jean.devalon

Par jean.devalon le 08/11/15
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…Au milieu de cette place, mon père s'est arrêté, je lui tenais le bras. Il n'avait pas besoin de cela pour marcher. Il m'a dit: « il faut que je me mouche. Il s'est mouché avec son grand mouchoir à carreaux. Un petit souffle suivi d'un autre puis d'un troisième. Il a remis son mouchoir dans sa poche.   Pendant ce temps, j'ai levé les yeux au ciel pour chercher l'étoile polaire. Le ciel était marron, un mélange de noir de la nuit et d'orange des lumières, une couleur laide, indéfinissable qui noie la beauté du cosmos dans la pâleur électrique de la civilisation. J'ai dit à mon père: « nous ne verrons pas notre étoile polaire ce soir. » Il m'a répondu: « Non, ce soir le ciel est couvert... » Puis il est mort debout; je l'ai couché dans le néant; ses beaux yeux bleus le regardaient fixement. Il aurait eu quatre vingt neuf ans deux mois plus tard....   Je ne crois pas aux signes post-mortem. Mais je crois, pour l'avoir vécu, expérimenté, que ce soir là, à ce moment, dans cette occasion-là, mon père m'a transmis un héritage. Il m'invitait à la rectitude contre les chemins de traverse, à la droiture contre le zigzag, aux leçons de la nature contre les errances de la culture, à la vie debout,à la parole pleine, à la richesse d'une sagesse vécue. Il me donnait une force sans nom, une force qui oblige et qui n'autorise pas.     Michel Onfray, Cosmos
Par jean.devalon le 03/11/15
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S’agissant de l’aide juridictionnelle un protocole d’accord est intervenu entre la chancellerie et les représentants de la profession d’avocat.

Ce protocole prévoit simplement de ne pas taxer uniquement la profession d’avocat en effectuant des prélèvements sur les caisses de règlement des avocats, ce qui est bien le moins ne serait-ce d’ailleurs qu’au titre de la pause fiscale. (On ne ricane pas)

Ce protocole a prévu une réévaluation qui est en fait un rattrapage mettant les indemnités versées au niveau de 2007.

C’est tout.

Rien n’est réglé, en fait.

Un protocole d’accord n'a nulle valeur obligatoire et la réflexion annoncée sur la remise à plat du système peut apparaître comme une incantation, si l’on n’y prend garde.

Dans la Gazette du palais, le sympathique président marseillais de la conférence des bâtonniers déclare : « à court terme, nous demandons que l’État trouve les fonds nécessaires pour une revalorisation immédiate de l’indemnisation des avocats. À moyen terme, nous voulons que sous réflexion sur une réforme de fond de l’accès au droit et à la justice… ».

Le terme de moyen terme est étonnant.

Que veut-il dire ?

Un protocole d’accord intervient pour faire cesser un mouvement, mais c’est immédiatement que la négociation doit s’ouvrir pour la suite et il est du rôle de la représentation de la profession d’y veiller.

Si elle-même parle de moyen terme, cela paraît montrer comme une temporisation qui n’existe sûrement pas.

Mais, nous savons que les avocats du Nord, notamment continue un mouvement de protestation que relais avec régularité Jean-Yves Moyard, dit Maître Mô sur Twitter.

Il a de grandes oreilles, mais pas celle de la Chancellerie !

Peut-être dira-t-on que ça a un côté village gaulois, genre Astérix et les autres.

Mais les avocats du Nord ont le soutien de tous les avocats de base, comme dirait la ministre de la parole, Madame Taubira.

Par jean.devalon le 02/11/15
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Le nombre d’avocats a augmenté de plus de 40 % en dix ans, induisant un débat sur la possibilité de la profession d’absorber ce nombre exponentiel.

Dans l’incessant déroulé des messages Twitter, celui d’un ancien président de l’ACE suggérant qu’il n’y avait pas trop d’avocats, mais inadaptation de ceux-ci au marché.

