jean.devalon

Par jean.devalon le 03/03/12
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" Le principe de la démocratie se corrompt, non seulement lorsqu'on perd l'esprit d'égalité, mais encore quand on prend l'esprit d'égalité extrême, et que chacun veut être égal à ceux qu'il choisit pour lui commander. Pour lors, le peuple, ne pouvant souffrir le pouvoir même qu'il confie, veut tout faire par lui-même, délibérer pour le sénat, exécuter pour les

magistrats, et dépouiller tous les juges. Il ne peut plus y avoir de vertu dans la république. Le peuple veut faire les fonctions des

magistrats : on ne les respecte donc plus. Les délibérations du sénat n'ont plus de poids : on n'a donc plus d'égard pour les sénateurs, et par conséquent pour les vieillards. Que si l'on n'a pas du respect pour les vieillards, on n'en aura pas non plus pour les pères : les maris ne méritent pas plus de déférence, ni les maîtres plus de soumission. Tout le monde parviendra à

aimer ce libertinage : la gêne du commandement fatiguera, comme celle de l'obéissance. Les femmes, les enfants, les esclaves n'auront de soumission pour personne. Il n'y aura plus de moeurs, plus d'amour de l'ordre, enfin plus de vertu.

On voit, dans le Banquet de Xénophon, une peinture bien naïve d'une république où le peuple a abusé de l'égalité. Chaque convive donne, à son tour, la raison pourquoi il est content de lui. «je suis content de moi, dit Chamades, à cause de ma pauvreté. Quand j'étais riche, j'étais obligé de faire ma cour aux calomniateurs, sachant bien que j'étais plus en état de

recevoir du mal d'eux que de leur en faire : la république me demandait toujours quelque nouvelle somme je ne pouvais m'absenter. Depuis que je suis pauvre, j'ai acquis de l'autorité : personne ne me menace, je menace les autres : je puis m'en aller, ou rester. Déjà les riches se lèvent de leurs places, et me cèdent le pas. Je suis un roi, j'étais esclave : je payais un tribut à

la république, aujourd'hui elle me nourrit : je ne crains plus de perdre, j'espère d'acquérir ».

Le peuple tombe dans ce malheur, lorsque ceux à qui il se confie, voulant cacher leur propre corruption, cherchent à le corrompre. Pour qu'il ne voie pas leur ambition, ils ne lui parlent que de sa grandeur; pour qu'il n'aperçoive pas leur avarice, ils flattent sans cesse la sienne. La corruption augmentera parmi les corrupteurs, et elle augmentera parmi ceux qui sont

déjà corrompus. Le peuple se distribuera tous les deniers publics; et, comme il aura joint à sa paresse la gestion des affaires, il voudra joindre à sa pauvreté les amusements du luxe. Mais, avec sa paresse et son luxe, il n'y aura que le trésor public qui puisse être un objet pour lui."

Montesquieu, De l'Esprit des lois

Un peu réactionnaire, peut-être.

Je soupçonne les candidats à l'élection présidentielle d'être des lecteurs assidus de Montesquieu.

Je plaisante, bien sûr.

Par jean.devalon le 02/03/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 9 mois

Par une circulaire en date du 21 février 2012, le Premier ministre a invité les administrations à supprimer les termes "Mademoiselle", "nom de jeune fille", "nom patronymique", "nom d'épouse", et "nom d'époux" de leurs formulaires et correspondances, et à les remplacer respectivement par "Madame", "nom de famille", et "nom d'usage

Les civilités "Madame" ou "Mademoiselle" ne constituent pas un élément de l'état civil des intéressées. Dire monsieur ne signifie pas que celui-ci est marié !

S'agissant du terme "nom de jeune fille", celui-ci apparaît inapproprié notamment au regard de la possibilité reconnue à un homme marié de prendre le nom de son épouse comme nom d'usage. Celui de "nom patronymique" a quant à lui vocation à disparaître à la suite de l'intervention de la loi du 4 mars 2002, relative au nom de famille), qui a retenu cette dernière expression pour la modification des dispositions du Code civil. L'emploi du terme "nom de famille" doit donc lui être privilégié. Enfin, l'emploi des termes "nom d'époux" ou "nom d'épouse" ne permet pas de tenir compte de manière adéquate de la situation des personnes veuves ou divorcé ayant conservé, à titre de nom d'usage, le nom de leur conjoint. L'emploi du terme "nom d'usage" devra ainsi être privilégié.

C'est malin, ça !

Comment on va faire pour flatter les femmes en les appelant mademoiselle ?

Que gougnaffier ce monsieur Fillon !

Par jean.devalon le 02/03/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 9 mois

Vivre heureux est assez simple, si l'on conçoit le bonheur comme sérénité de l'esprit.

L'antique sagesse s'applique toujours qui nous rappelle qu'il faut tendre son esprit vers les choses élevées pour que la pensée s'affine, devienne délicate et se libère de la gangue lourde des préoccupations boueuses.

Il faut savoir aussi, c'est commun, que chaque instant peut-être le dernier et donc ne jamais remettre à demain ce qui doit être fait, ne jamais remettre à demain ce qui doit être dit, ne rien taire qui ne doit pas l'être.

Alors la vie est simple .

