Par jean.devalon le 19/03/14

Est justifié le refus de transcription d'un acte de naissance fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays lorsque la naissance est l'aboutissement, en fraude à la loi française, d'un processus d'ensemble comportant une convention de gestation pour le compte d'autrui, convention qui, fût-elle licite à l'étranger, est nulle d'une nullité d'ordre public selon les termes des deux premiers textes susvisés .

En conséquence l'arrêt de la cour d'appel qui a énoncé, d'une part, que la régularité de l'acte de naissance n'était pas contestée, ni le fait que M. X... et Mme Y... fussent les père et mère de l'enfant, de sorte que l'acte était conforme aux dispositions de l'article 47 du code civil, d'autre part, que la fraude à la loi invoquée par le ministère public pouvait ouvrir à celui-ci, le cas échéant, l'action en contestation prévue par l'article 336 du code civil, mais ne conduisait pas pour autant à juger que l'acte de naissance était, par lui-même, contraire à l'ordre public est cassé

Cour cassation, 19 mars 2014

Par jean.devalon le 16/02/14

"Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres. [...]

Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? "

Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, 1835-1840

Cela passe lui a répondu Georges Orwell, par la création d'une langue nouvelle, le novlangue

"Le vocabulaire du novlangue était construit de telle sorte qu'il pût fournir une expression exacte, et souvent très nuancée, aux idées qu'un membre du Parti pouvait, à juste titre, désirer communiquer. Mais il excluait toutes les autres idées et même les possibilités d'y arriver par des méthodes indirectes. L'invention de mots nouveaux, l'élimination surtout des mots indésirables, la suppression dans les mots restants de toute signification secondaire, quelle qu'elle fût, contribuaient à ce résultat. Ainsi le mot libre existait encore en novlangue, mais ne pouvait être employé que dans des phrases comme « le chemin est libre ». Il ne pouvait être employé dans le sens ancien de « liberté politique » ou de « liberté intellectuelle ». Les libertés politique et intellectuelle n'existaient en effet plus, même sous forme de concept. Elles n'avaient donc nécessairement pas de nom. En dehors du désir de supprimer les mots dont le sens n'était pas orthodoxe, l'appauvrissement du vocabulaire était considéré comme une fin en soi et on ne laissait subsister aucun mot dont on pouvait se passer. Le novlangue était destiné, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but. "

George Orwell:1984 - Appendice - Les Principes du Novlangue1984 Anonyme

Tout ce qui est différent est à bannir, pour que le peuple soit docile, troupeau indifférencié pour lequel le slogan tient lieu de pensée.

Déjà en son temps Rabelais le pressentait : « Soubdain, ie ne sçay comment, le cas feut subit, ie ne eu loisir le consyderer. Panurge sans autre chose dire iette en pleine mer son mouton criant & bellant. Tous les aultres moutons crians & bellans en pareille intonation commencèrent soy iecter & saulter en mer après à la file. La foulle estoit à qui premier saulteroit après leur compaignon. Possible n'estoit les en guarder. Comme vous sçavez estre du mouton le naturel, tous iours suyvre le premier, quelque part qu'il aille »"

Il y a bien sûr aussi la question du sexe qui gène cette rééducation du peuple moutonnier, cette différence ultime qu'il faut réduire voire supprimer pour que vienne cette indifférenciation nécessaire à la bonne reconstruction de la nature sale.

C'est pourquoi « La théorie queer veut avant tout repenser les identités en dehors des cadres normatifs d'une société envisageant la sexuation comme constitutive d'un clivage binaire entre les humains, ce clivage étant basé sur l'idée de la complémentarité dans la différence et censé s'actualiser principalement par le couple hétérosexuel. Elle considère le genre comme un fait construit et non comme un fait naturel, et s'intéresse à la manière dont une identité de genre peut être le résultat d'une construction sociale.

