jean.devalon

Par jean.devalon le 30/12/13
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"Je suis trop curieux, trop voué aux questions, trop exubérant pour me satisfaire d'une réponse grosse comme le poing. Dieu est une réponse grossière, une indélicatesse à l'égard de nous autres penseurs, - au fond, c'est même une grossière interdiction qui nous est faite : vous ne penserez point". (Ecce Homo: Comment on devient ce que l'on est de Friedrich Nietzsche)

Pensez Dieu nous éloigne de Dieudonné et de sa quenelle rassise et ambigue .

Mais une députée veut faire voter une loi l'interdisant

Alors, il y aura un autre geste, bientôt un autre et puis un autre encore.

Pourquoi pas le bras d'honneur, après tout qui est injurieux ?

Et d'interdiction en interdiction , c'est la démocratie que l'on ligotera.

Et si l'on cessait de faire la publicité de Dieudonné qui, grâce à nos politiques, peut se passer de campagne de pub ?

Par jean.devalon le 28/12/13
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La loi de programmation militaire contient des dispositions permettant l'intrusion dans la vie privée des français sans contrôle d'un juge, mais l'indignation fût timorée.

De temps à autre des textes apparaissent limitant, pour raisons d'économie, des voies de recours, mais peu leur chaut, à nos élus.

Pourtant, c'est la démocratie qui se fend jour après jour.

La démocratie, c'est un principe de liberté.

S'il y a abus, le juge est là pour ça.

Regardez Guy Bedos, s'il injurie, il est poursuivi.

Alors, Manuel Valls veut interdire les spectacles de Dieudonné.

Reprenons, mon enfant : si tu ne respectes pas les règles du jeu, tu seras puni.

Mais je n'ai pas à t'interdire de jouer.

Dieudonné est antisémite ? Qui peut croire qu'interdire par anticipation un spectacle empêchera l'antisémitisme.

Au contraire, d'ailleurs, cette victimisation de l'infâme ne fait que le nourrir.

Mais entre taxations et interdictions, les mamelles de la France font peine à voir.

On oublie un peu vite que la France est régulièrement condamnée par la CEDH pour atteinte à la liberté d'expression.

Ainsi pour avoir notamment condamné le gars qui avait une affichette casse-toi pov'con.

Il devrait y réfléchir Manuel Valls

Par jean.devalon le 24/12/13
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LES TROIS MESSES BASSES.

conte de noël.

I

-- Deux dindes truffées, Garrigou ?...

-- Oui, mon révérend, deux dindes magnifiques bourrées de truffes. J'en sais quelque chose, puisque c'est moi qui ai aidé à les remplir. On aurait dit que leur peau allait craquer en rôtissant, tellement elle était tendue...

-- Jésus-Maria ! moi qui aime tant les truffes !... Donne-moi vite mon surplis, Garrigou... Et avec les dindes, qu'est-ce que tu as encore aperçu à la cuisine ?...

-- Oh ! toutes sortes de bonnes choses... Depuis midi nous n'avons fait que plumer des faisans, des huppes, des gelinottes, des coqs de bruyère. La plume en volait partout... Puis de l'étang on a apporté des anguilles, des carpes dorées, des truites, des...

-- Grosses comment, les truites, Garrigou ?

-- Grosses comme ça, mon révérend... Énormes !...

-- Oh ! Dieu ! il me semble que je les vois... As-tu mis le vin dans les burettes ?

-- Oui, mon révérend, j'ai mis le vin dans les burettes... Mais dame ! il ne vaut pas celui que vous boirez tout à l'heure en sortant de la messe de minuit. Si vous voyiez cela dans la salle à manger du château, toutes ces carafes qui flambent pleines de vins de toutes les couleurs... Et la vaisselle d'argent, les surtouts ciselés, les fleurs, les candélabres !... Jamais il ne se sera vu un réveillon pareil. Monsieur le marquis a invité tous les seigneurs du voisinage. Vous serez au moins quarante à table, sans compter le bailli ni le tabellion... Ah ! vous êtes bien heureux d'en être, mon révérend !... Rien que d'avoir flairé ces belles dindes, l'odeur des truffes me suit partout... Meuh !...

