jean.devalon

Par jean.devalon le 31/01/09
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Voici une étude qui réconfortera ceux qui ont du mal à ne pas confondre foot et rugby.

En Ecosse, les golfeurs ont été scientifiquement étudiés par l'université de psychologie de Saint Andrew :

Leur conclusion est la suivante :

Les golfeurs ne devraient pas penser ou parler de la qualité de leur dernier swing en arpentant les parcours car trop de réflexion nuit à la qualité des coups suivants

Les psychologues ont souligné que la perte de technique du joueur était d'autant plus importante que le golfeur était expérimenté. Ils ont aussi observé qu'il suffisait de simplement évoquer un coup pour perturber les suivants.

"C'est assez couramment admis qu'en sport penser trop nuit à la performance; pendant un jeu cela peut être une distraction évidente" est-il dit.

Les chercheurs ont demandé à 80 golfeurs novices et expérimentés d'effectuer un putt, jusqu'à ce qu'ils parviennent à le réaliser trois fois de suite, et ensuite de discuter de leur performance pendant cinq minutes. Les golfeurs ont ensuite été invités à recommencer.

Selon les observations, il a fallu deux fois plus de tentatives pour que ceux qui avaient discuté de leur performance réussissent à la reproduire, que pour ceux qui avaient passé cinq minutes à faire autre chose.

Les conséquences ont été particulièrement dramatiques chez les joueurs expérimentés dont le niveau de performance est descendu au niveau de celui des novices

La grande majorité des novices n'a en revanche pas été affectée, et a peut-être même été un peu aidée par l'analyse de leur technique.

De là à dire que pour être un bon sportif, il faut n'avoir rien dans la tête est une conclusion difficile à oser, surtout à coté d'un boxeur.

Mais enfin...

C'est, bien sûr, une plaisanterie, je suis moi-même un grand sportif!

Par jean.devalon le 30/01/09
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Je suis allé hier pour le compte d'une société immobilière cliente, propriétaire d'immeubles, devant la commission de conciliation départementale en matière locative.

De manière impromptue, d'habitude en effet cette société envoie un membre de son personnel.

Et me voilà donc parti pour de nouvelles aventures.

J'entre dans la préfecture où je crois que se trouve encore le préfet des Bouches-du-Rhône s'il n'a pas été muté après les manifestations.

Je franchis de grands couloirs vides et m'installe pour une longue attente.

Dans les bureaux, de-ci, de-là, les conversations paraissent avoir un lien très distendu avec le travail.

L'avocat du locataire arrive. Nous avons un débat essentiel : robe ou pas robe ?

Il y tient, soit.

Et donc nous nous présentons, enrobés, devant la commission.

Que n'avions-nous fait !

L'une des représentants des locataires, petite, boulotte, truculente, dont la jeunesse était visiblement un souvenir fort lointain de nous haranguer : qu'avions-nous besoin de mettre la robe, à nos âges, nous ne devrions plus avoir besoin de nous affirmer !

Je dois dire que les autres membres de la commission m'ont paru baisser les yeux d'un air accablé.

J'ai, vous vous en doutez immédiatement protesté : nous étions toujours jeunes et cela se voyait, enfin !

Passons pudiquement sur les débats, la séance se termine et comme j'avais un autre dossier je précise à cette charmante personne que j'enlèverai la robe (en plus il faisait chaud) mais qu'il fallait qu'elle considère que le fait pour un avocat de porter la robe devant une commission était aussi une marque de respect pour celle-ci.

Et les représentants propriétaires d'ajouter : et nous vous en remercions...

Ben oui, c'est l'adage : tout flatteur...

Donc je sors, fait trois petits pas et pénètre à nouveau dans la cage aux fauves.

Sans robe, mais en costume.

Le locataire n'étant pas là, il n'y a pas de débat.

Je dis quand même, taquin, à ma dynamique interlocutrice : vous voyez, j'ai transigé. Une fois la robe, une fois pas. Et j'ajoute, pour les représentants propriétaires : et j'ai l'impression de faire du naturisme professionnel.

Ils ont ri.

Voilà, c'est fini.

On me dit : 'maître nous vous libérons', je réponds : 'mais je n'étais pas en prison.'

Au moins, si les dossiers n'ont abouti à rien, la commission riait.

Par jean.devalon le 29/01/09
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Directeur de cabinet de monsieur de Villepin.

Puis, préfet.

