jean.devalon

Par jean.devalon le 31/12/11
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Quel est le point commun entre un avocat et un spermatozoïde ?

- Tous les 2 ont 1 chance sur 3 millions de devenir un jour un être humain.

C'est une vision sévère, on doit pouvoir enlever 1 ou 2 zéros, mais en cette fin 2011, un sourire sera une friandise de plus.

Par jean.devalon le 30/12/11
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Allez, je commence déjà la mise en application des bonnes résolutions 2012 par le rappel d'un texte de 1792 qui jamais ne fut voté:

Homme, est-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi ? qui t'a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ? ta force ? tes talents ? Observe le créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l'oses, l'exemple de cet empire tyrannique.

Remonte aux animaux, consulte les éléments, étudie les végétaux, jette enfin un coup d'oeil sur toutes les modifications de la matière organisée ; et rends-toi à l'évidence quand je t'en offre les moyens ; cherche, fouille et distingue, si tu le peux, les sexes dans l'administration de la nature. Partout tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce chef-d'oeuvre immortel.

L'homme seul s'est fagoté un principe de cette exception. Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de lumières et de sagacité, dans l'ignorance la plus crasse, il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles ; il prétend jouir de la révolution, et réclamer ses droits à l'égalité, pour ne rien dire de plus.

PRÉAMBULE

Les mères, les filles, les soeurs, représentantes de la nation, demandent d'être constituées en assemblée nationale. Considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de la femme, sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d'exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la constitution, des bonnes moeurs, et au bonheur de tous.

En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Être suprême, les Droits suivants de la Femme et de la Citoyenne.

Article premier

La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

Art. 2

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la Femme et de l'Homme : ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et surtout la résistance à l'oppression.

Art. 3

Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n'est que la réunion de la Femme et de l'Homme ; nul corps, nul individu, ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

Art. 4

La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.

Art. 5

Les lois de la nature et de la raison défendent toutes actions nuisibles à la société ; tout ce qui n'est pas défendu par ces lois, sages et divines, ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elles n'ordonnent pas.

Art.6

La loi doit être l'expression de la volonté générale ; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs représentants, à sa formation ; elle doit être la même pour tous ; toutes les citoyennes et les citoyens, étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités ; et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.

Art. 7

Nulle femme n'est exceptée ; elle est accusée, arrêtée, et détenue dans les cas déterminés par la Loi. Les femmes obéissent comme les hommes à cette Loi rigoureuse.

Art. 8

La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée aux femmes.

Art. 9

Toute femme étant déclarée coupable, toute rigueur est exercée par la Loi.

Art. 10

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même fondamentales, la femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ; pourvu que ses manifestations ne troublent pas l'ordre public établi par la Loi.

Art. 11

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. Toute Citoyenne peut donc dire librement, je suis mère d'un enfant qui vous appartient, sans qu'un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Art. 12

La garantie des droits de la femme et de la citoyenne nécessite une utilité majeure ; cette garantie doit être instituée pour l'avantage de tous et non pour l'utilité particulière de celles à qui elle est confiée.

Art. 13

Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, les contributions de la femme et de l'homme sont égales ; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles ; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l'industrie.

Art. 14

Les Citoyennes et Citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes, ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique. Les Citoyennes ne peuvent y adhérer que par l'admission d'un partage égal, non seulement dans la fortune, mais encore dans l'administration publique, et de déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée de l'impôt.

Art. 15

La masse des femmes, coalisée pour la contribution à celle des hommes, a le droit de demander compte, à tout agent public, de son administration.

Art. 16

Toute société, dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de constitution ; la constitution est nulle, si la majorité des individus qui composent la Nation n'a pas coopéré à la rédaction.

Art. 17

Les propriétés sont à tous les sexes réunis ou séparés ; elles ont pour chacun un droit inviolable et sacré ; nul ne peut en être privé comme vrai patrimoine de la nature, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.