Inversement, une identité peut au contraire échapper à un tel déterminisme, dans des personnes ou des pratiques qui sont alors qualifiées de queer. L'identité queer, de ce fait, est par nature éphémère. Et malgré l'insistance de la théorie sur la sexualité et le genre, l'analyse peut s'appliquer à presque tout le monde : qui ne s'est jamais senti inadéquat face aux restrictions de l'hétérosexualité et de rôles de genre ? Si une femme s'intéresse aux sports, ou un homme au ménage, sont-ils donc queer ?

Le terme queer, quand il est appliqué aux pratiques sexuelles, offre beaucoup plus d'innovation que d'autres termes comme « lesbienne » et « gai ». La théorie queer, avec son intérêt pour les implications de sexualité et de genre, reste surtout une exploration de ces implications en termes d'identité. La nature provisoire de l'identité queer implique beaucoup de discussion (au niveau théorétique autant qu'au niveau social) sur la façon de définir l'adjectif « queer ». Lorsqu'un interlocuteur se désigne comme « queer », il est impossible de déduire son genre. Pour cette raison, la plupart des théoriciens queer insiste sur l'auto-désignation de l'identité queer...» (Incertain wikipédia)

Tout le monde devra-t-il bientôt porter son blouson de queer ?

Mais, finalement ; l'indifférenciation, cette haine de toute différence, surtout de la pensée, n'est-elle pas en germe dans l'idée démocratique laquelle, en quelque sorte serait une autre forme de dictature ; la dictature édredon de la pensée ?

Comme le chantait Brel, mort avant d'être rééduqué et à tout autre propos : c'est une idée à vous fabriquer des armées d'impuissants ; et pas seulement de la pensée.

Et sur cette considération ultime, je m'en vais étendre la lessive !

Par jean.devalon le 01/02/14

Alors, voilà :

Madame DATI voulait confier le divorce par consentement mutuel aux notaires.

Madame TAUBIRA a envisagé de créer un monstre juridique : le greffier juridictionnel ; ce qui est idiot car si le greffier n'est plus greffier, c'est qu'il devient juge, en fait, même au rabais.

Et puis maintenant, il s'agirait de confier le divorce par consentement mutuel aux avocats, par le biais de l'acte d'avocat.

Et immédiatement les notaires font offre de service avec leur acte authentique qui n'est que plaqué or, car il n'a pas l'autorité de la chose jugé, peut être annulé et aucunement n'a la force d'un jugement.

Alors voilà, c'est le bal des hypocrites et chacun y a sa part.

D'abord le ministère qui ne pense qu'à ses caisses vides et veut se débarrasser de la matière essentiellement pour des raisons financières malgré les trémolos de la ministre.

Ensuite les notaires qui ne connaissent pas le divorce mais seulement les liquidations de communauté, c'est-à-dire les questions d'argent.

Et encore, en matière de consentement mutuel s'il y a des biens immobiliers, sinon, c'est l'avocat qui s'en occupe.

La question posée est celle du monopole immobilier confié aux notaires, c'est tout.

Et puis les avocats ; moi.

Je n'ai aucunement honte de dire que le divorce est aussi un marché, une part du chiffre d'affaires de mon cabinet.

C'est normal, il n'y a pas à rougir, mais à rendre un service efficient.

Alors, soyons clairs.

Le divorce, originellement, c'était un procès.

Le divorce par consentement mutuel a été introduit en 1975, seulement.

C'est identitairement le domaine de l'avocat : celui d'abord de l'humain ; il faut conserver cette identité parce qu'elle est efficace et que la profession porte dans ses gènes ce travail là.

Elle l'emporte parfois dans ses nuits.

Oui, il est légitime quand le divorce devient de masse que l'administration de la justice s'interroge, comme il est légitime de penser que la procédure actuelle a un aspect désuet.

Ces pauvres gens que l'on fait attendre des heures dans des locaux inadaptés entourés de robes noires corbeau pour passer quelques minutes devant un juge parfois ailleurs.

C'est aussi une réalité.

Le mariage tend être plus un contrat qu'une institution et donc sa dissolution tend à être de plus en plus contractuelle.

J'avoue que cela ne me choque pas que l'on envisage un divorce devant avocat, cela me semble en fait du bon sens.

Bien sûr il faut un contrôle ; et le juge est là pour ça, comme pour les actes notariés qu'il annule à tour de bras.

