Par jean.devalon le 12/11/08

Nous autres, avocats, sommes gens de tradition portant, dans l'exercice professionnel la digne robe noire.

Le débat sur la multiplication des commémorations qu'adore la république laïque nous interpelle, à l'évidence.

C'était hier, le 11 novembre et le souvenir de la Grande guerre.

Nos grands-pères se sont éteints qui l'avaient faite, enfin les miens.

Le temps est venu des historiens.

Pourtant, hier, la blogosphère des avocats ayant des airs de noosphère, une aimable avocate de Tulle m'a fait parvenir ce document, annonçant la mort le 7 septembre 1914, face à l'ennemi d'un ancêtre qui était jusqu'ici une date de naissance sur un arbre généalogique établi, il est vrai, en 1909.

Quel banal, mais triste, destin de ce campagnard du Lot, né à Labastide-Murat, habitant Vaillac, mort si jeune et enterré, là-bas, dans un lointain village de l'Oise.

C'est la grâce d'Internet de faire renaître tous ces anonymes, dont la vie a été volée, pour un instant fugace.

C'est, pour moi, la plus belle des commémorations.

Par jean.devalon le 03/11/08

Et loilà encore un rapport de la Cour des Comptes qui pointe du doigt les dépenses de l'Assemblée Nationale et des représentants du peuple.

Tous ces gens qui sont, selon leurs propos répétitifs, au service du peuple, mais qui aiment bien être servis..

47 % d'augmentation de budget en dix ans...

L'efficacité de nos lois n'a guère augmenté dans les mêmes proportions

Il parait que le vieux monde craque.

Rêvons du 4 août...

Par jean.devalon le 24/10/08

J'avoue avoir parfois des raisonnements au ras des pâquerettes. D'abord, mon entourage a su m'en convaincre. Et puis, au fond, c'est écolo d'avoir des raisonnements au ras des pâquerettes.

Donc, la chambre de l'instruction, de Paris a, par erreur, infirmé au lieu de confirmer une décision et un violeur se trouve en liberté.

Peut-être y a-t-il là d'ailleurs un complot parce que, franchement, une telle bourde le jour d'une protestation du monde judiciaire contre le garde des sceaux, il faut vraiment le faire exprès.

Mais si l'on parle de sanction des juges, il est répondu indépendance de la justice.

Du haut de mes pâquerettes, je m'interroge.

Bien sûr, le fond d'une décision relève de la liberté d'une intelligence.

Je condamne ou je ne condamne pas. Je libère ou je ne libère pas...

Mais, quand on fréquente le monde judiciaire, il y a autre chose.

Ceux qui, de manière systématique, arrivent à l'audience une demi-heure en retard, que l'on attend et qui trouvent cela normal.

Ceux qui à l'audience traitent le public et les avocats comme des chiens, d'une façon qui dans la société privée conduirait à un licenciement.

Ceux qui jugent sur ce que personne ne leur a demandé de juger et qui ont trop de bouteilles pour ne pas le faire volontairement.

Et donc, ceux qui lisent attentivement ou pas ce qu'ils signent.

Etc., etc....

Bref, il y a la liberté du raisonnement qui doit être défendue, mais le manque de rigueur professionnelle qui doit être combattu.

Et pourquoi pas sanctionné?

Complexe !

Voilà, c'était ma minute au ras des pâquerettes et je retourne vers celles-ci en concurrence avec les vaches limousines

Par jean.devalon le 21/10/08

Aujourd'hui, je le confesse devant Rachida toute puissante, j'ai été cruel.

Faut dire que je n'aime pas les renvois d'audience, sauf quand je les demande et que nous les avocats, en sommes coupablement friands.

Aujourd'hui, ils se sont ligués les renvoyeurs.

Il y en a un qui reçoit toujours ses clients la veille de l'audience et qui promet des conclusions pour dans quarante huit heures, à chaque fois. Alors, il faut renvoyer...

Dieux du ciel, ce matin il a fini par renoncer à sa demande de renvoi que je refusais pour demander des délais. Noël, Noël !

