jean.devalon

déc
31

Bonne année

Par jean.devalon le 31/12/09
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Comme il va être l'heure de partir, bientôt, fêter comme il se doit l'année qui vient, entre chaleur humaine, fruits de la mer et de la vigne, et comme il se peut que demain le sommeil soit plus exigeant qu'à l'accoutumée, je laisse donc d'ores et déjà, ici, mes voeux les plus sincères pour 2010.

Ami lecteur, connu ou inconnu, souriant ou grognon, merci d'aider l'auteur de ces pages à combattre sa douce paresse, pour se former (10000 signes=3 heures) apprendre, rire , s'indigner et découvrir jour après jour qu'il y a une vie dans le clavier.

Et de la découvrir aussi, au même diapason souvent, sur les pages des autres gentils avocats.

C'est à la vie et à toi que je lèverai ce soir, sans modération, mon verre, en toute fraternité.

Meilleurs voeux et bonne année.

Par jean.devalon le 31/12/09
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Avant de terminer l'année en explosant les bulles, parlons droit du travail.

D'abord la prime :

Somme versée au salarié, qui s'ajoute à son salaire de base. La prime constitue un accessoire du salaire. Elle peut résulter du contrat de travail, de la convention collective, d'un usage ou d'un engagement unilatéral de l'employeur.

Il existe différents types de primes :

- les primes de sujétion (prime d'insalubrité, prime de risques, ...)

- les primes ayant la nature d'une récompense (prime au mérite, ...)

- les primes exceptionnelles (13e mois, ...).

Monsieur Guaino qui conseille le prince a une grosse prime, ce doit être une prime d'insalubrité.

Ensuite le travail fictif : Un emploi fictif est un salaire versé sans contrepartie.

Quand des élus reçoivent une indemnité et ne siègent pas, quand un homme politique est tous les jours à la télé et donc pas au cabinet d'avocats qui lui attribue 200 000 euros, cela y ressemble, non ?

Pour en revenir au conseiller du prince, il serait du genre à parler de la République avec des trémolos.

La République, c'est l'exemple, pas l'hypocrisie, pas les prébendes.

Allez, pour 2010, nos dirigeants nationaux et locaux feront preuve d'exemplarité et rejetteront l'argent facile. Ils seront honnêtes, y compris intellectuellement.

C'est promis !

Par jean.devalon le 31/12/09
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Le bon roi Dagobert a que des soucis.

On peut l'appeler d'un autre petit nom.

Heureusement; il y a saint Eloi.

Plein de bon Conseil.

Comme c'est doux à l'oreille.

Par jean.devalon le 31/12/09
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Donc, nous apprenons à nos enfants la gentillesse, mais à l'age adulte, dans le monde professionnel, considérons celle-ci comme une faiblesse.

Il parait que la gentillesse, c'est bon pour la santé.

Alors, pour 2010, je vous souhaite, je me souhaite, d'être gentil.

Non point certes, béat, mais bienveillant.

Par exemple dire, certes, quelques désagréableries, (néologisme) mais avec bienveillance.

Dire ce que l'on pense avec empathie, en un mot.

C'est bon pour le moral et la santé.

Et puis, personne ne convainc l'autre sans empathie, c'est le fondement de notre métier d'avocat.

(Non, je ne vise pas monsieur Sarkozy)

Donc c'est tout bon.

Les scientifiques y réfléchissent, les anthropologues aussi, découvrant en cela, peut être, l'eau tiède, en tout cas, le soubassement des spiritualités.

Si l'homme a inventé les dieux, c'est qu'il en tirait profit de vie.

Pour 2010, je vous souhaite, je me souhaite, de continuer à dire des vacheries, mais avec empathie, cela réduit le stress.

Aimez-vous les uns les autres, quoi, mais cela fait un peu trop christique.

Je suis gentil, hein ?

J'ai bien du gagner un jour de vie

Par jean.devalon le 30/12/09
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C'est vrai que pour cette période dite 'bout d'an' entre Noël et le jour de l'an, je me sens un peu boudin, lourd.

Les réunions de famille, avec ce cercle où les absents sont encore là, mais où désormais, les vieux, c'est nous, face aux enfants adultes qui nous regardent avec une attention d'anthropologue. Ils ont de quoi faire !