-- Allons, allons, mon enfant. Gardons-nous du péché de gourmandise, surtout la nuit de la Nativité... Va bien vite allumer les cierges et sonner le premier coup de la messe ; car voilà que minuit est proche, et il ne faut pas nous mettre en retard...

Cette conversation se tenait une nuit de Noël de l'an de grâce mil six cent et tant, entre le révérend dom Balaguère, ancien prieur des Barnabites, présentement chapelain gagé des sires de Trinquelage, et son petit clerc Garrigou, ou du moins ce qu'il croyait être le petit clerc Garrigou, car vous saurez que le diable, ce soir-là, avait pris la face ronde et les traits indécis du jeune sacristain pour mieux induire le révérend père en tentation et lui faire commettre un épouvantable péché de gourmandise. Donc, pendant que le soi-disant Garrigou (hum ! hum !) faisait à tour de bras carillonner les cloches de la chapelle seigneuriale. Le révérend achevait de revêtir sa chasuble dans la petite sacristie du château ; et, l'esprit déjà troublé par toutes ces descriptions gastronomiques, il se répétait à lui-même en s'habillant :

-- Des dindes rôties... des carpes dorées... des truites grosses comme ça !...

Dehors, le vent de la nuit soufflait en éparpillant la musique des cloches, et, à mesure, des lumières apparaissaient dans l'ombre aux flancs du mont Ventoux, en haut duquel s'élevaient les vieilles tours de Trinquelage. C'étaient des familles de métayers qui venaient entendre la messe de minuit au château. Ils grimpaient la côte en chantant par groupes de cinq ou six, le père en avant, la lanterne en main, les femmes enveloppées dans leurs grandes mantes brunes où les enfants se serraient et s'abritaient. Malgré l'heure et le froid, tout ce brave peuple marchait allègrement, soutenu par l'idée qu'au sortir de la messe il y aurait, comme tous les ans, table mise pour eux en bas dans les cuisines. De temps en temps, sur la rude montée, le carrosse d'un seigneur précédé de porteurs de torches, faisait miroiter ses glaces au clair de lune, ou bien une mule trottait en agitant ses sonnailles, et à la lueur des falots enveloppés de brume, les métayers reconnaissaient leur bailli et le saluaient au passage :

-- Bonsoir, bonsoir, maître Arnoton !

-- Bonsoir, bonsoir, mes enfants !

La nuit était claire, les étoiles avivées de froid ; la bise piquait, et un fin grésil, glissant sur les vêtements sans les mouiller, gardait fidèlement la tradition des Noëls blancs de neige. Tout en haut de la côte, le château apparaissait comme le but, avec sa masse énorme de tours, de pignons, le clocher de sa chapelle montant dans le ciel bleu noir, et une foule de petites lumières qui clignotaient, allaient, venaient, s'agitaient à toutes les fenêtres, et ressemblaient, sur le fond sombre du bâtiment, aux étincelles courant dans des cendres de papier brûlé... Passé le pont-levis et la poterne, il fallait, pour se rendre à la chapelle, traverser la première cour, pleine de carrosses, de valets, de chaises à porteurs, toute claire du feu des torches et de la flambée des cuisines. On entendait le tintement des tournebroches, le fracas des casseroles, le choc des cristaux et de l'argenterie remués dans les apprêts d'un repas ; par là-dessus, une vapeur tiède, qui sentait bon les chairs rôties et les herbes fortes des sauces compliquées, faisait dire aux métayers comme au chapelain, comme au bailli, comme à tout le monde :

-- Quel bon réveillon nous allons faire après la messe !

II

Drelindin din !... Drelindin din !...