Pas les marchés des villages où la ménagère de plus de 50 ans s’en va acquérir ses choux et poireaux.

Mais l’adaptation à la réalité du monde économique.

Cela pose de multiples questions.

D’abord le taux d’augmentation est effectivement le même sur tout le territoire, semble-t-il.

Si l’on peut considérer un besoin de droit de la part des entreprises, la situation est différente selon les bassins d’activité.

Paris la toute belle n’est pas Marseille.

Les nouveaux marchés du droit que l’on peut imaginer seront peut-être réalité d’ici 10 ou 20 ans, mais en attendant, c’est la problématique des fins de mois qui est présente.

Car dans les territoires sinistrés, c’est de cela qu’il peut s’agir.

 

Mais, extrapolons.

Le rôle de l’avocat était, autrefois, de dire la parole de celui qui s’opposait et sa robe issue du clergé, ce rapport distancié à l’honoraire, autrefois banni, participait d’un temps où régnait la sacralité.

L’Avocat n’écrivait pas, il parlait.

Cela reste un peu dans les gènes de l’avocat judiciaire, dans sa façon de penser.

Mais le droit est aussi devenu une marchandise et l’Avocat dans le monde de l’entreprise (bientôt en) n’est pas tant celui qui s’oppose que celui qui facilite les décisions prises.

C’est un processus intellectuellement différent.

Quelque part la profession d’avocat est devenue un peu schizophrène.

 

Mais alors les marchés ?

On sait que l’entreprise aujourd’hui ne crée pas des objets dont le consommateur a besoin mais crée des objets dont elle  va convaincre le consommateur qu’il en a besoin, même si ce n’est nullement le cas.

A-t-on besoin du dernier iPhone ?

Là où l’on parlait autrefois du verbe créateur, c’est aujourd’hui l’entreprise créatrice qui règne.

Si l’on prend l’industrie pharmaceutique, on doit constater que celle-ci va jusqu’à créer des maladies.

Le taux de cholestérol qu’il ne faut pas dépasser est la conséquence de la création de médicaments, pas la cause.

Il en est ainsi pour toutes sortes de nouvelles maladies.

Peut-être de la fameuse hyperactivité des enfants ; quel médicament ?

Le consommateur est malade parce que l’entreprise l’a décidé pour vendre son médicament.

Ne voit-on pas aujourd’hui Google s’intéresser à la santé et vouloir créer le diagnostic prédictif ?

Ça fait peur !

 

Alors l’avocat.

Il est permis de se poser la question de savoir s’il n’en est pas de même pour la profession d’avocat.

Bien sûr il y a les nécessités de l’évolution économique qui contraignent cette vieille dame que la profession à se bouger un peu les fesses dans son comportement ; c’est vrai.

Mais quel avocat veut le marché ?

On devine qu’il ne veut pas l’avocat d’antan, celui qui s’oppose.

Il veut celui qui met en forme ce qui a été décidé, l’exécutant.

Il peut vouloir aussi un avocat dévalorisé qui peut alors être utilisé, par exemple pour l’aide juridictionnelle au sein de structures dédiées qui pourraient satisfaire des intérêts financiers puissants.

Quand on dit que les avocats ne sont pas adaptés au marché, eux dont la culture restent marquée de la tradition sacramentelle, c’est-à-dire d’un rôle de la profession allant au-delà du matériel et de la marchandisation ; cela peut vouloir dire aussi qu’ils doivent renoncer à cela pour être simplement les exécutants fidèles du monde dit néolibéral, financier.

 

C’est la raison pour laquelle je préfère pour ma part dire que la question du nombre des avocats pose bien une difficulté car dans ce monde monétisé, l’avocat matériellement fragilisé est un adversaire affaibli qui aura du mal à s’opposer, à se révolter.

Mais on comprend que, pour ceux qui estiment que l’avocat ne doit être qu’un facteur économique, alors cette croissance exponentielle est une chance.

Pour le marché.