Ce temps où l'homme sage se rappelle que l'essentiel n'est pas dans les vaines chicanes professionnelles, mais se trouve du coté de sa famille, ses amis, de la vie.

On a, c'est vrai, l'esprit comme au ralenti, c'est bien.

Tout à l'heure j'ai accompagné mon ado acheter quelque jeu hermétique.

'Oui, père' me disait-il à chaque mot intelligent que j'articulais. Il m'a fallu, lourdaud, du temps pour comprendre qu'il se foutait de ma gueule avec sa capuche et son pull qui brillait de choses argentées du plus bel effet et de la plus chère marque.

Il refuse que je lui achète un joli pull selon mon goût qui est sûr et d'un classicisme d'antiquaire.

On a croisé un avocat agité qui m'a pris par le bras pour me dire qu'il rentrait en urgence pour moi. Enfin un référé de lundi, ce qui m'a permis de réaliser que je ne savais pas le jour que l'on était. Mais je lui ai dit que je n'oublierai pas sa constitution, enfin je le pense.

J'ai même accompagné l'ado jusqu'à l'entrée de mon copain Christian, le coiffeur (Yes ! Il y est allé).

Il y a quelques mois, il m'avait demandé si Christian était homosexuel, car il était coiffeur. Le bon petit, digne héritier des préjugés de son milieu. Ma défunte mère serait en joie.

Je viens de ranger les courses livrées par Monop et d'étendre les nappes que j'avais mises à laver (programme blanc 60°), sous l'oeil admiratif de la femme de ménage. Oui, madame, le partage des tâches ménagères, je m'y emploie (le minimum syndical masculin).

Le bout d'an, c'est le temps de vivre un peu au ralenti, d'écouter battre son coeur et celui des autres.

Clichés ? Banalités ? Futilités ?

J'en revendique la profonde humanité.

Je vous souhaite un tel bon bout d'an !

déc
30

93%!

Par jean.devalon le 30/12/09
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La taxe carbone est donc annulée par la Conseil constitutionnel.

Avec le système concocté en vue des élections régionales, pour flatter le peuple moutonnier, 93% des émissions d'origine industrielle, hors carburant, n'étaient pas taxées. Et les exemptions vidait le projet de son sens, à supposer qu'il en ait un, au demeurant.

Ce sont donc les mêmes, le ventre mou mais rentable de la classe moyenne, qui auraient payé, au delà de la contrepartie chichement accordée.

Le gouvernement présentera un projet dès le 20 janvier, ce qui laisse présager de la profondeur de sa réflexion, il veut les flatter ces écolos.

On devrait l'envoyer aux champs, découvrir la France qu'il ne connaît pas.

Tiens le porte-parole...

Par jean.devalon le 30/12/09
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Je ne m'étais pas interrogé, je ne m'interroge plus, sur l'honnêteté intellectuelle de nos gouvernants, sur leur travail bâclé à visée électoraliste en matière de réforme fiscale, notamment de taxe professionnelle.

J'avais observé que le sort qui était fait à mon cabinet, moins de cinq salarié et CA inférieur à 500.000 € (oui, j'avoue) n'entraînait aucune réforme sauf une petite réduction quand bien même ce régime était injuste.

La réforme, comme d'habitude, méprisait de manière fonctionnarisée les professions libérales de proximité alors que ces cerveaux qui nous gouvernent n'ont que ce mot de proximité à la bouche.

Le Conseil constitutionnel a retoqué le pouvoir en rappelant que le droit commun devait être le notre.