C'est la messe de minuit qui commence. Dans la chapelle du château, une cathédrale en miniature, aux arceaux entrecroisés, aux boiseries de chêne, montant jusqu'à hauteur des murs, les tapisseries ont été tendues, tous les cierges allumés. Et que de monde ! Et que de toilettes ! Voici d'abord, assis dans les stalles sculptées qui entourent le choeur, le sire de Trinquelage, en habit de taffetas saumon, et près de lui tous les nobles seigneurs invités. En face, sur des prie-Dieu garnis de velours, ont pris place la vieille marquise douairière dans sa robe de brocart couleur de feu et la jeune dame de Trinquelage, coiffée d'une haute tour de dentelle gaufrée à la dernière mode de la cour de France. Plus bas on voit, vêtus de noir avec de vastes perruques en pointe et des visages rasés, le bailli Thomas Arnoton et le tabellion maître Ambroy, deux notes graves parmi les soies voyantes et les damas brochés. Puis viennent les gras majordomes, les pages, les piqueurs, les intendants, dame Barbe, toutes ses clefs pendues sur le côté à un clavier d'argent fin. Au fond, sur les bancs, c'est le bas office, les servantes, les métayers avec leurs familles ; et enfin, là-bas, tout contre la porte qu'ils entr'ouvrent et referment discrètement, messieurs les marmitons qui viennent entre deux sauces prendre un petit air de messe et apporter une odeur de réveillon dans l'église toute en fête et tiède de tant de cierges allumés.

Est-ce la vue de ces petites barrettes blanches qui donne des distractions à l'officiant ? Ne serait-ce pas plutôt la sonnette de Garrigou, cette enragée petite sonnette qui s'agite au pied de l'autel avec une précipitation infernale et semble dire tout le temps :

-- Dépêchons-nous, dépêchons-nous... Plus tôt nous aurons fini, plus tôt nous serons à table.

Le fait est que chaque fois qu'elle tinte, cette sonnette du diable, le chapelain oublie sa messe et ne pense plus qu'au réveillon. Il se figure les cuisiniers en rumeur, les fourneaux où brûle un feu de forge, la buée qui monte des couvercles entr'ouverts, et dans cette buée deux dindes magnifiques, bourrées, tendues, marbrées de truffes...

Ou bien encore il voit passer des files de pages portant des plats enveloppés de vapeurs tentantes, et avec eux il entre dans la grande salle déjà prête pour le festin. Ô délices ! voilà l'immense table toute chargée et flamboyante, les paons habillés de leurs plumes, les faisans écartant leurs ailes mordorées, les flacons couleur de rubis, les pyramides de fruits éclatants parmi les branches vertes, et ces merveilleux poissons dont parlait Garrigou (ah ! bien oui, Garrigou !) étalés sur un lit de fenouil, l'écaille nacrée comme s'ils sortaient de l'eau, avec un bouquet d'herbes odorantes dans leurs narines de monstres. Si vive est la vision de ces merveilles, qu'il semble à dom Balaguère que tous ces plats mirifiques sont servis devant lui sur les broderies de la nappe d'autel, et deux ou trois fois, au lieu de Dominus vobiscum ! il se surprend à dire le Benedicite. À part ces légères méprises, le digne homme débite son office très consciencieusement, sans passer une ligne, sans omettre une génuflexion ; et tout marche assez bien jusqu'à la fin de la première messe ; car vous savez que le jour de Noël le même officiant doit célébrer trois messes consécutives.

-- Et d'une ! se dit le chapelain avec un soupir de soulagement ; puis, sans perdre une minute, il fait signe à son clerc ou celui qu'il croit être son clerc, et...

Drelindin din !... Drelindin din !

C'est la seconde messe qui commence, et avec elle commence aussi le péché de dom Balaguère.

-- Vite, vite, dépêchons-nous, lui crie de sa petite voix aigrelette la sonnette de Garrigou, et cette fois le malheureux officiant, tout abandonné au démon de gourmandise, se rue sur le missel et dévore les pages avec l'avidité de son appétit en surexcitation. Frénétiquement il se baisse, se relève, esquisse les signes de croix, les génuflexions, raccourcit tous ses gestes pour avoir plus tôt fini. À peine s'il étend ses bras à l'Évangile, s'il frappe sa poitrine au Confiteor. Entre le clerc et lui c'est à qui bredouillera le plus vite. Versets et répons se précipitent, se bousculent. Les mots à moitié prononcés, sans ouvrir la bouche, ce qui prendrait trop de temps, s'achèvent en murmures incompréhensibles.

