Et cet horrible instant où l'on sait que les mots ne sont même pas introuvables, même pas perdus, simplement insignifiants.

La distance empêche le partage du regard, l'humidité de celui-ci.

Se prendre dans les bras, ou se perdre dans l'alcool, je ne sais.

Fraternitude, comme on dirait dans ces temps clinquants.

Voilà, l'inexorable a été dit qui nous renvoie à nos solitudes, à nos expériences.

Il en est une, commune : l'hôpital qui appelle, au petit matin.

Car dans notre pays, on sait créer des cellules psychologiques pour toute sorte de chose, pour des enseignant traumatisés par leurs élèves.

Mais celui qui doit mourir à l'hôpital mourra seul.

Et seul laissera celui qui reste.

Beaujolais nouveau ou pas.

Et merde !

Par jean.devalon le 21/11/08
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Quand j'ai débuté dans la profession, il y a six mois, mon maître de stage, ancien avoué ,me vantait les mérites du travail le samedi et la quiétude que l'on trouvait à étudier les dossiers pendant cette journée où nous n'étions pas dérangés par le téléphone.

Je comprenais bien ce qu'il voulait dire, mais le chèque en fin de mois étant le même, une légère surdité me frappait à l'époque.

Cela étant, le pauvre homme, s'il était encore en activité, serait d'humeur chafouine.

Car, il m'a semblé observer que le mercredi après-midi, et le vendredi après-midi, l'activité téléphonique paraissait curieusement fléchir.

D'ailleurs, nous sommes vendredi après-midi, au travers des vitres, le ciel paraît bien bleu.

Les dossiers après tout ne pourraient-il pas attendre lundi?

Eh bien non, je ferai partie de ceux qui travailleront plus pour payer leurs charges.

Et Carla me fera un cadeau, c'est certain

Par jean.devalon le 21/11/08
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Ce matin, en me rasant, je ne pensais pas à l'élection du premier secrétaire du parti socialiste, mais à madame Versini. En tout bien, tout honneur, sage précision.

Je pensais à elle comme défenseure des enfants, qui vient de déposer un rapport.

Ce rapport traite des enfants de parents séparés et, en matière de divorce, prône la réception de droit des enfants par le juge, en cas de conflit, et l'institution d'une médiation obligatoire.

Il existe des résistances chez les magistrats quant à la réception des enfants car ils estiment n'être pas « psys »

À cet égard le rapport de madame Versini préconise de faire du juge aux affaires familiales un juge spécialisé, ce qu'il est déjà censé être.

Il est un peu de la nature humaine de vouloir éviter l'accumulation des responsabilités. S'agissant du divorce, il paraît de bon sens de dire que la structure mentale du juge qui doit en traiter n'a pas forcément à être la même que celle d'un magistrat qui traiterait de litiges de construction, ou commerciaux. C'est bien,en fait , toute la formation de la magistrature qui pourrait être regardée en fonction du service à rendre aux justiciables.

Mais je me suis dit, au fond, qu'il n'était pas inutile de balayer devant sa porte et de se poser la question du sort des enfants dans la gestion de nos dossiers.

Et même en matière de consentement mutuel.

Car abordons franchement la question, nous faisons signer des conventions traitant du partage des biens et du partage, si l'on peut dire, au moins, du temps des enfants.

Mais nous ne les voyons pas, et le magistrat non plus.

Si l'on considère donc que les enfants ne doivent plus être des ombres, il ne suffit pas d'évoquer la question seulement en cas de conflit, car juges, avocats, psychologues, médiateurs feront ce qu'ils peuvent, bien ou mal selon leur humanité et leur compétence, mais la réalité de la tristesse humaine ne pourra de toute façon pas être évitée.

En revanche, se poser la question de savoir si, nous les avocats, ne devrions pas aussi entendre les enfants quand nous rédigeons des actes les concernant semble utile.

Vous allez me dire... que nous ne sommes pas psychologues ou médiateurs.

C'est vrai, mais nous sommes des hommes et des femmes, souvent pères et mères de familles et nous pouvons faire preuve d'humanité.

Faut-il un diplôme pour l'humanité ?

N'est-ce pas une démission de l'âme que de toujours vouloir chercher le « spécialiste » et refiler le bébé, pardon l'enfant ?

Par jean.devalon le 20/11/08
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Les magistrats pétitionnent, et l'on peut les comprendre.

Le Figaro en fait un article avec une photo de madame Dati.

Mais il lui retire sa bague à 15.000 euros pour ne pas faire débat.

"Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur".

C'était, de mémoire, la devise de ce journal.

Elle est en tutelle, madame Dati, que les journalistes décident de son habillement

et des bijoux qu'elle peut exposer ou pas?

Où alors, ils ont estimé que l'affichage clinquant était politiquement préjudiciable.

Il n'y a pas de petite lâcheté servile!

Par jean.devalon le 20/11/08
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Et si l'on disait du bien d'un sénateur de droite, en l'espèce Philippe Marini ? Je vais essayer l'exercice (quitte à consulter ensuite).

Les crédits à la consommation abusifs, les cartes tentatrices mises sous le nez des consommateurs impécunieux sont révoltants.

Une loi, pour une fois, semblait nécessaire.

Moi-même personnellement, en toute absence de modestie le grognais.

Car, nous, avocats, voyons à l'audience des oppositions à injonction de payer le triste ballet des noires fées : cofinoga, cetelem, sofinco et autres.

Enfin, fées, plutôt...

Car, quand les incidents de paiement arrivent, la procédure utilisée est celle de l'injonction de payer qui a l'avantage de se faire sur requête, c'est-à-dire sans comparution des personnes devant le tribunal, sauf si elles exercent un recours, et le pourcentage doit être faible compte tenu du niveau socioculturel des emprunteurs.

Sentiment, donc, de malaise du professionnel du droit.

Le sénateur Marini veut une loi pour faire cesser les abus.

Il s'agit d'arrêter ces publicités indécentes, d'obliger à des vérifications sur les ressources des emprunteurs.

Il a l'appui d'UFC que choisir

Et bien, chapeau monsieur le sénateur, vous avez raison.

Voilà, c'est dit !

Par jean.devalon le 20/11/08
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Peut-être, probablement même, est-ce le fait de plaider, de se mettre en avant, d'être écouté ; mais certains avocats ont avec leur ego comme un rapport amoureux.

Pour ceux-là, il est important de lire, dans le regard de l'autre, la reconnaissance.

Il y a des moments de grande cruauté, comme quand une greffière leur demande, d'un air parfois revêche : « vous êtes qui ? »

Crime de lèse avocature !

Mais, hier, j'ai vu pire, ou encore mieux.

Un avocat arrive à l'audience, qui frise la soixantaine. Connu à l'évidence, et content de l'être...

Nous parlons de choses et d'autres et, soudain, il attrape par la manche un jeune collaborateur d'un autre cabinet pour demander la date de renvoi d'un dossier.

Le jeune le regarde et lui dit : « vous êtes qui monsieur, vous avez un avocat ? »

Dans le regard de mon éminent confrère j'ai cru lire comme une insondable détresse.

Aussi, immédiatement je lui ai dit : « vous cherchez le service des tutelles, monsieur? »

Ca a un peu achevé, mais voyez-vous ce qui compte dans notre profession, c'est bien ce que l'on appelle la confraternité.

Nothing else.