Que demander de plus :

« 16. Considérant que les contribuables visés au 2° de l'article 1467 du code général des impôts qui emploient plus de quatre salariés mais dont le chiffre d'affaires est inférieur à 500 000 euros seront soumis au droit commun en matière de cotisation foncière des entreprises, alors que les mêmes contribuables, s'ils emploient moins de cinq salariés, seront imposés sur une base comprenant, outre la valeur locative de leurs biens, 5,5 % de leurs recettes ; que ces contribuables seront, dans ces deux hypothèses, dispensés du paiement de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises ; que le dispositif prévu conduit ainsi à traiter de façon différente des contribuables se trouvant dans des situations identiques au regard de l'objet de la loi ; que le fait d'imposer davantage, parmi les contribuables visés ci-dessus réalisant moins de 500 000 euros de chiffre d'affaires, ceux qui emploient moins de cinq salariés constitue une rupture caractérisée du principe d'égalité devant l'impôt ;

17. Considérant qu'il s'ensuit que doivent être déclarés contraires à la Constitution, au 1° de l'article 1467 du code général des impôts, les mots : « Dans le cas des contribuables autres que ceux visés au 2°, », le premier alinéa de son 2° et, par voie de conséquence, le second alinéa du paragraphe I de l'article 1586 ter du même code ; »

L'égalité des citoyens devant la loi ! Belle et saine notion.

Bon, qu'est-ce qu'il vont trouver maintenant pour nous pressurer ?

Par jean.devalon le 29/12/09
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Roms ici, hmongs ailleurs; juifs ici, chrétiens ailleurs...

La liste est longues de ces boucs émissaires sur lesquels les sociétés comptent pour assurer

l'homogénéité du groupe.

A décrypter

A combattre.

Par jean.devalon le 29/12/09
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La télévision, c'est le gouvernement dans la salle à manger de chaque Français.

(Alain Peyrefitte)

un précurseur, cet homme là!

déc
28

Conte soufi.

Par jean.devalon le 28/12/09
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Un derviche à l'esprit conformiste, membre d'une communauté dévote à la règle austère, longeait la berge d'un fleuve, absorbé dans des réflexions moralisatrices et scolastiques : c'est la forme qu'avait pris l'enseignement soufi dans sa communauté. Pour tout dire, notre homme assimilait la recherche de la Vérité absolue à la religion émotionnelle.

Le fil de ses pensées fut soudainement rompu par un cri. Quelqu'un lançait l'invocation rituelle.

“Son invocation ne vaut rien”, pensa-t-il ; “il prononce les syllabes de travers. Au lieu de psalmodier :Ya Hou!, il crie : Ou Ya Hou ! ”.

Il était de son devoir, lui qui avait étudié avec zèle, de corriger ce malheureux qui n'avait sans doute pas eu la chance d'être correctement guidé et faisait probablement de son mieux pour s'harmoniser avec l'idée derrière les sons.

Le derviche loua une barque et rama en direction de l'île qui s'étendait au milieu du fleuve. Le cri semblait venir de là.

Sur l'île, il découvrit une hutte de roseaux. Dans la hutte, un homme revêtu de la robe rapiécée se balançait au rythme de la répétition de la formule initiatique.

« Mon ami, lui dit il, tu prononces la formule de travers. Il m'appartient de t'indiquer comment tu dois la prononcer. Il acquiert du mérite celui qui donne conseil, il acquiert un égal mérite celui qui prend conseil. Voici comment il faut dire. »

Il psalmodia la formule de la façon correcte. « Merci », dit le second derviche avec humilité.

Le premier derviche remonta dans sa barque content d'avoir fait une bonne action. Après tout, ne dit on pas que celui qui prononce la formule sacrée comme elle doit l'être acquiert le pouvoir de marcher sur l'eau? Il n'avait jamais vu personne accomplir pareil prodige et, pour une raison ou pour une autre, il espérait en être un jour capable.

De la hutte de roseaux ne lui parvenait plus aucun son, mais il était sur que la leçon avait porté.

Soudain, il entendit un OU YA hésitant. « Le derviche de l'île s'obstine à dire la formule à sa manière! » pensa-t-il. Il réfléchissait sur l'humaine propension à s'entêter dans l'erreur, quand il leva la tête. Il n'en put croire ses yeux : le derviche de l'île venait vers lui, marchant à la surface de l'eau...

Frappé de stupeur, il s'arrêta de ramer. L'autre s'approcha.

« Frère, dit-il, pardonne-moi de te déranger : je suis venu te demander de me redire comment il faut prononcer la formule, j'ai du mal à m'en souvenir.

Idries Shah, Contes Derviches.

Pourquoi faut-il que, dans les religions, ce soient le plus souvent les dogmatiques qui l'emportent

et , souvent, tuent au nom de Dieu?