Olympe de Gouges

Par jean.devalon le 30/12/11
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« Les gouvernants gouvernent l'Etat ; les technocrates, les gouvernants ; et la vanité les gouverne tous. » (Georges Elgozy )

J'ai lu, je ne sais où, un article de Patrick Artus expliquant qu'il fallait encore plus d'intégration européenne, pour que chaque État soit spécialisé dans un domaine d'activité.

Comme si le spectacle de cette Europe des banquiers, que les technocrates serviles ont construit, et qui montre, jour après jour, tout à la fois sa fragilité et son mépris des peuples, traités comme matière première, ne montrait pas ses limites atteintes.

Après tout, ce que demande le peuple c'est simplement de pouvoir ‘vivre et travailler au pays' comme disaient les bretons des années 60, près de là où l'on est né, près de sa famille et de son histoire, si tel est son désir.

Bien sûr, il est bon de se fasse l'Europe, mais le modèle actuel crée un chômage de masse, un gouvernement des banques et des technocrates au préjudice des états même, et un terrible affaissement de l'idée démocratique.

Finalement, rien n'a changé depuis le' vivre et travailler au pays', surtout pas la vanité aveugle des classes dirigeantes, qui paraissent fuir en avant comme autrefois le roi à Varennes

Georges Elgozy encore : « Elite : succédané de l'aristocratie en régime démocratique. »

.

Varennes, aujourd'hui, c'est Bruxelles.

Et la fin de l'Euro, l'échafaud de ces gens-là.

Par jean.devalon le 29/12/11
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Lorsqu'un petit rocher, lourd et noir, portant son homard en anicroche, s'établit dans une maison, celle-ci doit subir l'invasion d'un rire aux accès argentins, impérieux et mornes. Sans doute est-ce celui de la mignonne sirène dont les deux seins sont en même temps apparus dans un coin sombre du corridor, et qui produit son appel par la vibration entre les deux d'une petite cerise de nickel, y pendante. Aussitôt, le homard frémit sur son socle. Il faut qu'on le décroche : il a quelque chose à dire, on veut être rassuré par votre voix. D'autres fois, la provocation vient de vous-même. Quand vous y tente le contraste sensuellement agréable entre la légèreté du combiné et la lourdeur du socle. Quel charme alors d'entendre, aussitôt la crustace détachée, le bourdonnement gai qui vous annonce prêtes au quelconque caprice de votre oreille les innombrables nervures électriques de toutes les villes du monde ! Il faut agir le cadran mobile, puis attendre, après avoir pris acte de la sonnerie impérieuse qui perfore votre patient, le fameux déclic qui vous délivre sa plainte, transformée aussitôt en cordiales ou cérémonieuses politesses... Mais ici finit le prodige et commence une banale comédie.

Franic Ponge 1962

Qu'aurait-il écrit sur les courriels?

C'est une bonne question pour un jour sans ni l'un ni les autres.

Par jean.devalon le 27/12/11
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Il paraît que le Conseil national des barreaux a rendu publique une enquête de la SOFRES estimant que seuls 24 % des avocats considéraient la question de la gouvernance comme importante pour l'avenir de la profession, selon ce que rapporte la Gazette du palais.

Il paraît que sur la consultation interne à la profession, seuls 68 barreaux sur 163 ont répondu à des questions jugées soit provocatrices soit humiliantes.

Il paraît encore que les sortants du CNB ont tous étés recalés dans leurs propres barreaux aux dernières élections.

Il faut dire, peut-être, que le Conseil national des barreaux, semble parfois bien loin des préoccupations de la profession.

Les statistiques montrent assez que celle-ci reste une profession de proximité et les thématiques développées par le Conseil national des barreaux semblent plus concerner les grands avocats d'affaires ou alors les intellectuels de l'extrême.

La communication électronique, par exemple pose difficulté, non pas, à l'évidence, dans son principe, mais dans ses modalités, cette discrimination entre avocats parisiens et de province quant au matériel imposé aux avocats de province.

Le même que pour les notaires, ce qui paraît laisser penser que le Conseil national des barreaux entend se comporter avec les avocats comme le Conseil supérieur du notariat, ce qui montre qu'il n'a rien compris.

