jean.devalon

Par jean.devalon le 28/12/09
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Le petit endroit

Vous qui venez ici dans une humble posture

De vos flancs alourdis décharger le fardeau

Veuillez quand vous aurez soulagé la nature

Et déposé dans l'urne un modeste cadeau

Epancher dans l'amphore un courant d'onde pure

Et sur l'autel fumant placer pour chapiteau

Le couvercle arrondi dont l'auguste jointure

Aux parfums indiscrets doit servir de tombeau

Alfred de Musset

Si l'on peut d'un pot de chambre, faire un poême

il reste à le faire de sa vie...

Par jean.devalon le 27/12/09
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La main verte, ce n'est pas la main du jardinier.

Mais celle qui montre du doigt l'heure d'assumer.

Un jeu, une main en plastique qui tourne et qui pointe du doigt celui qui doit faire le tour de la table en robot, ou le poirier contre le mur, ou courir en liant les lacets des deux chaussures, se rouler sur le sol en criant, imiter le son d'un pet sur le dos de la main d'un joueur, faire semblant d'être un vampire.

Ou dire s'il se lave toujours les mains après être allé aux cabinets, s'il change de sous-vêtements tous les jours, quelle personne il aimerait voir nue ...

Sinon, il a un gage, se faire asperger la tête avec de la mousse à raser, imiter le son d'un joueur de cornemuse, réciter l'alphabet à l'envers...

La main verte, ce n'est pas la main de justice.

C'est un cauchemar pour les parents !

Par jean.devalon le 26/12/09
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Un quart des britanniques ont, cette année, puisé dans les économies de leurs enfants pour payer des factures. Entre 220 à 550 euros. Ainsi, non seulement notre génération fera payer les remboursement de ses dettes par celle d'après, mais, déjà, par nécessité commence à lui piquer ses économies...Tout un symbole.

déc
26

Les mots.

Par jean.devalon le 26/12/09
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C'est au travers de la finesse de nos mots, à défaut de la magie de notre verbe, que nous gagnons, avocats, les combats de l'humain que nous avons à mener.

Il est juste de leur rendre hommage.

les mots

Par jean.devalon le 25/12/09
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Une chose qui ne changera jamais.

Une de ces choses banales que tous les parents connaissent, en général dans des circonstances inadéquates. De celles, par exemple qui supposent, dans une assemblée, des places assises conquises de haute lutte. Et puis, alors, une de ces voix que l'on dit innocentes, j'ai un doute :Papa, j'ai envie de faire pipi ! Après, chacun réécrira son histoire familiale...Ce combat pour trouver ce lieu salvateur qui parait, bien sûr, avoir soudain disparu de la surface de la terre. Et puis ensuite, cette longue station debout, une fois l'oeuvre assurée et le retour intervenu.

Parent, mes frères, décomposés ou pas, mais victimes de tant d'enfantines vessies de Noël, partageons en ce jour de Noël une commune compassion !

Par jean.devalon le 25/12/09
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'Penser sans cesse à la mort de tant de médecins qui avaient eux-mêmes si souvent froncé le sourcil au lit des malades, de tant d'astrologues mathématiciens qui avaient cru faire merveille en pronostiquant la mort des autres ; de tant de philosophes qui avaient composé tant de dissertations sans fin sur la mort et l'immortalité ; de tant de guerriers qui avaient tué tant de monde ; de tant de tyrans qui, avec une férocité hautaine, avaient usé du droit de vie et de mort comme s'ils eussent été eux-mêmes immortels ; enfin à la mort de tant de cités ; car les cités meurent aussi, on peut dire ; témoins Hélice, Pompéi, Herculanum, et cette foule d'autres villes, qu'on ne saurait compter. Repasse en ta mémoire les gens que tu as toi-même connus mourant l'un après l'autre ; celui-ci menant le deuil de celui-là, et bientôt enseveli lui-même par tel autre, qui succombe à son tour ; et tout cela en quelques instants ! Pour le dire en un mot, il faut toujours considérer les choses humaines comme éphémères et de bien peu de prix. On doit donc passer ce moment imperceptible de la durée conformément à la nature et quitter la vie avec sérénité, comme une olive mûre, qui tombe en remerciant la terre qui l'a produite et en rendant grâces à l'arbre qui l'a portée."

Marc-Aurèle

déc
24

Noël.

Par jean.devalon le 24/12/09
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'Noël n'est pas un jour ni une saison, c'est un état d'esprit.' (Calvin Coolidge)

Je vous souhaite donc un Joyeux Noël toute l'année!

Par jean.devalon le 24/12/09
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Tino Rossi est de circonstance.

(Il a un petit coté Mitterrand)

déc
23

A ou L

Par jean.devalon le 23/12/09
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Ce matin, un dossier avait été perdu.

Impossible de le trouver.

J'avais demandé que l'on fasse, un à un, tous les rayonnages.

En vain.

Parallèlement, des opérations d'archivage étaient intervenues. L'hypothèse horrible que le dossier soit parti, ou ait été glissé dans un autre, voire détruit, existait.

J'avoue avoir de la vie une vision eschatologique.

Chaque jour, et même chaque heure, peut être la dernière.

Aussi, j'ai appelé la société cliente en exposant le problème.

En début d'après-midi un double du dossier a été déposé à mon bureau.