Oremus ps... ps... ps...

Mea culpa... pa... pa...

Pareils à des vendangeurs pressés foulant le raisin de la cuve, tous deux barbotent dans le latin de la messe, en envoyant des éclaboussures de tous les côtés.

Dom... scum !... dit Balaguère.

... Stutuo !... répond Garrigou ; et tout le temps la damnée petite sonnette est là qui tinte à leurs oreilles, comme ces grelots qu'on met aux chevaux de poste pour les faire galoper à la grande vitesse. Pensez que de ce train-là une messe basse est vite expédiée.

-- Et de deux ! dit le chapelain tout essoufflé ; puis sans prendre le temps de respirer, rouge, suant, il dégringole les marches de l'autel et...

Drelindin din !... Drelindin din !...

C'est la troisième messe qui commence. Il n'y a plus que quelques pas à faire pour arriver à la salle à manger ; mais, hélas ! à mesure que le réveillon approche, l'infortuné Balaguère se sent pris d'une folie d'impatience et de gourmandise. Sa vision s'accentue, les carpes dorées, les dindes rôties, sont là, là... Il les touche ;... il les... Oh ! Dieu !... Les plats fument, les vins embaument ; et secouant son grelot enragé, la petite sonnette lui crie :

-- Vite, vite, encore plus vite !...

Mais comment pourrait-il aller plus vite ? Ses lèvres remuent à peine. Il ne prononce plus les mots... À moins de tricher tout à fait le bon Dieu et de lui escamoter sa messe... Et c'est ce qu'il fait, le malheureux !... De tentation en tentation il commence par sauter un verset, puis deux. Puis l'épître est trop longue, il ne la finit pas, effleure l'évangile, passe devant le Credo sans entrer, saute le Pater, salue de loin la préface, et par bonds et par élans se précipite ainsi dans la damnation éternelle, toujours suivi de l'infâme Garrigou (vade retro, Satanas !) qui le seconde avec une merveilleuse entente, lui relève sa chasuble, tourne les feuillets deux par deux, bouscule les pupitres, renverse les burettes, et sans cesse secoue la petite sonnette de plus en plus fort, de plus en plus vite.

Il faut voir la figure effarée que font tous les assistants ! Obligés de suivre à la mimique du prêtre cette messe dont ils n'entendent pas un mot, les uns se lèvent quand les autres s'agenouillent, s'asseyent quand les autres sont debout ; et toutes les phases de ce singulier office se confondent sur les bancs dans une foule d'attitudes diverses. L'étoile de Noël en route dans les chemins du ciel, là-bas, vers la petite étable, pâlit d'épouvante en voyant cette confusion...

-- L'abbé va trop vite... On ne peut pas suivre, murmure la vieille douairière en agitant sa coiffe avec égarement.

Maître Arnoton, ses grandes lunettes d'acier sur le nez, cherche dans son paroissien où diantre on peut bien en être. Mais au fond, tous ces braves gens, qui eux aussi pensent à réveillonner, ne sont pas fâchés que la messe aille ce train de poste ; et quand dom Balaguère, la figure rayonnante, se tourne vers l'assistance en criant de toutes ses forces : Ite, missa est, il n'y a qu'une voix dans la chapelle pour lui répondre un Deo gratias si joyeux, si entraînant, qu'on se croirait déjà à table au premier toast du réveillon.

III

Cinq minutes après, la foule des seigneurs s'asseyait dans la grande salle, le chapelain au milieu d'eux. Le château, illuminé de haut en bas, retentissait de chants, de cris, de rires, de rumeurs ; et le vénérable dom Balaguère plantait sa fourchette dans une aile de gelinotte, noyant le remords de son péché sous des flots de vin du pape et de bons jus de viandes. Tant il but et mangea, le pauvre saint homme, qu'il mourut dans la nuit d'une terrible attaque, sans avoir eu seulement le temps de se repentir ; puis, au matin, il arriva dans le ciel encore tout en rumeur des fêtes de la nuit, et je vous laisse à penser comme il y fut reçu.