La question, par exemple, du libre choix des avocats en matière de terrorisme où une sorte de filtre a été institué, violant le libre choix de l'avocat, et où l'avocat de base a l'impression que le Conseil national des barreaux devait bien savoir ce qui se tramait.

Et puis, bien sûr, ce collège électoral d'un autre temps, cette part belle faite aux syndicats, aux élus, bref à tous ceux qui ont des ambitions, légitimes, mais qui, par là même, se révoltent moins quand il le faut.

S'il y a un rejet de la profession, ce n'est pas par rapport au mouvement à accomplir, mais c'est parce que ce qui se profile est un système pyramidal désuet, mis en place par des gens dont on ne contestera nullement la bonne volonté, mais dont le logiciel de pensée ne prend pas en compte la réalité de la profession.

Ou plus exactement le rejet provient peut-être de ce que la profession a le sentiment que le Conseil national des barreaux est au services, comme aurait pu le dire Georges Marchais, du grand capital de la profession, et du pouvoir de la Chancellerie et considère qu'il n'y a pas lieu de défendre la profession telle qu'elle existe.

Cette opinion est probablement fausse.

En tout cas, quel échec pour l'équipe dirigeante du Conseil national des barreaux et le président Wickers !

Aucune réforme ne pourra intervenir dans la profession si elle n'est pas prise en compte telle qu'elle existe et si il n'est pas acté qu'un homme vaut une voix.

Après, tout est bien sûr possible.

Pour ma part, à Marseille, je verrais bien la suppression du renouvellement par tiers du Conseil de l'ordre, trop sénatoriale et je verrais bien aussi la publicité des débats du Conseil.

Pas d'ordre régional, qui coûterait de l'argent pour rien.

Quant à la question de l'Ordre national, ce qui pose difficulté est le mode électoral et les thématiques.

Si un ordre national doit être un super Conseil national des barreaux, avec cette incapacité à défendre la profession dans sa réalité, il vaut peut-être mieux l'éviter.

Par jean.devalon le 26/12/11
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Les petits hommes gris de la Chancellerie ont donc imaginé qu'en matière de terrorise, il fallait un filtre à avocats, pour empêcher de défendre ceux qui, je ne sais pas...sentaient mauvais?

L'Ordre des avocats de Bastia a saisi le Conseil d'Etat qui vient de transmettre au Conseil constitutionnel une QPC, car il est porté atteinte au libre choix de l'avocat ( quoiqu'il soit mentionné reçu au Conseil constutionnel!)

Ici

L'avocat aux Conseils est m° Spinosi qui défend aussi l'Ordre de Marseille devant le Conseil d'Etat sur la discriminatin imposée aux avocats de province en matière de RPVA, sur le recours engagé pendant la mandature du Bâtonnier Mattéi.

Z, comme Zorro

S comme Spinosi

Par jean.devalon le 25/12/11
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Noël, Chaque année est aussi un hommage aux mères, comme celui que rendit Charles Péguy et que tant de mères peuvent assurément prendre à leur compte, de prétoires en prétoires.

Elle pleurait, elle pleurait...

Depuis trois jours elle pleurait.

Depuis trois jours elle errait, elle suivait.

Elle suivait le cortège.

Elle suivait les événements.

Elle suivait comme à un enterrement.

Mais c'était l'enterrement d'un vivant.

Voilà ce qu'il avait fait de sa mère.

Depuis qu'il avait commencé sa mission.

Elle suivait, elle pleurait.

Elle pleurait, elle pleurait.

Les femmes ne savent que pleurer.

Voilà ce qu'il avait fait de sa mère.

Maternelle.

Une femme en larmes.

Une pauvresse.

Une pauvresse de détresse.

Une pauvresse en détresse.

Une espèce de mendiante de pitié.

Elle pleurait pour aujourd'hui et pour demain.

Et pour tout son avenir.

Pour toute sa vie à venir.

Mais elle pleurait, elle pleurait aussi.

Elle pleurait pour son passé.