Et puis, là, il vient d'être retrouvé.

Ouvert en informatique à la lettre A.

Placé en rayonnages à la lettre L, comme : les ateliers

Une erreur humaine.

De celles que toutes les procédures, comme on dit maintenant, nous aideront à supprimer.

Vous savez, la démarche qualité.

Mais, le jour où nous n'aurons plus l'inquiétude, la veille d'un réveillon de Noël, de perdre un dossier, c'est-à-dire de trouver une histoire que l'on pourra raconter, nous allons nous ennuyer encore plus.

Le facteur humain nous sauve du néant de la pensée.

Cela étant, je suis bien content de l'avoir retrouvé ce putain de dossier.

Oui, oui, j'ai écrit un gros mot !

Il va bien y avoir une association pour se plaindre !

Par jean.devalon le 23/12/09
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Il y a une logique.

Noël arrive, je suis de culture et tradition catholique .

Formé par les jésuites, qui n'ont jamais fait que développer une sensibilité.

Parfois, on me dit que je suis franc comme âne qui recule , ou que je marche en crabe

Mais non!

Il s'agit de respecter la pensée en création de l'autre.

Bon!

Ce sont les séquelles d'un monde ancien.

Et comme Noël pardonne tout, je donne la parole aux jésuites, dont personne ne contestera

la finesse de la pensée.

Et puis, c'est rigolo.

Une lettre d'Ignace de Loyola

sur la manière de prendre une décision

Ignace de Loyola écrit cette lettre à François de Borgia, grand d'Espagne, duc de Gandie, qui vient d'entrer dans la Compagnie de Jésus. Ignace a appris que l'empereur Charles Quint désire que François de Borgia soit élevé à la dignité de cardinal. L'empereur en a déjà informé le Pape qui est prêt à accéder à ce désir. Or, tous ceux qui entrent dans la Compagnie renoncent à tout titre honorifique dans l'Église. Faut-il alors faire une exception pour le duc de Gandie ou bien s'opposer à la volonté de l'empereur et du Pape ?

Dans sa lettre à François de Borgia, Ignace, supérieur général de la Compagnie naissante, expose la manière dont il a prié et réfléchi pour prendre sa décision : l'alternance de ses sentiments, l'affrontement des "motions" (mouvements intérieurs) et des raisons jusqu'à la résolution du conflit. C'est un témoignage vivant de la façon d'exercer le discernement des esprits si cher à Ignace.

A noter, à la fin de la lettre, la liberté d'Ignace qui, sans renier quoi que ce soit, envisage l'éventualité d'une non-confirmation de la décision qu'il vient de prendre.

+

IHS

Rome, 5 juin 1552

La souveraine grâce et l'amour éternel du Christ notre Seigneur soient toujours en notre faveur et aide continuelles.

Au sujet de chapeau de cardinal, il m'a paru bon de vous exposer, comme je le ferais pour moi-même, ce qui s'est passé en moi, pour la plus grande gloire de Dieu. Dès que j'ai été averti que certainement l'empereur vous avait proposé et que le Pape était content de vous faire cardinal, immédiatement j'éprouvai une inclination ou une motion pour y faire obstacle de tout mon pouvoir. Malgré tout, cependant, je n'étais pas certain de la volonté divine, par suite de nombreuses raisons pour et contre qui me venaient à l'esprit.

J'ordonnai aux prêtres de la maison de célébrer une messe et à tous les frères de prier pendant trois jours, afin d'être guidé en tout pour la plus grande gloire de Dieu. Pendant cette période de trois jours, à certains moments, réfléchissant et retournant l'affaire en mon esprit, je ressentais en moi certaines craintes; je manquais de liberté d'esprit pour prendre position et empêcher la chose. Je me disais : est-ce que je sais ce que Dieu notre Seigneur veut faire ? et je ne trouvais pas en moi une assurance entière pour m'opposer. A d'autres moments, quand je reprenais ma prière habituelle, je sentais ces craintes disparaître. Je continuai ma demande à diverses reprises, tantôt avec cette crainte, tantôt avec le contraire.

Enfin, le troisième jour, dans ma prière habituelle, et toujours depuis lors, je me sentis un jugement si décidé et une volonté si suave et si libre pour m'opposer autant que je pouvais devant le Pape et les cardinaux que, si je ne le faisais pas, j'étais et je suis encore certain que je n'aurais pu valablement me justifier devant Dieu notre Seigneur; au contraire, mes raisons auraient été entièrement mauvaises.

Cependant, j'ai pensé et je pense encore que ce fut la volonté de Dieu que j'adopte cette position, et d'autres une position contraire en vous conférant cette dignité, sans qu'il y ait la moindre contradiction. Le même esprit divin a pu me mouvoir à cela par certaines raisons, et mouvoir les autres au contraire par certaines autres pour qu'à la fin le dessein de l'empereur s'exécute.

Que Dieu notre Seigneur agisse en tout pour que toujours se réalisent sa plus grande louange et sa plus grande gloire. Il serait opportun, je pense, que sur cette question vous répondiez à la lettre que vous a écrite de ma part Maître Polanco. Vous y déclareriez l'intention et la volonté que Dieu notre Seigneur vous a données ou vous donnera. Nous laisserons tout à Dieu notre Seigneur, pour qu'en toutes nos affaires s'accomplisse se très sainte volonté...

Ignace