-- Retire-toi de mes yeux, mauvais chrétien ! lui dit le souverain Juge, notre maître à tous. Ta faute est assez grande pour effacer toute une vie de vertu... Ah ! tu m'as volé une messe de nuit... Eh bien ! tu m'en payeras trois cents en place, et tu n'entreras en paradis que quand tu auras célébré dans ta propre chapelle ces trois cents messes de Noël en présence de tous ceux qui ont péché par ta faute et avec toi...

... Et voilà la vraie légende de dom Balaguère comme on la raconte au pays des olives. Aujourd'hui le château de Trinquelage n'existe plus, mais la chapelle se tient encore droite tout en haut du mont Ventoux, dans un bouquet de chênes verts. Le vent fait battre sa porte disjointe, l'herbe encombre le seuil ; il y a des nids aux angles de l'autel et dans l'embrasure des hautes croisées dont les vitraux coloriés ont disparu depuis longtemps. Cependant il paraît que tous les ans, à Noël, une lumière surnaturelle erre parmi ces ruines, et qu'en allant aux messes et aux réveillons, les paysans aperçoivent ce spectre de chapelle éclairé de cierges invisibles qui brûlent au grand air, même sous la neige et le vent. Vous en rirez si vous voulez, mais un vigneron de l'endroit, nommé Garrigue, sans doute un descendant de Garrigou, m'a affirmé qu'un soir de Noël, se trouvant un peu en ribote, il s'était perdu dans la montagne du côté de Trinquelage ; et voici ce qu'il avait vu... Jusqu'à onze heures, rien. Tout était silencieux, éteint, inanimé. Soudain, vers minuit, un carillon sonna tout en haut du clocher, un vieux, vieux carillon qui avait l'air d'être à dix lieues. Bientôt, dans le chemin qui monte, Garrigue vit trembler des feux, s'agiter des ombres indécises. Sous le porche de la chapelle, on marchait, on chuchotait :

-- Bonsoir, maître Arnoton !

-- Bonsoir, bonsoir, mes enfants !...

Quand tout le monde fut entré, mon vigneron, qui était très brave, s'approcha doucement, et regardant par la porte cassée eut un singulier spectacle. Tous ces gens qu'il avait vus passer étaient rangés autour du choeur, dans la nef en ruine, comme si les anciens bancs existaient encore. De belles dames en brocart avec des coiffes de dentelle, des seigneurs chamarrés du haut en bas, des paysans en jaquettes fleuries ainsi qu'en avaient nos grands-pères, tous l'air vieux, fané, poussiéreux, fatigué. De temps en temps, des oiseaux de nuit, hôtes habituels de la chapelle, réveillés par toutes ces lumières, venaient rôder autour des cierges dont la flamme montait droite et vague comme si elle avait brûlé derrière une gaze ; et ce qui amusait beaucoup Garrigue, c'était un certain personnage à grandes lunettes d'acier, qui secouait à chaque instant sa haute perruque noire sur laquelle un de ces oiseaux se tenait droit tout empêtré en battant silencieusement des ailes...

Dans le fond, un petit vieillard de taille enfantine, à genoux au milieu du choeur, agitait désespérément une sonnette sans grelot et sans voix, pendant qu'un prêtre, habillé de vieil or, allait, venait devant l'autel en récitant des oraisons dont on n'entendait pas un mot... Bien sûr c'était dom Balaguère, en train de dire sa troisième messe basse.

Lettres de mon moulin

Alphonse Daudet

Mais Joyeux Noël quand même

Par jean.devalon le 21/12/13
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Brive la Gaillarde et Tulle la Paillarde avaient chacune leur tribunal et leur Ordre des avocats.

Mais un seul tribunal a été institué à Brive et les ordres des avocats ont fusionné.

Devenus le barreau de la Corrèze {sans référence aucune à la vivacité de l'ancien président de la république)

Par la grâce de Saint François le hollandais, Tulle retrouve son tribunal.

Problème : les ordres doivent divorcer dit la Chancellerie.

Peut-être pour mieux se remarier ensuite.

Gaspillage de temps et d'argent.