Pour les jours où elle avait été heureuse dans son passé.

L'innocente.

Pour effacer les jours où elle avait été heureuse dans son passé.

Pour effacer ses jours de bonheur.

Ses anciens jours de bonheur.

Parce que ces jours l'avaient trompée.

Ces jours trompeurs.

Elle pleurait, elle pleurait, elle en était devenue laide.

Elle la plus grande beauté du monde.

La Rose mystique.

La Tour d'ivoire.

Turris eburnea.

La Reine de beauté.

En trois jours elle était devenue affreuse à voir.

Les gens disaient qu'elle avait vieilli de dix ans.

Ils ne s'y connaissaient pas.

Elle avait vieilli de plus de dix ans.

Elle savait, elle sentait bien qu'elle avait vieilli de plus de dix ans.

Elle avait vieilli de sa vie.

Elle avait vieilli de sa vie entière et de plus que de sa vie, de plus que d'une vie.

Car elle avait vieilli d'une éternité.

Elle avait vieilli de son éternité.

Elle était devenue Reine.

Elle était devenue la Reine des Sept Douleurs.

Elle pleurait.

Elle fondait.

Son coeur se fondait.

Son corps se fondait.

Elle fondait de bonté.

De charité.

Il n y avait que sa tête qui ne fondait pas.

Elle marchait comme involontaire.

Elle ne se reconnaissait plus elle-même.

Elle n'en voulait plus à personne.

Elle fondait en bonté.

En charité.

Sa douleur était trop grande.

C'était une trop grande douleur.

On ne peut pas en vouloir au monde pour un malheur qui dépasse le monde.

Ce n'était plus la peine d'en vouloir au monde.

D'en vouloir à personne.

Elle qui autrefois aurait défendu son garçon contre toutes les bêtes féroces.

Quand il était petit.

Aujourd'hui elle l'abandonnait à cette foule.

Ce n'était pas étonnant qu'elle ne se reconnaissait plus.

En effet elle n'était plus la même.

Jusqu'à ce jour elle avait été la Reine de Beauté.

Et elle ne serait plus, elle ne redeviendrait plus la Reine de Beauté que dans le ciel.

Le jour de sa mort et de son assomption.

Après le jour de sa mort et de son assomption.

Éternellement.

Mais aujourd'hui elle devenait la Reine de Miséricorde.

Comme elle sera dans les siècles des siècles.

On a quelquefois bien du mal avec les enfants.

Madame.

Celui-là ne leur avait jamais donné que de la satisfaction.

Toutes les satisfactions que l'on peut demander dans l'existence.

Tant qu'il était resté garçon.

Tant qu'il était resté à la maison.

Jusqu'au jour, jusqu'au jour où il avait commencé sa mission.

Où il avait commencé d'accomplir sa mission.

Mais depuis qu'il avait commencé sa mission.

Commencé d'accomplir sa mission.

Depuis qu'il avait quitté la maison.

Il ne leur avait donné que du souci.

Il faut le dire, il ne leur avait jamais donné que du souci.

On a souvent bien du souci avec les enfants.

On a souvent beaucoup de mal avec les enfants.

Lui qui leur avait donné autrefois tant de contentement.

Il ne leur avait donné autrefois que du contentement.

On a quelquefois bien du souci avec les enfants. Quand ils grandissent.

On est quelquefois drôlement récompensé dans la vie.

Jamais un enfant n'avait autant fait pleurer sa mère.

On a quelquefois des drôles de récompenses.

On est quelquefois souvent drôlement récompensé dans l'existence.

Jamais un garçon n'avait autant fait pleurer sa mère.

Que lui elle.

Depuis ces trois jours et ces trois nuits.

Depuis ces trois années.

Quel dommage.

Une vie qui avait si bien commencé.

C'était dommage.

Elle se rappelait bien.

Comme il rayonnait sur la paille dans cette étable de Bethléem.

Une étoile était montée.

Les bergers l'adoraient.

Les mages l'adoraient. Les anges l'adoraient.

Qu'étaient donc devenus tous ces gens-là.