Faut-il imaginer deux avocats obligatoirement ?

Oui, mais alors avec un partage d'honoraires pour que le justiciable ne soit pas pénalisé par cette obligation.

Prenons pour cela exemple chez les notaires.

Pour ma part, je ne comprends pas vraiment que les avocats, aujourd'hui demandent le contrôle des juges, paraissant douter d'eux-mêmes.

Je verrai bien, alors, comme aujourd'hui, des actes pouvant être établis par un seul avocat et faisant l'objet d'un jugement sur requête sans comparution des parties.

Ou la possibilité du divorce par acte d'avocat, simplement.

Et puisque les notaires veulent leur part du gâteau, ne serait-ce pas l'occasion d'imaginer qu'ils puissent aussi le faire.

Mais, alors il faudrait, bien sûr que les avocats puissent faire les contrats de mariage et autres actes bêtement monopolistiques...

Mettre fin à cet archaïque monopole immobilier.

Donner de la liberté au justiciable consommateur...

En tous cas, il est pitoyable que la matière du divorce dont nous savons, nous les avocats, combien elle est porteuse de souffrance fasse l'objet de la part du ministère et de l'actuelle ministre de tant de légèreté.

Le divorce n'est pas une balle de ping-pong, c'est un coeur fendu.

Par jean.devalon le 28/01/14

Si la rupture du lien matrimonial crée entre les époux une disparité dans leurs conditions de vie, l'un des époux peut être tenu de verser à l'autre une prestation compensatoire.

Pour cela le juge devra apprécier la disparité et rechercher quelles sont les ressources de l' un et de l'autre avec précision

Ce d'autant que les situations peuvent donner lieu à une appréciation différente

Ainsi le juge ne doit pas, pour apprécier la disparité, tenir compte des sommes versées au titre de la réparation des accidents du travail.

Il devra tenir compte d'une pension d'invalidité (cassation 1 ère civ. 25 septembre 2013) mais, dès lors, pas d'une rente accident du travail (cassation 1 ère civ. 25 septembre 2013).

Finalement, le divorce est au moins une matière qui incite à travailler plus pour payer moins..

Il faut seulement avoir un accident

Par jean.devalon le 20/01/14

Pardonnez à un homme de s'aventurer sur le terrain incertain de l'avortement.

Je ne crois pas que, pour une femme, interrompre une grossesse soit chose anodine.

On sait la souffrance des femmes qui perdent leur enfant à naître qu'elles désiraient.

Un amendement prévoit de retoucher la loi Veil en supprimant, je crois, la notion de détresse pour, finalement, faire de l'avortement une forme comme une autre de contraception.

Immédiatement manifestent Chrsitine Boutin, le Front National et le cardinal Barbarin .

Il y a le jour et la nuit, la vie et la mort.

La vie humaine est insondable mystère et il est bon que le primat lui reste car une société ne peut être fondée sur la notion de mort, désespérante.

Cela ne signifie pas, dans mon esprit qu'il faille revenir en arrière et d'ailleurs on voit bien que le projet espagnol qui rencontre l'opposition du peuple espagnol sera amendé.

Cela veut dire seulement qu'il ne suffit pas de partir du fait que 35 % des femmes auraient subi un avortement, ce qui montre l'échec horrible de la politique de contraception , pour banaliser ce geste..

Est-ce pour masquer cet échec, finalement des associations, que l'on veut faire de l'avortement un geste banal ?

Je crois pour ma part que le militantisme en l'espèce des un comme des autres oublie la compassion et la souffrance.

L'humanisme conduirait à maintenir la distinction de l'avortement d'avec les autres formes de contraception même si le terme détresse, à l'appréciation de la seule femme pourrait être, c'est vrai, interrogé

Il ne s'agit pas tant ici de délais administratifs de réflexion que d'accompagnement psychologique et humain ; mais ça les militants de tout poil s'en préoccupent finalement assez peu faisant passer leurs convictions avant l'humaine compassion.

Fait-on assez pour la contraception?

Et là, Monsieur le cardinal, silence!

