jean.devalon

Par jean.devalon le 01/12/09
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Ma mère avait un sens aigu du raccourci de la pensée qui pouvait parfois donner l'impression qu'elle commettait de lourdes gaffes.

Ainsi, voilà maintenant plusieurs décennies, au sortir de la messe, sur le parvis d'une petite église d'un village du Lot, dans la pleine chaleur du mois d'août, mes parents rencontrèrent un couple d'amis de leur connaissance, tout de noir vêtus, ce qui était en la circonstance inhabituel.

Bien sûr, immédiatement, ma mère de prendre des nouvelles, et de s'entendre répondre : « nous allons mal, notre neveu est mort dans un accident de plongée ». Et elle de dire, en un raccourci saisissant de la pensée : « mais c'est merveilleux ! », voulant affirmer en cela, qu'elle trouvait que cette mort était meilleure qu'une autre.

La geste familiale veut que ce malheureux couple ait eu du mal à saisir la pertinence du raisonnement maternel.

Cette histoire revient à mon souvenir, parce que l'on vient, voilà quelques minutes, de m'annoncer la mort d'un client.

Je l'avais reçu, il y a quoi, une quinzaine de jours.

Un homme encore loin de la quarantaine, sympathique, à qui la vie paraissait avoir fait une belle place.

Il aimait parait-il, et la mer, et son bateau.

Et son corps a été retrouvé, il y a quelques jours, mort, là encore, d'un accident de plongée.

Contrairement à ma mère, je n'ai aucune opinion sur un possible degré de qualité entre les façons de mourir.

Mais, c'est la mer qui prend l'homme.

Par jean.devalon le 01/12/09
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Il ne suffit pas pour le bailleur d'obtenir une décision de justice ordonnant l'expulsion d'un locataire, il faut encore parvenir à réaliser cette expulsion.

Si l'huissier chargé de celle-ci rencontre des difficultés, il requiert la force publique et la responsabilité de l'État peut être engagée en cas de refus d'accorder celle-ci.

Un juge des référés du tribunal administratif avait condamné l'État à verser une provision en réparation du préjudice résultant pour un bailleur du refus du concours de la force publique afin d'assurer l'exécution d'une décision de justice prononçant l'expulsion.

Le ministre de l'intérieur demandait l'annulation de cette ordonnance au motif qu'il n'y aurait pas eu de difficultés d'exécution nécessitant l'octroi de la force publique. Par un arrêt du 25 novembre 2009 (323359) le conseil d'État rappelle que l'autorité administrative est tenue d'accorder le concours de la force publique et qu'il ne lui revient pas de se prévaloir de l'absence de justification par l'huissier de la nécessité de recourir à la force publique pour échapper à sa responsabilité au titre du rejet d'une réquisition.