Qu'est-ce que tout ce monde-là était devenu.

Pourtant c'étaient les mêmes gens.

C'était le même monde.

Les gens étaient toujours les gens.

Le monde était toujours le monde.

On n'avait pas changé le monde.

Les rois étaient toujours les rois.

Et les bergers étaient toujours les bergers.

Les grands étaient toujours les grands.

Et les petits étaient toujours les petits.

Les riches étaient toujours les riches.

Et les pauvres étaient toujours les pauvres.

Le gouvernement était toujours le gouvernement.

Il ne voyait pas qu'en effet il avait changé le monde.

C'est dommage, c'était une vie qui avait si bien commencé.

Tout le monde l'avait si bien accueilli.

A son entrée dans le monde.

Quand il était petit tout le monde avait bien voulu de lui.

Tout le monde avait l'air content de le voir.

Et à présent qu'il était grand.

Qu'il était devenu un homme.

Personne n'en voulait plus.

Petits enfants, petits tourments.

Grands enfants, grands tourments.

On a quelquefois bien de la peine, madame, avec les enfants.

On ne pourrait pas dire qu'elle avait joui de son garçon.

Voilà quelle était sa récompense.

Voilà comme elle était récompensée.

D'avoir porté.

D'avoir enfanté.

D'avoir allaité.

D'avoir porté.

Dans ses bras.

Celui qui est mort pour les péchés du monde.

Et de lui avoir fait sa soupe et bordé son lit jusqu'à trente ans.

Car il se laissait volontiers environner de sa tendresse.

Il savait que ça ne durerait pas toujours.

Et lui en lui-même il se disait : Voilà ma mère.

Qu'est-ce que j'en ai fait.

Voilà ce que j'ai fait de ma mère.

Cette pauvre vieille femme.

Devenue vieille.

Qui nous suit depuis vingt-quatre heures.

De prétoire en prétoire.

Et de prétoire en pace publique.

C'est l'habitude, c'est la loi, c'est la règle.

Que les fils rapportent quelque chose à leurs parents.

Que les enfants.

En grandissant.

Apportent quelque chose à leurs parents.

Lui voilà ce qu'il a apporté à ses père et mère.

Voilà ce qu'il avait apporté à sa mère.

Ce qu'il lui avait mis dans la main.

Voilà comme il l'avait récompensée.

Il lui avait apporté.

Il lui avait mis dans la main.

Les Sept Douleurs.

Il lui avait apporté.

Il lui avait mis dans la main

D'être la Reine.

D'être la Mère.

Il lui avait apporté

D'être

Notre Dame des Sept Douleurs.

Noël, Chaque année est aussi un hommage aux mères, comme celui que rendit Charles Péguy et qua tant de mères peuvent assurément prendre à leur compte.

Elle pleurait, elle pleurait...

Depuis trois jours elle pleurait.

Depuis trois jours elle errait, elle suivait.

Elle suivait le cortège.

Elle suivait les événements.

Elle suivait comme à un enterrement.

Mais c'était l'enterrement d'un vivant.

Voilà ce qu'il avait fait de sa mère.

Depuis qu'il avait commencé sa mission.

Elle suivait, elle pleurait.

Elle pleurait, elle pleurait.

Les femmes ne savent que pleurer.

Voilà ce qu'il avait fait de sa mère.

Maternelle.

Une femme en larmes.

Une pauvresse.

Une pauvresse de détresse.

Une pauvresse en détresse.

Une espèce de mendiante de pitié.

Elle pleurait pour aujourd'hui et pour demain.

Et pour tout son avenir.

Pour toute sa vie à venir.

Mais elle pleurait, elle pleurait aussi.

Elle pleurait pour son passé.

Pour les jours où elle avait été heureuse dans son passé.

L'innocente.

Pour effacer les jours où elle avait été heureuse dans son passé.

Pour effacer ses jours de bonheur.

Ses anciens jours de bonheur.

Parce que ces jours l'avaient trompée.

Ces jours trompeurs.

Elle pleurait, elle pleurait, elle en était devenue laide.

