Par jean.devalon le 30/10/15

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À Melun, un avocat a tiré sur le Bâtonnier de l’ordre, puis s’est suicidé.

Sauf à ce qu’un homme tire au hasard, la victime dit le sens du crime.

Oui ; si l’on tire sur un juif, ou un arabe, ou tout autre, la victime dit le sens du crime !

C’est sur un Bâtonnier, chef de l’Ordre, que l’on a tiré et la compassion va vers cet homme victime de son engagement professionnel.

Ici c’est donc le Bâtonnier, la profession.

Un fait divers n’est jamais la résultante d’un facteur unique, il y a comme diraient les juristes, pluralité de causes.

Il en est une, en revanche, que l’on ne voit pas, c’est l’appartenance politique.

Quelle est donc cette étrangeté que de répéter partout que l’avocat qui a tiré était d’extrême droite ?

Quel rapport ?

Un homme se condamne-t-il à cause de son étiquette ?

Nous avocats, c’est à espérer, savons aller au-delà.

Chaque observateur d’un fait divers le contemple au regard de sa propre sensibilité par l’inéluctable effet miroir.

« Journal indélicat » a écrit le tueur et cela nous éloigne du journal d’un avocat, d’Eolas.

C’est le journal d’un avocat défait.

D’un homme, est-il besoin de le dire, d’une extrême fragilité psychologique.

Un de ceux qui, par conséquence, font de toute une montagne, là où les autres apprennent à supporter, ce qui ne peut être changé.

Un homme en faillite.

Placé en liquidation, et pendant ce temps travaillant, salarié, pour un autre avocat.

Puis, une fois les opérations de liquidation terminées étant,  semble-t-il, revenu s’inscrire au Barreau ;  mais que pouvait-il se passer donc ?

Alors donc, le bâtonnier allait lui notifier une suspension pour trois ans, ce qui signifie une mise à mort professionnelle pour un homme de 64 ans, et nous imaginons que ce n’était pas un plaisir d’annoncer une telle chose.

Voyez-vous, au-delà de ce fait divers-ci, cela dit assez, aussi, derrière les rodomontades de beaucoup d’avocats sur leur grande réussite, les situations économiques fragilisées, les découverts abyssaux et l’inquiétude grandissante.

Nous savons bien, nous, les avocats, celui-ci ou celle-là qui va bientôt tomber, et puis qui tombe.

Bien sûr, pluralité de causes ; et toute extrapolation est vaine.

Mais ce drame ressemble aussi à ces faits divers de détresse où les hommes tuent leur banquier, leur patron et puis ensuite se suicident.

Pluralités de causes, toujours.

Journal indélicat, c’est le journal de la défaite d’un homme.

Un peu notre défaite à nous tous, les avocats, d’ailleurs.