Barreau Ikea à démonter et remonter.

Je connais une avocate de Tulle ; je me demande s'ils vont la démonter aussi

Par jean.devalon le 20/12/13
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"La Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, réunie le 19 décembre 2013, a souhaité faire part de sa position à la suite de la promulgation de la loi de programmation militaire et notamment son article 20.

Elle a d'abord à nouveau regretté de ne pas avoir été saisie sur cet article lors de l'examen du projet de loi. Elle a rappelé que la saisine de la CNIL est nécessaire et systématique sur tous les projets de loi et de décrets concernant les données à caractère personnel. Elle a par ailleurs formulé le souhait d'élargir à l'avenir cette consultation aux propositions de loi portant sur le même objet.

Elle a ensuite souligné que le recours à la notion très vague "d'informations et documents " traités ou conservés par les réseaux ou services de communications électroniques, semble permettre aux services de renseignement d'avoir accès aux données de contenu, et non pas seulement aux données de connexion (contrairement à ce qu'indique le titre du chapitre du Code de la sécurité intérieure créé par ces dispositions). Elle considère qu'une telle extension, réalisée dans le cadre du régime administratif du recueil des données de connexion, risque d'entraîner une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée.

Elle relève ensuite que la rédaction du nouvel article L. 246-3 du Code de la sécurité intérieure, qui prévoit que ces " informations et documents " peuvent être recueillis " sur sollicitation du réseau " et transmis en temps réel par les opérateurs de communication électronique aux services de renseignement limite, heureusement, toute possibilité d'aspiration massive et directe des données par les services de renseignement, dans la mesure où l'intervention sur les réseaux concernés est réalisée par les opérateurs de communication eux-mêmes. Dans le même esprit, elle prend acte des déclarations du président de la Commission des Lois du Sénat selon lesquelles ces mêmes dispositions ne peuvent être utilisées qu'à des fins de géolocalisation en temps réel. Elle observe également que ces opérations de géolocalisation bénéficient des mêmes garanties que celles accordées par le régime des interceptions de sécurité.

Au regard de l'émoi suscité par ces dispositions, dans le contexte particulier de l'affaire Prism, des préoccupations croissantes exprimées par les consommateurs des services offerts par les grandes sociétés de l'internet, la CNIL pense qu'il est d'intérêt général de susciter un débat public sur la mise en place d'une " société de surveillance ". Celui-ci permettra d'éclairer l'opinion, les autorités publiques et les acteurs privés sur les enjeux en cause et les garanties à apporter, en termes de transparence, de maitrise par le citoyen et de contrôle, afin de concilier les impératifs de sécurité et la dynamique de l'innovation avec la nécessaire protection des libertés individuelles et de la vie privée. "

Voir ici le communiqué

J'ai une question : les chantres de la société libérale; il saisissent le Conseil constitutionnel ?

Par jean.devalon le 20/12/13
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La gare de Villefranche de Rouergue n'est pas aussi célèbre que celle de Perpignan.

Peut-être est-ce pour cela qu'une crèche y existe en période de Noël.

Atteinte à la laïcité dit un quidam ! Et la SNCF d'entamer un processus de réflexion...

Cela fait bien longtemps que le symbole religieux de la crèche, pour la grande majorité de la population, a cédé le pas devant le symbole de la fête et peut-être simplement aussi celui de l'innocence de l'enfance fragile.

Comme le dit mon maigrelet ami parisien, Jésus n'est jamais qu'un juif né en pays arabe et adoré par des chrétiens.

Il est aussi un prophète pour les musulmans

Il est, en tout cas, petit, symbole universel de l'innocence, comme la Vierge Marie est le symbole universel de la douceur maternelle.

Reste Joseph, ce malheureux, symbole de ?

Je ne voudrais pas blasphémer, mais tant pis : j'ai toujours trouvé l'ange Gabriel suspect...

Bref : il est en temps de cesser le ridicule et de laisser subsister les traditions qui ne font de mal à personne, qui rappellent à chacun son enfance en n'interdisant pas à l'autre de se rappeler la sienne.