Elle la plus grande beauté du monde.

La Rose mystique.

La Tour d'ivoire.

Turris eburnea.

La Reine de beauté.

En trois jours elle était devenue affreuse à voir.

Les gens disaient qu'elle avait vieilli de dix ans.

Ils ne s'y connaissaient pas.

Elle avait vieilli de plus de dix ans.

Elle savait, elle sentait bien qu'elle avait vieilli de plus de dix ans.

Elle avait vieilli de sa vie.

Elle avait vieilli de sa vie entière et de plus que de sa vie, de plus que d'une vie.

Car elle avait vieilli d'une éternité.

Elle avait vieilli de son éternité.

Elle était devenue Reine.

Elle était devenue la Reine des Sept Douleurs.

Elle pleurait.

Elle fondait.

Son coeur se fondait.

Son corps se fondait.

Elle fondait de bonté.

De charité.

Il n y avait que sa tête qui ne fondait pas.

Elle marchait comme involontaire.

Elle ne se reconnaissait plus elle-même.

Elle n'en voulait plus à personne.

Elle fondait en bonté.

En charité.

Sa douleur était trop grande.

C'était une trop grande douleur.

On ne peut pas en vouloir au monde pour un malheur qui dépasse le monde.

Ce n'était plus la peine d'en vouloir au monde.

D'en vouloir à personne.

Elle qui autrefois aurait défendu son garçon contre toutes les bêtes féroces.

Quand il était petit.

Aujourd'hui elle l'abandonnait à cette foule.

Ce n'était pas étonnant qu'elle ne se reconnaissait plus.

En effet elle n'était plus la même.

Jusqu'à ce jour elle avait été la Reine de Beauté.

Et elle ne serait plus, elle ne redeviendrait plus la Reine de Beauté que dans le ciel.

Le jour de sa mort et de son assomption.

Après le jour de sa mort et de son assomption.

Éternellement.

Mais aujourd'hui elle devenait la Reine de Miséricorde.

Comme elle sera dans les siècles des siècles.

On a quelquefois bien du mal avec les enfants.

Madame.

Celui-là ne leur avait jamais donné que de la satisfaction.

Toutes les satisfactions que l'on peut demander dans l'existence.

Tant qu'il était resté garçon.

Tant qu'il était resté à la maison.

Jusqu'au jour, jusqu'au jour où il avait commencé sa mission.

Où il avait commencé d'accomplir sa mission.

Mais depuis qu'il avait commencé sa mission.

Commencé d'accomplir sa mission.

Depuis qu'il avait quitté la maison.

Il ne leur avait donné que du souci.

Il faut le dire, il ne leur avait jamais donné que du souci.

On a souvent bien du souci avec les enfants.

On a souvent beaucoup de mal avec les enfants.

Lui qui leur avait donné autrefois tant de contentement.

Il ne leur avait donné autrefois que du contentement.

On a quelquefois bien du souci avec les enfants. Quand ils grandissent.

On est quelquefois drôlement récompensé dans la vie.

Jamais un enfant n'avait autant fait pleurer sa mère.

On a quelquefois des drôles de récompenses.

On est quelquefois souvent drôlement récompensé dans l'existence.

Jamais un garçon n'avait autant fait pleurer sa mère.

Que lui elle.

Depuis ces trois jours et ces trois nuits.

Depuis ces trois années.

Quel dommage.

Une vie qui avait si bien commencé.

C'était dommage.

Elle se rappelait bien.

Comme il rayonnait sur la paille dans cette étable de Bethléem.

Une étoile était montée.

Les bergers l'adoraient.

Les mages l'adoraient. Les anges l'adoraient.

Qu'étaient donc devenus tous ces gens-là.

Qu'est-ce que tout ce monde-là était devenu.

Pourtant c'étaient les mêmes gens.

C'était le même monde.

Les gens étaient toujours les gens.

Le monde était toujours le monde.

On n'avait pas changé le monde.

Les rois étaient toujours les rois.

Et les bergers étaient toujours les bergers.