Par jean.devalon le 19/01/14

Pour être bon avocat, il faut s'adapter à sa clientèle et avec elle échanger.

J'ai quelque mal, l'avouerais-je, avec les tenants du foot.

Mais un juriste d'une société cliente m'a passé un texte d'un jésuite, Philippe Bacq, en guise de préparation au Synode sur la famille.

Bon, il ne faut peut-être plus me demander si je crois que Jésus était le fils de Dieu autrement que symboliquement, ou si Marie était vierge autrement que symboliquement...

Peut-être plus.

Mais j'écoute les religieux comme les scientifiques, comme tous ceux qui ont une connaissance à faire partager.

J'ai voyez-vous, plus de mal avec les dogmatiques et les militants, qui derrière le principe sacralisé, d'une manière ou d'une autre, oublient l'humain, parfois.

Partager une connaissance, pas imposer à l'autre sa conception

L'aléa de l'humain est au coeur de ce questionnement.

Donc, Philippe Bacq s.j , d'évoquer le mariage selon la loi naturelle sur laquelle ce synode doit s'interroger en y intégrant en conséquence, la contraception, les divorcés remariés, les mariages homosexuels

Il évoque le fait que le critère moral des chrétiens d'aujourd'hui est de se rendre heureux, de se faire du bien, de grandir en humanité. Il appelle cela la vie du désir.

Or la loi naturelle traditionnelle, c'est l'obligation morale : il faut faire le bien et éviter le mal.

Il faut ! Le peut-on toujours ?

Le bon jésuite, en synthèse, voit les choses autrement en invoquant saint Thomas pour qui la loi naturelle est la capacité de la créature raisonnable de participer à la providence divine en pourvoyant à soi-même et aux autres.

Le couple compris alors de manière concrète ; l'autre est un absolu à respecter ; c'est en la personne de l'autre que se trouve le fondement de l'éthique.

Les conséquences de ce regard sont une compréhension de ce que les préceptes peuvent être l'objet de changements si ces changements promeuvent ce qui est utile à la vie humaine.

Et tel parait être le cas aujourd'hui.

Appelant, sur la base d'une analyse théologique l'institution catholique à se souvenir des mots de Jean XXII demandant de distinguer entre la substance de la foi et la formulation dont on la revêt et à en tenir compte pour mesurer tout selon les formes et proportions d'un magistère à caractère surtout pastoral.

Ce petit billet pour dire que rien ne doit être intégralement dissocié de la réalité du vécu des êtres qui aiment.

Et pour montrer que les juristes réfléchissent tous azimuts

(Mais j'ai tout copié !)

Par jean.devalon le 15/01/14

Le site divorce-discount.com vient d'être condamné à cesser toute diffusion d'offre de prestations juridiques.

Il était temps !

Le juge dit notamment que les clients "ne bénéficient d'aucun conseil, ni avis sur les conditions et conséquences de leur démarche tant pour eux-mêmes que pour leur enfant mineur (...)", et que "la religion du juge, qui est en droit de tirer de la présence de l'avocat à l'audience la certitude de l'accomplissement de ce dernier de son obligation de conseil envers son client est ainsi surprise et trompée, tout comme celle des justiciables (..)".

Le juge note encore que "l'absence de toute rencontre avec le client avant l'audience empêche l'avocat de procéder à la "personnalisation indispensable de la convention de divorce", ce qui caractérise un manquement par l'avocat à son devoir de conseil »

Le divorce, ce n'est pas rien.

C'est une vie qui se transmute, parfois dans la souffrance.

C'est difficile et nécessite temps et attention.

Et il existe des braconniers du droit.

Pas des braconniers ; le braconnage a un côté sympathique et demande de l'effort.

Des charognards du droit plutôt.

Attention lecteur à n'en être pas victime!

Par jean.devalon le 14/01/14

Ce matin, à la première audience du président en matière de divorce, je pensais, allez savoir pourquoi, à ce petit homme sortant en catimini de sa garçonnière avec un gros casque de moto sur la tête pour qu'on ne le reconnaisse pas.