Va-t-on détruire Notre Dame de Paris au nom de la laïcité ?

Tiens ; je vais lancer une autre idée polémique : supprimer la crèche et renvoyer le petit Jésus dans ses cartons : c'est de l'antisémitisme, non ?

Parce que Jésus, il est juif ; c'est ça le problème ?

Je vais attaquer la SNCF pour antisémitisme si elle enlève la crèche de Villefranche de Rouergue

Par jean.devalon le 18/12/13
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Bernard KUCHUKIAN est avocat au barreau de Marseille.

C'est un personnage d'exception et un brillant juriste.

Le terme brillant est singulièrement galvaudé puisque que dès que quelqu'un se met en avant, il se qualifie de brillant quand bien même serait-il terne comme l'ennui, l'insipide.

Mais, en l'espèce il s'agit de la brillance au sens de l'éclat de l'intelligence, rare .

Bernard Kuchukian vient donc d'obtenir le 13 décembre une décision du Conseil d'État qui autorise, de facto, simplement, le démarchage à la profession d'avocat.

« « La décision du 23 juillet 2012 du garde des sceaux, ministre de la justice, est annulée en tant qu'elle refuse d'abroger les mots « dès lors qu'elle est exclusive de toute forme de démarchage »,

Les dispositions du texte attaqué annulées sont décrites ci-après.

Art. 15. La publicité est permise à l'avocat si elle procure une information au public et si sa mise en oeuvre respecte les principes essentiels de la profession (1er alinéa inchangé).

La publicité inclut la diffusion d'informations sur la nature des prestations de services proposées, dès lors qu'elle est exclusive de toute forme de démarchage (2ème alinéa, amputé de la partie en italique).

Toute offre de service personnalisée adressée à un client potentiel reste interdite à l'avocat (3ème alinéa, totalement annulé)

Le lecteur ira lire directement Bernard Kuchukian.

Que l'on me permette quelques considérations.

Autrefois, le nombre d'avocats était limité, ce qui pouvait être considéré comme normal pour une profession dont le rôle était essentiellement d'être auxiliaire de justice.

C'était un temps où, par exemple, il y avait un avocat par club de Lions, de Rotary, par loge maçonnique ; c'était autrefois ; un monde disparu.

Le nombre d'avocats ayant augmenté de 40 % depuis 10 ans, il y en a aujourd'hui autant que de taxes.

Est-ce un bien, est-ce un mal ?

Chacun se fera son opinion.

Simplement, si la profession d'avocat est soumise à la concurrence dure, elle doit pouvoir, alors disposer des armes lui permettant d'affronter cette concurrence et les limitations déontologiques peuvent alors, malheureusement, ressembler à la corde du pendu.

Il y a un vrai choix à faire, traité parfois, semble-t-il, par les hautes instances avec la virtualité des hautes sphères venteuses et par les candidats locaux avec la prudence du politicien de village qui veut se faire élire par les jeunes avocats.

Qu'en pensent nos candidats marseillais au Conseil de l'Ordre ?

(Nous sommes entre deux tours ; l'occasion pour eux de faire part de leurs réflexions)

Parfois il me semble devoir revêtir une armure, ajuster le heaume et l'écu, sortir l'épée.

Mais, voyez-vous, il y a mieux au temps de la guerre des drones...

Oui, Bernard Kuchukian a raison et bravo à lui !

Par jean.devalon le 15/12/13
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Il me faut manier le propos avec grande prudence si je ne veux avoir sur les dos une foultitude de ces associations fleurissant comme chardons.

Mais, bon ; les avocates...

Elles sont bien sûr diverses.

Mais, que voulez-vous, certaines font que la grande peste de 1720 dans notre bonne ville de Marseille semble, à coté d'elles, petit rhume des foins.

Pas de noms, désolé.

D'autres, à l'inverse, souriantes et compétentes, apparaissent bise rafraichissante.

Et voilà que l'une d'entre elles est passée de l'autre coté, a franchi la barrière !

Hein ?

Mais non, elle n'est pas morte ; devenue juge seulement ; c'est différent, je crois.