Les grands étaient toujours les grands.

Et les petits étaient toujours les petits.

Les riches étaient toujours les riches.

Et les pauvres étaient toujours les pauvres.

Le gouvernement était toujours le gouvernement.

Il ne voyait pas qu'en effet il avait changé le monde.

C'est dommage, c'était une vie qui avait si bien commencé.

Tout le monde l'avait si bien accueilli.

A son entrée dans le monde.

Quand il était petit tout le monde avait bien voulu de lui.

Tout le monde avait l'air content de le voir.

Et à présent qu'il était grand.

Qu'il était devenu un homme.

Personne n'en voulait plus.

Petits enfants, petits tourments.

Grands enfants, grands tourments.

On a quelquefois bien de la peine, madame, avec les enfants.

On ne pourrait pas dire qu'elle avait joui de son garçon.

Voilà quelle était sa récompense.

Voilà comme elle était récompensée.

D'avoir porté.

D'avoir enfanté.

D'avoir allaité.

D'avoir porté.

Dans ses bras.

Celui qui est mort pour les péchés du monde.

Et de lui avoir fait sa soupe et bordé son lit jusqu'à trente ans.

Car il se laissait volontiers environner de sa tendresse.

Il savait que ça ne durerait pas toujours.

Et lui en lui-même il se disait : Voilà ma mère.

Qu'est-ce que j'en ai fait.

Voilà ce que j'ai fait de ma mère.

Cette pauvre vieille femme.

Devenue vieille.

Qui nous suit depuis vingt-quatre heures.

De prétoire en prétoire.

Et de prétoire en pace publique.

C'est l'habitude, c'est la loi, c'est la règle.

Que les fils rapportent quelque chose à leurs parents.

Que les enfants.

En grandissant.

Apportent quelque chose à leurs parents.

Lui voilà ce qu'il a apporté à ses père et mère.

Voilà ce qu'il avait apporté à sa mère.

Ce qu'il lui avait mis dans la main.

Voilà comme il l'avait récompensée.

Il lui avait apporté.

Il lui avait mis dans la main.

Les Sept Douleurs.

Il lui avait apporté.

Il lui avait mis dans la main

D'être la Reine.

D'être la Mère.

Il lui avait apporté

D'être

Notre Dame des Sept Douleurs.

Charles Péguy (1873-1914).

Extraits du « Mystère de la charité de Jeanne d'Arc ».

Par jean.devalon le 24/12/11
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 9 mois

Noël est fête chrétienne qui se situe opportunément, en une suite symbolique, au solstice d'hiver.

Fête de l'innocence magnifiée par un bébé.

Qu'adorent ceux qui croient à sa divinité, qu'ils choisissent ensuite de représenter le corps glorieux plutôt que sacrificiel, de croire ou pas à la présence réelle.

Que respectent ceux qui ne croient pas, ou plus, mais ont de la pureté dans le coeur.

Regard doux porté sur la douceur et la faiblesse.

Faiblesse dans tant de pays des communautés chrétiennes que l'on oublie, le père Noël prend tant de place.

Ceux d'Irak qui sont partis, ceux d'Egypte qui craignent, et demain peut-être ceux de Syrie.

Et les églises d'orient d'hier et d'aujourd'hui.

Notre pays des droits de l'homme, devenu pays des lois de l'homme, encre grise sur papier froid, célèbre le printemps des uns qui peut être l'hiver des autres.

Je ne sais si l'histoire est dialectique, mais elle est cruelle.

Alors, en ce jour une place pour l'orient chrétien.

Par jean.devalon le 23/12/11
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C'est Noël, enfin demain très tard, à minuit.

Je voulais, féal, faire un cadeau à mon Bâtonnier et aux membres de son conseil de l'ordre qui se dévouent, sans désemparer, sacrificiels, pour le bien de tous.

C'est trop beau !

Mais je ne savais quoi offrir.

Monsieur le Bâtonnier, je vous écris...

Ça a son côté Boris Vian...

