jean.devalon

Par jean.devalon le 12/11/08
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Nous autres, avocats, sommes gens de tradition portant, dans l'exercice professionnel la digne robe noire.

Le débat sur la multiplication des commémorations qu'adore la république laïque nous interpelle, à l'évidence.

C'était hier, le 11 novembre et le souvenir de la Grande guerre.

Nos grands-pères se sont éteints qui l'avaient faite, enfin les miens.

Le temps est venu des historiens.

Pourtant, hier, la blogosphère des avocats ayant des airs de noosphère, une aimable avocate de Tulle m'a fait parvenir ce document, annonçant la mort le 7 septembre 1914, face à l'ennemi d'un ancêtre qui était jusqu'ici une date de naissance sur un arbre généalogique établi, il est vrai, en 1909.

Quel banal, mais triste, destin de ce campagnard du Lot, né à Labastide-Murat, habitant Vaillac, mort si jeune et enterré, là-bas, dans un lointain village de l'Oise.

C'est la grâce d'Internet de faire renaître tous ces anonymes, dont la vie a été volée, pour un instant fugace.

C'est, pour moi, la plus belle des commémorations.

Par jean.devalon le 11/11/08
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La crise économique se traduit par une baisse d'activité.

Dans le secteur de l'immobilier, au-delà des statistiques et des chiffres, deux exemples intimistes me frappent :

-- une cliente achetant un appartement dans le cadre d'une vente en l'état futur d'achèvement et qui reçoit un appel de fonds quatre mois plus tôt que prévu, alors qu'en la matière l'avancement du chantier est le plus souvent, à l'inverse, plus lent que prévu.

-- votre serviteur, qui est ce jour au bureau, parce qu'à son domicile les travaux d'ascenseur font un bruit insoutenable. L'entreprise travaille ce 11 novembre et, aussi, a annoncé qu'elle aurait un mois d'avance sur les délais prévus, ce qui laisse penser que d'autres chantiers n'ont pas débuté...

Cela étant, s'agissant de l'ascenseur, la contrepartie positive est que, tant qu'à être au bureau autant travailler.

Par jean.devalon le 11/11/08
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Un petit air dans la tête....

Par jean.devalon le 10/11/08
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Le vieux palais de justice de Marseille, le palais Monthyon est un peu décati, c'est indéniable. La vieille salle des pas perdus est recouverte, en plafond, d'une sorte de grande bâche, genre vieux drap conjugal tâché.

Mais le pire, c'est ce qui s'y passe. Je crois cet après midi avoir vu le cadavre d'une justiciable à peine dissimulé.

A droite de la salle des pas perdus se déroule un grand couloir bordé de grandes banquettes de bois. Quatre mètres de longueur chacune, recouvertes de molesquine.

Sur l'une d'elle à son extrémité, le revêtement manquait. Et pas seulement le revêtement, le bois lui-même avait disparu, laissant place à un trou. Une banquette percée en quelque sorte. Mais dans ce trou, sur le sol, gisait un bidon en plastique rempli de fluides et orné d'une étiquette. Je suis passé, puis la curiosité l'emportant, suis revenu sur mes pas. Sur l'étiquette, il y avait écrit : mme Béchamel (je modifie à peine le nom)

J'imagine le drame. Une justiciable engluée par les lenteurs de la justice civile et se liquéfiant lentement, rongeant la molesquine et puis le bois. Ses fluides étant alors recueillis par les bons soins du greffe dans ce bidon anonyme, en attendant...Quoi au fait ? Je l'ignore.

En plus, j'avais le dernier dossier du rôle. La salle d'audience était vide quand nous avons fini de plaider. En sortant la lumière s'est éteinte et il m'a semblé que le juge avait de grandes dents pointues...

nov
10

La nuit...

Par jean.devalon le 10/11/08
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Je ne sais pas si, la nuit, tous les chats sont gris, mais je sais que les heures sont longues quand vient l'amie insomnie.

Il suffit d'un enfant qui vous réveille, pour une cause toujours justifiée, et c'est parti pour une longue balade nocturne.