Choisissant peut-être une forme de stabilité et de sécurité quand notre profession voit arriver de grandes tempêtes .

Nous conserverons donc les pestes marseillaises.

A toi qui t'en vas, que les vents te soient favorables ...et que l'ennui te soit évité.

Et comme tu sais les réalités de notre profession, tu seras la Mère-Noëlle des articles 700 que tes nouveaux collègues évaluent à l'heure des techniciens de surface

Par jean.devalon le 13/12/13
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Parfois, les avocats de province disent du mal des avocats parisiens ; parfois.

Mais, quand même, il arrive qu'ils le méritent largement.

Ainsi, un dossier lilliputien où un acheteur réclame le remboursement du dépôt de garantie versé à l'occasion d'un compromis de vente, le vendeur n'ayant pas voulu vendre.

Lilliputien, je vous dis, dans son montant.

Néanmoins c'est un avocat de Paris qui est saisi qui soulève d'importance l'incompétence de la juridiction.

On lui dit gentiment, qu'en matière de procédure orale, le tout est évoqué, y compris le fond, et qu'il serait bien qu'il argumente sur le fond.

Que nenni !

On lui dit ensuite que le dossier revenant le 8 janvier, il ne sera pas possible de le renvoyer et son excellence confirme-t-elle sa présence ?

La réponse par mail est qu'il a été conclu à l'incompétence de la juridiction et qu'il nous invite à mieux nous pourvoir.

La mienne, compassionnelle finalement, de lui rappeler que la décision appartient à ladite juridiction et qu'elle pourrait bien le décevoir (oui, parce que ; bon, c'est étrange ...) et que pour le reste s'il n'est pas là, tant pis pour ses abattis

Comment voulez-vous qu'on ne chantonne pas: Parisien tête de, etc.

Par jean.devalon le 13/12/13
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Je relisais hier soir « ces chênes qu'on abat » ce dialogue fin entre André Malraux et Charles de Gaulle.

Que l'on me pardonne de penser que la connaissance historique, la puissance de la pensée, celle du style du style sont l'expression d'une richesse culturelle dont notre pays peut être fier et qu'il peut vouloir transmettre.

Ce matin dans le flot télévisuel de BFM TV sont apparues deux curiosités.

Un rapport déposé entre les mains du premier ministre proposant de ne plus parler de la notion d'intégration, d'autoriser le voile à l'école, de créer un délit de harcèlement racial et une Cour des Comptes de l'égalité.

Petit à petit se font jour les méfaits du communautarise qui apporte un repli sur soi, une méfiance envers l'autre, en fait un rétrécissement de l'humanisme.

Il ne me paraît pas choquant de considérer que c'est bien d'intégration que l'on doit parler, intégrer de nouveaux arrivants dans l'histoire de la France pour l'enrichir, ce qui nécessite à l'évidence qu'elle soit transmise, comprise et acceptée.

On pourra demander tous les rapports que l'on veut, probablement reviendra-t-on toujours à Ernest Renan qui rappelle que la nation est d'abord une volonté de vivre ensemble ce qui implique qu'il y ait acceptation d'accueillir l'autre mais qui aussi acceptation de celui qui arrive de sa terre d'accueil et de l'histoire de ses nouveaux compatriotes, comme de leurs traditions.

Nul doute que ce rapport, démontrant d'ailleurs combien la perte du réel est dangereuse dans ce pays sera assez vite enterré mais quelle dégringolade intellectuelle quand je pense aux chênes qu'on abat.

Et que l'on ne pourra bientôt plus brûler

Car c'est la deuxième communication du jour d'un brave gars insipide de je ne sais quelle association expliquant doctement que les campagnes étaient polluées à cause des feux dans les cheminées et des feux de végétaux.

Oui la nature n'est pas idéelle et quand on brûle du bois, il y a pollution.

J'ajoute que l'une des grandes causes de pollution au méthane est le pet des vaches et j'attends que vienne le rapport remis au premier ministre pour le combattre.

Le lecteur me pardonnera ces errements, mais il me semble que s'il y a une pollution qu'il faut combattre c'est la fumée de l'esprit, et là, il y a du travail.