Un autre confrère à 10 heures n'était pas là. Je lui bigophone : et l'ai réveillé, « putain (oui) j'avais oublié et puis j'étais de garde à vue (pas en) toute la nuit et puis je dois filer devant le JLD ». Bon tant pis, on renvoie.

Il y en a un autre spécialiste de tout : l'oubli, les pièces au dernier moment, un enterrement (famille très nombreuse apparemment) et encore aujourd'hui, oubli et pièces transmises à l'instant par son client. Bref jamais de conclusions.

Là je me suis vengé : j'ai dit que je refusais tout envoi et qu'il me faxe ses pièces et conclusions entre midi et deux. Que nous plaiderions en l'état

Pas content l'olibrius.

Et vers 13 heures, conclusions et cinquante pièces. Il a conclu, ouaiiiis ! C'est gagné !

Alors, benoîtement je faxe en retour que je ferai renvoyer.

En rigolant doucement.

Mais en fait, c'est sa collaboratrice qui a jeûné.

Alors je m'en veux presque.

Par jean.devalon le 21/09/08

" L'automne s'annonce frisquet au tribunal de grande instance (TGI) de Thionville (Moselle) où, faute de chauffage, fonctionnaires et avocats se voient conseiller de revêtir une petite laine, a-t-on appris vendredi auprès des intéressés.

"En raison des contraintes budgétaires, je vous informe qu'il ne sera pas possible d'allumer le chauffage au sein du Palais de justice avant, au mieux, mi-octobre", informe une gestionnaire du TGI dans un mail à ses collègues et aux avocats du barreau de Thionville, dont l'AFP a obtenu une copie.

"En conséquence, je vous invite à vous habiller chaudement le matin au regard des températures annoncées", conseille cette fonctionnaire."

Il y a des dépèches qui font froid dans le dos...

Bientôt, faudra-t-il économiser l'eau des toilettes et penser à prendre ses précautions avant d'aller au Palais?

Par jean.devalon le 12/09/08

Je livre ici un propos à contretemps.

Sur la fin de vie.

Propos à contretemps, parce que l'actualité de ces semaines n'a pas traité de ces cas humains où les thèses des uns se confrontent avec les thèses des autres pendant que la mort reste la mort, c'est-à-dire une rencontre intime avec le néant, ou l'absolu, selon les convictions de chacun.

Il y a quelques mois, voir un an ou deux, j'avais acheté le livre de Noëlle Châtelet, dans lequel elle relatait le parcours de sa mère, Mireille Jospin, ayant choisi de se donner la mort à quatre vingt douze ans.

C'est curieux, les livres : on les achète et parfois on tourne autour. Celui-là était resté dans la pile au pied de mon lit. Deux ou trois fois, ma main l'avait approché, mais s'était retirée.

Peut-être la crainte du sujet, ou le thème sous jacent de la mort de la mère ; et chacun sait que pour un homme rien ne remplace une mère. On reste pour elle « petit poussin » quand bien même son crâne ressemblerait-il à une piste d'atterrissage pour mouches.

Comme ce si beau livre d'Albert Cohen sur sa mère, le livre de ma mère de mémoire, qui se évoque aussi, d'ailleurs, Marseille.

Enfin, j'ai donc ouvert la dernière leçon, dialogue intime entre une mère qui prépare sa mort et une fille ,respectant le choix qui lui est imposé.

Intimité des pudeurs. Famille, mais solitude.

Ce qui est beau dans ce livre, c'est l'expression de la volonté de la vieille dame, comme l'expression du respect de cette volonté, impliquant parfois une forme de silence.

Bien sûr, vient à l'esprit la question de savoir ce que l'on fera soi-même le moment venu, mais c'est là une question aussi incertaine que les résultats de l'équipe de France de football.

En revanche, la lecture de ce beau livre m'a conduit à regretter ,quand ces cas ultimes deviennent médiatiques ,que l'on oublie l'intimité de l'être et sa volonté, pour en faire un combat où ce qui paraît souvent important est de se mettre le plus possible en avant.

Ce qui conduit finalement à occulter l'essentiel et à faire de ces temps ultimes quelque chose d'impudique, de violent et de profondément triste.