Il faut dire, s'agissant du RPVA, que nous avons reçu aujourd'hui un courriel de l'ordre, rappelant qu'à compter du 1er janvier, les avocats seront en charge directement des procédures d'appel, à condition d'être abonnés à e-barreau. (RPVA)

Cette circulaire, ampoulée, insiste sur la responsabilité des avocats.

Ennuyeuse à emmerder même un notaire.

On a l'impression que nos dirigeants professionnels copient les notaires .

Bientôt les croques-mort?

Il est parlé de l'ensemble des bâtonniers de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, et des magistrats, qui ont tenté de définir la cause étrangère en cas de défaillance des systèmes d'information, quand l'appel électronique bugge

On appelle un peu ça, chez nous, un truc à la mord moi le ... (censure)

Il faut dire aussi, non pas que je suis rentré dans le rang, mais que je suis sorti du régiment.

C'est-à-dire qu'il est manifeste que le système mis en place est un mauvais système sur le plan technique et qu'il n'est maintenu que pour des raisons diverses et variées, sur lequel je ne reviens pas aujourd'hui.

Donc, le schmilblick, on l'a pris, considérant qu'ils étaient capables, ces gens-là, de maintenir la réforme de la procédure d'appel à compter du 1er janvier , nonobstant les catastrophes annoncées.

Ils l'ont fait.

Droits dans leurs bottes.

Une, deux, les petits pois.

Nous avons donc fait un mot à la cour. pour dire qu'on étaient bien gentils et bien obéisssants.

C'était le 16 décembre.

Il y a un tampon d'accusé réception du 19, et dès le 20, il nous a été répondu 'qu'aucune demande d'inscription n'a été transmis ce jour', et nous sommes donc renvoyés vers l'Odre des avocats de notre juridiction pour demander une inscription auprès du TGI et de la cour d'appel.

Ben, on est inscrit auprès du TGV, pardon TGI, pourtant.

Donc, le même jour, nous recevons de notre ordre un courriel administratif nous rappelant nos obligations, et de l'autre, de la Cour, un courrier nous indiquant qu'il fallait que l'Ordre fasse quelque chose, semble-t-il pas, fait à 10 jours de l'échéance !

Bachibouzou!

Ma belle associée, toujours trop douce, a appelé le référent de l'Ordre, un brave garçon chargé de tout cela.

Il ne l'a pas pris au téléphone et lui a fait souhaiter joyeux Noël par son secrétariat si j'ai bien compris.

Galopin, Va !

Discourtois, cependant, si l'on est pointilleux.

On l'est.

Alors j'ai trouvé mon cadeau de Noël : c'est ce joli courrier adressé au Bâtonnier par lequel je me suis permis d'attirer l'attention sur la responsabilité de l'Ordre des avocats.

Si Ignace Loyola m'a appris que le destin de Don Quichotte n'était pas forcément enviable, un petit coup de lance un 23 décembre a quelque chose de réjouissant.

Mais cette circulaire de Noël y est pour quelque chose.

Joyeux Noël, Monsieur le Bâtonnier.

Joyeux Noël, aussi, Monsieur le Bâtonnier Mattei

Pace et Salute

Faisons chabrot!

Lisez la prose si cela vous amuse, moi ça me désole.

déc
22

L'arabe!

Par jean.devalon le 22/12/11
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Nos députés, jamais à une irréfléchie bassesse près, ont donc voté ce texte idiot, interdisant aux sots de dire leur pensée.

On sanctionnera désormais ceux qui nient le génocide arménien, car il fallait capter cet électorat, au risque de déconsidérer encore plus ceux que nous élisons avec toujours plus de déception.

Car ils ont voté en sachant le mal qu'ils faisaient à la liberté de pensée et d'expression.

Mais les élections arrivent, voyez-vous et l'électorat arménien est à prendre en compte

Ce sont les mêmes qui ont su voter pour Pétain et demain pour tout autre.

Opportunisme est leur morale qu'ils nous infligent hélas.

C'est infiniment triste

Pardonnez-moi de préférer une voie et une voix moins simplistes.

L'arabe