Je pense ici à celui que je devais voir dans une dizaine de jours et que je verrai donc, dès mardi, mais au crématorium. Il y a des AVC qui sont indécents, mais sonnent comme rappels philosophiques.

Combien d'enfants, aussi, voyons-nous, nous autres avocats, dont l'histoire familiale, entre secrets et demies vérités, a créé bien du malheur.

C'est pourquoi je m'efforce de dire à mes enfants ce que j'ai à dire et de ne laisser dans les placards de l'esprit aucun silence importun dont ils pourraient hériter.

Bien sûr, quand la boîte en pin, ou chêne, (ils verront), sera refermée, ils auront beau jeu de trouver quelque autre défaut posthume.

Mais, faire ce que l'on doit faire au jour le jour sans attendre, ne pas procrastiner, parce que dans la vie de l'esprit tout est sanctionné, voilà ce qu'il convient de rabâcher inlassablement.

Tenez, j'avoue néanmoins une faute, née d'une impardonnable paresse.

Il ne s'agit pas des chaussures délaissées sous la table en verre du salon.

Ca, c'est volontaire.

Plus tard, dans cent ans, quand je serai enfin mort, mes enfants pourront mettre leurs chaussures sous la table en verre de leur salon est ainsi savoir que leurs père est là.

Ils feront cela en mémoire de moi.

Chacun fait comme il peut, je ne suis pas Jésus, moi.

Non, il s'agit juste de ces vêtements qu'il faut ranger, de ces costumes qu'il faut placer sur cintre.

Et, sur le même cintre, mettre le pantalon qui va avec le costume.

Parfois, un peu pressé, un peu lymphatique, je n'accomplis par cet assortiment.

Il suffit de faire attention le matin, me dis-je.

Et donc, ce matin, l'aube étant encore trop pâle, j'ai pris un costume, l'ai revêtu et suis parti.

Il m'a bien fallu constater, arrivé au bureau, que le pantalon et la veste n'avaient rien à faire ensemble et que leur union, involontaire, n'était pas du meilleur effet.

Voilà l'exemple prosaïque de sanction imposée à celui qui remet à plus tard ce qu'il doit faire !

Je vais en faire une leçon de choses.

Peut-être mes fils ne seront-ils pas sensibles à cet esthétisme où n'apparaîssent nul cours de bourse ou ballon rond.

Mais ma fille, je le pense oui, qui déjà commente mes cravates.

Il faut finalement tout à la fois faire ce que l'on a faire et se rappeler qu'il est nécessaire d'avoir Marc-Aurèle dans son armoire.

C'est beaucoup mieux qu'un importun monsieur de passage, au demeurant.

Par jean.devalon le 01/03/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 9 mois

Un détenu met le feu à sa cellule.

Les faits relatés par la dépêche manquent un peu de clarté où le détenu demande à un gardien de l'attendre devant la douche pour réintégrer plus vite sa cellule.

L'autre dit qu'il n'est pas pigeon.

Qui l'eut cru ?

Des mots, un geste malheureux du détenu.

Mais il semblerait que le susdit n'ait pas pu se doucher pendant 5 jours.

Cela salit la réflexion.

Privé d'eau, il met le feu, ce qui n'arrange rien.

Et relève même d'une contradiction.

Menaces, incendie.

Poursuites.

Petit tour devant le tribunal d'Albi.

Le procureur a réclamé 16 mois.

Le tribunal a dit 6.

Fermes

Chronique d'une incarcération ordinaire...

Source : la depeche.fr

Par jean.devalon le 01/03/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 9 mois

Avez-vous remarqué qu'il est de bon ton de gémir sur la dureté des temps ?

C'est vrai que l'on a parfois l'impression d'être un frêle esquif devant éviter, par gros temps, des récifs multipliés.

Mais, après tout, même les paquebots s'échouent.

Je propose donc ce matin, à la commune réflexion, ces mots de Maurice Maeterlinck :

"...N'oublions pas que rien ne nous arrive qui ne soit de la même nature que nous-mêmes. Toute aventure qui se présente, se présente à nos âmes sous la forme de nos pensées habituelles, et aucune occasion héroïque ne s'est jamais offerte à celui qui n'était pas un héros silencieux et obscur depuis un grand nombre d'années. Gravissez la montagne ou descendez dans le village, aller au bout du monde ou bien promenez-vous autour de la maison, vous ne rencontrerez que vous-même sur les routes du hasard. Si judas sort ce soir, il ira vers Judas et aura l'occasion de trahir, mais si Socrate ouvre sa porte, il trouvera Socrate endormi sur le seuil et aura l'occasion d'être sage. Nos aventures errent autour de nous comme les abeilles sur le point d'essaimer errent autour de la ruche. Elles attendent que l'idée-mère sorte enfin de notre âme ; et quand elle est sortie, elles s'agglomèrent autour d'elle. Mentez et les mensonges accourront ; aimez, et la grappe d'aventure frissonnera d'amour. Il semble que tout n'attende qu'un signal intérieur, et si notre âme devient plus sage vers le soir, le malheur aposté par elle-même le matin devient plus sage aussi..." (La sagesse et la destinée)

Je suis sûr que, plus Socrate que Judas, vous vous sentez déjà mieux.

On dit merci qui ?