Au bout d'un moment entrent alors, les uns après les autres, dans la chambre, avec impudeur, les clients. Pas n'importe lesquels, non, ceux seulement dont le cas se rappelle brusquement à l'esprit parce qu'il génère une préoccupation latente

Ce sera la prescription menaçante, le dépressif inquiétant, la procédure de saisie tangente, le dossier imperdable perdu, la facture déjà ancienne et toujours impayée, et ainsi de suite.

Oh, le matin arrivera, mais laissera le corps courbaturé, le teint pâle et l'esprit fatigué.

Et il y aura toujours, arrivant à l'audience, un confrère qui a tout compris et qui lancera, goguenard : « faut pas trop faire la fête la nuit... »

Tu parles d'une fête !

Et pourquoi n'ai-je pas fait le pont ? Oui, pourquoi ?

Par jean.devalon le 10/11/08
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Par un arrêt du 9 juillet 2008, la troisième chambre de la Cour de Cassation (07 -- 10. 926) rappelle que quand un cautionnement est passé par acte authentique devant notaire, les formalités de l'article 22 -- 1 de la loi du 6 juillet 1989 ne sont pas applicables.

Ces formalités visent à faire rédiger par la caution un certain nombre de mentions manuscrites afin de vérifier son consentement.

Mais quand un acte est passé devant notaire, celui-ci étant tenu de devoir de conseil, ces mentions ne sont pas obligatoires.

De la même manière cet arrêt rappelle que si l'acte de cautionnement ne contient pas d'engagement de la caution à régler les indemnités d'occupation en cas de résiliation a été celles-ci ne sont pas dues par elles.

Par jean.devalon le 09/11/08
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La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

L'homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,

Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,

- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,

Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,

Qui chantent les transports de l'esprit et des sens

Charles Baudelaire

Parfois, je le sais bien, les amis, les confrères, la famille même, se demandent pourquoi ces mots jetés sur un blog, ou encore sur facebook. Temps perdu ? Vanité ? Trop plein de masturbation intellectuelle ?

Ca glose, n'est-il pas ?

Que nenni, point du tout !

La conscience, simplement, que la nature humaine reste la même au fil des ages et que les salons d'hier sont, aujourd'hui, amplifiés par l'Internet, pressenti par Teilhard de Chardin.

Les mots transmis par la toile résonnent, comme par les siècles passés, dans les âmes riches, qui se lient alors, en un poème nouveau, et pourtant intangible.

La distance ainsi s'abolit en une geste de l'esprit.

Et cela est grande source d'optimisme.

Et c'est bien l'optimisme qui fait le sourire de nos jours.

CQFD, sans conteste.

Par jean.devalon le 09/11/08
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" L'élection de Barack Obama éclaire par un contraste cruel les manquements de la République française et l'écart qui nous sépare d'un pays dont les citoyens ont su dépasser la question raciale et élire pour président un homme qui se trouve être noir. L'Amérique a confirmé la validité d'un modèle démocratique fondé sur l'équité et la diversité.

Quelle leçon! Nous autres Français, qui revendiquons notre universalisme pour faire pièce à cette diversité, devons bien écouter celle-ci.

En négligeant sa propre diversité, la France désespère une large frange de sa jeunesse et l'empêche d'être fière de son pays. Nous sentons partout la crispation identitaire, des sifflements de La Marseillaise aux rappels à l'ordre civique qui restent vains et incompris.

Il ne faut pas s'étonner que la popularité d'Obama soit si forte ici : elle témoigne des aspirations de tous les enfants de la République, qui vivent par procuration une reconnaissance que la France ne leur donne pas. Elle trahit aussi la mauvaise foi de ceux qui saluent la victoire de la modernité hors de nos frontières, pour tolérer ici le statu quo.

Pourtant, la société française est l'une des plus métissées du monde. Mais quelle conception de l'homme faut-il se faire pour accepter que l'élite économique, politique, sociale y reste une chasse gardée ? Les pays qui réussissent à promouvoir l'égalité et la justice, ceux-là seuls auront leur place dans la mondialisation des hommes et des idées. Les autres sont condamnés à devenir des provinces de la démocratie, rétrogrades, décalées, hors du coup.