Oui, la vie privée d'un président regarde les Français quand l'image du pays est en jeu, quand sa sécurité est en cause, quand l'usage des deniers publics l'est également.

Quid en effet de cette curieuse notion de première dame ?

D'ailleurs la première dame, c'est un terme américain qui n'appartient pas à la République et qui, de mémoire, est apparu lors du règne de Nicolas Sarkozy avec Carla dont twitter comparait la plastique avec celle de Julie.

Eh bien, mon cochon !

Mais revenons à nos moutons, si je puis dire.

Il existe l'épouse du président de la République ou sa compagne, selon qu'il soit marié, ou pas.

C'est finalement un curieux paradoxe, alors que les moeurs changent et que les couples se dissolvent de voir que l'épouse, ou la compagne, du président, dans une détestable conception monarchique, se voit reconnaître une sorte de rôle officiel dans les institutions de la République.

Se rappelle-t-on de l'actuelle compagne, après l'élection, remontant les Champs-Élysées avec le président, comportement inusité et, pour tout dire, déplacé

En fait, la République doit tenir compte des modifications des moeurs et il est temps de reconnaître que l'épouse ou la compagne ne sont rien, ne sont pas élues, n'ont pas à se voir attribuer, ou à s'attribuer elles-même, un rôle officiel.

La liqueur séminale du président n'a pas la valeur sacrée du Saint Chrême. !

Alors, quelle que soit la commisération que l'on puisse éprouver envers la femme humiliée, c'est au fond l'occasion de rappeler que le seul élu du peuple c'est le président et qu'il faut en finir avec le ridicule de la prétendue première dame, héritage des années bing-bling qui perdurent grandement.

Par jean.devalon le 03/01/14

Le divorce devient-il pour les juges une matière méprisable, le paria du droit ?

Après avoir envisagé de confier le divorce par consentement mutuel aux notaires, voici qu'un rapport proposerait de le confier aux greffiers.

J'ai tendance à penser que les magistrats scient eux-mêmes la branche sur laquelle ils sont assis quand je vois les rapports de premiers présidents de cours d'appel en goguette qui ne paraissent avoir qu'un idéal : diminuer la sphère d'activité des juges et créer des sanctions procédurales pour les avocats.

Cela paraît antidémocratique dans la mesure où le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et l'autorité judiciaire assurent ensemble un équilibre des institutions, du fonctionnement de la société et qu'à force de vouloir affaiblir l'autorité judiciaire en cherchant à réduire ses activités, ou encore à empêcher les voie de recours, on se dirige encore plus vers une société administrée.

Le monde du fonctionnaire roi.

Parlons donc un peu du divorce par consentement mutuel.

De deux choses l'une : ou l'on considère que le divorce est un contrat et il faut le confier aux professionnels du droit existant, en l'espèce les avocats ; où l'on considère que le divorce doit, en raison de l'importance pour la société de ses conséquences notamment extra patrimoniales, faire l'objet l'appréciation de la justice et donc d'un jugement.

Le juge n'est pas un fonctionnaire, même si, encore une fois, les premiers présidents parfois laissent penser le contraire.

Il est, aux termes de son statut, indépendant et inamovible et c'est seulement ainsi qu'il peut rendre la justice au nom du peuple français, car il ne la rend pas au nom de l'administration française.

Les rumeurs parlent donc de confier le divorce aux greffiers, pas même aux greffiers en chef.

Le greffier est un fonctionnaire de catégorie B dont je ne sache pas au demeurant qu'il soit inamovible, (mais ceci est une supposition) (lire ici)

Je voudrais que l'on m'explique comment l'on va faire rendre un jugement par un fonctionnaire.

Ou alors, il ne s'agira pas d'un jugement puisque le rôle naturel du greffier est d'attester les déclarations et actes pendant les audiences.

Mais qu'en sera-t-il alors de son intervention ?

Quel pouvoir d'appréciation sur les actes établis par les avocats ?

S'il n'est pas juge, que pourrait-il faire ?

Ou alors, il serait envisagé de rendre le greffier indépendant et inamovible, c'est-à-dire d'en faire un magistrat de catégorie B?