Président en goguette.

Manifestation.

Président vexé?

Préfet muté!

Ah, ça ira, ça ira...

Par jean.devalon le 29/01/09
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Le 4 août 1789 la noblesse française a volontairement renoncé à ses privilèges.

Elle n'avait peut être pas vraiment le choix, mais sa démarche a été volontaire.

Un privilège est un avantage, autrefois donné par la société des hommes ,quand il n'a plus, le temps ayant passé, de contrepartie offerte.

A tous ceux, de droite ou de gauche, mais en tous cas d'en haut, qui nous disent que le monde ancien est mort et appellent les autres à l'effort, livrons le discours du duc d'Aiguillon prononcé devant l'Assemblée nationale.

Aux tenants des dividendes sans investissements, des statuts publics à vie sans le service, des offices, charges, mandats électoraux sans fin, de la mediacratie, de l'énarchie, etc...

Vous tous, et nous tous, qui de l'avantage sommes passés au privilège, écoutons cette vieille voix française dont les mots sont d'une lourde actualité:

"M. le Duc d'Aiguillon :

Messieurs, il n'est personne qui ne gémisse des scènes d'horreur dont la France offre le spectacle. Cette effervescence des peuples, qui a affermi la liberté lorsque des ministres coupables voulaient nous la ravir, est un obstacle à cette même liberté dans le moment présent, où les vues du gouvernement semblent s'accorder avec nos désirs pour le bonheur public.

Ce ne sont point seulement des brigands qui, à main armée, veulent s'enrichir dans le sein des calamités : dans plusieurs provinces, le peuple tout entier forme une espèce de ligue pour détruire les châteaux, pour ravager les terres, et surtout pour s'emparer des charniers, où les titres des propriétés féodales sont en dépôt. Il cherche à secouer enfin un joug qui depuis tant de siècles pèse sur sa tête ; et il faut l'avouer, Messieurs, cette insurrection quoique coupable (car toute agression violente l'est), peut trouver son excuse dans les vexations dont il est la victime. Les propriétaires des fiefs, des terres seigneuriales, ne sont, il faut l'avouer, que bien rarement coupables des excès dont se plaignent leurs vassaux ; mais leurs gens d'affaires sont souvent sans pitié, et le malheureux cultivateur, soumis au reste barbare des lois féodales qui subsistent encore en France, gémit de la contrainte dont il est la victime. Ces droits, on ne peut se le dissimuler, sont une propriété, et toute propriété est sacrée ; mais ils sont onéreux aux peuples, et tout le monde convient de la gêne continuelle qu'ils leur imposent.

Dans ce siècle de lumières, où la saine philosophie a repris son empire, à cette époque fortunée où, réunis pour le bonheur public, et dégagés de tout intérêt personnel, nous allons travailler à la régénération de l'État, il me semble, Messieurs, qu'il faudrait, avant d'établir cette Constitution si désirée que la Nation attend, il faudrait, dis-je, prouver à tous les citoyens que notre intention, notre vœu est d'aller au-devant de leurs désirs, d'établir le plus promptement possible cette égalité de droits qui doit exister entre tous les hommes, et qui peut seule assurer leur liberté. Je ne doute pas que les propriétaires de fiefs, les seigneurs de terres, loin de se refuser à cette vérité, ne soient disposés à faire à la justice le sacrifice de leurs droits...

D'après ces puissantes considérations, Messieurs, et pour faire sentir aux peuples que vous vous occupez efficacement de leurs plus chers intérêts, mon vœu serait que l'Assemblée nationale déclarât que les impôts seront supportés également par tous les citoyens, en proportion de leurs facultés, et que désormais tous les droits féodaux des fiefs et terres seigneuriales seront rachetés par les vassaux de ces mêmes fiefs et terres, s'ils le désirent ..