Pour en sortir, nous avons besoin de politiques résolument volontaristes pour l'équité et la diversité. Il ne suffit pas de proclamer l'égalité pour la faire advenir : c'est un processus de longue haleine et non pas spontané, que nous avons le devoir et l'intérêt d'engager.

Les Etats-Unis ont engagé en leur temps des actions positives qui ont fait émerger une classe moyenne noire qui a été l'antichambre de l'élite. Sans doute faut-il les adapter au contexte français. Mais nous en avons tant besoin ! La France est fatiguée des médiateurs, des organismes aux dénominations tonitruantes, des actes symboliques et des déclarations formelles.

Avec l'arrivée d'Obama, on ne pourra plus faire très longtemps le coup de la diversité ennemie du mérite, ni justifier l'injustice par le principe d'égalité.

Nous, acteurs de la vie publique, Français et Françaises de bonne volonté, soucieux de la promesse démocratique de notre pays, désireux de restaurer une conscience civique authentique, demandons la mise en oeuvre effective d'un programme minimal pour l'égalité réelle:

- Engager des politiques publiques qui combattent les conséquences sociales des discriminations.

- Systématiser les politiques volontaristes de réussite éducative et la promotion des talents dans les quartiers populaires.

- Promouvoir des politiques urbaines qui permettent de réaliser la diversité sociale et de peuplement.

- Inciter fortement les employeurs et le premier d'entre eux, l'Etat, à mettre en place des politiques de promotion de la diversité, fondées sur l'obligation de résultat.

- Limiter les mandats électoraux pour forcer le renouvellement du monde politique.

- Soumettre les partis politiques à un pacte national de la diversité et organiser un Grenelle de l'égalité réelle et de la diversité. "

Je relaie ce manifeste, paru dans la presse, tant il est vrai que notre pays dont les élites infantilisent le peuple, donnent des leçons, mais n'en apprennent guère, méritant, dès lors, une douche froide de vérité.

Et si je relaie, ce n'est pas parce que Carla a signé:

Par jean.devalon le 09/11/08
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La Haute cour d'Australie vient d'annuler la condamnation de deux trafiquants de drogue présumés, en raison des assoupissements répétés du juge lors de leur procès.

Le Président s'était endormi parfois jusqu'à vingt minutes d'affilée et en ronflant, lors du procès des deux hommes .

Les membres du jury avaient été visiblement distraits et souvent amusés, lors de cette audience où des employés du tribunal avaient tenté de faire sortir le juge de son sommeil, en faisant tomber des dossiers par terre.

Le juge, qui souffrait d'apnée du sommeil (reconnaissons-le), a pris sa retraite en juillet 2005.

Les deux trafiquants de drogue présumés, avaient été respectivement condamnés à treize ans et demi et onze ans de prison, après avoir été reconnus coupables de trafic d'ecstasy. Ils avaient fait appel de la décision.

La Haute cour a annulé leur condamnation, estimant que le juge n'avait pas présidé le procès correctement et que de fait le jury n'avait pu se prononcer dans de bonnes conditions.

Je rassure le lecteur : En France, cela ne peut pas arriver. Nos juges ne sont jamais endormis. Ils écoutent toujours attentivement les explications des justiciables et de leurs avocats dans le respect sacré de la procédure et des droits de la défense dans leur lettre et leur esprit !

Quoi le procès Ferrara ? Qu'est ce qu'il a le procès Ferrara ?

Par jean.devalon le 08/11/08
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Dans la presse nationale, on lit n'importe quoi!

Ainsi dans 'Le Point' un article prétendant que la Communauté Urbaine de Marseille va renouveler son mobilier urbain en ignorant les normes fixées pour l'accession et le déplacement des personnes à mobilité réduite!

Franchement quand on sait le dévouement altruiste de nos politiques, imaginer un seul instant qu'ils laisseraient faire cette ignominie relève de la méchanceté journalistique gratuite.

Soucieux de defendre leurs administrés, et d'entre eux les plus fragiles, nos chevaliers en vel satis préfèreraient démissionner plutôt que de violer la règlementation!

Voilà, c'est dit!