Tout cela paraît faire partie, encore, de ces rapports multiples déposés, pour tout le dire, par des gens bizarres.

Il y a, c'est vrai quelque chose d'archaïque dans la procédure existant, quand les justiciables attendent des heures dans des locaux inadaptés, pour passer devant un magistrat plus ou moins aimable et qui paraît parfois transpirer l'ennui.

Mais, en ayant tous les égards dûs à la profession de greffier, vouloir lui confier le divorce par consentement mutuel, outre que cela doit probablement conduire à une hérésie juridique, signifie assez, encore une fois, le mépris dans lequel l'humain est tenu dans cette république.

La solution consiste à donner à la justice les moyens dont elle manque cruellement, ce qui conduit bien sûr à s'intéresser à la réforme de l'État, à la baisse des dépenses publiques qui peuvent être repensées, pour se rappeler que dans une société démocratique une justice puissante est une garantie des libertés individuelles et que cela passe par une sphère d'activité large.

Mais probablement allez-vous penser que je reviens du Colorado ou la vente récréative du cannabis est désormais libre, encore que la floraison des rapports publics variés ait quelque chose de récréatif et qui sent parfois une réflexion fumeuse.

Par jean.devalon le 30/11/13

Ainsi, la République serait en danger, menacée par le racisme, et Madame Taubira serait une nouvelle icône venue la sauver, une Jeanne d'Arc qui ne serait plus pucelle, enfin, je crois.

Le racisme, la crainte de l'autre, la xénophobie sont inhérents à la nature humaine et, franchement, s'il faut les combattre, ce n'est pas par une forme d'exploitation politique qui ne peut qu'avoir des effets inverses d'ailleurs.

Ce ne sont pas des événements surmédiatisés, mais mineurs, qui mettent la République en danger, ou alors, ce serait vouloir dire qu'elle est mourante.

La République, ce sont des règles qui s'imposent à tous les citoyens et à ceux qui vivent sur le territoire.

Parmis ces règles est le respect de la laïcité.

Et ce qui met la République en danger, ce ne sont pas les épiphénomènes exploités par les politiques et les associations veillant à leur fonds de commerce, c'est, me semble-t-il, une forme d'altération de la conception de la laïcité; une forme de corrosion.

Dans la conception pure de la laïcité, chacun est libre d'avoir une religion et de l'exercer, mais dans la sphère privée.

Il n'y a pas à imposer ses convictions à l'école, à l'hôpital ou ...en prison.

Ainsi, en prison, il est légitime de nourrir les détenus.

Sinon, la France serait critiquée.

Mais une juridiction vient de condamner l'Etat à servir, en prison, des repas Halal au nom de la liberté d'exercice de sa religion.

Le rôle de la République n'est pas de faire vivre ensemble des communautés, mais des citoyens.

La conception qui consiste à dire que les repas confessionnels doivent être servis au nom de la religion fait entrer celle-ci dans la sphère publique et soumet la République au fait religieux.

C'est du communautarisme et c'est cela qui attise en France les phénomènes de rejet justement parce qu'il y a affaiblissement de l'idée républicaine.

L'homme appartient d'abord à sa communauté et soumet la république à celle-ci!

Ce n'est pas la conception française, c'est générateur de conflits!

Ceux qui manifestent contre le racisme devraient aussi manifester contre le communautarisme et pour le respect de la laïcité par les communautés.

Mais, il y faudrait du courage ...

Sur la décision du tribunal administratif de Grenoble, « Elle a été fortement soutenue par la garde des sceaux, Christiane Taubira qui souligne l'importance de rester attentif aux « droits civiques » des détenus. »

Une icône républicaine, vraiment ?

« Cette décision marque donc un progrès considérable pour nos frères et soeurs détenus et ouvre aussi la voix au repas casher. Reste à savoir si la viande proposée sera belle et bien halal car les conditions du sacrifice n'ont pas été dévoilées pour l'instant. Mais il s'agit là d'un tout autre débat... » Dit Oum Ayoub.

Le premier débat, en effet, c'est celui de la laïcité qui parait, elle, en danger.