C'est d'après ces principes, Messieurs, que j'ai rédigé l'arrêté suivant, que j'ai l'honneur de soumettre à votre sagesse, et que je vous prie de prendre en considération :

« L'Assemblée nationale, considérant que le premier et le plus sacré de ses devoirs est de faire céder les intérêts particuliers et personnels à l'intérêt général ;

Que les impôts seraient beaucoup moins onéreux pour les peuples, s'ils étaient répartis également sur tous les citoyens, en raison de leurs facultés ;

Que la justice exige que cette exacte proportion soit observée ;

Arrête que les corps, villes, communautés et individus qui ont joui jusqu'à présent de privilèges particuliers, d'exemptions personnelles, supporteront à l'avenir tous les subsides, toutes les charges publiques, sans aucune distinction, soit pour la quotité des impositions, soit pour la forme de leurs perceptions ;

L'Assemblée nationale, considérant en outre que les droits féodaux et seigneuriaux sont aussi une espèce de tribut onéreux, qui nuit à l'agriculture, et désole les campagnes ;

Ne pouvant se dissimuler néanmoins que ces droits sont une véritable propriété, et que toute propriété est inviolable ;

Arrête que ces droits seront à l'avenir remboursables à la volonté des redevables, au denier 30, ou à tel autre denier qui, dans chaque province, sera jugé plus équitable par l'Assemblée nationale, d'après les tarifs qui lui seront présentés....».

Faut-il désespérer que ces mots puissent être à nouveau criés ?

Par jean.devalon le 28/01/09
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Je vais faire de la peine à une consoeur du barreau de Paris.

Mais, oui, il y a bien une différence évidente entre les avocats du Sud et ceux de Paris qui vivent dans le froid et la neige.

Et je vais vous en donnez un exemple immédiat !

J'ai reçu hier, de mon avocat près la Cour de Cassation, par courriel, une savante analyse dans un dossier où mon cabinet représente une société de nettoyage dirigé par une gérante, efficace et dynamique, dont le patronyme fleure bon le chianti.

Nous avions inscrit un pourvoi contre un arrêt inique.

Mon correspondant d'écrire, à la fin de son courrier que les consorts X étaient fondés à maintenir leur pourvoi.

Je ne révèle pas le nom qu'il m'a donné, par respect du secret. Cela n'est évidemment pas X

J'en suis désolé pour les adeptes de l'érotisme.

Le nom en question évoquait une ile, au sud de l'Italie, où les habitants règlent parfois leurs problèmes de manière expéditive.

Donc, taquin, j'envoie un courriel où j'indique que si ma cliente gérante est d'origine italienne, peut-être, elle n'a rien à voir avec les comportements insulaires qu'il évoque.

Juste pour attirer son attention...

Mais, c'est que cinq minutes après, ce juriste consciencieux m'a téléphoné !

Se confondant en excuses, exprimant sa désolation profonde. Insistant sur le bien-fondé du recours.

Et sur le fait que, pour la première fois de sa vie, il s'était autorisé, le malheureux, un copier / coller.

(Je fais une parenthèse pour dire que j'utilise un logiciel de dictée vocale pour ne pas accabler mon assistante et que quand je viens de prononcer le mot ' coller ' se sont imprimées les dix côtes de plaidoirie d'un dossier commercial que je dois plaider demain et, la, je ne comprends pas pourquoi, ce n'est pas le même support, c'est un complot).

J'ai bien sûr, pris tout mon temps pour consoler mon parisien à moi, pour lui dire que ce n'était pas grave, pour lui expliquer que j'avais voulu faire de l'humour matinal.

Je ne voulais pas, en effet, être responsable d'un geste désespéré d'un malheureux qui avait mal vécu sa première fois

Cela étant, il faut bien en tirer la conclusion que l'humour paraît diminuer au fur et à mesure que l'on remonte la nationale 7.

J'exprime donc à nouveau une compassionnelle compréhension à ma consoeur parisienne qui est peut-être une exception car, en vacances du côté de Sancerre, à 17 heures elle était toujours à l'apéritif du repas de midi.

Cette consoeur la, l'OM peut bien en faire une mascotte et moi une commensale.

Mais, le jour où l'on remplacera l'expression ' gai comme un pinson' par ' gai comme un avocat parisien 'alors, ce jour là, Benoit XVI sera devenu un dangereux progressiste de l'église catholique.

Désolé, je persiste !

Par jean.devalon le 27/01/09
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De temps à autre, nous recevons de l'Ordre des avocats des courriels d'information.

Sur l'organisation de notre juridiction, la vie judiciaire, les réforme en cours etc....

Et c'est bien.

A l'instant, un courriel de notre bâtonnier informant qu'il avait interrogé le CNB sur sa position en vue du conflit social du 29, que le CNB lui avait fait savoir qu'aucune position n'avait été définie, et qu'il portait cette information à notre connaissance.

Il nous informe, en quelque sorte, qu'il n'y a pas d'information

Et comme je suppose cette information de non information importante puisqu'elle nous est transmise, je vous en informe aussi sec, comme on dit.