Par jean.devalon le 05/09/08

En copié collé sur le point fr :

« Le divorce. Nicolas Sarkozy avait repris à son compte l'idée ancienne que le divorce par consentement mutuel était possible devant notaire, de préférence au juge. Plus rapide, plus clair, moins cher. Tout le monde avait à y gagner. Sauf les avocats, qui se sont mobilisés et ont obtenu, après une rencontre avec le chef de l'Etat à l'Elysée, de pouvoir eux-mêmes préparer les dossiers des couples désunis, sans qu'il soit besoin de passer devant le juge. Rachida Dati, qui avait d'entrée de jeu souscrit à l'innovation, a capitulé, se rangeant à la décision présidentielle. Chancellerie et organisations d'avocats discutent désormais de la fixation d'un barème d'honoraires pour les divorces, qui reviennent en moyenne à 1 300 euros par personne (2 600 pour un couple). « Nous sommes pour un tarif plus raisonnable », assure, résigné, le directeur de cabinet de Dati.

A ma connaissance, les avocats ont simplement rappelé l'importance de l'arbitrage du juge.

Et c'est ce qui a été décidé.

Ce qui est écrit est donc faux et c'est étonnant de voir un tel degré d'insuffisance journalistique !

Pour le reste de l'article si vous avez envie.

Mais, faut avoir envie!

Par jean.devalon le 05/09/08

J'ai voulu aujourd'hui bien faire.

Je sais qu'à l'énoncé de ce propos, vous les femmes, allez commencer à sourire sûres de votre immémoriale supériorité.

Mais, bon, je suis allé chercher notre petite fille, pendant que dame Catherine, qui néglige son blog, travaillait, pour gagner le pain du ménage.

A la sortie de l'école, une très jolie maman (mais non je ne fais pas de provoc !) m'a donné une invitation pour un après midi.

Pour notre fille, l'invitation, enfin !

J'ai acheté le goûter à la boulangerie, suivant en cela précisément les instructions.

Puis passage au cabinet.

Et là, plus d'invitation !

On avait dû, à l'insu de mon plein gré, la voler.

Bine sûr, tant la mère que la fille, m'ont regardé d'un air que je préfère ne pas dire pour ne traumatiser personne.

Comment rattraper le truc ?

J'ai appelé la maman, illico presto, pour rétablir la situation.

J'ai dû expliquer la perte et sentir la féminine indulgence.

Genre journée des handicapés.

Mais il me faut bien avouer qu'y a qu'un mec pour perdre les choses comme ça !

Mais dire cela est-il la réalité ?

Où alors, je suis très bien dressé...

Allez, le règne des femmes en a encore pour longtemps...

Par jean.devalon le 15/08/08

Franchement, il est permis de penser que la période du 15 août est celle où l'activité est la plus réduite, propice aux vacances et aux horaires allégés du personnel.

Donc, de retour, de Bruère Allichamps, centre de la France (anguille, carpe, brochet, silure) et avant de repartir derechef, quelques pas au cabinet ce 14 août dans la soirée.

Et là, comme un piège, un fax d'un aimable pharmacien, frais comme un gardon, transmettant une assignation pour le 18...

Sympa, ça, transmettre le 14 août au soir une convocation pour le 18 août...

C'est jeter le bouchon un peu loin.

Mais j'ai décroché l'hameçon...

Et je repars vers le grand large...

Par jean.devalon le 21/07/08

Une fillette de trois ans, montée sur son vélo équipée de stabilisateurs, a quitté l'Allemagne sans encombre pour se promener aux Pays-Bas.

Elle a parcouru six kilomètres avant d'être repérée par des passants néerlandais qui ont alerté la police.

On sait qu'en France une expertise de l'INSERM préconisait "le repérage des perturbations du comportement dès la crèche et l'école maternelle" pour éviter la survenue de comportements délinquants à l'adolescence.

Ce qui serait un pas vers une standardisation des comportements et une dictature ouatée.

Mais, sourions aujourd'hui : notre fugueuse, faut la ficher ?