Je me mouille, quoi.

Par jean.devalon le 27/01/09
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Et si l'Apocalypse était proche ?

Nous sommes déjà, à l'évidence, au delà du réel.

J'observe une disparition fascinante des clients, au moins de leur carnet de chèque, car à facturation équivalent aux mois passés, c'est-à-dire, gargantuesque, les règlements, eux sont lilliputiens, comme par noire magie.

Mon facteur aussi a disparu. Dès 10 heures, dans la cage d'escalier, un gros sac postal est délaissé en plein milieu. Le courrier, lui est distribué vers 12 heures, puis 14 heures, hier 15 heures, mais jamais je ne vois l'individu.

Un fantôme de facteur.

Le problème, c'est qu'au train où ça va, quand il va faire grève, on ne va pas vraiment voir la différence.

Enfin, au train où ça va, c'est une expression évidemment, parce que les trains, ça ne va pas toujours justement.

Je pensais à cela, tout à l'heure en rentrant dans l'ascenseur.

Je sais, c'est fou de rentrer dans mon ascenseur.

Mais aujourd'hui, il montait tranquillement, non vers le septième ciel, mais vers le troisième étage.

Et là, il y a quelques minutes, il s'est mis à glapir : « ascenseur en panne, ascenseur en panne... »

Mon coeur a fait boum, comme villa corse.

J'ai défailli !

Non pas encore coincé, pas encore.

J'avais envie en plus, je vous révèle tout, de faire une petite commission, comme disent les enfants sages.

L'horreur en perspective...

Mais il a été sympa, il a continué son chemin, tout en maugréant qu'il était en panne.

S'il l'avait fait en disant qu'il était en grève il aurait été un exemple de civisme.

Mais je suggère quand même à nos députés, soucieux du bien public, d'imposer l'obligation d'avoir dans les ascenseurs un défibrillateur.

Cela s'impose.

Mais non, monsieur Woerth, on ne vous parle pas !

jan
27

145

Par jean.devalon le 27/01/09
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L'article 145 du code de procédure civile dispose que s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé.

Par un arrêt du 15 janvier 2009 (08 - 10771) la deuxième chambre de la Cour de Cassation rappelle que l'urgence n'est pas une condition requise pour que soient ordonnées les mesures d'instruction sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile.

Il resterait bien sûr au défendeur à se fonder sur l'absence de motif légitime pour tenter de contrecarrer une telle demande

Par jean.devalon le 26/01/09
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Par un arrêt du 14 janvier 2009, la troisième chambre de la Cour de Cassation (07 - 202 45) rappelle que le devoir de conseil d'un maître d'oeuvre ne l'oblige pas à rappeler au maître de l'ouvrage l'obligation de respecter les prescriptions d'un permis de construire qui s'imposaient à lui.

Elle confirme un arrêt de cour d'appel dans une instance où l'architecte avait été chargé de la conception d'un projet et de l'établissement d'un dossier de permis de construire, mais où le maître de l'ouvrage n'avait pas respecté les prescriptions d'un permis dont la validité n'avait jamais été contestée.

Il tentait quand même de rechercher la responsabilité de l'architecte dont il soutenait que le projet ne respectait pas les règles de l'urbanisme.

Mais l'arrêté enjoignant l'arrêt des travaux se fondait uniquement sur le fait que le permis n'avait pas été respecté.

Par jean.devalon le 25/01/09
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Figurez-vous que je me suis trouvé coincé entre deux étages dans l'ascenseur tout neuf.

De réception repoussée en réception repoussée...

De mise au point approximative, en équilibrage incertain,

c'était écrit.

Coincé, vous dis je !

Heureusement, j'avais un livre et j'ai lu Lao-Tseu.

Lire Lao-Tseu, coincé dans un ascenseur, est une activité dominicale habituelle pour tout avocat marseillais normalement constitué.

"Connaître, c'est ne pas connaître

Voilà l'excellence.

Ne pas connaître, c'est connaître

Voilà l'erreur

Qui prend conscience de son erreur

Ne commet plus d'erreur.

Le saint ne commet aucune erreur

Parce qu'il en prend conscience,

Voilà pourquoi il évite toute erreur."

Je ne suis pas un saint puisque j'ai pris un ascenseur dont je connaissais

Le caractère facétieux.

La vie est une leçon de chaque jour...